Méditation sur la Sainte trinité

Solennité de la Sainte Trinité ce 7 juin

L’évangile en cette fête, me semble-t-il, commence par une affirmation vitale pour notre foi chrétienne : “Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais qu’il obtienne la
vie éternelle”. On y lit l’origine de toute notre histoire : Dieu a tant
aimé monde: l’origine est Dieu en son amour.
Je me serais attendu à ce que soit le Père, puisqu’immédiatement suit qu’il a donné son Fils. Et pourtant Jean a retenu “Dieu”. Ainsi je crois que notre foi a son origine en Dieu, lui qui révèle son amour dans l’échange relationnel entre les trois personnes Père Fils et Esprit Saint. L’essence de l’amour est le bonheur de faire vivre l’autre, l’échange de cet amour est constitutif de notre participation à la vie divine. Or Dieu a aimé le monde, en Saint Jean le monde dans son échec à être ce pour quoi il est créé. C’est cet échange entre Dieu et le monde qu’on appelle partage de la vie divine. L’homme créé à l’image de Dieu a ainsi reçu gratuitement la capacité d’aimer avec l’amour dont le prototype est l’amour qu’il a manifesté en son être trinitaire : l’homme est invité à vivre en cet échange trinitaire.

C’est le ‘Dieu trinitaire’ qui donne son Fils unique. Le don du Fils au monde a trait au mystère de l’Incarnation œuvre de Dieu, que Jean a formulé en son prologue : le Verbe s’est fait chair. Le Dieu trinitaire donne ‘le Fils devenant homme’. ‘Dieu’ qui reste proche du Fils de l’homme et des hommes pour lesquels le Fils est envoyé. Au fur et à mesure que Jésus au cours de sa vie publique progresse dans la Bonne Nouvelle, l’annonce de la vie éternelle, apparaîtra sa relation unique avec son Père qui l’a envoyé ‘ (mon Père et moi nous sommes un) de même sa relation avec ‘autre Paraclet’ – (l’Esprit Saint) qu’à sa demande le Père enverra sur les apôtres.

Tout cela a un but : afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais qu’il obtienne la vie éternelle. Celle-ci est le partage avec les hommes de l’élan d’amour au cœur même de Dieu, l’unique en trois. La finalité est bien que nous les hommes soyons partie prenante de cet élan. Afin qu’il n’y ait aucune équivoque Jésus ajoute en l’évangile de ce jour : car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais que par lui, le monde soit sauvé. L’intention de Dieu Père Fils et Esprit pour l’envoi du Fils est de sauver le monde : le salut est que nous soyons vraiment qui nous sommes, des enfants de Dieu. Et cela se fait par lui le Fils, tout en étant affaire de Dieu.

Fort de ces paroles qui à y bien réfléchir nous touchent le cœur, nous les hommes éprouvons le besoin d’imagespour évoquer cette réalité de la Trinité. En Occident bien souvent la peinture représentant la Trinité rejoint un même canevas. On y voit une nuée sur laquelle sont établis deux trônes, l’un pour le Père représenté comme un être humain âgé avec une longue barbe, la tête couronnée d’une espèce de tiare (âge et barbes des images du sage)regardant devant lui d’un regard sans expression; le Fils assis à la droite du Père nettement plus jeune ayant en main le globe terrestre ou une croix dressée, regardant aussi devant lui sans beaucoup d’expression ; tandis que l’Esprit Saint peint comme une colombe en vol ‘statique’ au-dessus des deux trônes. C’est sans doute très beau, mais cela ne me touche pas le cœur. Je préfère nettement la représentation qu’un moine russe vers les années 1400 a faite de cette même Trinité. J’avoue qu’en prière je regarde longuement cette icône ; elle ne me paraît pas extérieur à moi, tout au contraire elle m’invite à m’insérer dans la vie de Dieu. C’est cette icône que je voudrais vous décrire.

L’icône de la Trinité de André Roublov (XIV-XV siècle canonisé par l’Eglise orthodoxe en 1988) est conçue à partir d’une histoire racontée dans la Genèse, 18. Abraham, avec Sarah sa femme tous deux âgés sans enfants campe près du chêne de Mambré. Il est midi en pleine chaleur. Le Seigneur lui apparut, et il voit trois hommes debout devant lui Avec son sens sacré de l’hospitalité, Abraham les convie pour un encas et quelque repos. Pourtant il en fait un festin. Le Seigneur lui dévoile son projet de vie avec le couple : ’Dans un an je repasserai et Sarah t’aura donné un fils’. Vœu d’Abraham et Sarah exaucé par l’annonce de la vie ! Les trois partent, Abraham en hôte attentif leur fait un pas de conduite. Là le Seigneur lui dévoile son intention de détruire Sodome, la ville de perdition. Deux messagers iront vérifier si vraiment Sodome est une ville aux mœurs dépravés. Alors que Abraham demeuré seul avec le Seigneur implore la miséricorde pour Sodome. ‘Peut-être qu’il s’y trouve au moins 50 justes, pas possible d’anéantir ces 50 justes.’ ‘En ce cas j’y renoncerais’ ‘Mais s’il n’y en a que 45…40…30…20…10..’ J’y renoncerai’. Mais malheureusement pour Sodome il y en eu moins de 10 et donc elle sera détruite et sa destruction sera à l’origine de le Mer Morte.

Ce récit, avec les trois passants et le Seigneur, laisse suggérer ‘un Dieu unique en trois personnes’. Roublev a, parait-il, longuement prié avant de peindre son icône pour en faire l’image de la Trinité. Je la regarde. Trois personnages sont attablés à une table en carré : qui serait le quatrième convive ? Abraham ? Chacun de nous ? Moi ? Si oui je ne suis pas spectateur qui regarde cette icône comme de l’extérieur, mais je suis participant, je prends part à cette convivialité. Je puis me faufiler entre les deux repose-pieds, bien sûr je suis à même le sol alors que les trois personnages sont un tant soit peu plus élevés, mais le seuil qui me sépare de l’estrade des visiteurs est de quelques centimètres : ils veulent être proches de moi. Et ainsi l’icône devient comme un médaillon en forme ovale, le dessus du médaillon est formé de l’arc des trois têtes et le dessous par l’arc formé par les deux repose-pieds que ma présence relie !

Et donc je fais partie du tableau à l’intérieur du médaillon, à l’intérieur de la convivialité divine. Je regarde les trois personnages : face à moi il y a le Père qui préside, à sa gauche pour moi il y a l’Esprit Saint et à la droite pour moi il y a le Fils. Le médaillon les(nous) relie dans une unité. Tous trois très jeune, du même âge, ils ont chacun un avenir devant eux ; quoique tous trois assis ils ont des ailes, signe qu’ils ont un message à transmettre comme les anges ; ils ont tous trois un bâton à la main, c’est qu’ils sont appelés à cheminer très proche des hommes ; ils ont tous trois la tête nimbéed’une auréole lumineuse comme signe de ce qu’ils sont lumière pour éclairer les hommes. Ils montrent par ailleurs des signes de différences. Du Fils et de l’Esprit je vois les pieds posés sur le repose-pieds, mais les pieds prêts à partir puisque le Père présidant la table les chargera d’être les envoyés du Père. Leurs vêtements sont différents. Le Père à un vêtement de corps couleur sang, le sang qui donne la vie, lui est par essence l’origine de l’amour, mais un amour qu’il ne garde pas pour lui : son survêtement est comme un manteau bleu azur brillant comme le ciel, dont il a partagé les pans pour en faire le vêtement de corps du Fils et de l’Esprit, qui eux comme survêtement ont un drap vert comme l’espérance pour le fils, et pour l’Esprit un vêtement léger à reflets moirés exprimant la multiplicité des dons de l’Esprit.

Mais la chose la plus étonnante qui fait l’unité entre les trois, c’est le regard de chacun. Je repense à ce que c’est regarder : regarder, c’est remettre tout son être en action. Le Père a un regard d’amour infini sachant que l’amour est cette capacité de faire vivre quelqu’un. Le Père regarde l’Esprit, car toute l’essence du Père se fait voir en l’Esprit. L’Esprit, lui, sait bien que le Père le regarde en lui donnant la mission de transmettre son regard au fils, car l’Esprit fait l’unité entre le Père et le Fils. L’Esprit regarde le Fils en qui il voit celui qu’il va concevoir quand les temps de l’Incarnation seront accomplis ; par ailleurs l’insistance de l’Esprit se révèle dans le bâton coloré de rouge que des deux mains (parce que le bâton est lourd) il présente vers le Fils, lui qui
devra signifier par le don de son sang l’immensité de l’amour du Père. Le Fils lui aussi sait bien le regard du Père transmis par l’Esprit mais lui-même regarde vers le bas, sur la table la coupe avec l’offrande, se souvenant que le sacrifice qu’il accomplira est signe de ce qu’il vivra en parfaite communion d’être avec le Père. Mais il regarde aussi que cette coupe est tout proche de la place réservée aux hommes. Et moi je vois avant tout la coupe avec le corps de Jésus et je sais qu’il la regarde aussi, cette coupe qui sera le signe de l’amour du Père qui me vient par l’Esprit, lui qui me donne de voir dans la vie de Jésus tout le dessein d’amour de Dieu Père Fils et Esprit Saint. C’est de cela que je dois témoigner, être le martyr et je regarde un moment la face de la table où s’insèrent les reliques de saints martyrs qui ont vécu de la vie trinitaire.

Père Jean

Méditation pour ce 8ème dimanche de Pentecôte

Pentecôte 8ième dimanche de Pâques

Pentecôte : en grec 50. Le cinquantième jour de Pâques. Pour rappel : le temps pascal se décline en trois mouvements : Résurrection– Jésus Vivant se fait voir à ses apôtres-, Ascension – Jésus Vivant dans la gloire de son Père- Pentecôte  Le Père et le Fils envoient  l’Esprit Saint sur les apôtres pour les seconder dans leur  mission.

La fête de la Pentecôte était connue en Canaan comme la fête de la première moisson, alors que la fête des semailles se  situait 50 jours plus tôt. Les hébreux gardèrent ces fêtes tout en leur donnant une nouvelle signification : les semailles devinrent l’Exode, appelé pâque, la libération de l’esclavage en Egypte et 50 jours après la moisson devint l’alliance sur le Sinaï avec le décalogue, fruit de l’Exode. Pour les chrétiens la pâque juive devint les Pâques, la Passion-Résurrection  et la Pentecôte la nouvelle alliance avec le don de l’Esprit qui se raconte dans les lectures d’aujourd’hui où il s’agit de l’histoire de l’Eglise-communauté mais aussi de  l’histoire de chacun de nous.

* Dans les Actes 50 jours après Pâques, les Douze étaient réunis tous ensemble assis (ayant retrouvé leur propre assise après la fuite du vendredi saint)  priant comme Jésus le leur avait demandé dans l’attente de la venue de l’Esprit promis par le Père. Soudain survint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie. Le vent -en grec pneuma signifie non seulement le souffle-vent, mais aussi l’esprit-. Le vent qu’on ne peut voir même si on en ressent le ‘dynamisme’, comme  l’esprit (de Dieu) invisible dont on sent  le dynamisme (en grec dunamis : dynamique est dans le NT le ‘quali’ de l’Esprit de Dieu : Dieu à l’œuvre en son Esprit dynamique. La maison où ils se tenaient remplie toute entière par le dynamisme du vent, n’est-ce pas là où les disciples de Jésus se réunissent ? La communauté.

Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Apparurent (en grec se firent voir’)…des langues qu’on aurait dites de feu – De nouveau des signes : la langue nous permet de parler comme notre Dieu qui nous parle, les langues réunies comme un faisceau, unité dans la parole, mais diversité aussi comme les flammes se partageant  sur chacun d’eux avec sa propre identité. Les langues sont de feu : feu symbole de l’ardeur dont on perçoit l’effet dans les flammes mais feu qu’on ne peut capter pas plus que le vent, pas plus que la source.

Tous furent remplis d’Esprit Saint et ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. –Le signe par excellence : être rempli d’Esprit Saint, l’Esprit de Dieu comme lors de la Création de l’univers : l’Esprit qui pénètre les flots du chaos, lors de la Création de l’homme : le Créateur insuffle son souffle dans les narines de l’homme façonné par Dieu à partir de la terre glaise et l’homme devint un être vivant , lors de l’Esprit venant comme une ombre sur la Vierge Marie et Jésus fut conçu, lors du baptême de Jésus, l’Esprit venant comme une colombe sur Jésus pour lui faire entendre la parole du Père :  «Tu es mon Fils, en toi je me suis senti bien manifesté », voix qu’avec le dynamisme de l’Esprit Saint nous avons entendu lors de notre baptême. Mais il faut se mettre à parler en d’autres langues : miracle ? peut-être,  mais plutôt miracle que cette parole touchera le cœur de tous ceux qui l’entendront. Chacun s’exprime selon le don de l’Esprit :voilà le don que le Père donne à chacun de nous avec le but que nous puissions révéler que Dieu est le Dieu pour tous, dans l’unité de la foi et la diversité de nos talents

Or il y avait là des juifs religieux venant de toutes les nations sous le ciel. Ils entendent la voix qui retentissait. Ils se rassemblent et entendent chacun d’eux dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Stupéfaction et émerveillement : eux tous galiléens et chacun de nous entendons leurs paroles dans notre langue maternelle. Ils nous parlent et nous tous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. Déjà une allusion à la révélation de Dieu pour toutes les nations. Ici aussi l’attention de la foule porte sur le miracle des langues perçues par chacun, alors que les merveilles de Dieu sont que toutes les nations sont appelées par le Père à être enfants de Dieu. La Pentecôte dans les Actes est la naissance de l’Eglise, communauté des disciples de Jésus en tant qu’ouverte à tous les hommes.

Vient alors le premier discours de Pierre qui dira quelle est l’origine decette merveille : Jésus mort sur la croix et ressuscité par Dieu,  nous en sommes témoins. La foule répond à Pierre : que devons-nous faire ? (toujours la croyance en un Dieu exigeant de nous de ce que nous devons faire pour mériter le salut) Pierre de répondre : se convertir (se tourner vers Dieu tel qu’il s’est fait voir en Jésus), recevoir le baptême au nom de Jésus Christ (donc un don gratuit) et recevoir (encore un don) le don de l’Esprit Saint. Conclusion : trois mille personnes ce jour-là accueillent cette parole, reçoivent le baptême et l’Eglise est née !

** Dans Saint Jean au soir de Pâques le don de l’Esprit, le premier jour de la semaine. Les Dix sont réunis au Cénacle, les portes verrouillées par peur des Juifs. Et Jésus  vint et il était là au milieu d’euxBelle image de l’Eglise. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! ». Pas même évocation de leur fuite le vendredi saint ni du reniement de Pierre, mais la main tendue de la paix, la réconciliation. Jésus leur montre ses mains et son côté : pour bien dire notre foi en Jésus Crucifié et VivantLes disciples sont remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau le message de paix et ajoute : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : «Recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ». Paix, joie, envoi et souffle, toutes des qualités essentielles pour le disciple de Jésus. Comment vivre de ses qualités ? De nos propres dynamismes ? C’est pourquoi Jésus fait le don de l’Esprit  de Dieu dont la qualité est toujours d’être dynamique avec ce que ce mot comporte d’élan, joie, paix, se savoir envoyé, souffle : Lui le premier a ces qualités manifestées dans la vie de Jésus, le premier homme à être inspiré de l’Esprit Saint. Vos péchés seront remis, vos échecs à vivre en envoyés de Dieu : cela me fait penser que lors de l’absolution au sacrement de la réconciliation le prêtre dit : ‘Il nous a envoyé son Esprit pour la rémission des péchés’.

*** Pour nous, la Pentecôte se trouve résumé dans le Credo de Nicée-Constantinople : «Croire en l’Esprit Saint qui est Seigneur et donne la vie ». L’Esprit le vivifiant !  La Pentecôte : voir l’Esprit de Dieu pénétrer notre esprit humain afin qu’ensemble avec lui nous puissions discerner comment dans le concret de notre vie faire advenir le Règne de Dieu en nous sachant envoyés pour mettre en pratique notre découverte.

*Jean Baptiste : J’ai vu l’Esprit  tel une colombe descendre du ciel et demeurer sur lui : c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint. J’ai vu et j’atteste qu’il est lui le Fils de Dieu (Jo, 13,2)

**Comme l’a dit l’Ecriture :’De son sein couleront des fleuves d’eau vive’ Jésus désignait ainsi l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. Il n’y avait pas encore d’Esprit parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. (Jo7,38)

***Moi, je prierai mon Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours. C’est lui l’Esprit de vérité…Vous le connaissez, car il demeure auprès de vous et il est en vous (Jo 14, 17)

****Le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit (Jo 14,26)

*****Lorsque viendra le Paraclet que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra lui-même témoignage de moi ; et à votre tour vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement (Jo, 15,26)

******Cependant je vous ai dit la vérité : c’est votre avantage que je m’en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si, au contraire , je pars, je vous l’enverrai…J’ai encore beaucoup de choses à vous dire , mais actuellement vous n ‘êtes pas à même de les supporter ; lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière , car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu’il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir. Il me glorifiera car il  recevra de ce qui est à moi et il vous le communiquera (Jo16, 7 13-14

*******Jésus dit : « tout est accompli » en grec « le but est atteint » et inclinant la tête il remit son esprit (Jo19, 30)

Méditation pour ce 7ème dimanche de Pâques

La prière sacerdotale de Jésus Jo 17, 1b – 11a

La Prière Sacerdotale de Jésus tout au long du 17ième chapitre de Saint Jean relate la prière que Jésus adresse à son Père juste avant son arrestation : elle est dite sacerdotale (sacré en latin est sacer séparé, consacré ) parce qu’elle consacre toute sa personne à sa relation avec son Père. Ce dimanche en est le début essentiellement axé sur la relation directe avec son Père, même si il est question de ses apôtres. Que la prière de Jésus inspire la nôtre. Texte de l’évangile : En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. “Alinéa a” Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai. Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. “Alinéa b” Moi je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donné à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. “Alinéa c” J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. “Alinéa d” Moi, je prie pour eux : ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. » “Alinéa e” En alinéa a. Il s’agit bien d’une prière les yeux levés au ciel et le premier mot est une adresse : Père, Père du Fils que Jésus est. L’heure est venue, cette heure déjà annoncée lors des noces de Cana en Jean 2, qui, à l’heure de son passage vers le Père a son apogée. Il est question de gloire et de glorification. Dans la langue du Christ l’hébreu, la gloire représente ce qui a du poids, de la valeur, ici la valeur suprême. ‘Glorifie ton Fils’ devient donc : fais que la valeur suprême soit ton Fils…. Afin que (il s’agit du but, de la finalité) le Fils te glorifie : le but est donc que par tout son être le Fils manifeste que la valeur suprême est toi, Père.(C’est le moment de se rappeler le mot de S.Irénée : ‘la Gloire de Dieu est que l’homme vive’. Nous sommes les enfants du même Père : notre prière la prière de Jésus ! ) En alinéa b.Tu lui as donné pouvoir (en grec exousia :’ l’autorité qui marque’) sur tout être de chair, (la chair étant tout ce qui est vulnérable, fragile : ici donc de ‘guérir’. La conséquence en est qu’il donnera la vie éternelle (la vie de l’Eternel) à tous ceux que tu lui as donnés. (quelle est cette vie ?le don de la vie même de Dieu) Te connaître (naître avec toi, pour te fréquenter) toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus Christ (le don de pouvoir marquer tous ceux qui souffrent de leur faiblesse en leur révélant ce que c’est vivre, vivre de ta vie : naître avec toi, le seul vrai Dieu face à toutes les idoles que notre monde nous présente, et cela nous ne pouvons le faire en laissant ton envoyé vivre en nous) En alinéa c. J’ai montré la vraie valeur qui est la tienne en accomplissant l’œuvre que tu m’as donné à faire (révéler au monde ton vrai visage de Père miséricordieux par toute sa vie). Maintenant montre la vraie valeur que je suis pour toi, la valeur que j’avais auprès de toi avant que le monde existe, la valeur de Fils de toute éternité. (A nous aussi notre œuvre missionnaire est de révéler qui tu veux être pour les hommes en étant des enfants joyeux du pardon reçu au baptême. A toi de nous faire prendre conscience combien tu attaches de la valeur à chacun de nous. Cette valeur nous l’avons reçu de toi gratuitement. Merci, Père) En alinéa d.Père c’est toi qui prends tes hommes dans le monde pour les donner à Jésus et lui Jésus a manifesté qui est le Père Voilà ce que Jésus confie le nom du Père dans sa prière. Comme nous avons la même mission depuis notre baptême de manifester aux hommes qu’Il nous donne : c’est toute la mission de la Bonne Nouvelle : Dieu est un Dieu qui veut partager son bonheur d’aimer. Tout vient de lui gratuitement. Jésus toujours dans sa prière reconnaît que tout est don, tout est grâce. Les paroles lui sont donnés par le Père, ce qui fait penser à la réponse de Jésus à Philippe : les paroles que je vous ai annoncées ne viennent pas de moi, mais du Père : celui qui a vu Jésus par la foi, a vu le Père et nous sommes les envoyés de Jésus pour dire ses paroles . Quand les gens reçoivent ces paroles, ils ont reconnu que nous aussi sommes envoyés par le Père. Suis-je conscient que le Père a une telle confiance aussi en moi, en nous, qu’il nous donne ces paroles de révélations ? En alinéa e.Jésus dans sa prière se tourne aussi vers nous les hommes. Nous entrons dans ce partage et sommes partie prenante de ce dialogue qui nous concerne. Nous sommes l’objet de sa prière qu’il adresse à son Père ; il ne prie pas pour le monde (le monde dans saint Jean est l’univers de tous ceux qui n’écoutent pas cette parole et ne la mettent pas en pratique). Jésus prie pour ceux qui le suivent, ses disciples qui lui sont donnés par le Père. Et Jésus insiste : ils sont à toi. Tout en reprenant que tout ce qui est à toi Père est aussi à moi. Le Père ne retient rien pour lui, Jésus et ses disciples sont les alliés du Père qui compte sur nous. La force d’une alliance est aussi grande que le maillon le plus faible. Le thème de la gloire réapparait : je suis glorifié en eux. La valeur de Jésus apparait dans la solidité de chacun de nous. Désormais, Jésus ne sera plus de ce monde, mais les disciples seront dans ce monde et devront faire les œuvres que le Père envisage pour nous tout en comptant sur les disciples que nous sommes. dans le concret de ma vie l’accomplissement de sa parole ?

Méditation en ce jour de l’Ascension

Jeudi de l’Ascension du Seigneur 21 mai

Il est bon de situer cette fête dans le cadre du mystère pascal dont elle est un joyau. Tout d’abord un mot sur le nom de Pâques. Le mot vient d’un mot hébreu qui signifie passage.

Pour le peuple juif la pâque au singulier – il n’y a qu’un seul passage -est toujours une grande fête. On fête le passage par voie de libération de l’esclavage du peuple en Egypte vers la liberté de la Terre Promise lors de l’exode sous la guidance de Moïse. C’est la naissance du peuple libéré en route vers sa terre. Pour les juifs  ce point d’aboutissement se situe à la fin des temps en Dieu.

Les  Pâques chrétiennes – au pluriel parce que deux  passages- : passage de la vie du Messie en sa mort et ensuite le passage du Messie mort en la vie en Dieu. Ce qui est constitutif pour les chrétiens, c’est de se savoir entrainés gratuitement sur ce parcours de Jésus, par la mort au péché et la vie en Dieu. Le mystère pascal que nous célébrons nous associe aux  Pâques de Jésus. Or ’le passage de la mort à la vie’ pour Jésus, tout comme pour nous, peut se lire en trois étapes qui sont autant de facettes du mystère pascal. Pour l’homme Jésus il y a le passage ‘de la mort à la vie’ évoqué dans les évangiles par les récits de Résurrection au tombeau vide de Jésus et lors de ses apparitions aux disciples pendant 40 jours. Il y a le passage de l’homme Jésus en Dieu évoqué par l’Ascension, l’homme-Dieu membre de notre humanité, passant dans l’intimité divine. Il y a enfin Jésus toujours vivant priant son Père d’envoyer au sein de la communauté des chrétiens l’Esprit Saint, événement que nous célébrons à la Pentecôte 50 jours après Pâques.

Pâques, Ascension et Pentecôte trois aspects d’une même histoire d’amour, histoire qu’on nous relate dans une succession chronologique de trois événements, alors que c’est la même réalité de l’amour de Dieu pour les hommes. Il y a donc interpénétration entre ces trois récits. Le même amour de Dieu préside en ces trois révélations.

En ce jour de l’Ascension du Seigneur auprès du Père nous rendons grâces à Dieu pour la réussite de Ja vie de Jésus modèle pour tous les hommes : ce qu’il a fait de sa vie, nous les hommes appelés à être  images du Christ le Fils de Dieu et le Fils de l’homme. Nous nous savons appelés à suivre ce même parcours, afin  de recevoir gratuitement la même destinée de Jésus : vivre de la vie divine, entrer dans la ronde de l’amour entre Père, Fils et Esprit

Comment les textes du Nouveau Testament nous relatent-ils à la fois le signe et la signification de l’Ascension ?

Marc le plus ancien des évangélistes n’en dit rien, même que pour lui Pâques se limite au tombeau vide et un message aux femmes : « Jésus n’est pas ici, il est ressuscité ; dites à Pierre qu’ils aillent en Galilée, c’est là qu’ils le trouveront ». Et les femmes ne disent rien. Ceci est de la main de Marc, trop bref pour d’aucuns qui ont longtemps après ont ajouté au texte un résumé de ce qu’on trouve dans les autres évangélistes à propos des apparitions de Jésus, avec une précision qui leur est propre quant à  l’Ascension : « Le Seigneur Jésus après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu » relevant ainsi la dignité de Jésus, comme point d’orgue.

Matthieu raconte que ces mêmes femmes reçoivent la mission d’annoncer aux apôtres que Jésus se manifestera en Galilée à ses disciples sur la montagne .Voilà qu’elles courent annoncer aux siens lorsque Jésus vient à leur rencontre avec la même mission : sauf que lui, Jésus parle non pas de disciples mais de frères. Grâce à la Résurrection de disciples nous sommes devenus frère.  Là sur la montagne Jésus leur donnera la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle à toutes les nations et « je serai avec vous jusqu’à la fin des temps »  Cette rencontre sur la montagne en tous cas évocation de l’Ascension !

Luc tant dans son évangile que dans les Actes des Apôtres raconte l’Ascension montée au ciel, celle-ci  dans son évangile au soir de Pâques, dans les Actes 40 jours après, comme prélude à la venue de l’Esprit Saint à la Pentecôte.

Selon l’évangile le soir de Pâques Jésus évoque le parcours de mort  et Résurrection comme annonce de la conversion et du pardon des péchés « dont vous êtes témoins. Et moi je vous enverrai  sur vous ce que mon Père a promis. Demeurez en ville jusqu’à ce que vous soyez d’en haut revêtus de puissance. Puis il les mena jusque vers Béthanie où levant les mains il les bénit. En les bénissant il se sépara d’eux et fut emporté au ciel ».

 Selon les Actes 40 jours après Pâques Jésus réunit ses apôtres : « Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous. Vous serez mes témoins à Jérusalem, la Judée, la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » A ces mots sous leurs yeux, il s’éleva et une nuée vint les soustraire à leurs regards. Comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se trouvèrent à leur côté et leur dirent : « Gens de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui vous a été enlevé pour le ciel viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel »

Jean ne fait aucun descriptif de la montée au ciel ni ne situe celle-ci comme expression de Jésus ressuscité. Toutefois dans son dernier A Dieu la veille de sa mort Jésus parle de ce qu’il retourne au Père après quoi il reviendra auprès des disciples pour les  emmener là où il sera auprès du Père, partageant sa vie divine. Il y a comme une ascension en deux temps, d’abord lui Jésus, ensuite lui avec ses disciples.

Alors l’Ascension pour le Père ? Un sommet, une réussite pour Lui, une fin d’une belle histoire ? Oui, mais je ne m’imagine pas le Père sur son trône, le Fils à sa droite : tous deux assis. Non, le Père doit toujours à son affaire, être à l’écoute de Jésus et ainsi à chaque instant être  au travail pour envoyer l’Esprit Saint.

L’Ascension pour le Fils une fin de carrière ? Non, certes un merveilleux sommet pas une fin: Jésus est au présent don du Père afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Il a encore beaucoup de pain sur la planche avant que tout homme mette sa confiance en lui et que la Bonne Nouvelle de Jésus soit accueillie.

L’Ascension pour l’Esprit Saint ? Un point de départ, envoyé qu’il est pour rejoindre l’esprit de tout homme afin qu’ensemble, l’Esprit de Dieu  et  l’esprit humain, réalise le but assigné par le Père, l’accès à  la vie éternelle. Mais aussi point d’arrivée puisque l’Esprit créateur a donné vie aux hommes, a assuré le développement de l’ancienne Alliance,  a pris sous son ombre  Marie pour qu’elle conçut Jésus, que lui Jésus reçoive dans le souffle de Dieu sa mission au baptême, que Jésus soit inspiré en gestes et en paroles pour dire le Royaume de Dieu , soit donné à Jésus  la force de remettre son esprit sur la croix, passage obligé pour aller au-delà, pour vivre de la vie de celui qu’on appelle l’Eternel

L’Ascension pour tout homme ? Un grand moment d’espérance : l’homme reçoit la certitude dans la foi qu’au bout de la vie sur terre. ll y a la vie comme partage de vie de Dieu, à condition de discerner le parcours à suivre pour arriver au  but, qui est à la fois réussite  pour Dieu et pour nous. Un présent qui est signe d’avenir. La vie de Jésus devient exemplaire pour la réussite de notre vie. Mais pour nous une mise au travail en reprenant ce que Jésus a fait, que nous puissions donner vie au monde, pour faire savoir que nous ne sommes pas orphelins,

 Mais que Dieu, Père, Fils et Esprit nous est bien présent.

 
Père Jean

Le 14 mai, le monde en prière pour éradiquer le Covid-19

Journée de prière interreligieuse contre la pandémie du coronavirus

Il s’agit d’une journée de prière, de jeûne et d’invocation à Dieu pour l’humanité touchée par la pandémie. Cette initiative, à laquelle le Pape François s’est joint, a été promue par le Haut Comité pour la Fraternité humaine.

Alors que la pandémie de coronavirus a déjà fait plus de 250.000 victimes à travers le monde, que toute l’humanité est confrontée au même mal, cette prière interreligieuse, internationale, exceptionnelle sera “une supplication à Dieu pour qu’Il sauve l’humanité et qu’il l’aide à rétablir la sécurité, la stabilité, la santé et la prospérité de façon à rendre notre monde, après la fin de cette pandémie, plus humain et plus fraternel qu’avant”.

L’appel est absolument universel : “Nous appelons tous les humains partout dans le monde à s’adresser à Dieu en faisant la prière, en observant le jeûne et en L’invoquant – chacun là où il se trouve selon sa religion, sa croyance, ou sa doctrine – de mettre fin à cette pandémie, de nous sauver de ce malheur et d’inspirer les savants les moyens permettant de découvrir un remède susceptible de réduire à néant cette pandémie.”

Source : Eglise en détresse

Méditation sur Pâques : la Résurrection de Jésus

Commentaire méditatif du père Jean pour le Dimanche de Pâques

Pâques : la Résurrection de Jésus Saint Jean 20, 1 – 18

Christ est vraiment ressuscité. C’est le cri de joie et de foi en ce jour de Pâques.

Résurrection en grec Anastasia : la ‘ remise debout une nouvelle fois, avec la force d’en haut’. Aujourd’hui le Christ le gisant est remis debout. Les évangiles ne disent pas comment il est remis debout, mais bien pourquoi il est remis debout. Il s’agit de la signification de sa résurrection Les évangélistes ne donnent pas de définition, mais bien racontent des histoires. Pour Luc ce sera l’histoire des pèlerins d’Emmaüs, pour Matthieu l’envoi des apôtres : ‘je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps’, Marc (même si il y a un ajout qui n’est pas de sa main), n’en dit rien parce que pour lui la résurrection est de faire l’expérience de Jésus vivant dans la  communauté : tout le monde peut l’expérimenter.  . Pour Jean il y a outre la scène au tombeau avec Marie Madeleine que je commenterai, la rencontre de Jésus avec ses apôtres le soir de Pâques et encore huit jours plus tard avec Thomas, aussi la rencontre avec Jésus au bord du lac avec la pêche miraculeuse. Même foi, divers récits.

Prenons l’histoire de Marie-Madeleine avec Jésus et faisons en notre histoire avec Jésus.

Qui est-elle ? Marc dit que Jésus a expulsé sept démons d’elle. Une pécheresse publique !  Serait-ce elle qui un jour a rencontré le regard ou écouté une parole de Jésus : cela lui donne l’audace de témoigner de son affection en lavant  avec ses larmes les pieds de Jésus, les séchant avec ses cheveux et les couvrant de baisers. C’est de cette femme que Jésus témoignera : « Il lui sera beaucoup pardonné, parce qu’elle a beaucoup aimé ». De toute façon on la retrouve au pied de la croix et lors de l’ensevelissement elle observe l’endroit où le corps de Jésus et déposé dans le tombeau. Sommes-nous ces pécheurs et pécheresses qui avons beaucoup aimé Jésus et ainsi recevons le pardon de nos échecs ?

Dans le récit de Jean « de grand matin alors qu’il est encore les ténèbres, elle se rend au tombeau de Jésus ». L’aurore annonce déjà le jour mais les ténèbres persistent. Elle par piété filiale veut aller vers le tombeau, lieu de mort,  pour se souvenir du passé avec Jésus aujourd’hui mort, et non le lieu où on fait mémoire, la mémoire étant cette capacité de se tourner vers le passé pour en faire le présent. Le mort qui a annoncé être le vivant .Et  nous en nos ténèbres,  avons-nous la foi éclairée : nous rencontrons Jésus le Vivant au jour le jour et non pas pour vivre dans les ténèbres de nos habitudes ‘traditionnelles’ ?

Mais voilà la pierre tombale a été enlevée hors du mémorial.  Cette pierre selon le regard du croyant juif est la réplique de la pierre qui sépare le séjour des morts du séjour des vivants le Messie à la fin des temps l’enlèvera. Dans le signe de cette pierre enlevée Marie-Madeleine n’y voit pas un signe qui dise que la mort est vaincue et la vie en émerge. Elle y voit que le corps de Jésus a été volé par des inconnus et qu’elle ne peut le prendre pour se souvenir. Sans regarder elle court trouver Pierre et Jean pour leur dire :  « On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a déposé » Elle qui a vu le soir de la mort où on a déposé le corps inanimé de Jésus , se sent privé de la présence du mort, qu’elle cherchait pour se souvenir du passé. Où avons-nous déposé Jésus ? Dans le passé ? Avons-nous conscience que toute rencontre avec Jésus se fait maintenant, lui qui nous adresse la parole en lisant l’évangile du jour, en le reconnaissant dans l’étranger, l’affamé ?i

  Les deux apôtres partent pour se rendre au tombeau. Jean tout en étant le premier n’entre pas mais voit les linges à plat :ils ne couvrent plus le corps subtilisé. Pierre entre et voit le suaire à une autre place que le linceul, tous deux bien rangés, mais ne sait quoi en penser. Jean entre à son tour et voit les linges de la mort, linceul et suaire bien à leur place, le suaire là où la tête reposa et le linceul séparé. Il voit et il croit. Il voit que la mort symbolisée par ces linges de mort est vaincue, donc il est vivant, Jean le premier à croire. Voir et croire : où est-ce que je vois Jésus vivant ? Dans les sacrements ? Dans la solidarité ?

Marie-Madeleine reste seule près du tombeau,  elle pleure navrée que le corps dont elle était venue chercher la présence pour se souvenir du passé, ne soit plus là. En pleurant elle se penche vers le tombeau et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis à l’endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l’un à la tête et l’autre aux pieds. « Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répondit : « Ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où ils l’ont mis. » Sa préoccupation est de savoir où ils l’ont mis, alors qu’elle sans bien s’en rendre compte  le met dans la mort, dans le souvenir. Et nous, obstinons-nous à ne pas le rencontrer dans vie de tous les jours, alors que être chrétien c’est être en relation avec Dieu, avec le prochain, avec la terre qui nous et donnée pour que nous la cultivions et la gardions

Tout en parlant elle se retourne et voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était lui. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Mais elle croyant qu’elle avait affaire au gardien du jardin, lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’a enlevé, dis-moi où tu l’as mis, j’irai le prendre ». Jésus lui dit : « Marie ». Elle se retourna et dit en hébreu : « Rabbouni » ce qui signifie Maître. Ici Marie-Madeleine se trahit : le prendre, être possessive. On ne prend pas Jésus en lui disant où il faut aller. Et nous ?

Jésus lui dit : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. » Tentation que de retenir Jésus, d’oublier qu’il est chez son Père, c’est aussi découvrir que le Père de Jésus est notre Père, le Dieu de Jésus notre Dieu et découvrir que nous sommes tous frères : c’est la toute première fois que Jésus nous considère  frères et sœurs

Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples « J’ai vu le Seigneur et voici ce qu’il m’a dit.»  C’est cela croire en Jésus Vivant. Voir le Seigneur dans notre maintenant et l’annoncer

Vendredi Saint : célébration de la Passion

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean

(méditation proposée par le Père Jean De Wulf)

Remarque préalable. Tout l’évangile de Jean, et donc aussi la Passion, est écrit dans la foi que Jésus est le Verbe, le Fils de Dieu. Jésus est celui qui sait ce qu’il lui arriver. Je reprendrai dans mon commentaire quelques épisodes de la Passion.

En un : L’arrestation de Jésus. Alors Jésus sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » « Jésus le Nazaréen ». Il leur dit : « c’est moi, je le suis. » A cette réponse, ils reculèrent et ils tombèrent à terre ». Jésus demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » « Jésus le Nazaréen ». Jésus répondit : «Je vous l’ai déjà dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien que  moi que vous cherchez, ceux-là, laissez les partir »

Jésus s’avance vers ceux qui viennent l’arrêter et c’est lui qui pose la question : qui cherchez-vous ? Même question que Jésus avait adressée aux deux premiers disciples lors de leur appel. Voilà une question que Jésus nous pose au cours de notre vie chrétienne : répondons-nous comme les Juifs ‘Jésus de Nazareth’ ou comme un croyant ‘ le Vivant’ ? La réponse de Jésus : c’est moi (en grec « je suis », le nom de Dieu). Sommes-nous comme Jésus le meneur de jeu en ce récit de la Passion, ou nous nous taisons ? Observons aussi la délicatesse de Jésus : « ceux-ci laissez les partir ». Les apôtres n’ont pas fui en saint Jean. Encore qu’à Pierre Jésus dira : « La coupe que m’a donné à boire mon Père, vais-je refuser de la boire ? » Quelle est cette coupe : mourir sur la croix ? Ou révéler la miséricorde jusqu’à en mourir ? J’opine pour la dernière supposition.

 En 2.Le reniement de Pierre. Dans le palais du grand prêtre, une jeune servante qui gardait la porte, dit à Pierre : «N’es-tu pas toi aussi, l’un des disciples de cet homme? » Il répondit « Non, je ne le suis pas »…On lui dit : « N’es-tu pas, toi aussi l’un de ses disciples ? » Pierre le nia  et dit : « Non, je ne le suis pas »…«Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ?» Encore une fois Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.  

En saint Jean la réponse de Pierre à l’affirmation : ‘toi aussi un des disciples’, est de nier: Je ne le suis pas ce qui équivaut à dire qu’il n’appartient pas au groupe des disciples, alors que dans Saint Matthieu Pierre répondait :’ je ne connais pas cet homme’. Il y a donc deux façons  de renier : la personne de Jésus et l’appartenance aux disciples. Aujourd’hui beaucoup disent trouver en Jésus un personnage digne d’intérêt et l’Eglise non. A noter que Jean écrit au moment des premières persécutions massives et que donc le danger était l’apostasie. On ne voulait plus paraître comme membre de la communauté. Et aujourd’hui quelle est ma réponse ? D’Église ou non ?

En 3. Long développement chez Pilate, qui d’emblée se rend compte que c’est par jalousie que les juifs  ont l’intention de le faire condamner à mort. Pilate : «Quelle accusation portez- vous contre cet homme ? » Eux : « Il est un malfaiteur ». Pilate : «Jugez-le vous-mêmes » Eux : « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »Pilate à Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? »…Jésus à Pilate : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait ma royauté n’est pas d’ici » Pilate à Jésus : « Alors tu es roi ? » Jésus à Pilate : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité, écoute ma voix » Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? » …Pilate aux Juifs : « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Coutume chez vous de relâcher quelqu’un. Vais-je relâcher le roi des Juifs ? » Les Juifs: «Pas lui : mais Barabbas (traduit : le fils du père, un bandit). Pilate fait flageller Jésus. Moqueries des soldats qui tressent une couronne d’épines : »Salut, roi des Juifs ». Pilate aux Juifs : « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Voici l’homme ! » Eux : « Crucifie-le ». Pilate aux Juifs : «Prenez-le vous-mêmes et crucifiez-le ; moi je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Les Juifs : « Nous avons une Loi et suivant la Loi, il doit mourir parce qu’il s’est fait Fils de Dieu ! » …Pilate cherchait à le relâcher, mais les Juifs crièrent : « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi, s’oppose à l’empereur ! » Pilate aux Juifs : « Voici votre roi. » « A mort ! À mort ».Alors ils leur livrèrent Jésus pour qu’il soit crucifié.

En 4. Les trois paroles de Jésus en croix. Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère et Marie-Madeleine. Jésus voyant la mère et près d’elle les disciples que Jésus aimait, dit à la mère : 1. « Femme, voici ton Fils. » Puis il dit au disciple : «Voici ta mère » et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui…. 2. « J’ai soif ».  Soif de quoi ? Donne-moi à boire, avait-il dit à la Samaritaine ! Et en fait c’est lui qui sera source d’eau vive. Jésus ici a soif de répandre cette eau vive sur l’humanité tout entière pour qu’elle vive de la soif d’aimer qui est le bonheur de vivre de Dieu : que tout homme puisse être imprégné de l’Esprit d’amour   3. « Tout est accompli » (parole traduite du grec : ‘le but est atteint’) et il remit l’esprit. Jésus a réussi sa vie en réalisant la mission reçue du Père : révéler au monde combien  grand est l’amour miséricordieux du Père, jusqu’à donner sa vie pour nous

En 5. Le témoignage du disciple que Jésus aimait. Quand les soldats arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, l’un d’eux avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. L’eau et le sang, tous deux signes de vie, signes que la mort est vaincue et que la vie est victorieuse. La façon solennelle dont Jean s’exprime est comme un avant-coureur de ce qui sera manifesté au matin de Pâques. D’autant plus que les deux signes évoquent le baptême et l’eucharistie, signes de la mort et de la résurrection de Jésus : reçus dans la foi le disciple peut expérimenter la mort et la résurrection de Jésus.. Qu’il est grand le mystère de la foi. 

Jeudi Saint

En mémoire de la Cène de Notre Seigneur

(méditation proposée par le Père Jean De Wulf)
Les yeux fixés sur Jésus Christ, entrons dans le combat de Dieu :

cette invitation vaut certes pour tout le carême, aujourd’hui, jeudi saint, fixons notre regard sur Jésus en lisant les lectures prévues pour la messe. Il y a d’abord le texte de l’Exode qui relate l’événement qui est à l’origine la pâque juive : la libération de l’esclavage en Egypte pour aller vers la Terre Promise. En Jésus : libérateur du péché pour vivre de sa vie de Ressuscité.

Les deux lectures, l’une de Paul aux Corinthiens qui est le tout premier écrit racontant l’événement de la Cène, l’autre de Saint Jean situe aussi lors de la Cène le lavement des pieds. L’un axe sa présentation sur le rite eucharistique et en donne la significationl’autre celui de Jean met en lumière un autre geste de Jésus, lavant les pieds des apôtres et en donne la signification comme modèle de la charité fraternelle.

Tous deux récits nous parlent du corps. Aux Corinthiens  la parole de Jésus est : « Ceci est mon corps, mangez-le » et Jean montre le corps de Jésus qui à genoux fait un travail d’esclave. Tous deux gestes aboutissent à « faites de même ». Dans la bible le corps est créé par Dieu avec la terre glaise marquant les yeux, les oreilles, la bouche, les mains et les pieds, tous organes de relation ouverte à la rencontre, et Dieu souffle son Esprit dans les narines et voilà que l’homme en son corps devient un être vivantJésus reprend l’image en se tournant vers le Père disant : « Père, tu m’as formé un corps et me voici, je viens pour faire ta volonté ». Le lavement des pieds nous racontera les gestes de son corps en lavant les pieds de ses disciples. Il n’y a pas de communion eucharistique sans charité fraternelle et il n’y a pas de charité fraternelle sans communion au corps du Christ.

* Paul souligne l’origine de son récit : il vient du Seigneur, mais il le transmet aux Corinthiens que nous sommes. Cela se passe la nuit où il a été livré, son corps donné par Judas aux autorités juives. Jésus prend  du pain (le pain symbole de ce qui nous nourrit), puis rendant grâces (en grec eucharistein) pour tout ce que Jésus a pu transmettre par son corps en paroles, en gestes et en son être, tel que racontés dans les évangiles. Ce pain, préparé par ses disciples,  il le rompt en signe de fracture qu’un corps peut subir sur la croix signe aussi de partage de sa vie avec les siens. Jésus ajoute une parole constitutive : «Ceci est mon corps, qui est pour vous (en grec : ‘le pour vous’) ». Jésus nous le montre par ceci, un démonstratif et donc il faut le regarder ; ce qu’il montre est son corps, ce corps par lequel nous le connaissons et par lequel il a révélé qui est son Père par ses paroles, par ses gestes et son être. Je repense à la parole de Jésus : « Qui m’a vu, a vu le Père ». Voir le pain eucharistique c’est voir tout ce que Jésus a vécu et révélé par son corps. Ainsi on entre dans le regard du Père sur JésusFaites ceci en mémoire de moi. La mémoire est cette faculté de l’homme de pouvoir saisir l’image du passé et l’intégrer dans le présent ! A faire mémoire ! Ensuite Jésus fit de même avec la coupe (coupe remplie de vin, fruit de la vigne qui est son peuple que nous sommes aujourd’hui). La coupe devient la nouvelle Alliance – déjà l’ancienne Alliance s’énonçait : Je serai votre Dieu et vous serez mon peuple, alliance concrétisée dans le sang de l’agneau – à présent le sang de Jésus mort et vivant pour nous. Faites cela : c’est la mise en pratique de faire le rite, mais surtout de faire voir au monde la nouvelle alliance en Jésus. Dieu est pour nous et nous sommes pour Dieu  C’est en alliés de Dieu que nous proclamons la mort de Jésus jusqu’à ce qu’il vienne, lui le Vivant ressuscité.

*Jean en son récit montre le lavement des pieds et sa signification.  Jean en situe l’origine dans le Verbe qui est tourné vers Dieu, qui est Dieu. Son parcours ? Il est sorti de Dieu et il va vers Dieu, sachant que le Père lui a tout remis entre les mains. Maintenant l’heure est venue de passer de ce monde à son Père, lui qui ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Viennent à présent les gestes du corps de Jésus que nous regardons. Jésus se lève de table où sont réunis les Douze convives. Aujourd’hui encore quand quelqu’un se lève de table on s’attend à une parole, un toast. Mais Jésus pose un geste en déposant son vêtement, (le vêtement étant le signe de sa dignité déposé pour apparaître comme le serviteur), il prend un linge qu’il noue à la ceinture, le linge qu’il utilisera pour essuyer les pieds de ses apôtres. Il verse de l’eau dans un bassin.

Tout est prêt pour le signe essentiel, ainsi bien préparé. Il se met à laver les pieds de ses disciples. Je regarde le geste : laver les pieds, travail d’esclave comme signe d’accueil par le Maître: les pieds après le chemin parcouru sont toujours poussiéreux et les laver donne une nouvelle énergie pour continuer le chemin après le repas offert. Pour laver les pieds consciencieusement il ne peut que s’agenouiller devant ses disciples. Ainsi est Dieu ! Jésus ensuite essuie les pieds qu’il vient de laver pour être  prêts à reprendre la route. Il  y a bien sûr le refus de Pierre de se laisser laver les pieds. Jésus répond que ce geste témoigne de ce qu’ils  prennent part avec Jésus. Si le lavement des pieds évoque la purification des hommes par le Maître, la purification réelle se fera le lendemain quand Jésus mourra pour la rémission de tous les échecs (les péchés) du monde. Nouveau geste de Jésus signifiant sa résurrection. :. Reprenant  son vêtement il se remet à table avec ses convives. Il leur dira trois choses pour qu’ils comprennent bien la signification de ce qu’il vient de faire. En un : Vous m’appelez Maître et Seigneur. Très bien je le suis. Le vrai maître est celui qui veille à la bonne forme de ses disciples –Je vous l’ai déjà dit : Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir. En deux : Si moi le Maître je vous ai lavé les pieds c’est que vous aussi vous laviez les pieds les uns aux autres : ce sera le témoignage de votre amour fraternel, Comme je l’ai fait pour vous, prenez mon geste comme un exemple,. En trois (malheureusement pas repris ici) Sachant cela vous serez heureux, du moins si vous le mettez en pratique. C’est donc cela être pratiquant : par-delà le rite il faut signifier par notre foi en quel Dieu l’humanité est appelée à croire. Il est grand le mystère de la foi.

Méditation 5e dimanche de Carême

Une tête de Ressuscité

Monsieur le Curé a dit que pour Pâques, il fallait nous faire une tête de Ressuscité! J’ai tout essayé, je n’y suis pas arrivé.

Tout le Carême, j’ai supprimé le chocolat et modéré les petits plaisirs, mais j’ai beau me regarder dans la glace : Je n’ai pas une tête de Ressuscité

La publicité m’a dit que pour changer de tête, l’eau minérale réussissait à tous les coups ! J’ai essayé, trois litres par jour, j’ai perdu du poids, mais mon miroir a continué à me refuser une tête de Ressuscité

Des amis m’ont parlé d’une crème miracle, elle coûte cher, c’est biologique et moderne, ça efface les rides. J’ai essayé mais hier matin encore, ma glace me l’a répété : je n’ai pas une tête de Ressuscité.

On m’a conseillé la jouvence d’un Abbé, l’élixir d’un Révérend Père… J’ai essayé. J’ai tout essayé et je n’ai toujours pas une tête de Ressuscité

Alors, Mon Dieu, tu m’as envoyé au Prophète, celui de la Bible, qui nous a accompagnés tout le Carême. J’y suis allé et il m’a dit que, pour changer de tête, il suffit de changer de cœur !

J’ai essayé, ça marche ! Je suis venu te le dire parce que cela pourrait peut-être en aider d’autres.

Amen ! Alleluia !

Jean DEBRUYNE

Pour vous aider à la médiation de ce texte voici un support musicale chanté à écouter en complément; qu’il puisse vous permettre d’avancer sereinement dans le Carême et dans la réflexion du texte de Jean DE BRUYNE.

Support musicale : GPS trio

Méditation 4e dimanche de Carême

JEÛNER, DE-JEÛNER

« apprécier le dé-jeûner partagé, suggère Bernard Besret, sans prélever sur la nature plus que son du ». Rien à voir avec la gloriole, la performance, rien non plus avec le goût plus ou moins morbide du sacrifice, mais par souci de sagesse. Or, sagesse rime avec modération, avec frugalité et avec discernement. Jeûner pour mieux partager, plus justement, plus dignement. Jeûner pour rejoindre le peuple des doux qui auront la terre en partage. Parce qu’ils l’auront respectée : non pas épuisée, brutalisée, comme ceux qui sont inconsidérément épris de conquête, mais pour la sauvegarder et faire en sorte qu’elle produise du fruit pour tous. Jeûner en préparant la table où l’on se retrouvera tous ensemble pour partager le pain en veillant surtout  ce que nul n’en manque. « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». Pouvoir prier cette phrase en se souvenant que rien ne rend plus indigne que la faim, la faim subie de pain, de reconnaissance, de respect, de sollicitude, d’amitié… la faim suscitée par la rapacité des repus.

Le Seigneur dit par la bouche du prophète : « Le jeûne que je préfère ne consiste-t-il pas plutôt en ceci ? Partager ton pain avec l’affamé, recevoir chez toi les pauvres et les vagabonds, habiller celui que tu vois sans vêtement, et ne pas mépriser ton semblable  (Is 58,6-7). « Voilà le jeûne que Dieu approuve… : un jeûne réalisé dans l’amour du prochain et imprégné de bonté. »