10e dimanche du TO : LA TRÈS SAINTE TRINITÉ

La grâce de Jésus-Christ notre Seigneur, l'amour de Dieu le Père et la communion de l'Esprit Saint soient toujours avec vous.

Vénuste

1re lect. : Ex 34, 4b-6.8-9
Cantique : Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56
2e lect. : 2 Co 13, 11-13
Évangile : Jn 3, 16-18

 

Vous trouverez ci-dessous le feuillet des lectures et des demande de pardon et prières universelles de la messe en format PDF que vous pouvez télécharger et ou imprimer

Jean 3, 16-18 : la bonté et la générosité de Dieu sont infinies, puisqu’il va jusqu’à se donner lui-même en son Fils, venu
nous le révéler, pour nous communiquer ainsi sa propre vie, celle de la résurrection.

Notre Dieu n’est pas un solitaire. Il est amour, il est communion, communauté d’amour. De même qu’il ne fut pas un temps où il n’était pas (puisque éternel), de même il ne fut pas un temps où il ne fut pas amour-communion. Ce n’est pas non plus tout un panthéon : Dieu est un, unique, dans la Trinité des Personnes divines. Dieu qui, tout unique qu’il soit, est une « famille » de trois Personnes qui vivent en « Unité » parfaite. La fête d’aujourd’hui a mis du temps à être reconnue officiellement : le pape Jean XXII va l’imposer à tout l’Occident en 1334 après 5 siècles qu’elle n’était qu’une messe votive.

Le mystère trinitaire de Dieu ne se trouve affirmé ni dans le judaïsme, ni dans l’Islam, ni dans
aucune autre (grande) religion. Cette vérité centrale de notre foi est donc la grande originalité du christianisme. Pourquoi les chrétiens croient-ils en la Trinité, alors qu’il est déjà si difficile de croire en un seul Dieu ! Parce que Dieu est amour. Et qui donc Dieu aime-t-il de toute éternité ? Pas les hommes ni
l’univers puisqu’il fut un temps où ils n’étaient pas encore créés. Pas lui-même car ce serait, non de l’amour, mais de l’égoïsme ou du narcissisme. S’il est amour, cela suppose qu’il a un vis-à-vis.

Un seul Dieu, mais pas un Dieu seul, pas le « célibataire qui s’ennuie derrière les étoiles ». Nous croyons en un Dieu amour. Il y a un toi-et-moi en Dieu. Un seul Dieu, trois Personnes : trinité des Personnes, unité de leur nature. Le mot « trinité » est totalement absent de la Bible, la « définition » du dogme de la Trinité est assez tardive. Cependant il est indéniable que l’Eglise, à sa naissance déjà, croyait en la Trinité sans le moindre équivoque, même si elle n’avait pas encore trouvé les formules pour le dire. La foi trinitaire de l’Eglise est aussi ancienne qu’elle-même, aussi ancienne que le « kérygme » (l’annonce à l’origine de l’Eglise), bien avant les « définitions » théologiques du 4° siècle qui vont inventer le mot « trinité ». On lit cette foi à travers le témoignage des évangiles, on la voit dans la liturgie (lex orandi lex credendi : le rite précède le dogme, le théologien réfléchit à partir de la pratique liturgique).

Homélie de Vénuste :

Adoration de la Sainte Trinité

de saint Maximilien Kolbe
illustration du symbole de la sainte trinité

Je t’adore, ô notre Père céleste, car Tu as déposé dans son sein très pur ton Fils Unique. Je t’adore, ô Fils de Dieu, car Tu as daigné entrer dans le sein de Marie et Tu es véritablement et réellement devenu son Fils. Je t’adore, ô Esprit-Saint, car Tu as daigné former dans son sein immaculé le corps du Fils de Dieu. Je t’adore, ô très sainte Trinité, ô Dieu Un en la sainte Trinité, pour avoir élevé l’Immaculée d’une façon aussi divine. Et je ne cesserai, jamais, chaque jour, à peine éveillé de mon sommeil, de T’adorer très humblement, ô Dieu Trine, la face contre terre, répétant trois fois : Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Amen.

La Trinité est un mystère que nous n’aurons jamais fini de comprendre. Mais que cela ne nous empêche pas de chercher à s’en approcher !

Quelle est la signification de Dieu qui est Trinité ?

Prière à la Sainte Trinité

8ème dimanche de Pentecôte

Viens, Esprit Saint, emplis le cœur de tes fidèles...

Vénuste

1re lect. : Ac 2, 1-11
Ps : 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34
2e lect. : 1 Co 12, 3b-7.12-13
Séquence
Évangile :
Jn 20, 19-23

 

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Jean 20, 19-23 : le Souffle divin, l’Esprit de Jésus-Christ, vient ranimer le corps mort des disciples : morts de peur, ils avaient
fait de leur refuge un tombeau en se claquemurant dedans. L’effet est immédiat, le Souffle créateur les fait sortir pour répandre
à leur tour ce souffle reçu, si puissant qu’il est venu jusqu’à nous, plus de 2000 ans après. Le pardon est le don pascal par
excellence

Pentecôte – du grec : pentecostè, cinquante – le cinquantième jour après Pâques, était, chez les Juifs,
avec la Pâque et la fête des Tentes, une des trois grandes fêtes de pèlerinage. Une fête de la récolte du blé, devenue plus tard commémoration de l’Alliance du Sinaï. Car au départ c’était la fête de la moisson : on offrait les prémices de la récolte au Dieu qui donne semences, soleil, pluies et tout ce qui favorise la fécondité de la terre nourricière. C’était la fête de l’abondance et elle se célébrait 50 jours après la Pâque juive (50 étant le chiffre du jubilé : 7 x 7= 49 + 1 ; donc c’est la première année d’un nouveau cycle, comme il y a un lendemain du sabbat qui lance une nouvelle semaine ; c’est donc comme une nouvelle création, une nouvelle humanité). Et si Pâques célèbre la sortie de l’Egypte, on en vint à donner à cette fête de Pentecôte le
sens de la commémoration du don de la loi sur le Sinaï, quand Dieu fit de ces fuyards un peuple, son peuple, à
qui il donna la loi (une constitution pour une nation qui prend naissance).
Certains éléments de la fête juive ont été retenus par la liturgie chrétienne ; ainsi le thème de l’Alliance. Pâques et Pentecôte n’avaient pas de rapport direct dans le culte juif, la liturgie chrétienne les a unies. Pendant les premiers siècles, on n’a jamais considéré le jour de la Pentecôte comme une fête à part, mais comme le dernier jour de la grande fête de Pâques, un grand dimanche qui dure 50 jours. Plus tard, la Pentecôte se détacha du cycle pascal pour constituer un cycle particulier de huit jours, en imitation de l’octave de Pâques dont elle avait repris certains traits.

Homélie de Vénuste :

Homélie du pape François prononcée ce vendredi 27/03

Homélie du pape François prononcée ce vendredi soir

Face à la pandémie du coronavirus Covid-19, le pape François a donné une bénédiction Urbi et Orbi exceptionnelle ce vendredi 27 mars

« Le soir venu » (Mc 4, 35). Ainsi commence l’Evangile que nous avons écouté. Depuis des semaines, la nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage : cela se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent. Nous nous retrouvons apeurés et perdus. Comme les disciples de l’Evangile, nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. Dans cette barque… nous nous trouvons tous. Comme ces disciples qui parlent d’une seule voix et dans l’angoisse disent : « Nous sommes perdus » (v. 38), nous aussi, nous nous nous apercevons que nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout seul, mais seulement ensemble.

Il est facile de nous retrouver dans ce récit. Ce qui est difficile, c’est de comprendre le comportement de Jésus. Alors que les disciples sont naturellement inquiets et désespérés, il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en premier. Et que fait-il ? Malgré tout le bruit, il dort serein, confiant dans le Père – c’est la seule fois où, dans l’Evangile, nous voyons Jésus dormir –. Puis, quand il est réveillé, après avoir calmé le vent et les eaux, il s’adresse aux disciples sur un ton de reproche : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (v. 40).

Cherchons à comprendre.

En quoi consiste le manque de foi de la part des disciples, qui s’oppose à la confiance de Jésus ? Ils n’avaient pas cessé de croire en lui. En effet, ils l’invoquent. Mais voyons comment ils l’invoquent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » (v. 38). Cela ne te fait rien : ils pensent que Jésus se désintéresse d’eux, qu’il ne se soucie pas d’eux. Entre nous, dans nos familles, l’une des choses qui fait le plus mal, c’est quand nous nous entendons dire : “Tu ne te soucies pas de moi ?”. C’est une phrase qui blesse et déclenche des tempêtes dans le cœur. Cela aura aussi touché Jésus, car lui, plus que personne, tient à nous. En effet, une fois invoqué, il sauve ses disciples découragés.

La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. Elle nous démontre comment nous avons laissé endormi et abandonné ce qui alimente, soutient et donne force à notre vie ainsi qu’à notre communauté. La tempête révèle toutes les intentions d’“emballer” et d’oublier ce qui a nourri l’âme de nos peuples, toutes ces tentatives d’anesthésier avec des habitudes apparemment “salvatrices”, incapables de faire appel à nos racines et d’évoquer la mémoire de nos anciens, en nous privant ainsi de l’immunité nécessaire pour affronter l’adversité. À la faveur de la tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos “ego” toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette appartenance commune (bénie), à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères. « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ».

Seigneur, ce soir, ta Parole nous touche et nous concerne tous. Dans notre monde, que tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons : “Réveille-toi Seigneur !”.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, tu nous adresses un appel, un appel à la foi qui ne consiste pas tant à croire que tu existes, mais à aller vers toi et à se fier à toi. Durant ce Carême, ton appel urgent résonne : “Convertissez-vous”, « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Tu nous invites à saisir ce temps d’épreuve comme un temps de choix. Ce n’est pas le temps de ton jugement, mais celui de notre jugement : le temps de choisir ce qui importe et ce qui passe, de séparer ce qui est nécessaire de ce qui ne l’est pas. C’est le temps de réorienter la route de la vie vers toi, Seigneur, et vers les autres. Et nous pouvons voir de nombreux compagnons de voyage exemplaires qui, dans cette peur, ont réagi en donnant leur vie. C’est la force agissante de l’Esprit déversée et transformée en courageux et généreux dévouements. C’est la vie de l’Esprit capable de racheter, de valoriser et de montrer comment nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires, souvent oubliées, qui ne font pas la une des journaux et des revues ni n’apparaissent dans les grands défilés du dernier show mais qui, sans aucun doute, sont en train d’écrire aujourd’hui les évènements décisifs de notre histoire : médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant et tant d’autres qui ont compris que personne ne se sauve tout seul. Face à la souffrance, où se mesure le vrai développement de nos peuples, nous découvrons et nous expérimentons la prière sacerdotale de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21).

Que de personnes font preuve chaque jour de patience et insuffle l’espérance, en veillant à ne pas créer la panique mais la coresponsabilité ! Que de pères, de mères, de grands-pères et de grands -mères, que d’enseignants montrent à nos enfants, par des gestes simples et quotidiens, comment affronter et traverser une crise en réadaptant les habitudes, en levant les regards et en stimulant la prière ! Que de personnes prient, offrent et intercèdent pour le bien de tous. La prière et le service discret : ce sont nos armes gagnantes !

« Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut. Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs, des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais. Le Seigneur nous interpelle et, au milieu de notre tempête, il nous invite à réveiller puis à activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et sens en ces heures où tout semble faire naufrage. Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix, nous avons été sauvés. Nous avons un gouvernail : par sa croix, nous avons été rachetés. Nous avons une espérance : par sa croix, nous avons été rénovés et embrassés afin que rien ni personne ne nous sépare de son amour rédempteur. Dans l’isolement où nous souffrons du manque d’affections et de rencontres, en faisant l’expérience du manque de beaucoup de choses, écoutons une fois encore l’annonce qui nous sauve : il est ressuscité et vit à nos côtés.

Le Seigneur nous exhorte de sa croix à retrouver la vie qui nous attend, à regarder vers ceux qui nous sollicitent, à renforcer, reconnaître et stimuler la grâce qui nous habite. N’éteignons pas la flamme qui faiblit (cf. Is 42, 3) qui ne s’altère jamais, et laissons-la rallumer l’espérance.

Embrasser la croix, c’est trouver le courage d’embrasser toutes les contrariétés du temps présent, en abandonnant un moment notre soif de toute puissance et de possession, pour faire place à la créativité que seul l’Esprit est capable de susciter. C’est trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité. Par sa croix, nous avons été sauvés pour accueillir l’espérance et permettre que ce soit elle qui renforce et soutienne toutes les mesures et toutes les pistes possibles qui puissent aider à nous préserver et à sauvegarder. Étreindre le Seigneur pour embrasser l’espérance, voilà la force de la foi, qui libère de la peur et donne de l’espérance.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Chers frères et sœurs, de ce lieu, qui raconte la foi, solide comme le roc, de Pierre, je voudrais ce soir vous confier tous au Seigneur, par l’intercession de la Vierge, salut de son peuple, étoile de la mer dans la tempête. Que, de cette colonnade qui embrasse Rome et le monde, descende sur vous, comme une étreinte consolante, la bénédiction de Dieu. Seigneur, bénis le monde, donne la santé aux corps et le réconfort aux cœurs. Tu nous demandes de ne pas avoir peur. Mais notre foi est faible et nous sommes craintifs. Mais toi, Seigneur, ne nous laisse pas à la merci de la tempête. Redis encore : « N’ayez pas peur » (Mt 28, 5). Et nous, avec Pierre, “nous nous déchargeons sur toi de tous nos soucis, car tu prends soin de nous” (cf. 1P 5, 7).

Pape François

Commentaire méditatif du père Jean à propos de la résurrection de Lazare

Jésus rend la vie à un mort, Lazare en ce 5ième dimanche du Carême

L’évangéliste Jean nous donne le récit de la réanimation de Lazare. Ou mieux du signe, comme l’appelle Jean. Pour lui les récits sont des signes qui ont un but : « afin que nous croyions que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu et afin qu’en croyant nous ayons la vie en son nom ». Dans son évangile Jean relate sept signes. Le septième, celui de Lazare aussitôt suivi de l’entrée en passion et mort de Jésus, passage obligé qui mène à sa résurrection… Lazare dont le nom dit : ‘Dieu aide’, est malade. Comme notre monde est malade non seulement du coronavirus, mais de tout ce qui nous empêche d’être libres, de notre égo axé sur l’avoir, le pouvoir, le savoir. Lazare tout comme ses deux sœurs Marthe et Marie sont les amis de Jésus. Il les aime, comme nous tous, qui que nous soyons. Les deux sœurs envoient un message à Jésus qui lui s’est retiré au loin. Son dernier séjour à Jérusalem s’est mal passé, les ‘bons juifs’ après une confrontation avec lui ont pris des pierres pour le lapider. Lui s’est échappé . Voici leur message : « Seigneur, celui que tu aimes est malade ». Message concis, mais qui cache le désir que Jésus vienne aussitôt le guérir. La réaction de Jésus est de dire à ses disciples : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié » La gloire à laquelle Dieu tient, est que l’homme vive ! Or Jésus reste encore deux jours sur place ! Pourquoi ? Pour mettre les sœurs à l’épreuve (comme nous parfois qui ayant prié avec ferveur nous ne voyons pas Dieu intervenir) ? Ou pour que Lazare meure, comme Jésus allait mourir très peu de temps après, afin que Jésus puisse le ressusciter comme le Père le troisième jour le ressuscitera ? Courageusement Jésus dit : «Revenons en Judée ». Réplique des disciples : « Pas question, tu te souviens des pierres prêtes pour ta lapidation ». Là-dessus Jésus leur dit : « Lazare, notre ami, dort et je m’en vais le tirer de son sommeil ». Nouvelle intervention des disciples : « Si Lazare dort, c’est qu’il est sauvé ». Alors Jésus leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Allons auprès de lui ». Thomas notre jumeau a cette phrase téméraire : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ».

Lorsque Jésus arrive, Lazare est déjà mort depuis quatre jours : de nombreux juifs entourent les deux sœurs en pleurant avec elles. Mais Marthe averti de la venue toute proche de Jésus va à sa rencontre. Sa première parole : « Seigneur, si tu avais été ici mon frère ne serait pas mort » Un reproche parce que Jésus n’est pas venu aussitôt après le message ? Mais elle ajoute, révélant ainsi sa foi en Jésus : « Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera ». Jésus dit tout simplement : « Ton frère ressuscitera ». De façon vive elle rétorque : « Je sais qu’il ressuscitera, à la résurrection au dernier jour » Elle croit que le Messie, à la fin des temps, soulèvera la pierre qui sépare le séjour des morts, les enfers, du séjour des vivants. La réaction de Jésus est une parole forte : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Jésus ne dit pas qu’il a la résurrection en main pour récompenser les justes, mais qu’il est la résurrection. Son essence est la résurrection. En grec ‘anastasia’ par son étymologie dit : mise debout (stasia), mais précédé par ‘ana’ qui veut dire tant une ‘nouvelle fois’ que ‘en provenance d’en haut’, de Dieu. Je pourrais interpréter : Jésus le ressuscité (par le Père) ressuscitant (les hommes). Quand on croit en Jésus, la mort est vaincue même si nous devons passer par la mort, celle-ci n’est qu’un passage (une pâque) vers notre destinée, être en Dieu. Là-dessus Marthe affirme sa foi : « Oui, Seigneur, je crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde » C’est notre foi : Jésus est le Christ, le Messie, non pas qui viendra à la fin des temps, mais qui vient au présent, comme un cadeau de Dieu pour que nous vivions de l’Esprit de Dieu, en enfants de Dieu.

Sur ce Marthe à la gentillesse de partager sa foi à Marie : le Maître est là et il t’appelle…Foi missionnaire donc ! Marie se lève et de nombreux juifs la suivent en pleurs croyant qu’elle va pleurer au tombeau, mais c’est à Jésus qu’elle adresse le même message que Marthe : «Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Lorsque Jésus vit qu’elle pleurait et les juifs pleuraient avec elle, il est pris d’une émotion : le Fils de Dieu  vient proche des hommes et pleure avec eux. Pleurer pour quoi ? Par sympathie avec ceux qui pleurent ? Face à l’incroyance des gens ignorant la bonté infinie de Dieu? « Où l’avez –vous déposé ? » (Je repense au matin de Pâques où Marie-Madeleine par trois fois dit : je ne sais pas où on l’a déposé…elle veut le prendre pour elle). Les gens s’empressent de lui dire : « Seigneur, viens et vois » (je repense ici au dialogue avec les premiers disciples : « rabbi, où demeures-tu ? » « Venez et voyez » et ils virent où il demeurait)  Où déposé? Derrière la pierre tombale, bien sûr. Jésus dit « Otez la pierre ». Intervention de Marthe  oublieuse de sa belle profession de foi : « mais il sent, quatre jours déjà» Il est bien mort…alors que Jésus avait dit :’même s’il meurt, il vivra’. Jésus aurait-il pensé à sa profession de foi à lui trois fois exprimée : il mourra et le troisième jour il ressuscitera ? De toute façon Jésus dit à Marthe : « Ne t’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » La gloire de Dieu, ce qui lui tient à cœur: la gloire de Dieu ? Que l’homme vive … et la gloire de l’homme ? Que l’homme voie Dieu… On a ôté la pierre, celle qui sépare le séjour des morts du séjour des vivants. Jésus s’adresse maintenant au Père : « Père je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauce toujours, mais je te le dis à cause de la foule qui m’entoure afin qu’ils croient que tu m’as envoyé ». Sur ce Jésus cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors »  Hors du tombeau, hors du séjour des morts,  la mort est vaincue grâce à la voix du Père au matin de Pâques: ‘Mon fils, sors de la mort’.  Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes et le visage enveloppé du suaire (comme les bandelettes et le suaire que Jean découvrira au matin de Pâques en entrant dans le tombeau de Jésus, il vit et il crut) Libérez-le de ce qui entrave son être Lazare remis debout, comme le monde est remis debout par la résurrection. Notre foi, notre espérance

Père Jean

4ème Dimanche de carême : commentaire de Père Jean

Commentaire du père Jean sur l’évangile de ce dimanche:

Guérison de l’aveugle-né en ce quatrième dimanche du carême.

Pour rappel : dans l’année A, les lectures dominicales en ce temps de carême sont celles depuis de temps immémoriaux destinées aux catéchumènes qui dans la nuit pascale vont professer leur foi et sont ensuite baptisés. Celle d’aujourd’hui mettra l’accent sur la progression de la foi, et cela vaut aussi pour nous surtout dans ce temps de carême.

Dans l’aveugle-né allons-nous nous retrouver ? Serons-nous aussi en progression de notre foi ?

La foi chez saint Jean est toujours liée au regard, c’est entrer dans le regard que Dieu porte sur la relation avec nous. « Il vit et il crut » dira Jean de lui-même au matin de Pâques en entrant dans le tombeau ouvert.

Point de départ du récit : Jésus sort du Temple après une altercation avec les Juifs. Lui voit sur son passage un homme aveugle de naissance. L’initiative vient de Jésus, lui voit une humanité aveugle, privée de la beauté du regard de foi: l’aveugle n’a jamais vu la lumière, il est ainsi privé de découvrir le vrai sens de la vie. Remarque des apôtres qui raisonnent encore avec l’image de Dieu qui punit les pécheurs, soit l’aveugle, soit ses parents.

La réponse de Jésus : pourquoi est-il aveugle ? Pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Et d’emblée Jésus, lui la lumière du monde, se met au travail. Il crache à terre et avec sa salive – la salive est indispensable à la parole – il fait de la boue avec la terre et l’enduit sur les yeux morts de l’aveugle-né. Jésus lui dit : « va te laver à la piscine de Siloé (ce nom se traduit : envoyé). L’aveugle toujours sans regard y va et se lava ; quand il revint, il voyait !

Réaction des voisins et de ceux qui l’avaient vu mendier : «c’est bien lui » et d’autres « non, son  sosie » Mais l’homme guéri de sa cécité disait : « c’est bien moi »(littéralement : je suis ! qui est le nom de Dieu) : Toute son attention va à sa propre petite personne qui est en point de mire de ceux qui l’observent. Ceux-ci posent la question « Comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Lui répond : « L’homme qu’on appelle Jésus … et lui d’expliquer les choses telles qu’elles se sont passées. Remarquons la description de celui qui l’a guérir : un homme que l’on (de façon anonyme) appelle Jésus, ce qui veut pourtant dire : ‘Dieu sauve’.

Visiblement pour l’homme devenu voyant n’en est pas encore croyant en Jésus. D’ailleurs à la question : « Et lui où est-il ?» sa réponse est catégorique :« Je ne sais pas ».

L’entourage devant la perplexité décide de ‘consulter ceux qui savent’, les pharisiens. D’emblée il y a quelque chose de gênant : Jésus a œuvré un jour de sabbat, c’est interdit de par la Loi confiée par Dieu à Moïse, car Dieu s’est reposé le jour du sabbat. « Cet homme –là ne vient pas de Dieu ! ». D’aucuns ont une question : « Comment cet homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » On se tourne vers l’ancien aveugle : «Et toi , que dis-tu de lui ? » La réponse fuse cette fois de façon nette : « c’est un prophète ».

On fait alors appeler les parents de l’ancien aveugle en posant les questions que voici : « est-ce bien votre fils ? Né aveugle ? comment se fait-il qu’à présent il voit ?» Réponse des parents : « c’est notre fils, il et né aveugle, oui mais comment il voit, nous ne le savons pas. Cette dernière réponse est inspirée par la peur d’être éjectés de la synagogue.

Nouvelle entrevue des pharisiens avec l’aveugle né : de façon péremptoire ils affirment : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons que celui qui t’a guéri est un pécheur ! » L’homme de répondre : « Un pécheur ? Je n’en sais rien. Une chose que je sais, j’étais aveugle et à présent je vois ». Les autres de le questionner une nouvelle fois : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » « Comment, mais je vous l’ai déjà dit : serait ce que vous aussi vous vouliez devenir ses disciples ? » Horrifiés les pharisiens rétorquent : « toi tu es son disciple et nous sommes les disciples de Moïse. Nous savons que Dieu lui a parlé, mais celui-là nous ne savons pas d’où il est.

L’ancien aveugle visiblement animé par sa confiance grandissante en Jésus affirme : « Étonnant tout de même : vous ne savez pas d’où il est pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un a ouvert les yeux à un aveugle de naissance, s’il n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire ». Les pharisiens de conclure : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Excommunié de la communauté juive orthodoxe.

La conclusion de notre récit : Jésus qui n’avait pas paru durant toute cette interrogatoire, avait appris qu’il avait été jeté dehors. Jésus le retrouve et lui pose la question par excellence : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Fils de l’homme, une appellation déjà dans l’Ancien Testament désignant le messie : celui qui doit venir quand le temps sera accompli. Allusion dans le Nouveau Testament où c’est Jésus lui-même qui se désigne ainsi chaque fois qu’il parle de lui . L’ancien aveugle a encore une question, la question : « Et qui est-il, Seigneur pour que je en croie  lui ? La réponse de Jésus aux questions : « Tu le vois, et c’est lui qui te parles » Voir d’abord et ensuite écouter sa parole et la mettre en pratique Phrase finale est la profession de foi : « Je crois Seigneur » et il se prosterne devant lui. Une parole suivie d’un geste. C’est là la foi .

Père Jean

Homélies

Vous trouverez dans cette rubrique plusieurs liens qui vous dirigeront vers l’ homélie de ce dimanche.

Homélies Année “A” (2016-2017) : de VénusteJean CompazieuCharles-André Sohier

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Elles vous permettront de prolonger l’évangile dans sa compréhension. Pour ceux et celles qui ne peuvent se déplacer à la messe, elles restent un lien fort entre la Parole de Dieu et sa mise en pratique dans notre vie de tous les jours.

L’homélie consiste, en suivant le développement de l’année liturgique, à expliquer à partir du texte sacré les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne. Elle est fortement recommandée comme faisant partie de la liturgie elle-même ; bien plus, aux messes célébrées avec le concours du peuple les dimanches et jours de fête de précepte, on ne l’omettra que pour un motif grave.

L’homélie est donnée juste après la lecture des textes bibliques du jour (en clôture de la liturgie de la Parole). Elle est suivie d’un bref temps de recueillement, avant le Credo (s’il y a lieu), et la poursuite de la célébration (par la liturgie eucharistique).

Le pape Benoît XVI, dans l’exhortation apostolique postsynodale Sacramentum Caritatis, dit à propos de l’homélie (n° 46) :

« En relation avec l’importance de la Parole de Dieu, il est nécessaire d’améliorer la qualité de l’homélie. En effet, elle « fait partie de l’action liturgique » (139) ; elle a pour fonction de favoriser une compréhension plus large et plus efficace de la Parole de Dieu dans la vie des fidèles. C’est pourquoi les ministres ordonnés doivent « préparer l’homélie avec soin, en se basant sur une connaissance appropriée de la Sainte Écriture » (140). On évitera les homélies générales et abstraites. Je demande en particulier aux ministres de faire en sorte que l’homélie mette la Parole de Dieu proclamée en étroite relation avec la célébration sacramentelle (141) et avec la vie de la communauté, en sorte que la Parole de Dieu soit réellement soutien et vie de l’Église (142). Que l’on garde donc présent à l’esprit le but catéchétique et exhortatif de l’homélie. Il paraît opportun, à partir du lectionnaire triennal, de proposer aux fidèles, avec discernement, des homélies thématiques qui, tout au long de l’année liturgique, traiteront les grands thèmes de la foi chrétienne, puisant à ce qui est proposé avec autorité par le Magistère dans les quatre « piliers » du Catéchisme de l’Église catholique et dans le récent Abrégé : la profession de foi, la célébration du mystère chrétien, la vie dans le Christ, la prière chrétienne (143). »

 

Homélies : Carême 2017

26/03/17 : « Serions-nous aveugles nous aussi? »

26.03
4° Dimanche carême-A : Homélie de Vénuste (Jean 9, 1-41).

“Ouvre mes yeux, Seigneur, aux merveilles de ton amour…” Vénuste.

« La rencontre avec la Samaritaine est un exemple de cheminement spirituel. Elle parle de Jésus d’abord comme à un homme, puis comme à un prophète, ensuite comme au messie, puis comme au Christ et finalement comme au sauveur du monde. Elle qui avait peur du regard des autres, devient missionnaire dans son village. La rencontre avec le Christ est toujours une transformation, une récréation, une résurrection. Il vient étancher toutes nos soifs».


19/03/17 : « Seigneur, donne-moi de cette eau »

Seigneur, donne-moi de cette eau
3° Dimanche carême-A : Homélie de Vénuste (Jean 4, 5-42).

“Bonne montée vers Pâques, vers la Source : avec Lui, il ne s’agit pas de tromper la soif uniquement!” Vénuste.

« La rencontre avec la Samaritaine est un exemple de cheminement spirituel. Elle parle de Jésus d’abord comme à un homme, puis comme à un prophète, ensuite comme au messie, puis comme au Christ et finalement comme au sauveur du monde. Elle qui avait peur du regard des autres, devient missionnaire dans son village. La rencontre avec le Christ est toujours une transformation, une récréation, une résurrection. Il vient étancher toutes nos soifs».


12/03/17 : «Son visage devint brillant comme le soleil»

Son visage devint brillant comme le soleil
2° Dimanche carême-A : Homélie de Vénuste (Matthieu 17, 1-9).

“Écoutez-le!” Vénuste.

« Ecouter le Fils de Dieu. Le Père donne pleine autorité à l’enseignement de Jésus. Nos communautés chrétiennes devraient entrer dans la lumière de la transfiguration à travers l’écoute de la Parole lors de nos célébrations dominicales qui seraient ainsi des transfigurations hebdomadaires qui balisent la route de chacun d’entre nous».


Save
5/03/17 : «L’homme ne vit pas seulement de pain»

L’homme ne vit pas seulement de pain
1° Dimanche carême-A : Homélie de Vénuste (Matthieu 4, 1-11).

“Bon car-aime!” Vénuste.

« la rencontre de Jésus avec l’aveugle-né, comme celle avec la Samaritaine, est un exemple de cheminement
spirituel. Il parle de Jésus d’abord comme « l’homme qu’on appelle Jésus », puis comme un prophète, ensuite comme
« quelqu’un qui vient de Dieu », puis comme « le Fils de l’Homme » et finalement il se prosterne devant lui parce que
« Seigneur ». A l’opposé de l’aveugle qui recouvre la vue, nous voyons l’endurcissement, l’aveuglement qui s’aggrave chez
ceux qui « savent ». Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. La lumière (Jésus) est venue, mais les hommes ont
préféré les ténèbres. ».

Les Trois Tentations


Homélies Année A (2016-2017)

19/03/17 : « Seigneur, donne-moi de cette eau »

Seigneur, donne-moi de cette eau
3° Dimanche carême-A : Homélie de Vénuste (Jean 4, 5-42).

“Bonne montée vers Pâques, vers la Source : avec Lui, il ne s’agit pas de tromper la soif uniquement!” Vénuste.

« La rencontre avec la Samaritaine est un exemple de cheminement spirituel. Elle parle de Jésus d’abord comme à un homme, puis comme à un prophète, ensuite comme au messie, puis comme au Christ et finalement comme au sauveur du monde. Elle qui avait peur du regard des autres, devient missionnaire dans son village. La rencontre avec le Christ est toujours une transformation, une récréation, une résurrection. Il vient étancher toutes nos soifs».


12/03/17 : «Son visage devint brillant comme le soleil»

Son visage devint brillant comme le soleil
2° Dimanche carême-A : Homélie de Vénuste (Matthieu 17, 1-9).

“Écoutez-le!” Vénuste.

« Ecouter le Fils de Dieu. Le Père donne pleine autorité à l’enseignement de Jésus. Nos communautés chrétiennes devraient entrer dans la lumière de la transfiguration à travers l’écoute de la Parole lors de nos célébrations dominicales qui seraient ainsi des transfigurations hebdomadaires qui balisent la route de chacun d’entre nous».


Save
5/03/17 : «L’homme ne vit pas seulement de pain»

L’homme ne vit pas seulement de pain
1° Dimanche carême-A : Homélie de Vénuste (Matthieu 4, 1-11).

“Bon car-aime!” Vénuste.

« Jésus est conduit au désert par l’Esprit pour y être tenté. Sa présence au désert pendant 40 jours est la réplique (mais en corrigé) des 40 ans que les Hébreux ont passé au désert après l’Exode ; eux ils ont murmuré et mis le Seigneur à l’épreuve, tandis que Jésus a triomphé de la tentation, il a fait le choix (en toute liberté) de l’obéissance, de la fidélité à son Père ».


Lettre des évêques de Belgique : Populorum Communio ou la Communion des peuples

Ce 26 mars 2017, 4° dimanche de Carême, sera le

50° anniversaire de la publication par Paul VI de Populorum Progressio.

Couverture du document des évêques belges / wwwcathobel.be
Couverture du document des évêques belges / wwwcathobel.be

A cette occasion, les évêques de Belgique ont publié récemment une Lettre intitulée Populorum Communio, la Communion des Peuples.
Une fois n’est pas coutume mais Mgr Delville, évêque de Liège a écrit une homélie proposée aux prêtres et diacres qui assureront l’homélie ce dimanche 26 mars prochain.

Les évêques ont souhaité qu’elle soit proposée à tous.

Que cette homélie nous aide à approfondir la Parole de Dieu et notre mission chrétienne.
Bonne fin de temps de carême et belle progression vers Pâques!

Voici donc l’Homélie type qui nous est proposée pour le 4e dimanche carême : 26 mars 2017.

La communion des peuples

Chers Frères et Sœurs,

Quel rapport y aurait-il entre l’aveugle-né guéri par Jésus (Jean 9,1-41) et le monde d’aujourd’hui ?

En réponse à cette question, les évêques de Belgique publient aujourd’hui une lettre pastorale centrée sur la communion des peuples.

Il semble en effet aux évêques que cet évangile du 4e dimanche de carême nous éclaire quant à notre engagement dans le monde, spécialement vis-à-vis des gens et des peuples qui sont abandonnés à eux-mêmes comme cet aveugle-né.

En outre, ce 26 mars, nous fêtons exactement les 50 ans de l’encyclique Populorum progressio du pape Paul VI, qui était centrée sur le développement des peuples au moment où, en 1967, de nombreux pays du monde passaient du statut de colonie au statut d’État indépendant. Dans cette ligne les évêques de Belgique intitulent leur lettre Populorum communio. La communion des peuples [1].

En effet, à la suite du pape François, ils nous invitent à construire la communion des peuples, c’est-à-dire des relations solidaires entre les peuples, les cultures et les personnes du monde entier.

Les évêques de Belgique mettent en parallèle quatre démarches de Jésus envers l’aveugle-né et quatre démarches de solidarité que nous devons mener à bien dans le monde actuel.

La première démarche est celle du regard de Jésus sur l’aveugle-né. Alors que beaucoup de gens passent devant lui sans le regarder, Jésus voit l’aveugle et il intervient pour comprendre sa situation. Ceci nous interpelle sur notre regard face au monde d’aujourd’hui. Nous découvrons en particulier le développement de la technologie et la mondialisation qu’il entraîne. En un seul clic, nous sommes en contact avec une personne qui habite à 10 000 km. Mais en un seul clic, une personne mal intentionnée peut anéantir des milliers de vies humaines ou dévaster des kilomètres carrés de végétation. La technique peut rapprocher les gens mais elle peut aussi les isoler et les anéantir. Pour maîtriser la mondialisation, ses succès comme ses dangers, nous avons besoin d’élaborer une justice sociale qui réglemente la répartition et l’utilisation des technologies et de savoirs scientifiques.

La deuxième démarche de Jésus est son geste vis-à-vis de l’aveugle-né : il applique de la boue sur ses yeux et lui dit de se laver à la piscine de Siloé. Jésus touche la personne malade et prépare sa guérison. Ceci nous invite à faire à notre tour des gestes de miséricorde et à construire la solidarité vis-à-vis de notre prochain, spécialement envers ceux qui souffrent de la pauvreté et sont victimes de la mauvaise répartition des biens et des richesses. Dans notre pays au 19e siècle, on a réussi à lutter contre le libéralisme sauvage qui engendrait la misère du prolétariat dans les grandes villes en créant une législation sociale, grâce à la solidarité des associations de toutes sortes : syndicats, mutualités, coopératives, écoles, mouvements d’entraide. Les chrétiens ont été aux premières lignes de cette action. De même aujourd’hui, il faut valoriser dans notre monde les associations de solidarité qui permettent de contrôler les dérives de l’économie et de combattre la corruption. Durant ce carême, les collectes qui sont faites, en particulier aujourd’hui pour Entraide et Fraternité – Carême de partage, vont dans ce sens, car elles valorisent d’innombrables associations et ONG qui s’engagent pour une économie plus juste.

Troisième étape : nous découvrons que l’aveugle-né prend la parole, qu’il suscite le débat et qu’il rend témoignage à Jésus. Cette intégration nous invite à susciter aujourd’hui le débat en vue d’une communion des peuples. On discute beaucoup dans notre pays, comme dans tous les pays voisins, sur l’accueil des immigrés. On a peur des étrangers. On craint les attentats. On se replie sur des sentiments nationalistes. On refoule la mondialisation parce qu’on croit qu’elle va nous faire perdre notre identité et nos racines. Or l’avenir du monde est dans la communion des peuples. Celle-ci suppose une connaissance mutuelle entre les gens de différentes nations et de différentes cultures ; elle signifie une aide mutuelle, suivant les capacités de chacun ; cette communion est à la base de la paix entre les nations. Hier, 25 mars, nous avons célébré les 60 ans du traité de Rome, qui est à la base de l’Union européenne ; le pape François a reçu les chefs d’État de l’Europe pour manifester son soutien à la construction européenne. Cette initiative unique d’États qui se rapprochent après avoir déclenché deux terribles Guerres mondiales est exemplaire dans le monde actuel. Elle a permis d’éviter de nouvelles guerres et elle suscite l’exemple d’une réglementation mondiale de l’économie et du commerce. Ce rapprochement entre les peuples n’est pas laissé à l’initiative des chefs d’État. Il dépend aussi de chacun de nous dans nos relations quotidiennes, dans nos conversations et dans nos initiatives d’accueil des étrangers.

La quatrième étape est celle de la foi et de la mission. L’aveugle-né dit à Jésus : « Je crois, Seigneur » et il se prosterna devant lui. Il devient un disciple et invite les autres à le devenir : « Voulez-vous devenir ses disciples ? », dit-il à ses interlocuteurs. Cette mission, les évêques la voient en particulier dans celle de sauvegarder la création et de protéger notre terre. C’est l’engagement pour l’écologie. Nous devons nous sentir responsables de notre maison commune qu’est la terre. Le pape François a développé cela dans son encyclique Laudato si’, où il prône une écologie intégrale, c’est-à-dire un respect de la terre, de l’air, des eaux, de la végétation, des animaux et de l’être humain lui-même. Cette démarche est à la fois politique et personnelle. Elle exige un engagement de toutes les nations pour sauvegarder le climat et protéger les ressources naturelles, par une législation internationale et même par une gouvernance mondiale. Elle demande aussi un engagement personnel comme le tri des déchets, l’épargne dans la consommation, l’agriculture respectueuse de la nature, et bien d’autres attitudes qu’on appelle aujourd’hui la démarche de « transition ».

Chers Frères et Sœurs, par ces quatre étapes, nous nous rapprochons de l’attitude de Jésus vis-à-vis de l’aveugle-né. On pourrait les résumer par quatre mots : regard, geste, communion, mission. À la lumière de cet évangile, chacun de nous peut se reconnaître dans la personne de l’aveugle-né ; chacun de nous est en quelque sorte aveugle dans sa vie ; il n’y voit pas clair ; il se sent refoulé, mal compris. Mais quand Jésus passe, il nous regarde et nous remet debout. Il nous touche les yeux et nous dit : va te laver à la piscine de Siloé. Il fait un geste qui suscite une marche en avant.

Cette eucharistie que nous célébrons est comme la piscine de Siloé : nous y venons avec nos aveuglements, nous écoutons Jésus, nous sommes touchés par sa parole, nous lavons les yeux de notre cœur et nous communions à son corps car il se donne à nous. Dans notre cœur, Jésus nous parle ; et il dit à chacun de nous, comme à l’aveugle guéri : « Tu me vois, c’est moi qui te parle ». Il nous délivre de notre aveuglement et nous pousse en avant. De la communion des cœurs, surgit la communion des peuples!

Cela dit, n’oubliez pas de vous procurer la lettre des évêques… et de la lire !

Amen !

Mgr Delville

Ci-joint le texte intégral : de la Lettre des évêques de Belgique pour les 50 ans de l’encyclique «Populorum progressio» du pape Paul VI