11ème dimanche T-O : Corps et Sang du Christ – a

« Devenons ce que nous recevons. »

Vénuste

1re lect. : Dt 8, 2-3.14b-16a
Ps : 147, 12-13, 14-15, 19-20
2e lect. : 1 Co 10, 16-17
Séquence
Évangile :
Jn 6, 51-58

 

Jean 6, 51-58 : : « le discours sur le pain de vie ». Pour avoir la vie éternelle, la vraie, la condition sine qua non est de manger la « chair » du Christ et de boire son sang. Référence à l’agneau pascal et à la Cène. S’il faut manger pour vivre, il faut choisir la vraie nourriture pour avoir la vraie vie : non pas nos sandwiches humains ! Il n’y a que Dieu qui peut satisfaire notre faim : le Christ est la vraie nourriture et la vraie boisson. « Ceci est mon corps, prenez et mangez… »

C’est vers 1210 que Julienne, une religieuse augustine de Cornillon (Liège), eut une vision qui demandait d’instaurer une fête spéciale dédiée à la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. La fête fut introduite à Liège, en 1246, et placée au jeudi après la Sainte Trinité, 60 jours après Pâques. Un confident de la moniale, devenu le pape Urbain IV, étendit la fête à toute l’Eglise, en 1264 par la bulle « Transiturus », extension réalisée, en fait, à partir de 1317. Saint Thomas d’Aquin composa des textes pour cette fête, dont la belle séquence « Lauda Sion ». Il est toujours intéressant d’être informé sur l’origine de nos dévotions, ce qui les a favorisées, ce qu’elles voulaient souligner et – cela se vérifie toujours – ce qu’on a perdu en insistant sur l’un ou l’autre aspect de la spiritualité : ici la naissance et le développement de la dévotion à Jésus Eucharistie.


Tout le monde s’accorde à dire que la dévotion au Saint Sacrement, vient du fait que, à une certaine époque, l’Eglise a rendu difficile la réception de la communion ; alors on a compensé cette privation par la vue de l’hostie, l’élévation de l’hostie, les processions avec « ostensoir », la fréquence du salut du St Sacrement (avec le confinement, on a essayé de compenser par le virtuel). On voulait aussi défendre la présence réelle, une présence permanente parce qu’elle ne se limite pas à la liturgie eucharistique. Le culte de la présence eucharistique prit donc de l’importance, au détriment des aspects de sacrifice, de repas, d’assemblée. On est arrivé jusqu’à exposer le St Sacrement pendant la messe elle-même. Plus tard, la réaction anti-protestante affaiblitencore plus la liturgie de la Parole, tandis que le jansénisme étouffa la communion : il décourageait les gens à recevoir la communion, par respect pour le Christ réellement présent dans l’hostie consacrée qu’on n’ose pas prendre dans la main ni croquer sous la dent. Des idées justes, trop unilatéralement appuyées, avaient ainsi conduit à la mort de l’esprit liturgique… Alors la piété populaire,
privée de la communion, a développé l’adoration : voir l’hostie, rester en prière devant l’ostensoir ou le tabernacle (désormais surchargé d’ornements et même plus en évidence que le maître-autel), après ou en dehors de la messe. Voir… c’est maintenir une distance « là-bas » dans l’ostensoir ou le tabernacle ; contrairement à manger, car ce qu’on mange, on le fait sien physiquement, il y a union, il y a communion.

Homélie de Vénuste :

Méditation sur le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Tel est le nom officiel de la fête d’aujourd’hui. Autrefois elle était appelée Fête Dieu, ensuite Saint Sacrement, et depuis le Concile on a ajouté du corps et du Sang du Christ. Autres noms, autre évolution? La Fête Dieu était-elle vue comme pas assez axée sur le Christ Jésus ? Or je crois que tout événement du Christ dans sa vie humaine est aussi œuvre du Dieu Père, Fils et Esprit, le Dieu trinitaire étant présent à la fête…Jésus ayant parfaitement exprimé l’identité de Dieu, donc Fête Dieu me convient bien. Saint Sacrement : tout court? Certes c’est un sacrement mais le mot me paraît trop ‘notionnel’, trop abstrait : est-ce cela que le Concile a voulu souligner : sacrement (signe) du Corps et du Sang du Christ! Ce que de nos jours nous appelons l’Eucharistie! Ce qui signifie : rendre grâce pour le don de Dieu. Pour tous les dons reçus de Dieu : la vie, l’amour, Dieu Trinitaire, mes frères, la terre, la mission qu’il nous confie…aussi le don de la Vie de ressuscités que nous sommes grâce à la mort et la résurrection du Christ.

Méditation du  Père Jean :

8ème dimanche de Pentecôte

Viens, Esprit Saint, emplis le cœur de tes fidèles...

Vénuste

1re lect. : Ac 2, 1-11
Ps : 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34
2e lect. : 1 Co 12, 3b-7.12-13
Séquence
Évangile :
Jn 20, 19-23

 

Vous trouverez ci-dessous le feuillet des lectures et des demande de pardon et prières universelles de la messe en format PDF que vous pouvez télécharger et ou imprimer

Jean 20, 19-23 : le Souffle divin, l’Esprit de Jésus-Christ, vient ranimer le corps mort des disciples : morts de peur, ils avaient
fait de leur refuge un tombeau en se claquemurant dedans. L’effet est immédiat, le Souffle créateur les fait sortir pour répandre
à leur tour ce souffle reçu, si puissant qu’il est venu jusqu’à nous, plus de 2000 ans après. Le pardon est le don pascal par
excellence

Pentecôte – du grec : pentecostè, cinquante – le cinquantième jour après Pâques, était, chez les Juifs,
avec la Pâque et la fête des Tentes, une des trois grandes fêtes de pèlerinage. Une fête de la récolte du blé, devenue plus tard commémoration de l’Alliance du Sinaï. Car au départ c’était la fête de la moisson : on offrait les prémices de la récolte au Dieu qui donne semences, soleil, pluies et tout ce qui favorise la fécondité de la terre nourricière. C’était la fête de l’abondance et elle se célébrait 50 jours après la Pâque juive (50 étant le chiffre du jubilé : 7 x 7= 49 + 1 ; donc c’est la première année d’un nouveau cycle, comme il y a un lendemain du sabbat qui lance une nouvelle semaine ; c’est donc comme une nouvelle création, une nouvelle humanité). Et si Pâques célèbre la sortie de l’Egypte, on en vint à donner à cette fête de Pentecôte le
sens de la commémoration du don de la loi sur le Sinaï, quand Dieu fit de ces fuyards un peuple, son peuple, à
qui il donna la loi (une constitution pour une nation qui prend naissance).
Certains éléments de la fête juive ont été retenus par la liturgie chrétienne ; ainsi le thème de l’Alliance. Pâques et Pentecôte n’avaient pas de rapport direct dans le culte juif, la liturgie chrétienne les a unies. Pendant les premiers siècles, on n’a jamais considéré le jour de la Pentecôte comme une fête à part, mais comme le dernier jour de la grande fête de Pâques, un grand dimanche qui dure 50 jours. Plus tard, la Pentecôte se détacha du cycle pascal pour constituer un cycle particulier de huit jours, en imitation de l’octave de Pâques dont elle avait repris certains traits.

Homélie de Vénuste :

7e dimanche de Pâques

Lumière et gloire. Alors que Dieu est « lumière et salut » pour le psalmiste, Pierre parle d’un « Esprit de gloire » pour les chrétiens, même dans l’adversité. Jésus lui-même affirme qu’il est « glorifié » en ceux que le Père lui a « donnés » et qui ont le bonheur de connaître le « seul vrai Dieu ».

Vous retrouverez toutes les lectures et l’homélie du jour en cliquant sur ce lien

7ème Dimanche de Pâques

Élevons notre cœur, nous le tournons vers le Seigneur. Bonne neuvaine.

Vénuste

1re lect. : Ac 1, 12-14
Ps : 26, 1, 4, 7-8
2e lect. : 1 P 4, 13-16
Évangile : Jn 17, 1b-11a

 

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Jean 17, 1-11 : le discours d’adieux devient prière. Nous avons ici un extrait de « la prière sacerdotale » : Jésus ne fait pas seulement des recommandations à ses disciples, il prie pour eux, comme saisi d’angoisse pour eux au moment où il va les quitter pour retrouver la gloire qu’il avait auprès du Père avant le commencement du monde. Son œuvre a glorifié le Père auprès des siens, puisqu’il leur a donné la vie, car la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant.

Il s’agit de prière dans les lectures de ce dimanche. Bonne coïncidence, car nous sommes dans la neuvaine qui prépare la Pentecôte : ce sont les 9 jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte qui ont donné origine à ce terme « neuvaine ». Il est dit dans la première lecture que les apôtres avaient pratiquement la prière comme première occupation (à côté du ministère de la Parole). Dans l’évangile, c’est le Christ qui prie intensément : après les recommandations qu’il vient de donner à ses amis, comme saisi d’angoisse pour eux au moment où il va les quitter, il prie pour eux. Si nous voulons savoir prier (et comment prier pour les autres, pour l’Eglise), mettons-nous à l’école du Maître, allons souvent lire ce chapitre 17 de St Jean : ce qu’on a appelé « la prière sacerdotale » de Jésus car le Prêtre « sacerdos » Jésus prie pour les siens.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Jésus priait. Qu’est-ce qu’il disait dans sa prière ? On se le demande. Car nous, quand nous prions, c’est pour demander, pour supplier ; nous prions parce que nous avons besoin de Dieu, de son secours, de sa force, de son intervention quand nous n’y pouvons plus rien, quand aucun humain ne nous est d’aucun secours ; nous prions parce que nous avons des doléances… De quoi Jésus avait-il besoin pour se recommander à son Père, puisqu’il est lui-même Dieu ? Concentrons-nous sur ce texte de ce dimanche, parce qu’il y a une autre page où Jésus a enseigné le Notre Père, quand les disciples, le voyant aller souvent prier et passer des nuits en prière, lui ont demandé comment prier.

La prière de Jésus est plus une prière d’action de grâces qu’une prière de demande. Il sait qu’il se conforme à la volonté du Père, il sait qu’il a été dans la ligne du dessein du Père. Il remercie le Père de ce que « l’heure » approche où tout sera accompli : mission accomplie à la perfection. L’heure de la passion est l’heure de l’exaltation. Que ta volonté soit faite ! Ce fut la prière de Jésus, ce fut la prière de Marie. Une prière qui colle à la vie. Telle doit être notre prière aussi.

Homélie de Vénuste :

VIENS, ESPRIT SAINT

(Prière attribuée à l’archevêque de Cantorbéry 12ème siècle)

Viens Esprit Saint,
envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière !
Viens en nous, Père des pauvres,
viens donateur de tout bien, viens Lumière des cœurs.
Tu es le Consolateur très bon,
l’Hôte très doux de nos âmes, la rafraîchissante douceur.
Tu es le repos dans le labeur, Tu es la tiédeur dans la canicule,
Tu es la consolation dans les larmes.
Ô bienheureuse lumière, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tes fidèles.
Sans ta divine puissance il n’y a rien dans l’homme, rien qui soit saint.
Lave ce qui est souillé, arrose ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, redresse ce qui est faussé.
Donne à tes fidèles qui se confient en Toi l’esprit de sagesse, d’intelligence,
De conseil, de force, de science, de piété et de crainte de Dieu.
Donne‐leur la joie éternelle !
Amen

Ascension

40ème jour à partir de Pâques qui marque
la dernière rencontre de Jésus avec ses disciples
après sa résurrection, son élévation auprès du Père.

Vous retrouverez toutes les lectures, demande de pardon, prières universelles et homélie de ce dimanche en cliquant sur ce lien

Messe radio et télévisée :
Ce 21 mai, la messe radio  de la Fête de l’Ascension sur La Première (RTBF) à 11h depuis l’église Saint-Remacle à Marche-en-Famenne. Messe télévisée à 11h sur la Une (RTBF) depuis la cathédrale Saint-Laurent à Lugano (Suisse), présidée par Mgr Valerio Lazzeri, évêque du diocèse de Lugano.

Plus d’infos

6ème dimanche de Pâques

Vous retrouverez ci-dessous le déroulement de la célébrations de 6ème dimanche de Pâques:

1re lect. : Ac 8, 5-8.14-17
Ps : 65, 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20
2e lect. : 1 P 3, 15-18
Évangile : Jn 14, 15-21

Feuillet de lecture de la messe

Jean 14, 15-21 : discours d’adieux. Paroles explicites sur la Trinité. Jésus parle de son Père et de l’Esprit Saint (le
Défenseur). Le disciple entre dans l’amour trinitaire s’il garde fidèlement les commandements : alors il « demeure » et il
« connaît ». « Vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. »

Après les récits qui nous relataient les apparitions du Ressuscité, en attendant de célébrer son retour à la droite du Père, les évangiles de ces derniers dimanches de Pâques nous font méditer le discours d’adieux. Jésus prend congé de ses disciples, il leur transmet ses dernières recommandations, il leur dispense l’essentiel de son enseignement, il leur révèle le fond de son cœur et il leur parle de la
maison du Père ainsi que de la relation qui l’unit au Père. Exactement comme quand quelqu’un qui va mourir fait son testament. Le texte de ce dimanche est parmi les plus explicites sur la Trinité où sont nommés sans équivoque les trois Personnes de la Trinité : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Jésus promet deux choses : son retour et l’envoi d’un « autre » Défenseur. Mais il nous assure que d’ores et déjà celui qui reste fidèle aux commandements est entré dans l’amour trinitaire.
On nous a habitués à « servir » Dieu, à « croire » en Dieu, très peu à « aimer » Dieu. Or l’évangile d’aujourd’hui parle de l’amour de Dieu pour nous – qui est une réalité, et Dieu est fidèle – et de notre amour pour Dieu, nous qui ne sommes pas toujours fidèles. Après avoir demandé qu’on croie en lui, Jésus demande qu’on l’aime. Amour toujours lié à obéissance : garder fidèlement ses paroles, aimer pour
pouvoir rester fidèle. Amour et fidélité sont interchangeables. Amour sur commande, non ! amour urgence oui ! C’est ainsi qu’on peut parler de commandement. Il faut le vouloir.

Lire la suite de l’homélie de Vénuste

Demande de pardon et prière universelle

 

Dimanche de Pâques, 12 avril

CHRIST EST VIVANT…  ALLELUIA !

Proposition de liturgie à la maison adaptable suivant les circonstances – voir en fichier-joint une célébration plus développée pour adultes et enfants

On commence en allumant un cierge dans le coin-prière décoré de fleurs et de bougies – éventuellement d’une banderole coloriée ou se trouve inscrit « Alleluia ! ».

Pour la liturgie de la Parole, on choisit un des évangiles de Pâques (lu ou raconté – commenté)

En mémoire de son baptême, chacun renouvèle ses promesses de baptême à partir de ce que propose le missel ou on proclame le Symbole des Apôtres

Litanie d’intentions en n’oubliant pas les catéchumènes qui devaient être baptisés cette nuit et qui voient leur baptême reporté

On termine par le Notre Père.

Petit matin nouveau : Christ n’est plus au tombeau

1re lect. : Ac 10, 34a.37-43
Ps : 117, 1-2, 16-17, 22-23
2e lect. : Col 3, 1-4 ou 1 Co 5, 6b-8
Évangile : Jn 20, 1-9 ou Mt 28, 1-10 ou à la messe du soir Lc 24, 13-35

Imprimer le feuillet des lectures de la messe de ce dimanche 12 avril 2020

Jean 20, 1-9 : Marie-Madeleine a constaté que la pierre (lourde) avait été enlevée, Pierre et Jean constatent « le linceul resté là et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place » ; ce qui exclut l’hypothèse de l’enlèvement que suggérait Marie-Madeleine. Nous sommes en présence de « signes », et non de preuves, on reste libre de les interpréter : car on peut voir sans croire. Jean, « il vit et il crut », plus besoin de voir le Jésus de Nazareth, il reconnaît le Ressuscité à travers ces signes, il se rappelle que « d’après les Ecritures, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ».

Incroyable mais vrai. Quelqu’un de chez nous, de notre race, de notre chair, est ressuscité. Il a vaincu la mort, il ne meurt plus, il est plus vivant que jamais, il est vivant à jamais.

Lire la suite l’homélie de Vénuste

Il est ressuscité, comme il l’avait promis : voici pour tous, un avenir nouveau, un sens à notre vie.  Jour de victoire, la mort n’est ni oubliée, ni détruite, elle est vaincue pour toujours.  Et désormais le Ressuscité nous entraîne sur des chemins nouveaux.

Sa présence n’est plus palpable par nos sens mais elle brûle les cœurs.  Sa Parole poursuit sa course jusqu’à la fin des temps.  Et son Pain partagé nous fait chanter la Vie !  Donne-nous de ce Pain,Seigneur, Pain vivant qui nous unit, qui nourrit les hommes de ton amour…

 

ALLELUIA ! ALLELUIA !

MEDITATION  DE PÂQUES

On a enlevé le Seigneur et je ne sais où on l’a mis.
Pourtant, ce matin encore sombre, ce matin gris, tout semble changer.
Le monde autour du tombeau vide semble un paradis.
Le silence railleur se dissipe.
Et voici au milieu des fleurs, le jardinier :
Mais soudain, j’entends mon nom, il m’appelle et je suis,
La cendre s’envole dans le vent de l’Esprit.
C’est Toi, c’est Toi, je Te reconnais Rabbouni.
Ton corps transfiguré se dévoile en remplissant tout.
Il est cet Amour qui fait que les hommes sont mes frères.
Tu es là, invisible dans le pain et dans le vin,
Et dans tout visage,
Tu es là…

Prière d’un théologien orthodoxe, au matin de Pâques

Homélie du pape François prononcée ce vendredi 27/03

Homélie du pape François prononcée ce vendredi soir

Face à la pandémie du coronavirus Covid-19, le pape François a donné une bénédiction Urbi et Orbi exceptionnelle ce vendredi 27 mars

« Le soir venu » (Mc 4, 35). Ainsi commence l’Evangile que nous avons écouté. Depuis des semaines, la nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage : cela se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent. Nous nous retrouvons apeurés et perdus. Comme les disciples de l’Evangile, nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. Dans cette barque… nous nous trouvons tous. Comme ces disciples qui parlent d’une seule voix et dans l’angoisse disent : « Nous sommes perdus » (v. 38), nous aussi, nous nous nous apercevons que nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout seul, mais seulement ensemble.

Il est facile de nous retrouver dans ce récit. Ce qui est difficile, c’est de comprendre le comportement de Jésus. Alors que les disciples sont naturellement inquiets et désespérés, il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en premier. Et que fait-il ? Malgré tout le bruit, il dort serein, confiant dans le Père – c’est la seule fois où, dans l’Evangile, nous voyons Jésus dormir –. Puis, quand il est réveillé, après avoir calmé le vent et les eaux, il s’adresse aux disciples sur un ton de reproche : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (v. 40).

Cherchons à comprendre.

En quoi consiste le manque de foi de la part des disciples, qui s’oppose à la confiance de Jésus ? Ils n’avaient pas cessé de croire en lui. En effet, ils l’invoquent. Mais voyons comment ils l’invoquent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » (v. 38). Cela ne te fait rien : ils pensent que Jésus se désintéresse d’eux, qu’il ne se soucie pas d’eux. Entre nous, dans nos familles, l’une des choses qui fait le plus mal, c’est quand nous nous entendons dire : “Tu ne te soucies pas de moi ?”. C’est une phrase qui blesse et déclenche des tempêtes dans le cœur. Cela aura aussi touché Jésus, car lui, plus que personne, tient à nous. En effet, une fois invoqué, il sauve ses disciples découragés.

La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. Elle nous démontre comment nous avons laissé endormi et abandonné ce qui alimente, soutient et donne force à notre vie ainsi qu’à notre communauté. La tempête révèle toutes les intentions d’“emballer” et d’oublier ce qui a nourri l’âme de nos peuples, toutes ces tentatives d’anesthésier avec des habitudes apparemment “salvatrices”, incapables de faire appel à nos racines et d’évoquer la mémoire de nos anciens, en nous privant ainsi de l’immunité nécessaire pour affronter l’adversité. À la faveur de la tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos “ego” toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette appartenance commune (bénie), à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères. « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ».

Seigneur, ce soir, ta Parole nous touche et nous concerne tous. Dans notre monde, que tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons : “Réveille-toi Seigneur !”.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, tu nous adresses un appel, un appel à la foi qui ne consiste pas tant à croire que tu existes, mais à aller vers toi et à se fier à toi. Durant ce Carême, ton appel urgent résonne : “Convertissez-vous”, « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Tu nous invites à saisir ce temps d’épreuve comme un temps de choix. Ce n’est pas le temps de ton jugement, mais celui de notre jugement : le temps de choisir ce qui importe et ce qui passe, de séparer ce qui est nécessaire de ce qui ne l’est pas. C’est le temps de réorienter la route de la vie vers toi, Seigneur, et vers les autres. Et nous pouvons voir de nombreux compagnons de voyage exemplaires qui, dans cette peur, ont réagi en donnant leur vie. C’est la force agissante de l’Esprit déversée et transformée en courageux et généreux dévouements. C’est la vie de l’Esprit capable de racheter, de valoriser et de montrer comment nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires, souvent oubliées, qui ne font pas la une des journaux et des revues ni n’apparaissent dans les grands défilés du dernier show mais qui, sans aucun doute, sont en train d’écrire aujourd’hui les évènements décisifs de notre histoire : médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant et tant d’autres qui ont compris que personne ne se sauve tout seul. Face à la souffrance, où se mesure le vrai développement de nos peuples, nous découvrons et nous expérimentons la prière sacerdotale de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21).

Que de personnes font preuve chaque jour de patience et insuffle l’espérance, en veillant à ne pas créer la panique mais la coresponsabilité ! Que de pères, de mères, de grands-pères et de grands -mères, que d’enseignants montrent à nos enfants, par des gestes simples et quotidiens, comment affronter et traverser une crise en réadaptant les habitudes, en levant les regards et en stimulant la prière ! Que de personnes prient, offrent et intercèdent pour le bien de tous. La prière et le service discret : ce sont nos armes gagnantes !

« Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut. Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs, des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais. Le Seigneur nous interpelle et, au milieu de notre tempête, il nous invite à réveiller puis à activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et sens en ces heures où tout semble faire naufrage. Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix, nous avons été sauvés. Nous avons un gouvernail : par sa croix, nous avons été rachetés. Nous avons une espérance : par sa croix, nous avons été rénovés et embrassés afin que rien ni personne ne nous sépare de son amour rédempteur. Dans l’isolement où nous souffrons du manque d’affections et de rencontres, en faisant l’expérience du manque de beaucoup de choses, écoutons une fois encore l’annonce qui nous sauve : il est ressuscité et vit à nos côtés.

Le Seigneur nous exhorte de sa croix à retrouver la vie qui nous attend, à regarder vers ceux qui nous sollicitent, à renforcer, reconnaître et stimuler la grâce qui nous habite. N’éteignons pas la flamme qui faiblit (cf. Is 42, 3) qui ne s’altère jamais, et laissons-la rallumer l’espérance.

Embrasser la croix, c’est trouver le courage d’embrasser toutes les contrariétés du temps présent, en abandonnant un moment notre soif de toute puissance et de possession, pour faire place à la créativité que seul l’Esprit est capable de susciter. C’est trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité. Par sa croix, nous avons été sauvés pour accueillir l’espérance et permettre que ce soit elle qui renforce et soutienne toutes les mesures et toutes les pistes possibles qui puissent aider à nous préserver et à sauvegarder. Étreindre le Seigneur pour embrasser l’espérance, voilà la force de la foi, qui libère de la peur et donne de l’espérance.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Chers frères et sœurs, de ce lieu, qui raconte la foi, solide comme le roc, de Pierre, je voudrais ce soir vous confier tous au Seigneur, par l’intercession de la Vierge, salut de son peuple, étoile de la mer dans la tempête. Que, de cette colonnade qui embrasse Rome et le monde, descende sur vous, comme une étreinte consolante, la bénédiction de Dieu. Seigneur, bénis le monde, donne la santé aux corps et le réconfort aux cœurs. Tu nous demandes de ne pas avoir peur. Mais notre foi est faible et nous sommes craintifs. Mais toi, Seigneur, ne nous laisse pas à la merci de la tempête. Redis encore : « N’ayez pas peur » (Mt 28, 5). Et nous, avec Pierre, “nous nous déchargeons sur toi de tous nos soucis, car tu prends soin de nous” (cf. 1P 5, 7).

Pape François

Messe : 4e DIMANCHE DE CARÊME

“… avancer dans la vie en enfant de lumière et à rester fidèle à la foi de son baptême.”

Vénuste

Jean 9, 1-41 : la rencontre de Jésus avec l’aveugle-né, comme celle avec la Samaritaine, est un exemple de cheminement spirituel. Il parle de Jésus d’abord comme « l’homme qu’on appelle Jésus », puis comme un prophète, ensuite comme « quelqu’un qui vient de Dieu », puis comme « le Fils de l’Homme » et finalement il se prosterne devant lui parce que « Seigneur ». A l’opposé de l’aveugle qui recouvre la vue, nous voyons l’endurcissement, l’aveuglement qui s’aggrave chez ceux qui « savent ». Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. La lumière (Jésus) est venue, mais les hommes ont préféré les ténèbres.

1re lect. : 1 S 16, 1b.6-7.10-13a
Ps : 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6
2e lect. : Ep 5, 8-14
Évangile : Jn 9, 1-41

Comme dans le récit de la Samaritaine, Jean nous montre, à travers l’aveugle-né, ce que doit être un cheminement spirituel. L’homme qui, au départ, ne savait pas, devient lumière, tandis que les ténèbres s’épaississent chez ceux qui « savent ». Jésus vient démasquer ceux qui se prennent pour des lumières. Exactement comme une lumière qui surprend des personnes tapies dans l’obscurité : quand le faisceau de lumière éclaire la scène, quand le flash du photographe crépite, chacun est figé dans la position qu’il avait, celui qui est correct est fier de l’être, celui qui n’est pas droit dans ses bottes, est démasqué. Rappelons que tout handicap était interprété comme la sanction d’un péché ; plus le handicap était grave, plus grave devait être le péché, même si le péché n’était pas personnel (d’où la question des disciples). Lire la suite

4ème Dimanche de carême : commentaire de Père Jean

Commentaire du père Jean sur l’évangile de ce dimanche:

Guérison de l’aveugle-né en ce quatrième dimanche du carême.

Pour rappel : dans l’année A, les lectures dominicales en ce temps de carême sont celles depuis de temps immémoriaux destinées aux catéchumènes qui dans la nuit pascale vont professer leur foi et sont ensuite baptisés. Celle d’aujourd’hui mettra l’accent sur la progression de la foi, et cela vaut aussi pour nous surtout dans ce temps de carême.

Dans l’aveugle-né allons-nous nous retrouver ? Serons-nous aussi en progression de notre foi ?

La foi chez saint Jean est toujours liée au regard, c’est entrer dans le regard que Dieu porte sur la relation avec nous. « Il vit et il crut » dira Jean de lui-même au matin de Pâques en entrant dans le tombeau ouvert.

Point de départ du récit : Jésus sort du Temple après une altercation avec les Juifs. Lui voit sur son passage un homme aveugle de naissance. L’initiative vient de Jésus, lui voit une humanité aveugle, privée de la beauté du regard de foi: l’aveugle n’a jamais vu la lumière, il est ainsi privé de découvrir le vrai sens de la vie. Remarque des apôtres qui raisonnent encore avec l’image de Dieu qui punit les pécheurs, soit l’aveugle, soit ses parents.

La réponse de Jésus : pourquoi est-il aveugle ? Pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Et d’emblée Jésus, lui la lumière du monde, se met au travail. Il crache à terre et avec sa salive – la salive est indispensable à la parole – il fait de la boue avec la terre et l’enduit sur les yeux morts de l’aveugle-né. Jésus lui dit : « va te laver à la piscine de Siloé (ce nom se traduit : envoyé). L’aveugle toujours sans regard y va et se lava ; quand il revint, il voyait !

Réaction des voisins et de ceux qui l’avaient vu mendier : «c’est bien lui » et d’autres « non, son  sosie » Mais l’homme guéri de sa cécité disait : « c’est bien moi »(littéralement : je suis ! qui est le nom de Dieu) : Toute son attention va à sa propre petite personne qui est en point de mire de ceux qui l’observent. Ceux-ci posent la question « Comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Lui répond : « L’homme qu’on appelle Jésus … et lui d’expliquer les choses telles qu’elles se sont passées. Remarquons la description de celui qui l’a guérir : un homme que l’on (de façon anonyme) appelle Jésus, ce qui veut pourtant dire : ‘Dieu sauve’.

Visiblement pour l’homme devenu voyant n’en est pas encore croyant en Jésus. D’ailleurs à la question : « Et lui où est-il ?» sa réponse est catégorique :« Je ne sais pas ».

L’entourage devant la perplexité décide de ‘consulter ceux qui savent’, les pharisiens. D’emblée il y a quelque chose de gênant : Jésus a œuvré un jour de sabbat, c’est interdit de par la Loi confiée par Dieu à Moïse, car Dieu s’est reposé le jour du sabbat. « Cet homme –là ne vient pas de Dieu ! ». D’aucuns ont une question : « Comment cet homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » On se tourne vers l’ancien aveugle : «Et toi , que dis-tu de lui ? » La réponse fuse cette fois de façon nette : « c’est un prophète ».

On fait alors appeler les parents de l’ancien aveugle en posant les questions que voici : « est-ce bien votre fils ? Né aveugle ? comment se fait-il qu’à présent il voit ?» Réponse des parents : « c’est notre fils, il et né aveugle, oui mais comment il voit, nous ne le savons pas. Cette dernière réponse est inspirée par la peur d’être éjectés de la synagogue.

Nouvelle entrevue des pharisiens avec l’aveugle né : de façon péremptoire ils affirment : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons que celui qui t’a guéri est un pécheur ! » L’homme de répondre : « Un pécheur ? Je n’en sais rien. Une chose que je sais, j’étais aveugle et à présent je vois ». Les autres de le questionner une nouvelle fois : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » « Comment, mais je vous l’ai déjà dit : serait ce que vous aussi vous vouliez devenir ses disciples ? » Horrifiés les pharisiens rétorquent : « toi tu es son disciple et nous sommes les disciples de Moïse. Nous savons que Dieu lui a parlé, mais celui-là nous ne savons pas d’où il est.

L’ancien aveugle visiblement animé par sa confiance grandissante en Jésus affirme : « Étonnant tout de même : vous ne savez pas d’où il est pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un a ouvert les yeux à un aveugle de naissance, s’il n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire ». Les pharisiens de conclure : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Excommunié de la communauté juive orthodoxe.

La conclusion de notre récit : Jésus qui n’avait pas paru durant toute cette interrogatoire, avait appris qu’il avait été jeté dehors. Jésus le retrouve et lui pose la question par excellence : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Fils de l’homme, une appellation déjà dans l’Ancien Testament désignant le messie : celui qui doit venir quand le temps sera accompli. Allusion dans le Nouveau Testament où c’est Jésus lui-même qui se désigne ainsi chaque fois qu’il parle de lui . L’ancien aveugle a encore une question, la question : « Et qui est-il, Seigneur pour que je en croie  lui ? La réponse de Jésus aux questions : « Tu le vois, et c’est lui qui te parles » Voir d’abord et ensuite écouter sa parole et la mettre en pratique Phrase finale est la profession de foi : « Je crois Seigneur » et il se prosterne devant lui. Une parole suivie d’un geste. C’est là la foi .

Père Jean