Paroisse Saint-Paul

Waterloo - Belgique

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25e dimanche du temps ordinaire

Pourquoi rester sans rien faire ?

Vénuste

1re lect. : Ez 33, 7-9
Ps : 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a .9
2e lect. : Rm 13, 8-10
Évangile : Mt 18, 15-20


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Isaïe 55, 6-9 : les pensées de Dieu ne sont pas les pensées des hommes. Comment alors être dans sa logique puisque ce n’est
pas lui qui doit entrer dans la nôtre ? En le fréquentant : invitation à une rencontre personnelle avec Dieu.
Philippiens 1, 20 … 27 : Paul est en prison, son sort est incertain, il risque la peine capitale, il attend le verdict très
sereinement. Il souhaite tellement rencontrer le Christ qu’il est prêt à mourir pour le rejoindre. Mais il accepte aussi de
prolonger sa vie, si telle est la volonté de Dieu, pour faire œuvre utile et poursuivre son apostolat.
Matthieu 20,1-16 : la parabole dite « des ouvriers de la 11ème heure». Les pensées de Dieu ne sont vraiment pas les nôtres, sa
justice non plus car il est don et gratuité. Avec lui, il ne faut pas parler de mérite, de droit, de récompense ; il ne fait pas de
comptes. Puisque c’est lui-même qui se donne et il n’est pas comptabilisable. Il se donne tout entier et personne n’est lésé :
nous sommes tous traités à égalité. Celui qui travaille à sa vigne s’en réjouit et plaint ceux qui viennent sur le tard au lieu
d’être jaloux de ne pas recevoir plus qu’eux.

Le lectionnaire prévoit de lire trois fois de suite (25°, 26°, 27° dimanches) trois paraboles qui parlent de la vigne (heureuse coïncidence avec la période des vendanges). Il faut se rappeler que, dans la Bible, la vigne symbolise le peuple de Dieu ; c’est le lieu du bonheur, de l’amour et de l’alliance avec Dieu. C’est donc un bonheur d’y être embauché, à part que Dieu y applique un contrat qui défie toute justice sociale et toute logique salariale : si ce contrat était appliqué dans une de nos entreprises, ce serait la grève assurée le lendemain et une « descente » de l’inspection du travail ! Dieu subordonne la justice à la bonté.

« La parabole de l’évangile, dit St Jean Chrysostome,vise la conversion des hommes à Dieu, les uns dès leur jeune âge, d’autres plus tard, et quelques-uns seulement dans leur vieillesse. Le Christ réprime l’orgueil des premiers appelés, pour les empêcher de faire des reproches à ceux de la onzième heure… Sa parole stimule le zèle des derniers en leur montrant qu’ils peuvent mériter le même salaire que les premiers. »

Dieu a une curieuse façon d’embaucher. A notre époque, le chef d’entreprise s’assied à son bureau et attend les demandeurs d’emploi qui viennent avec leur curriculum vitae et à qui il fait passer une interview.
A l’époque de Jésus, les journaliers qui louaient leur travail allaient attendre sur la place que quelqu’un vienne leur proposer du travail ; n’avaient la chance d’être embauchés que les plus costauds, les plus jeunes,
les plus rentables. Le « maître du domaine » dont il s’agit dans la parabole a une envie folle d’engager tout le monde, il sort à toutes les heures et dit à tout le monde d’aller à sa vigne, il ne surveille pas leur travail.
On dirait qu’il a de la peine à voir que quelqu’un soit sans travail, qu’il y ait quelqu’un qui ne soit pas au travail dans sa vigne. C’est avec les premiers embauchés qu’il se met d’accord sur le salaire d’une pièce d’argent pour la journée, le tarif officiel (ce qui, paraît-il, équivalait à la dépense journalière d’une famille) ; au deuxième groupe il promet de « donner ce qui est juste »; aux autres il ne dit rien.

Homélie de Vénuste :


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‘Argent’ selon la justice de Dieu / hommes

En ce temps-là, Jésus disait cette parabole à ses disciples : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire d’une journée : un denier, c’est-à-dire une pièce  d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : «Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste. » Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : « Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? » Ils lui répondirent : « Parce que personne ne nous a embauchés. » Il leur dit : « Allez à ma vigne, vous aussi. »

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers ». Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminèrent contre le maître du domaine : « Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur ! » Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : « Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ! »C’est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers. »

Après le lecture cet évangile bien souvent la réaction des fidèles est de trouver que l’attitude du maître de la vigne commet une injustice : il faut qu’il y ait une cohérence entre le montant du salaire et l’ampleur de la prestation. Ainsi se définit la justice selon les hommes. La parabole révèle la justice telle que Dieu la conçoit : toute différente .

Attention : nous sommes toujours dans ‘le discours sur l’Eglise’. Aujourd’hui Jésus aborde une des caractéristiques importantes pour l’esprit de l’appartenance à l’Eglise. Le contexte immédiat est la venue d’un jeune homme riche qui interroge Jésus : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Jésus se réfère aux commandements de l’Ancien Testament.
Le jeune homme estime qu’il a toujours observé ces commandements. Alors quoi ? Jésus
dit : « Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu as, donne- le aux pauvres et ensuite viens et suis-moi ».(C’est cela être disciple de Jésus !) Le jeune homme s’en va tout triste, car il avait de grands biens. Jésus dit à ses disciples : « En vérité, un homme riche entrera difficilement dans le Royaume des Cieux » Incompréhension totale des disciples : « Qui donc peut alors être sauvé, si même les riches n’y parviendront pas !! ». Réflexion de Jésus : « Aux hommes ceci est impossible, mais à Dieu tout est possible ».

Méditation du Père Jean :


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Prière universelle

1. Voici venu le temps des vendanges. À l’appel du Pape François, présentons à Dieu les ressources de notre terre, que nous prenions soin de notre planète, que nous sachions partager son produit de manière équitable et respectueuse plutôt que le piller et le gaspiller. Nous Te prions, Seigneur Dieu créateur.

Prions le Seigneur

2. Prions pour les ouvriers que le Maître envoie à sa vigne : pour les parents, les enseignants, les éducateurs, les catéchistes et tous ceux et celles qui se dépensent au service de son règne d’amour. Qu’ils trouvent la joie parfaite d’être embauchés à la suite de Jésus lui-même et de ses apôtres. Nous Te prions, Maître de la vigne.

Prions le Seigneur.

3. Pour les enfants, les femmes et les hommes qui subissent le poids d’un travail inhumain, pour ceux qui sont harcelés au travail, pour ceux qui souffrent de burn-out, pour ceux qui peinent à trouver un travail qui leur permettrait de s’épanouir et de nourrir leur famille.

Prions le Seigneur.

4. Pour nos communautés paroissiales qui vivent en ce mois de septembre, leur rentrée pastorale : que nombreux parmi nous, ou plutôt que chacun de nous, se sente appelé à travailler à la vigne de notre Maître, pour le salut de l’humanité, pour que ton règne vienne.

Prions le Seigneur.


Messe chrismale 2020 : aussi par internet !

Messe chrismale 2020 : aussi par internet !

La Messe Chrismale, qui aurait dû être célébrée le 8 avril dernier, sera organisée

le lundi 14 septembre à 18h30 en la Collégiale de Nivelles

et sera transmise en direct par internet !

En raison des contraintes sanitaires en vigueur, il n’est pas possible d’accueillir du public pour cette célébration.

Seules les personnes ayant reçu une invitation et ayant confirmé leur présence seront admises dans la collégiale.

MAIS...

pour que tous les fidèles puissent y participer,
la célébration sera transmise en direct par internet,
dès 18h15 : !

Sur le site internet du Vicariat

sur notre page Facebook

sur notre chaîne YouTube

via le site de notre partenaire A.V.T.E.

(Plusieurs possibilités donc :
si l’une d’entre elles ne fonctionne pas,
vous pouvez utiliser l’une des autres !)

Soyons nombreux à nous connecter pour vivre ce grand moment de l'année vicariale !

Notre archevêque, le cardinal Jozef De Kesel, étant empêché pour des raisons de santé, Mgr Jean-Luc Hudsyn présidera la célébration, qui sera donc exceptionnelle à plus d’un titre !

Vicariat du Brabant wallon

Service de Communication

Chaussée de Bruxelles 67 – 1300 Wavre
vosinfos@bwcatho.be

www.bwcatho.be

24ième dimanche ordinaire

Le par-don est le don au superlatif.

Vénuste

Tant de raisons de pardonner. L’enseignement et la pratique du pardon qui s’étalent sur l’ensemble du ministère public de jésus, et même face à ses bourreaux, sont exemplaires. Il nous révèle ainsi l’infinie miséricorde de Dieu, maintes fois proclamée par Moïse et les prophètes, par les psalmistes et les sages.

1re lect. : Si 27, 30 – 28, 7
Ps : 102, 1-2, 3-4, 9-10, 11-12
2e lect. : Rm 14, 7-9
Évangile : Mt 18, 21-35

Siracide 27, 30 … 28, 7 : le sage exhorte à renoncer à tout ce qui est rancune, colère, vengeance, car Dieu ne peut pas accorder
son pardon à celui qui entretient de tels sentiments, il ne peut pas écouter sa prière.
Romains 14, 7-9 : le baptême incorpore au Christ. Les chrétiens, nous sommes les membres du Corps du Christ, nous ne
sommes plus des individus isolés. Dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Christ.
Matthieu 18, 21-35
: il faut toujours pardonner, il faut tout pardonner. Etre miséricordieux, comme le Père : s’il nous pardonne
d’innombrables fois, sachons pardonner à notre tour. Celui qui refuse le pardon à son frère, se ferme par le fait même au pardon
de Dieu. Il ne faut pas pardonner pour être pardonné par Dieu, il faut plutôt pardonner parce qu’on est pardonné indéfiniment par
lui. La faute du frère est infiniment minime par rapport à la dette exorbitante que nous avons envers Dieu.

La section de l’évangile selon St Matthieu que nous avons commencé à lire, nous donne quelques règles à suivre dans la vie de la communauté, entre nous, frères et sœurs en Jésus-Christ. Dimanche passé, le Seigneur nous exhortait à pratiquer la correction fraternelle avec délicatesse et humilité, par amour et pour « gagner » un frère : « si ton frère vient à pécher ». Aujourd’hui il nous dit comment nous comporter si c’est contre nous directement que le mal est fait. Si, dans le cas de la semaine dernière, nous pouvions nous dérober et prétexter que ce ne sont pas « nos oignons », aujourd’hui c’est le cas où c’est nous qui sommes visés, c’est nous qui devons réagir et gérer. La question est posée par Pierre qui va comprendre que le Seigneur exige le pardon illimité, sans condition et de tout cœur.


« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » La société humaine est implacable : qui casse, paie ! Nous sommes dans un monde qui ne pardonne pas ! Le pardon ça existe quand même, mais combien de fois pardonner ? On
connait l’adage : « Une fois passe, deux fois lassent, trois fois cassent ! » La question était souvent débattue dans les écoles rabbiniques. Le principe était d’accorder le pardon, mais on discutait du nombre de fois où il faut l’accorder. Car bien sûr, pour nous les humains, il y a une limite au-delà de laquelle pardonner signifie mollesse et faiblesse ! C’est terrible comment dans nos relations, nous avons une espèce de complexe qui veut qu’on doit se montrer fort et ferme. C’est tellement fort qu’on croit que Dieu lui-même doit manifester sa puissance en punissant : des textes de la Bible parlent du jour du Seigneur comme d’un jour de colère et de vengeance, d’autres affirment qu’il punit jusqu’à la quatrième
génération. Dans ce monde cruel et implacable, la vengeance est comme inscrite dans nos gènes et nous l’inscrivons même dans nos codes civils où ça s’appelle justice : punir le coupable avec la rigueur de la loi.


Bien sûr on devient petit à petit civilisé. Quand Caïn vient de tuer son frère Abel, il est si convaincu de mériter une vengeance légitime qu’il s’en remet à Yahvé qui lui dit :
« Si l’on tue Caïn, il sera vengé sept fois ». Son fils Lamek se vantait : « Oui j’ai tué un homme pour une blessure, un enfant
pour une meurtrissure. Oui Caïn sera vengé sept fois, mais Lamek 70 fois »
. Ce qui nous montre combien la loi du talion était le fruit d’un progrès fulgurant : œil pour œil, dent pour dent, c’est-à-dire que si on te crève un œil, la justice t’autorise à crever un œil du coupable mais sans plus (ce qui a fait dire
d’ailleurs au Mahatma Gandhi que si la loi de l’œil pour œil était d’application, le monde entier serait borgne !). A l’époque de Jésus, les mœurs avaient évolué puisque les rabbins recommandaient le pardon mais en fixaient les limites à quatre fois, pas plus. Sinon, montrer de quel bois on se chauffe !

Homélie de Vénuste :

Le pardon

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois.

 Ainsi le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : « Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout ». Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : « Rembourse ta dette ! » Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : « Prends patience envers moi, et je te rembourserai. » Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.  Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : « Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute ta dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? » Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »  

L’évangile de ce dimanche-ci (en abrégé (dc) par rapport à l’évangile de dimanche dernier (en abrégé dd) présente quelques similitudes (un frère a péché contre son frère : que faire ?), mais de nombreuses différences. (dd) Jésus présente le cas, (dc) Pierre présente le cas. La référence à l’Eglise est très nette en (dd) : elle va ‘juger’ le  frère qui n’écoute pas, en (dc) davantage la relation individuelle entre la personne lésée et la personne offensante. En (dc) question de pardon, en (dd) le mot y siérait serait la réconciliation, le souci de la communauté y est primordial. En (dd) souci combien concret en la prière des deux ou trois  réunis en son nom pour prier, il est présent (le rôle de la communauté est de rendre présent le Seigneur). En (dc) Jésus répond à Pierre (et à toutes les pierres vivantes que nous sommes), par une parabole qui souligne la compassion de Dieu ; Dieu remet la dette invraisemblable, alors que le bénéficiaire de la remise, riposte ‘durement’ à  celui dont la dette  est insignifiante.

Méditation du Père Jean :

Prière universelle

1. En ce dimanche, apprends-nous, Seigneur, à vivre le pardon et à te confier tous les besoins des membres de notre société humaine

Prions le Seigneur.

2. Rancune et colère taraudent souvent les personnes au sein de chacune des communautés humaines, que l’Eglise devienne signe du pardon et de la miséricorde en ce monde en le vivant au sein de chacune de ses paroisses.

Prions le Seigneur.

3. Le Seigneur pardonne toutes nos offenses et guérit toutes nos maladies, que la foi en notre Dieu miséricordieux mette chaque baptisé sur les chemins du pardon.

Prions le Seigneur.

4. Dieu est toute patience envers nous, que chaque paroissien vive ce mois de septembre en essayant de prier régulièrement et de se laisser toucher par la Parole de Dieu afin qu’il devienne témoin de la miséricorde.

Prions le Seigneur.

Dimanche 26 juillet sur FR2 « Le Jour du Seigneur et « La Une »

17e dimanche du Temps Ordinaire A depuis la Chapelle Sainte-Thérèse à Paris 16e

Prédicateur: Frère Camille de Belloy, dominicain

La peinture intuitive

23e Dimanche du Temps Ordinaire

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, aux milieux d’eux. La présence réelle de Jésus est là quand nous prions, quand nous servons nos frères. L’amour du Christ et du prochain est la clé de tous les commandements.

1re lect. : Ez 33, 7-9
Ps : 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a .9
2e lect. : Rm 13, 8-10
Évangile : Mt 18, 15-20

Ezéchiel 33, 7-9 : le prophète est un guetteur. Sa mission est d’avertir, guider, mettre en garde, dénoncer, faire la vérité. Persuader sans contraindre : celui qui écoute le prophète est libre de tenir compte de son avertissement ou pas.
Romains 13, 8-10 : le commandement de l’amour est le condensé de toute la loi. St Paul utilise l’image de la dette pour exprimer la gratuité, le don sans limites de l’amour. Avec les commandements, tu peux être quitte. Avec l’amour, jamais. Toujours tu seras en dette de l’amour mutuel.
Matthieu 18, 15-20 : quelle attitude adopter devant les égarements d’un frère ? Pas le silence coupable et complice. Tout faire pour « gagner » (=sauver) le frère qui risque de se perdre : avant d’informer la communauté, le reprendre seul à seul (discrétion), puis avec quelques amis, enfin en communauté (patience, douceur). Même s’il refuse la main tendue, il reste à le confier à son Père dans la prière commune : ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. « Efficacité » de la prière commune : se mettre d’abord d’accord entre nous pour demander quelque chose à Dieu.

L’évangéliste Matthieu a organisé les discours de Jésus et les paraboles par groupe de cinq. La section que nous commençons à lire ce dimanche nous donne l’enseignement de Jésus-Christ sur les attitudes, les comportements et les réflexes qu’il faut avoir à l’intérieur de nos communautés chrétiennes, dans la recherche d’une vie communautaire pleinement fraternelle : ne le réduisons donc pas à quelques règles de savoir-vivre (« faire la morale ») ou de diplomatie dans nos relations sociales. Il est important de souligner aussi que la section en question commence par la parabole de la brebis perdue qui révèle que Dieu fera tout pour ramener la brebis à la vie ; la finale dit que la brebis retrouvée procure à Dieu plus de joie que les 99 qui ne se sont pas égarées. « Votre Père veut qu’aucun ne se perde. » Voilà la clé de l’enseignement de Jésus sur la relation fraternelle : tout faire pour que personne ne se perde. Nous avons à avoir les mêmes sentiments et les mêmes comportements que notre Père des cieux.

Dans l’extrait de ce dimanche, il s’agit de ce que nous appelons « la correction fraternelle ». Si un frère vient à pécher par un acte ponctuel ou si il est carrément dans une situation de péché ou de fausseté qui perdure (étymologiquement le mot traduit par « pécher » signifie rater la cible, manquer le but ou s’écarter du but), quelle attitude adopter face à ce frère ? Nous avons tendance à garder nos distances et notre silence : il ne faut pas nous mêler de ce qui ne nous regarde pas, ce ne sont pas nos oignons ! C’est un peu le réflexe de Caïn quand Dieu lui demande où est Abel, son frère, il rétorque qu’il n’est pas le gardien
de son frère. Et face à un conflit, nous jouons les spectateurs (la curiosité l’emporte quand même, on cherche à voir et à savoir), et nous prétendons tenir à garder la neutralité. Silence coupable quand ce n’est pas un silence complice. Eh bien ! le Christ nous dit que ce comportement n’est pas chrétien (la société civile parlerait de « non-assistance à personne en danger »). Le silence glace les gens et les relations, tandis que la parole dégèle toutes les situations. Et si les mots font souvent des problèmes, il n’y a que la parole pour renouer, redresser, assainir, réconcilier, pour autant qu’on prête une oreille bienveillante. Parole et écoute (dialogue) créent l’harmonie entre les personnes.

Homélie de Vénuste :

En Eglise la correction fraternelle

Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre– lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l’Eglise ; s’il refuse encore d’écouter l’Eglise, considère-le comme un païen et un publicain. Vraiment, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.


Oui, vraiment , je vous le dis : si deux d’entre vous sur la terre s’entendent pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu de vous »


Pour rappel : l’évangile selon saint Matthieu est charpenté autour de cinq discours (sur la montagne, la mission des disciples, les paraboles du Royaume, l’Eglise, la fin des temps). Le ‘discours sur l’Eglise’ contient des paroles au sujet de la communauté des disciples. Mon propos est de passer brièvement en revue ce discours qui nous concerne tous en tant que membres de la communauté chrétienne, voir comment Jésus en Matthieu insiste sur différents aspects du ‘vivre ensemble en Eglise’ .


Difficile de dire où il commence : il y a comme un prologue, une anticipation quand Jésus nourrit la foule avec cinq pains et deux poissons que les disciples distribuent à la foule, récit suivi de Jésus allant seul pour prier son Père, alors que les disciples sans Jésus peinent à avancer, le vent est contraire .En fin de nuit Jésus marche sur les eaux, telle une apparition. Pierre s’écrie : ‘Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux’. Jésus : ‘viens’. Pierre s’élance, commence à douter , s’enfonce dans l’eau : ‘Seigneur, sauve-moi’. Et Jésus tend la main, le sauve, et à deux, Jésus et l’homme de peu de foi qu’est Pierre et que nous sommes. Nous rejoignons la barque avec Jésus, victorieux des flots comme victorieux de la mort et du péché. Nous débarquons sur l’autre rive pour y guérir tous les malades. L’image de l’Eglise !

Méditation du Père Jean :

Prière universelle

1. Prions pour notre Église, dont Tu connais les infidélités et les scandales, les faiblesses et les démesures : donne-lui ton Esprit qui renouvelle toutes choses afin qu’elle prouve au monde qu’elle est toujours le lieu de la réconciliation, de l’harmonie
sociale, de l’unité et de la paix.

Prions le Seigneur.

2. Prions pour toutes les autorités tant ecclésiastiques que civiles, militaires, scolaires et académiques qui ont le rôle et la mission d’être des veilleurs, des guetteurs pour mettre en garde, redresser, corriger, encourager, remettre dans le droit chemin… les sujets dont elles ont la charge : garde-les vigilantes dans l’amour fraternel et le service.

Prions le Seigneur.

3. Pour les jeunes qui reprennent le chemin de l’école et qui ont la chance d’avoir accès au savoir quand tant d’autres, dans le monde, en sont encore exclus…
Qu’ils trouvent, sur leur route, des adultes éclairés qui les aident à grandir dans un environnement propre à leur épanouissement moral et intellectuel et dans le respect des autres…

Prions le Seigneur.

4. Pour les services diocésains… Les équipes d’animation pastorale, les catéchistes, celles et ceux qui accueillent les endeuillés, les pauvres, et tous ceux qui font vivre l’Eglise… Que tous soient, par leurs actions, des messagers de Ta Parole et des annonciateurs de ton Royaume parmi nous…

Prions le Seigneur.

22e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Nous ajuster à Dieu : "Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même"

1re lect. : Jr 20, 7-9
Ps : 62, 2, 3-4, 5-6, 8-9
2e lect. : Rm 12, 1-2
Évangile : Mt 16, 21-27

Matthieu 16, 21-27: Jésus ne parle plus en paraboles. En termes clairs, il apprend à ses apôtres que la messianité (que
Pierre venait d’affirmer) ne peut être séparée de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. Il fallait. On ne peut le
comprendre selon les pensées humaines. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Pierre a du
mal à l’accepter : nous non plus n’arrivons pas à concilier la foi en un Dieu bon et puissant avec la souffrance, surtout
celle des innocents et la nôtre. Cependant s’obstiner dans l’idée d’un Messie roi tout-puissant, c’est faire le jeu de Satan.

L’extrait d’évangile que nous méditons ce dimanche fait corps avec celui que nous avons lu dimanche dernier : la lecture continue du lectionnaire opère des découpages compréhensibles sur des textes d’un même épisode, mais tellement denses d’enseignement qu’il convient de les lire en deux temps.
Simon-Pierre venait d’être félicité par Jésus pour une profession de foi que celui-ci disait inspirée par le Père lui-même, il venait d’être reconnu le roc sur lequel sera construite l’Eglise de Dieu ; et le voilà traité de Satan et de pierre d’achoppement par le même Jésus. Ceci parce que Jésus disait qu’il lui fallait mourir pour accomplir son œuvre de messie.

Mettons-nous à la place de Pierre. Il aimait profondément Jésus. Son ami lui prédit sa mort. C’est tout à fait naturel qu’il proteste énergiquement, parce que selon nos pensées humaines, l’ami de Dieu est protégé de Dieu, surtout que l’ami de Dieu ici n’est autre que le Messie, l’ami de Dieu par excellence, « le Fils du Dieu vivant », comme Pierre venait de le proclamer avec les félicitations du concerné. Selon l’héritage spirituel d’Israël, on attendait un messie de la trempe de David, un guerrier fort, un imbattable, un gagnant. Pierre est abasourdi d’entendre Jésus parler de partir à Jérusalem pour y mourir. Il a du mal à l’accepter : nous non plus n’arrivons pas à concilier la foi en un Dieu bon et puissant avec la mort d’un proche, avec la souffrance, surtout celle des innocents et la nôtre. Choqué, Pierre n’a même pas entendu Jésus parler de résurrection. Spontané comme il l’est toujours, il barre le chemin à Jésus, oubliant qu’il est le disciple qui marche derrière le maître, il se plante devant son maître pour lui faire la leçon et lui barrer la route, pour dire que cela ne peut arriver, qu’il ne peut pas mourir, ou alors que tout simplement Jésus n’ira pas à Jérusalem. Il se fait délibérément « obstacle » sur le chemin.

Homélie de Vénuste :

Itinéraire du Christ et du chrétien

En ce temps-là , Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »


Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourrait-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »
Ce récit est la suite immédiate de l’évangile de dimanche dernier, celui de la confession de Pierre Question de Jésus : « pour vous qui suis-je ? » Pierre: « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Jésus : « Heureux es- tu Simon fils de Yonas, C’est ton Père qui est aux cieux qui t’a révélé cela ! Et moi je te le déclare : tu es Pierre, et c’est sur cette pierre que je bâtirai mon Eglise. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux »…. Je vous rappelle que lié traduit le grec: « obligé » ou mieux « il faut que… » comme Jésus l’applique immédiatement pour lui : « …il lui fallait partir, souffrir, être tué et ressusciter le troisième jour » Pourquoi fallait-il ? Pourquoi cette obligation ? Quelle est t’-elle ? Cette seule obligation est de révéler le Dieu miséricordieux désireux que tous ses enfants connaissent le bonheur d’aimer qui est le sien. Tout le reste sera délié, délivré car Dieu n’a qu’un seul désir, celui de nous libérer de toute autre obligation, sinon celle de réaliser ce qu‘il faut. Cela vaut d’abord pour Jésus. Ce qu’il lui ‘faut’ est de suivre cet itinéraire de révéler la grande miséricorde de Dieu. Le Père est prêt à demander à son Fils d’être jusqu’au bout témoin de son amour sans faille, fût-ce au prix de sa vie.

Méditation du Père Jean :

Prière universelle

1. Prions pour notre Église, qu’elle soit, pour l’humanité, la lumière qui éclaire et qui fait découvrir les vraies valeurs. Ceci afin que ce monde dans lequel nous vivons, ait le courage de s’engager dans la voie de la coopération et du respect entre
les peuples.

Prions le Seigneur.

2. Prions pour ceux qui ont demandé et obtenu la confiance de la population. Qu’ils puissent s’écouter avec respect et dépasser leurs antagonismes historiques en acceptant le fait que personne ne possède, seul, la vérité. Ceci afin de mettre en place des structures stables, correctes et bénéfiques pour chacun.

Prions le Seigneur.

3. Prions pour notre monde dont le modèle de société est bien souvent basé sur la loi du plus fort, du plus riche, du plus puissant. Avec fréquemment, une totale absence de considération et de respect pour les petits, ceux qui n’ont rien ou si peu. Que la pandémie à laquelle nous faisons face nous incite à prendre conscience des vraies valeurs.

Prions le Seigneur.

4. Prions pour nous-mêmes et notre communauté, que l’Esprit Saint nous aide et nous donne la grâce de vraiment répondre à l’amour du Père pour ses enfants. Que par notre façon de vivre, de rencontrer l’autre, quel qu’il soit, notre démarche soit une réponse à l’amour de notre Dieu.

Prions le Seigneur.

21e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Profession de foi de Pierre

Que chacun soit une "pierre" vivante pour l’Église du Seigneur.

Vénuste

1re lect. : Is 22, 19-23
Ps : 137, 1-2a, 2bc-3, 6.8bc
2e lect. : Rm 11, 33-36
Évangile : Mt 16, 13-20

Matthieu 16, 13-20 : Jésus va se consacrer à la formation de ses disciples. Ceux-ci doivent dépasser ce que dit l’opinion
à propos de lui. Pierre est établi dans une responsabilité particulière, signifiée par l’évocation des clés, alors qu’il s’est
révélé peu fiable : tout chrétien reçoit la mission, malgré sa faiblesse, d’être serviteur de la Parole révélée par le Père,
parole qui est « pierre », fondement inébranlable de l’Eglise.

L’évangile de ce dimanche marque une étape dans la mission de Jésus. Le Christ va dorénavant se
consacrer à la formation de ses disciples parce que ce sont eux qui vont former le peuple, ce sont eux qui vont continuer sa mission et atteindre toutes les nations, c’est sur leur foi-témoignage qu’il bâtira l’Eglise. Il faut donc qu’ils aient une foi loin au-dessus de l’opinion générale. Il leur pose deux questions qui permettent, pour la première fois, de faire le lien entre le Fils de l’Homme et le Fils de Dieu.

« Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? » Jésus parle ici de lui-même,
mais à la 3ème personne. Parmi les titres du messie, Jésus préférait celui de « Fils de l’homme » : dans le N.T., ce titre ne se trouve que dans les paroles dites par Jésus lui-même (le titre remonte au prophète Daniel). Il demande l’opinion des gens sur lui. Ce n’est pas un sondage qu’il fait, ce n’est pas pour mesurer sa cote de popularité. Il fait une vérification : il veut aider les disciples à marquer une grosse différence
entre la rumeur publique et leur propre conviction. L’opinion publique avait une très haute idée de Jésus.
Les gens avaient bien perçu qu’il n’est pas n’importe qui ; ils avaient bien compris qu’il parle avec autorité et pas comme les scribes et les pharisiens ; ils avaient vu les « signes » qui l’accréditaient comme homme de Dieu. Plusieurs fois, ils étaient dans l’admiration et se posaient la question sérieusement : qui est-il donc, lui à qui même la mer obéit ? ne serait-il pas l’Envoyé tant attendu ? Mais ils parlaient de lui comme un homme du passé : pour les uns Jean-Baptiste ressuscité, pour d’autres Elie revenu sur terre, pour d’autres Jérémie ou l’un des prophètes… en tout cas un prophète d’une grande stature. Mais la foule ne le suivait pas comme disciples, car pour être disciple, il faut plus que avoir une haute idée de Jésus. Encore aujourd’hui, de grands esprits (Gandhi, le Dalaï Lama…), reconnaissent Jésus comme une grande figure mais en restent à cette identification superficielle qui ne pousse pas à se faire disciple de Jésus.

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » C’est la deuxième question (cette fois-ci,
Jésus utilise le « je » : un « je » appelle toujours un « tu »). Jésus la pose aux disciples eux-mêmes. Et à nous présentement. Elle est directe. Pas question de se réfugier derrière une quelconque opinion, derrière des on-dit, derrière des réponses dogmatiques comme on a tendance à sortir les formules du catéchisme. Il ne s’agit pas de répondre « par cœur » mais « avec le cœur ». Il en va ainsi quand on a noué une amitié, ou quand on est amoureux, il arrive un moment où on demande : pour toi, qui suis-je donc ? Il ne s’agit pas de sortir une fiche signalétique comme celle de l’administration communale. C’est plutôt une façon de dire : est-ce que je compte pour toi ? est-ce qu’on peut encore faire un bout de chemin ensemble, est-ce qu’on est assez « attachés » (attachement par un lien indissoluble) ? Est-ce que tu crois en moi (les mots « foi », fidélité, « confiance » et « fiançailles » ont la même racine) ? Si on compte l’un sur (pour) l’autre, si on a confiance l’un dans l’autre, alors l’amitié peut aller de l’avant en s’approfondissant. C’est le pas que Jésus demande aux disciples de faire. En fait c’est la démarche qu’on demande aux enfants du catéchisme au moment de la profession de foi. Non pas répéter une doctrine bien acquise, une réponse bien enregistrée. C’est plutôt pour demander si les jeunes sont prêts à cheminer avec Jésus, à fonder leur vie sur lui, à l’aimer et à le faire aimer… toute leur vie.

Homélie de Vénuste :

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée de Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns Jean le Baptiste, pour d’autres, Elie; pour d’autres encore, Jérémie ou l’’un des prophètes. » Jésus leur demanda : «Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne le dire à personne que c’était lui le Christ.

En ce récit Jésus arrive en terre païenne dans la région de Césarée de Philippe. C’est là justement que Jésus posera la question de son identité, un présage qu’elle sera révélée un jour aussi au monde païen. Toutefois il débute par la question de ce que ‘les gens’ disent de lui, la réponse n’engage en rien. : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme?» Que répondrions-nous aujourd’hui? que nos contemporains disent-ils de lui ? « Un grand homme superstar? parce qu’il a mis en valeur l’amour comme fondement de vie ? D’autres un grand naïf en proposant un idéal de paix irréalisable ? Quelqu’un qui a échoué à réaliser ses ambitions d’être le Sauveur de l’humanité ? Ou quelqu’un qui après tant de siècles reste présent comme référence dans notre culture occidentale ? D’autres qu’il est le Fils de Dieu ! Les apôtres ont entendu Jean le Baptiste parmi nous ou Elie, Jérémie, un autre prophète.

Méditation du Père Jean :

Prière universelle

1. Seigneur, Tu confies les clés de ton Royaume à l’apôtre Pierre, soutiens dans sa charge, son successeur, le Pape François et affermis la foi de ton Église. Toi,
le Fils du Dieu vivant.

Seigneur,nous Te prions.

2. Seigneur, Toi par qui tout se fait, guide les dirigeants politiques sur les chemins du dialogue, de la justice et du droit; tourne ton regard vers le Liban et la Biélorussie durement éprouvés ces derniers temps, et vers tous les peuples qui vivent des situations dramatiques. Toi, le Fils du Dieu vivant,

Seigneur, nous Te prions.

3. Seigneur, Toi de qui viennent tous les dons, garde dans la confiance, les personnes et les familles touchées par la pandémie et ses conséquences
économiques. Toi, le Fils du Dieu vivant,

Seigneur, nous Te prions,

4. Seigneur, Tu nous as créés pour vivre en communion avec Toi et avec nos frères, accorde à chacun de nous, de toujours considérer notre prochain comme un don reçu de Toi. Toi, le Fils du Dieu vivant,

Seigneur, nous Te prions,

19e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Dieu nous rejoint dans les tempêtes de ce monde et dans la nuit de la foi.

Vénuste

1re 1 R 19, 9a.11-13a
Ps : 84, 9ab.10, 11-12, 13-14
2e lect. : Rm 9, 1-5
Évangile : Mt 14, 22-33

1 Rois 19, 9… 13 : Dieu se manifestait, dans l’A.T. (comme sur le Sinaï lors du don de la Loi), dans l’ouragan, le tonnerre, le tremblement de terre, le feu, bref dans des signes terrifiants. Notre Dieu ne veut pas nous faire peur, la peur de Dieu n’est pas la foi et fausse la relation avec Dieu). Elie découvre que Dieu se manifeste plutôt dans la douceur, dans le silence, dans l’intimité. Si nous cherchons Dieu dans le merveilleux et le sensationnel, nous ne le trouverons pas !

Romains 9, 1-5 : pourquoi les Juifs ont-ils rejeté Jésus le Messie alors que c’est le peuple qui avait été préparé pour le recevoir et le présenter aux autres nations ? Tout le peuple d’Israël aurait dû se convertir avec ses chefs et ses institutions.
Paul exprime ici avec amertume sa grande déception devant le refus de croire, opposé par ses frères de race… mais il garde espoir.

Matthieu 14, 22-23 : après nous avoir nourri, Jésus nous renvoie. Invitation à la liberté adulte, à traverser la mer du monde ensemble en « équipage ». Invitation à la confiance en Jésus dont le silence n’est pas absence : lorsque la vie nous secoue par toutes sortes de tempêtes, Jésus nous tend une main secourable, il vient au secours de l’humanité qui autrement s’enfoncerait dans les flots du mal et de la mort. N’ayons pas peur d’avoir peur, ni de douter, mais que notre peur et notre doute deviennent prière : « Seigneur, sauve-moi ! … Seigneur, augmente en moi la foi ! »

Jésus vient de donner la Cène, le repas du soir, en multipliant les cinq pains et les deux poissons.
Nous pouvons nous imaginer l’émotion de la foule qui va l’acclamer (dans un récit parallèle, il est dit qu’on veut le faire roi). Mais Jésus n’est pas homme à se laisser griser par le succès : il ne va pas faire le bain de foule et signer des autographes ; il oblige les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant que lui-même congédie les foules. Jésus a voulu gérer lui-même une certaine exaltation qui a suivi le miracle des pains, encore une fois pour ne pas être pris pour un messie terrestre (un boulanger qui nourrit gratis). Peut-être que même les disciples étaient survoltés : il fallait qu’ils passent sur l’autre rive pour purifier leur foi. Jésus leur a permis de discuter entre eux en son absence.

Passer à l’autre rive ! Faire du progrès spirituel, ne pas rester à ce que nous savons ou croyons savoir, accepter de traverser nos doutes, nos turbulences intérieures, faire face à notre fragilité et à notre foi vacillante… sous la conduite de l’Esprit et de la Parole.

Au lieu de savourer l’instant magique, Jésus tient à être seul, dans la prière, toute la nuit. Il fait l’ascension de la montagne pour prier à l’écart. Nous savons que, chez l’évangéliste Matthieu, la montagne, sans précision géographique, est le lieu de la rencontre, de la proximité avec Dieu (lieu du sermon sur la montagne, de la transfiguration, de l’Ascension). Il est à noter le contraste entre le calme sur la montagne où se tient Jésus et la mer particulièrement déchaînée où se démènent les disciples toute la nuit, car ce n’est que vers la fin de la nuit que Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.

Homélie de Vénuste :

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu , il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent :
« C’est un
fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! C’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonnemoi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

Méditation du Père Jean :

Prière universelle

1. Seigneur, « la barque de saint Pierre », ton Église, traverse des
tempêtes. Vois ses difficultés et ses obscurités, les persécutions qu’elle subit mais aussi ses propres infidélités ou scandales. Ne la laisse pas sans ton secours et apporte-lui le souffle qui lui permettra de témoigner de ton
amour et de ton aide indéfectible pour tous les vivants.

Seigneur, nous Te prions.

2. Seigneur, la terre, notre maison commune, subit ouragan, tremblement de terre, feu, pandémie…

Ouvre les yeux et le cœur de nos décideurs pour qu’ils choisissent de partager équitablement les ressources naturelles et de protéger la vie ; qu’ils n’abandonnent jamais les personnes les plus vulnérables et les plus menacées.

Seigneur, nous Te prions.

3. Seigneur, nombreux sont nos frères qui souffrent de maladie, de pauvreté, de solitude, d’indifférence. Nous Te prions également pour les migrants qui risquent les dangers de la mer pour fuir la misère ou les violences. Apporte-leur le soutien de ton amour à travers une main secourable,un sourire bienveillant, une aide bienfaisante.

Seigneur, nous Te prions.

4. Seigneur, notre communauté cherche ton visage et son chemin vers Toi. Éclaire-nous sur ta volonté et ton désir pour que nous devenions le signe de ton amour dans notre société et dans notre monde. Fais qu’en ces mois d’été, nous sachions goûter le silence, la prière, l’écoute de ta Parole.

Seigneur, nous Te prions.

17e dimanche du temps ordinaire

Là où est ton trésor, là est ton cœur !

Vénuste

1re lect. : 1 R 3, 5.7-12
Ps : 118, 57.72, 76-77, 127-128, 129-130
2e lect. : Rm 8, 28-30
Évangile : Mt 13, 44-52 (ou brève : 44-46)

 

Matthieu 28, 16-20 : trois autres paraboles qui parlent du Royaume. Qu’est-ce qui peut être plus précieux que l’amitié avec Dieu ? L’important n’est pas de la trouver, par hasard comme le trésor caché dans le champ ou après une recherche assidue comme la perle de grande valeur : l’important c’est de vendre tout ce qu’on possède, de tout donner jusqu’à sa propre vie pour l’acquérir.

La série des sept paraboles se conclue ici avec trois autres. Le Royaume de Dieu est ce qu’il y a de plus précieux, d’inestimable. Jésus nous le fait comprendre par des paraboles qui sont comme des contes de fée qui finissent toujours en décrivant des gens comblés de richesses et de bonheur.

Ainsi un homme qui découvre un trésor caché dans un champ. A l’époque où il n’y avait pas de coffres de banque, on mettait sa richesse en sécurité par exemple en l’enfouissant dans le sol, dans une cruche qu’on cachait dans un champ. Il est bien clair, dans la parabole, que l’homme qui trouve le trésor n’est pas le propriétaire du champ ; c’est un ouvrier qui est payé pour retourner la terre de son patron. Il tombe sur le trésor par un pur hasard. Il le cache de nouveau, vend tout ce qu’il possède pour acheter le champ et avoir droit ainsi à ce qui se trouve dans le champ. On peut discuter de son honnêteté, mais n’oublions pas que dans la parabole, ce qui importe c’est la « pointe ». Ce que Jésus veut nous faire constater pour en suivre l’exemple, c’est la joie qui envahit le cœur de l’homme qui trouve le gros lot, surtout son empressement à tout vendre pour acheter le champ et acquérir le titre de propriétaire. Il a décidé très vite, il a agi très vite… dans la joie. Il n’a pas hésité pour tout, tout, vendre (pas un peu).

Dans la deuxième parabole, ce n’est plus par pur hasard que l’homme trouve le bien le plus précieux. Il s’agit d’un négociant qui, sa vie durant, recherche des perles rares, qui sait les évaluer et en apprécier la valeur. Sitôt qu’il trouve la plus fine, lui aussi décide vite de tout vendre pour acquérir la perle qui vaut plus que tout ce qu’il a eu en main jusque là (une aubaine au-delà de toute espérance). Mais lui, il a fait une recherche longue et tenace, il savait (plus ou moins) ce qu’il cherchait. Désormais, il tient l’objet de sa recherche : dès lors, il faut tout de suite tout vendre pour l’acquérir.

Homélie de Vénuste :

En ce temps-là, Jésus disait à la foule ces paraboles : « Le Royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède et il achète ce champ »Ou encore : « Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède et il achète la perle »« Le Royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il  à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents »

Voilà trois paraboles qu’il faut écouter avec foi en Jésus dont nous croyons qu’il vient nous révéler qui est Dieu pour nous et nous pour lui. Alors nous pouvons voir ce qu’il veut nous dire, et pour cela notre cœur doit être attentif et plein d’attente de cette bonne nouvelle. Par trois fois Jésus nous parle du Royaume des Cieux ou autrement dit ‘comment Dieu règne’ : Il ne règne pas à la façon des hommes qui croient que régner est dominer, écraser, mais pour lui dominer c’est être proche des hommes, se mettre à leur service. Ce Royaume par trois fois il nous dit qu’il est semblable : les trois petites histoires nous révéleront comment nous sommes concernés par sa façon de régner, puisque nous sommes faits à son image et ressemblance.

Méditation du Père Jean :

Prière universelle

1. Prions pour notre Église, qu’elle soit en ces temps difficiles, le reflet sans exclusive de l’amour de Dieu pour tous ses enfants. Et que nous, ses membres, par notre façon de nous comporter et de réagir face à la pandémie, soyons les témoins de cet amour.

Prions le Seigneur.

2. Prions pour les responsables politiques de notre monde et de notre pays en particulier. Que le Seigneur les aide à prendre les décisions, nécessaires et adéquates, afin de guider les citoyens dont ils ont la charge et, avec eux, revenir à une société fraternelle et viable pour chacun.

Prions le Seigneur.

3. Prions pour les plus démunis, les plus fragiles de nos sociétés. Que le
Seigneur mette sur leur route celui ou celle qui pourra leur rendre courage et espoir. Prions aussi pour les chercheurs qui s’efforcent de trouver le vaccin qui pourra mettre fin aux ravages de la pandémie et ainsi sauver un grand nombre de vies. Que le Seigneur les aide dans leur combat.

Prions le Seigneur.

4. Prions pour notre communauté, que l’Esprit Saint nous aide à mettre à profit ces jours parfois difficiles pour rentrer en
nous-mêmes et réfléchir à nos priorités, à l’importance que nous accordons, bien souvent, à la matérialité des choses, et à ce
que le Seigneur attend et espère de nous.

Prions le Seigneur.

Dimanche 26 juillet sur FR2 « Le Jour du Seigneur et « La Une »

17e dimanche du Temps Ordinaire A depuis la Chapelle Sainte-Thérèse à Paris 16e

Prédicateur: Frère Camille de Belloy, dominicain

La peinture intuitive

14e dimanche du temps ordinaire

Trouver, dans la vie, des raisons de rendre grâces.

Vénuste

1re lect. : Za 9, 9-10
Ps : 144, 1-2, 8-9, 10-11, 13cd-14
2e lect. : Rm 8, 9.11-13
Évangile : Mt 11, 25-30

 

(Mt 11, 25-30) : modèle de prière pour les chrétiens. Jésus nous apprend comment nommer Dieu et lui rendre grâce, comment trouver le repos dans nos assemblées dominicales. Jésus propose (sans imposer) la vie qu’il veut partager avec nous, qui n’est pas un fardeau écrasant : sa parole d’amour est propre à décupler les forces. Révélation loin d’une connaissance cérébrale : elle touche « les tout-petits » qui ne sont pas barricadés dans leurs connaissances, mais ouverts à
la vie, à l’émerveillement.

Jésus priait souvent, en intimité avec le Père. Ce n’est pas souvent que l’Evangile nous donne le contenu de sa prière. Les rares fois que nous savons ce qu’il a dit dans sa prière, c’est par exemple quand il enseignait le Notre Père, ou encore lors de la prière sacerdotale après la Cène. Ou ici où nous avons un modèle de prière : si nous cherchons à savoir comment prier, voici une leçon du Maître à appliquer dans la
prière individuelle et dans la liturgie communautaire. La prière de Jésus est une prière de louange. La prière juive est essentiellement louange et action de grâces, même quand ils veulent demander quelque chose à Dieu, les Juifs tournent la demande en louange (p.e. béni sois-tu de nous accorder…).

Ce qu’il faut souligner dans l’évangile d’aujourd’hui, c’est le fait que le contexte n’était pas à
l’exultation : Jésus venait d’essuyer de gros échecs dans sa mission, les pharisiens et les scribes l’ont carrément rejeté. Mais il ne sombre pas dans la déception et le découragement. Il se réjouit de voir venir à lui les malades, les handicapés (c’est dur à admettre mais le moindre handicap éloignait de la synagogue et du temple, de la prière du peuple de Dieu, et donc de la religion), les découragés, les éprouvés, les pauvres, les publicains, les prostituées, les sans diplômes, les rejetés de la société, les enfants… ceux-là que les chefs religieux méprisaient parce qu’ils ne pratiquaient pas scrupuleusement la loi. Tout ce « petit monde » retrouve leur dignité et leur espérance auprès de Jésus, s’ouvre à son enseignement et à son salut. On les oppressait sous une religion tatillonne de prescriptions pesantes, Jésus les libère par une loi d’amour, plus exigeante mais plus intérieure, loi qui est joie et liberté, car l’amour demande l’effort sans écraser, elle donne des ailes et les forces s’en trouvent décuplées. Les rabbins parlaient de la loi comme d’un joug, le Christ ne rejette pas le mot, mais son joug est léger. Le joug, c’est cet attirail que les bœufs de labour portent sur la nuque. Le joug se porte à deux (le mot est présent dans « conjugal » pour dire que la vie conjugale est un joug que les partenaires portent à deux, le bonheur conjugal étant justement d’être à deux pour porter joies et épreuves) : il faut mettre les forces ensemble pour tirer au même rythme, dans le même sens, pour le même but. C’est cette image que Jésus utilise pour dire qu’il partage nos misères : il n’éloigne pas de nous la condition humaine et ses malheurs, il ne nous dispense pas de la souffrance (ce que nous demandons toujours dans la prière), mais il n’est pas indifférent à notre sort puisqu’il vient porter la croix avec nous, il se charge même de nos fautes et de notre mort. C’est merveilleux de découvrir que quelqu’un nous aide à porter l’existence, que quelqu’un nous porte, comme le dit la parabole du brésilien Adémas De Borros. Sur lui nous pouvons déposer tout ce qui nous pèse et grâce à lui trouver le repos. Joug qui est liberté et repos.

Homélie de Vénuste :

Méditation du Père Jean :

« Je t’exalte ô roi mon Dieu », chante le psaume. Donne à tous tes amis, Jésus, la joie de te louer en tout temps et toute circonstance. Ainsi nos proches sauront que tu es le Seigneur de la vie. Seigneur nous te prions.

« Voici ton roi qui vient à toi … il est pauvre », nous affirme le prophète Zacharie. Merci Seigneur de nous donner de te reconnaitre vivant aujourd’hui avec les plus pauvres qui sont au milieu de nous ; viens en aide, en particulier, à tous les « sans papiers », dont les conditions de vie sont inhumaines. Seigneur nous te prions.

« Venez à moi », crie Jésus. Donne à ton Eglise de transmettre ton appel à tout homme ; que ton Esprit Saint fasse de tous les chrétiens, par la vérité de leur vie et par l’audace de leurs paroles, des porteurs de ta bonne nouvelle. Seigneur nous te prions.

Nous te prions, Seigneur, pour les jeunes. Avec la pandémie et la crise économique qui menace, leur avenir semble sombre. Que ton Esprit Saint leur donne la force d’aller de l’avant avec courage et confiance. Seigneur nous te prions.

13e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Qui veut sauver sa peau...

Vénuste

De l’Évangile de ce dimanche, deux thèmes distincts affleurent : l’attachement à Jésus qui doit dépasser toutes les affections dont nous vivons ici-bas, y compris l’amour que nous vouons à notre famille  ; la pratique de l’hospitalité.

1re lect. : 2 R 4, 8-11.14-16a
Ps : 88, 2-3, 16-17, 18-19
2e lect. : Rm 6, 3-4.8-11
Évangile : Mt 10, 37-42

 

Vous trouverez ci-dessous le feuillet des lectures et des demande de pardon et prières universelles de la messe en format PDF que vous pouvez télécharger et ou imprimer

Matthieu 28, 16-20 : Jésus est exigeant, il nous demande de le préférer à tout, le préférer aux liens de sang, à sa propre famille,
à sa propre vie. Mais avec lui, qui perd gagne ! Il nous exhorte aussi à l’accueil. Tout cela par amour, comme il nous a aimés
sans mesure (l’amour ne compte pas).

Jésus continue à nous parler des difficultés de la mission, tout en nous parlant de récompense ! Or le
mot « récompense », comme le mot « mérite » sont très ambigus, dans ce sens où ils peuvent sous-entendre un calcul à la base, un marchandage : je donne ma vie, je quitte ma famille, je fais bon accueil à ton messager, mais toi, en retour, tu me donnes le paradis, marché conclu, tu me dois ça ! Comme du donnant donnant ! Or nous suivons le Seigneur parce qu’il nous a séduits, nous donnons notre vie pour lui parce qu’il a donné sa vie pour nous, nous l’aimons parce que lui le premier nous a aimés, parce que ses dons (grâces), c’est de la pure gratuité. Si nous agissons par calcul et intérêt, nous perdrons au change. Autre chose si c’est par amour.

L’extrait de l’évangile d’aujourd’hui peut comporter une autre ambiguïté : une certaine interprétation, basée d’ailleurs sur certaines traductions de textes parallèles, peut laisser croire que Jésus demande de couper les liens avec la famille, avec les proches, ou bien qu’il demande de négliger nos obligations envers la famille. Or la loi exige d’honorer son père et sa mère ainsi que de subvenir à leurs besoins dans la vieillesse.
Jésus ne demande pas renier ses proches, il demande que le disciple le préfère à toute relation, qu’il le mette à la base de toute relation, qui en retour, sera plus vraie et plus profonde. Il est évident qu’il ne peut y avoir d’opposition ni même de tension entre l’amour de Dieu et l’amour des parents (de la famille), celui-ci n’étant en fait qu’une expression de celui-là. On aimera mieux les proches dans le cœur de Dieu, le premier aimé.


Pour bien comprendre ce message, il faut nous placer encore une fois dans la situation que vivaient les chrétiens du temps de Matthieu, ceux à qui il adresse ce message. Nous sommes à l’époque des persécutions. Les chrétiens sont pourchassés, leur vie ne vaut pas cher, certains vont apostasier pour sauver leur peau en
croyant sauver leur vie. Et leurs familles dans tout ça ? Certains ont renié leur foi chrétienne pour ne pas
avoir de problèmes avec leur famille ou pour ne pas attirer le danger sur leur famille, d’autres ont été repoussés par leur famille qui ne les accueillait plus, d’autres ont même été dénoncés par leur propre famille.
Il faut se rappeler que, à l’époque (aujourd’hui encore dans certaines religions), l’appartenance religieuse
était liée à la race, au clan, à la famille, tant et si bien que se convertir à une autre religion, c’était comme trahir sa famille, renier les siens, qui ne se gênaient pas toujours pour prendre des mesures contre celui qu’ils prenaient pour un traître, un renégat, un maudit, un apostat (d’où le crime d’honneur).

Homélie de Vénuste :

Réflexion du Père Jean :

« Seigneur Jésus, Accueille-nous dans la gloire, Aide-nous à te choisir à chaque instant de notre vie, Donne-nous de te chercher dans tous les recoins de notre vie, Pour que nous naissions vraiment à la vie nouvelle des enfants de Dieu, Et qu’ainsi, nous te découvrions présent dans le prochain que nous accueillons, Toi qui règnes pour les siècles sans fin. »