Pourquoi rester sans rien faire ?

Vénuste

1re lect. : Ez 33, 7-9
Ps : 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a .9
2e lect. : Rm 13, 8-10
Évangile : Mt 18, 15-20


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Isaïe 55, 6-9 : les pensées de Dieu ne sont pas les pensées des hommes. Comment alors être dans sa logique puisque ce n’est
pas lui qui doit entrer dans la nôtre ? En le fréquentant : invitation à une rencontre personnelle avec Dieu.
Philippiens 1, 20 … 27 : Paul est en prison, son sort est incertain, il risque la peine capitale, il attend le verdict très
sereinement. Il souhaite tellement rencontrer le Christ qu’il est prêt à mourir pour le rejoindre. Mais il accepte aussi de
prolonger sa vie, si telle est la volonté de Dieu, pour faire œuvre utile et poursuivre son apostolat.
Matthieu 20,1-16 : la parabole dite « des ouvriers de la 11ème heure». Les pensées de Dieu ne sont vraiment pas les nôtres, sa
justice non plus car il est don et gratuité. Avec lui, il ne faut pas parler de mérite, de droit, de récompense ; il ne fait pas de
comptes. Puisque c’est lui-même qui se donne et il n’est pas comptabilisable. Il se donne tout entier et personne n’est lésé :
nous sommes tous traités à égalité. Celui qui travaille à sa vigne s’en réjouit et plaint ceux qui viennent sur le tard au lieu
d’être jaloux de ne pas recevoir plus qu’eux.

Le lectionnaire prévoit de lire trois fois de suite (25°, 26°, 27° dimanches) trois paraboles qui parlent de la vigne (heureuse coïncidence avec la période des vendanges). Il faut se rappeler que, dans la Bible, la vigne symbolise le peuple de Dieu ; c’est le lieu du bonheur, de l’amour et de l’alliance avec Dieu. C’est donc un bonheur d’y être embauché, à part que Dieu y applique un contrat qui défie toute justice sociale et toute logique salariale : si ce contrat était appliqué dans une de nos entreprises, ce serait la grève assurée le lendemain et une « descente » de l’inspection du travail ! Dieu subordonne la justice à la bonté.

« La parabole de l’évangile, dit St Jean Chrysostome,vise la conversion des hommes à Dieu, les uns dès leur jeune âge, d’autres plus tard, et quelques-uns seulement dans leur vieillesse. Le Christ réprime l’orgueil des premiers appelés, pour les empêcher de faire des reproches à ceux de la onzième heure… Sa parole stimule le zèle des derniers en leur montrant qu’ils peuvent mériter le même salaire que les premiers. »

Dieu a une curieuse façon d’embaucher. A notre époque, le chef d’entreprise s’assied à son bureau et attend les demandeurs d’emploi qui viennent avec leur curriculum vitae et à qui il fait passer une interview.
A l’époque de Jésus, les journaliers qui louaient leur travail allaient attendre sur la place que quelqu’un vienne leur proposer du travail ; n’avaient la chance d’être embauchés que les plus costauds, les plus jeunes,
les plus rentables. Le « maître du domaine » dont il s’agit dans la parabole a une envie folle d’engager tout le monde, il sort à toutes les heures et dit à tout le monde d’aller à sa vigne, il ne surveille pas leur travail.
On dirait qu’il a de la peine à voir que quelqu’un soit sans travail, qu’il y ait quelqu’un qui ne soit pas au travail dans sa vigne. C’est avec les premiers embauchés qu’il se met d’accord sur le salaire d’une pièce d’argent pour la journée, le tarif officiel (ce qui, paraît-il, équivalait à la dépense journalière d’une famille) ; au deuxième groupe il promet de « donner ce qui est juste »; aux autres il ne dit rien.

Homélie de Vénuste :


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‘Argent’ selon la justice de Dieu / hommes

En ce temps-là, Jésus disait cette parabole à ses disciples : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire d’une journée : un denier, c’est-à-dire une pièce  d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : «Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste. » Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : « Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? » Ils lui répondirent : « Parce que personne ne nous a embauchés. » Il leur dit : « Allez à ma vigne, vous aussi. »

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers ». Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminèrent contre le maître du domaine : « Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur ! » Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : « Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ! »C’est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers. »

Après le lecture cet évangile bien souvent la réaction des fidèles est de trouver que l’attitude du maître de la vigne commet une injustice : il faut qu’il y ait une cohérence entre le montant du salaire et l’ampleur de la prestation. Ainsi se définit la justice selon les hommes. La parabole révèle la justice telle que Dieu la conçoit : toute différente .

Attention : nous sommes toujours dans ‘le discours sur l’Eglise’. Aujourd’hui Jésus aborde une des caractéristiques importantes pour l’esprit de l’appartenance à l’Eglise. Le contexte immédiat est la venue d’un jeune homme riche qui interroge Jésus : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Jésus se réfère aux commandements de l’Ancien Testament.
Le jeune homme estime qu’il a toujours observé ces commandements. Alors quoi ? Jésus
dit : « Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu as, donne- le aux pauvres et ensuite viens et suis-moi ».(C’est cela être disciple de Jésus !) Le jeune homme s’en va tout triste, car il avait de grands biens. Jésus dit à ses disciples : « En vérité, un homme riche entrera difficilement dans le Royaume des Cieux » Incompréhension totale des disciples : « Qui donc peut alors être sauvé, si même les riches n’y parviendront pas !! ». Réflexion de Jésus : « Aux hommes ceci est impossible, mais à Dieu tout est possible ».

Méditation du Père Jean :


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Prière universelle

1. Voici venu le temps des vendanges. À l’appel du Pape François, présentons à Dieu les ressources de notre terre, que nous prenions soin de notre planète, que nous sachions partager son produit de manière équitable et respectueuse plutôt que le piller et le gaspiller. Nous Te prions, Seigneur Dieu créateur.

Prions le Seigneur

2. Prions pour les ouvriers que le Maître envoie à sa vigne : pour les parents, les enseignants, les éducateurs, les catéchistes et tous ceux et celles qui se dépensent au service de son règne d’amour. Qu’ils trouvent la joie parfaite d’être embauchés à la suite de Jésus lui-même et de ses apôtres. Nous Te prions, Maître de la vigne.

Prions le Seigneur.

3. Pour les enfants, les femmes et les hommes qui subissent le poids d’un travail inhumain, pour ceux qui sont harcelés au travail, pour ceux qui souffrent de burn-out, pour ceux qui peinent à trouver un travail qui leur permettrait de s’épanouir et de nourrir leur famille.

Prions le Seigneur.

4. Pour nos communautés paroissiales qui vivent en ce mois de septembre, leur rentrée pastorale : que nombreux parmi nous, ou plutôt que chacun de nous, se sente appelé à travailler à la vigne de notre Maître, pour le salut de l’humanité, pour que ton règne vienne.

Prions le Seigneur.


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