Vidéo pastorale et lettre des Evêques de Belgique

« Une espérance à offrir »

Tel est l’intitulé de la lettre et de la vidéo publiées par les Evêques de Belgique, ce 29 juin, Fête des Saints Pierre et Paul.

Les responsables de l’Église catholique de notre pays posent un regard rétrospectif sur la pandémie de coronavirus. Ils soulèvent également des questions importantes qui se posent à chacun de nous.

Les semaines que nous venons de vivre ont été historiques. A beaucoup d’égards, elles furent aussi éprouvantes. Bien des personnes, des familles et des communautés ont été durement atteintes, que ce soit par le deuil, la maladie, la perte d’un emploi, l’isolement. Nous pensons d’abord à elles, et tenons à leur exprimer toute notre compassion.

Ce temps de confinement nous a aussi permis à tous d’observer de nombreux gestes de solidarité. Tant de gens ont donné de leur temps, de leurs talents. De voisins ou de parfaits inconnus, ils se sont fait le prochain. Nous croyons que Dieu n’a pas été absent : malgré les moments d’obscurité, nous avons pu percevoir sa proximité et sa Pâque plus forte que les ténèbres. Nous rendons grâce pour ces nombreux signes de l’Esprit à l’œuvre.

Pour les chrétiens, l’impossibilité de vivre les sacrements et de se retrouver en communauté a constitué une véritable épreuve. Être éloignés de nos frères et sœurs nous a coûté. Nous tenons à vous
remercier très vivement d’avoir pris soin de respecter les lourdes règles qui nous étaient imposées. C’est avec prudence, mais avec une joie profonde, que nous pouvons, depuis quelques semaines,
goûter à nouveau à la communion communautaire « en présentiel ».

Loin de nous immobiliser, ce temps de confinement nous a aussi permis de faire preuve d’une créativité nouvelle. Dans tant de paroisses, d’unités pastorales, de communautés, des baptisés se sont levés, se sont mis ensemble, ont pris des initiatives. Parfois de façon très humble, dans l’urgence, vous avez inventé de nouvelles manières de faire Eglise. Nous avons été touchés par ces gestes de sollicitude, ces services concrets, cette inventivité pastorale. Sans doute avons-nous aussi découvert – ou redécouvert – certaines dimensions que la routine risque parfois de nous faire oublier : l’écoute des autres et de la Parole, la prière personnelle ou familiale, l’importance d’un rythme de vie apaisé pour la réflexion, la relecture, le dialogue. Parallèlement, nous avons ressenti en creux combien nous étaient essentielles la rencontre, l’affection, l’entraide, la communion entre nous et avec Dieu. Nous vous encourageons à demeurer en éveil, à ne pas cesser de rester créatifs. Ensemble, continuons à rendre nos communautés plus belles parce que plus fraternelles, plus sensibles aux blessures de chacun et aux soifs de ce monde. Continuons de soigner nos célébrations pour qu’elles soient sources d’intériorité et d’engagement.

Voilà que demain pointe déjà le jour. Le monde d’après sera-t-il différent du monde d’hier ? Là où il se trouve, chacun a en tout cas le pouvoir de le rendre meilleur. L’épreuve nous a d’ailleurs permis
d’identifier quelques défis majeurs pour notre temps. Comment apporter notre soutien aux victimes d’une crise sociale dont nous commençons seulement à percevoir les effets ? En particulier, comment accompagner les jeunes et nous montrer solidaires des personnes âgées, si souvent frappées par la solitude ? Comment offrir une place à ceux que notre société tend à laisser de côté
ou aux portes de nos frontières ? Comment donner considération et dignité à ceux qui travaillent au service de tous, trop souvent dans la précarité ? Comment chercher du sens et cultiver l’espérance face aux incertitudes ? Comment accueillir et respecter la vulnérabilité de nos vies ? Comment nous engager face à l’immensité des défis écologiques, sociaux, économiques ?

Sur aucune de ces questions, nous n’avons de formule magique. Mais nous pouvons puiser dans notre foi et nos partages communautaires des ressources pour discerner, et pour agir aux côtés des autres individus et groupes de notre société. Nous invitons les communautés chrétiennes à s’engager, d’un même élan, dans le cœur de Dieu et au cœur du monde. Nous y sommes envoyés par le Christ, par notre baptême. Confronté à cette pandémie, ce monde, capable de grande générosité, est aussi en
proie au doute. Offrons-lui notre solidarité, notre espérance et la joie de l’Evangile.

Que cet été soit un temps propice pour nous reposer et nous connecter à l’essentiel. Qu’il nous offre aussi l’occasion de rechercher activement le désir que Dieu a pour chacun de nous, pour Son Eglise et pour notre monde.

En profonde communion avec vous,

Vos Evêques.
25 juin 2020

Préparation de la reprise des célébrations eucharistiques

Message de Mgr Jean-Luc Hudsyn du 25 mai 2020

Concernant la préparation pour la reprise des célébrations eucharistiques (le dimanche et en semaine)

Chers amis,

Nous ne savons pas vous dire à cette heure ce qu’il en sera exactement de la date autorisant la reprise des célébrations eucharistiques dominicales et de semaine. Les responsables des cultes ont demandé que ce soit le week-end de Pentecôte. Il faut pouvoir accepter que cela soit peut-être plus tard. Il n’empêche que nos protocoles et règles internes sont à l’étude. Il n’est pas exclu qu’un accord puisse être obtenu sans tarder. De toute façon, il faut tous nous préparer à cette reprise qui demandera une organisation minutieuse. Voici quelques premières consignes que je vous demande de lire et de mettre en œuvre.

Il ne s’agit pas encore des règles officielles qui vous parviendront, bien sûr, dès que l’accord et le feu vert seront obtenus. Mais les consignes générales qui suivent vont dans le sens de ce qui a été envisagé, y compris avec certains experts. Elles vous permettront de ne pas être pris au dépourvu si cet accord que nous attendons tous devait arriver un peu en dernière minute.

Consignes générales pour préparer la reprise des eucharisties dominicales et de semaine – la plupart seront aussi valables pour les funérailles et les mariages qu’on pourra refaire avec eucharistie dès cet accord donné pour la reprise des « célébrations publiques »

Préalables :

  1. La visée de toutes les décisions est la sécurité et la non-contamination par le virus de tous ceux qui se rendent à l’église et de tout faire pour qu’ils soient non contaminants pour ceux qu’ils rencontreront ensuite.
  2. Le responsable ou le coordinateur d’UP prévoit très rapidement une réunion des permanents nommés au sein des Unités pastorales (prêtres, diacres, AP, coordinateur) là où
    les UP sont en place ; là où il n’y a pas encore d’UP, chaque curé réunit l’équipe pastorale de sa ou de ses paroisses
    . Objectifs de cette réunion : examiner tout ce qui suit, discuter des applications concrètes des présentes consignes et prendre les décisions qui s’imposent. L’option prise par les évêques c’est que ce sont les équipes locales qui sont le mieux à même de prendre les bonnes décisions.
  3. Seront concertés et informés les membres des Conseils d’UP ainsi que les fabriques d’église. Les évêques ont tenu à préciser que les frais d’aménagement, entre autres au sujet de l’achat des produits nécessaires, relèvent de la responsabilité des fabriques.
  4. En cas de doute ou de difficulté d’interprétation, on passe d’abord par les doyens.
  5. On ne reprendra pas les messes dans les lieux où ces consignes ne peuvent pas être mises en
    œuvre.

Consignes générales :

  1. Peut-être s’avèrera-t-il nécessaire de procéder à un grand nettoyage de l’église.
  2. Prévoir rapidement la quantité nécessaire de gel hydroalcoolique : une désinfection des mains sera obligatoire à l’entrée pour chaque participant – ainsi que pour le célébrant ou toute personne apportant quelque chose à l’autel en cours d’eucharistie. Prévoir un ou plusieurs points où quelqu’un verse du gel sur les mains des entrants (et non pas déposer sur une table une bouteille à laquelle chacun se sert…)
  3. Aménager l’intérieur de l’église de telle sorte que les participants soient clairement à 1m50 de distance les uns des autres et dans tous les sens. Seuls les petits enfants vivant dans le même espace familial pourront être près de leurs parents (prévoir des chaises qu’on peut approcher uniquement dans ce cas, en veillant à ce que les autres participants restent à 1m50 de ce groupe). Voir comment faire si l’église dispose de bancs et non de chaises afin que les personnes ne passent pas l’une devant ou derrière l’autre pour rejoindre leur place.
  4. Il est prévu qu’on ne puisse accueillir qu’un maximum de 100 personnes par messe. Mais avec les distances imposées, toutes les églises ne pourront pas accueillir un tel nombre de participants. Il faudra voir, dans certaines paroisses, si des messes ne devront pas être réparties dans plusieurs lieux de culte ou s’il ne faudra pas multiplier les heures de messe (en prévoyant dans les deux cas une possibilité d’inscription). On voit de toute façon, que ce n’est pas encore le moment de faire de ces premières messes post-confinement des moment de grandes retrouvailles de toute la communauté !
  5. Mettre des repères de distance (1m50) dans l’allée centrale pour le moment de la communion.
  6. Retirer les livres, les livrets, les prospectus se trouvant actuellement dans l’église – on pourra tout au plus emporter un feuillet déjà disposé à la place de chacun et qui sera non réutilisable par d’autres aux messes suivantes.
  7. Vider les bénitiers.
  8. Les installations sanitaires ne pourront être utilisées que si quelqu’un est chargé d’en assurer la désinfection systématique après chaque usage.
  9. Examiner minutieusement où et comment les gens peuvent entrer dans l’église (l’accès comme la sortie ne se font que par une seule porte) ; comment ils peuvent se rendre à leur chaise sans ‘embouteillage’ ; comment se déroulera la circulation en vue de recevoir la communion (voir plus bas); comment organiser la sortie pour qu’on y garde les mesures de distanciement alors même que c’est un moment spontanément convivial.
    Penser à d’éventuels ‘panneaux de signalisation’, flèches, autocollants ; à la délimitation des
    allées… tout en prenant soin d’une certaine esthétique…
  10. Réfléchir à la gestion éventuelle d’une chorale (pas trop nombreuse) : les personnes qui chantent doivent respecter une distance plus importante qu’entre les participants (3 mètres entre eux minimum – certains disent : beaucoup plus encore) – idem pour la distance entre le chantre et les participants de la première rangée.
  11. Le lectionnaire et l’ambon (et le micro) ne peuvent être touchés. S’il y a plusieurs lecteurs, prévoir que chacun apporte à l’ambon le texte de la lecture qu’il doit faire.
  12. Désigner un responsable qui va gérer toutes les mesures et à chaque messe dominicale une équipe d’accueil repérable et vigilante.

Consignes pour la célébration elle-même

    1. La question du port du masque par les participants n’est pas encore définie mais sûrement souhaitable, voire sans doute obligatoire.
      Le prêtre qui préside ne doit pas le porter.
    2. On ne serre pas les mains, ni ne se donne les mains au Notre Père.
    3. Un même objet n’est touché que par une personne (calice, patène, burettes, lectionnaire,
      évangéliaire…).
    4. La collecte se fera en déposant son obole en fin de messe dans une boîte qui accueillera ces
      dons au fond de l’église (à mentionner donc en fin de messe).
    5. Pour la communion :

*le prêtre et les éventuels ministres de la communion se désinfecte les mains avant et après avoir donné la communion

*le prêtre qui préside est le seul à communier au calice

*le prêtre dira à tous, depuis l’autel et une seule fois : « Le Corps du Christ » et reste en silence lorsqu’il donne l’hostie consacrée – on réduit au minimum le nombre de ministres de la communion (ils ne disent pas non plus : « Le Corps du Christ »)

*on ne communie que dans la main et en évitant de toucher la main de ceux qui viennent communier

*on ne fait pas de bénédiction sur le front des enfants ou des catéchumènes qui se présenteront devant les prêtres et les diacres qui leur feront le geste de la bénédiction, à distance.

6. Le pasteur saluera bien sûr les participants en fin de messe, avec le sourire mais… à distance ! En évitant des apartés qui empêcheraient la fluidité de la sortie de tous. Il n’y aura donc pas – hélas !!! – de moment de convivialité organisé dans le fond de l’église… ni à l’extérieur.

Que ces célébrations eucharistiques puissent reprendre le plus rapidement possible, c’est bien
évidemment notre désir à tous. Quitte à devoir encore attendre… Tout comme une grande amoureuse
de l’eucharistie qui a connu cela elle aussi, en quarantaine dans l’infirmerie d’un carmel pour soigner
ses sœurs en période d’épidémie et ne pouvant recevoir la communion. Elle s’appelait… Sr Thérèse de
l’Enfant-Jésus. Ce qui lui a fait dire : « Sans doute c’est une grande grâce de recevoir les Sacrements,
mais quand le bon Dieu ne le permet pas, c’est bien quand même : tout est grâce ! » (CJ, 5.6.4)

Dans l’attente de l’Esprit-saint, avec vous tous : rien ne peut le confiner pour qui le désire.

Wavre, le 25 mai 2020
+ Jean-Luc Hudsyn

“Je te protège, tu me protèges”

L’Église catholique soutient #ActionNationaledeCouture

confectionner vos masques

Maintenant que nous nous avançons tout doucement vers la sortie du confinement imposé par la pandémie de coronavirus, le port de masques buccaux dans l’espace public devient essentiel.

Aujourd’hui, lundi 27 avril, débute l’#ActionNationaledeCouture qui doit mobiliser toute la Belgique pour fabriquer ses propres masques buccaux. Plusieurs initiatives citoyennes unissent leurs forces. L’initiative est coordonnée avec le SPF Santé publique. L’action vise la confection en une semaine et par le plus grand nombre de bénévoles, d’au moins 100.000 masques buccaux de sécurité selon les modèles proposés sur www.faitesvotremasquebuccal.be. Les masques seront ensuite distribués gratuitement.

Les églises et les salles paroissiales comme points de collecte

Les évêques belges soutiennent chaudement cette initiative bénévole. Ils proposent là où c’est possible et après accord des autorités locales, de mettre à disposition les églises ou les salles paroissiales comme points de collecte de ces masques buccaux.

Ceux qui souhaitent participer peuvent en informer l’organisation en remplissant le formulaire à l’adresse suivante: https://docs.google.com/forms/d/1EqoaDPue8JINakMLF_ZsbnirjnHM3wbX5TrAU0Rpj0s/viewform?edit_requested=true#responses. On y trouve l’encadrement nécessaire.

Les responsables pastoraux peuvent remettre les masques collectés au Gouvernement pour distribution ultérieure, ou s’occuper eux-mêmes de la distribution. Tout cela, bien sûr, toujours dans le respect des règles de sécurité dans le cadre de la protection contre le coronavirus.

Rendez-vous sur https://mailchi.mp/c886b89f0742/faitesvotremasquebuccalbe-lance-lactionnationaledecouture où vous trouverez toutes les autres informations pratiques.

Dans une interview à l’occasion de la crise du coronavirus, le pape François a souligné le 8 mars dernier que notre trésor réside dans les petites choses: Les petits gestes de tendresse, d’affection et de compassion risquent de se perdre dans l’anonymat de la vie quotidienne, alors qu’ils sont cruciaux et essentiels. Ces détails de la vie quotidienne donnent un sens à la vie. Ils tissent un lien et une communication entre nous. Cette action en est une très belle illustration. Concrétisons ensemble ce message: Je te protège, tu me protèges.

SIPI – Bruxelles, lundi 27 avril 2020

Guide très complet pour le modèle du
masque buccal à télécharger

Restez chez vous, JV Waterloo

Voici un message réalisé par des jeunes de Waterloo à propos du confinement.

Une bonne semaine… dans le respect des consignes.

Vénuste

Petit clip et chanson créés par 2 jeunes JV de la Paroisse Saint PAUL.

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Confinement

Poème sur le confinement

Pour ceux qui, sur un lit, sommeillent
Et pour tous ceux qui les veillent,
Que nos vœux leur parviennent,
Les apaisent et allègent leur peine !
Nous nous plaignons du confinement
Alors que notre vie en dépend ?
… Arrêtons l’inconscience,
Continuons la prudence !
Est-ce si dur d’obéir
Pour éviter le pire ?
Sourions aux rares passants,
C’est le seul médicament !
Tous ensemble, on Espère.
Regardant le ciel bleu,
Le soleil qui éclaire :
« Fin du cauchemar » est notre seul vœu !
Toutes religions enfin réunies en une même prière !
Crions : « Nous sommes vivants »,
C’est le plus important !


Fanny Aubergé-Léonard
Le 6 avril 2020

confinement à méditer
voisins confinés fenetre

Et Après ? … la crise du coronavirus

Pour que Pâques ne soit pas qu’un jour !

Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net.

A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie !

Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va-t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent.


Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?

Ceux qui habitent sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin.

Et nous appellerons cela la famille.

Après ?

Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour.

Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?

Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’État, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain.

Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?

Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps, c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter.

Et nous appellerons cela la patience.

Après ?

Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide
pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école.

Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?

Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce
qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit.

Et nous appellerons cela la justice.

Après ?

Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains.

Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?

Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie,

nous l’appellerons Dieu.

Après ?

Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique.

Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

Saint Paul à répondu à l’appel des évêques

La paroisse Saint Paul a répondu à l'appel des évêques belges à faire sonner les cloches

Ce dimanche de Pâques,  12 avril, nous avons célébré la fête de Pâques d’une manière tout à fait exceptionnel puisque l’épidémie de coronavirus nous a empêcher  de nous rassembler dans nos églises pour célébrer ensemble cette fête si importante.  Tout comme la Semaine Sainte, Pâques, cette année, a été célébrée de manière silencieuse par le biais de la radio, de la télévision et en livestreaming.

C’est dans un moment difficile comme celui-ci que le message de Pâques révèle toute sa richesse et sa lumière : “Jésus a vaincu la mort; l’espérance surmonte le désespoir; ce qui semblait fragile devient fort. La vie aura le dernier mot, pas la mort.”

C’est pourquoi, les évêques de Belgique ont voulu donner une résonance tout à fait particulière à cette Bonne Nouvelle. Ils nous ont demandés de faire sonner les cloches de toutes les églises de notre pays ce dimanche de Pâques à midi.

Après leur silence obligatoire du Vendredi Saint et du Samedi Saint, elles pourront à nouveau sonner de manière festive à Pâques !

Les Evêques de Belgique ont précisé :

« Puissent-elles être un signe de réconfort et d’espérance pour les victimes du coronavirus et leurs proches. Puissent-elles encourager ceux qui luttent contre le virus, en particulier tous les soignants. Puissent-elles nous unir tous les uns aux autres. Cette année aussi, nous célébrerons Pâques ! »

Report des confirmations et des premières communions

Le virus corona nous oblige à une extrême prudence. Les Evêques de Belgique ont donc décidé ce 30 mars 2020, que les célébrations de confirmation et des premières communions prévues entre Pâques et la Pentecôte n’auront pas lieu à la date prévue. Les confirmations sont reportées aux mois de septembre ou d’octobre. Les premières communions sont reportées à la prochaine année scolaire.

Chaque diocèse proposera des dispositions en fonction de sa situation spécifique et en assurera la communication.

Les raisons de ce report sont évidentes. Même en cas d’assouplissement des mesures actuelles, le Gouvernement ne permettra pas les célébrations religieuses avec une assistance nombreuse composée de familles et de générations différentes (dont des grands-parents), ne tenant pas compte non plus du vécu récent de ces familles avec le virus corona.

Les enfants devront tout mettre en œuvre pour la réussite de leur année scolaire le dernier mois de celle-ci, en particulier les futurs confirmands de 6e année primaire en vue de leur qualification pour les humanités. En ce sens, l’organisation des confirmations en juin n’est pas opportune.

Même si les paroisses ou les catéchistes ne peuvent actuellement plus organiser de réunions, nous leur demandons de garder contact avec les enfants et les jeunes qui préparent leur première communion ou leur confirmation par courrier, par email, par streaming ou par téléphone par exemple. Dès la fixation d’une nouvelle date, ils adapteront leurs réunions en fonction de celle-ci.

Les Evêques remercient tous ceux qui travaillent à une communication optimale avec les enfants et les jeunes qui se préparent à la première communion ou à la confirmation, qui les aident à comprendre cette décision difficile et à effectuer sereinement le passage vers une nouvelle date.

Les présentes directives sont établies en conformité avec celles des évêques du lundi 23 mars dernier.

Les Evêques de Belgique

Lundi 30 mars 2020

Homélie du pape François prononcée ce vendredi 27/03

Homélie du pape François prononcée ce vendredi soir

Face à la pandémie du coronavirus Covid-19, le pape François a donné une bénédiction Urbi et Orbi exceptionnelle ce vendredi 27 mars

« Le soir venu » (Mc 4, 35). Ainsi commence l’Evangile que nous avons écouté. Depuis des semaines, la nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage : cela se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent. Nous nous retrouvons apeurés et perdus. Comme les disciples de l’Evangile, nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. Dans cette barque… nous nous trouvons tous. Comme ces disciples qui parlent d’une seule voix et dans l’angoisse disent : « Nous sommes perdus » (v. 38), nous aussi, nous nous nous apercevons que nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout seul, mais seulement ensemble.

Il est facile de nous retrouver dans ce récit. Ce qui est difficile, c’est de comprendre le comportement de Jésus. Alors que les disciples sont naturellement inquiets et désespérés, il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en premier. Et que fait-il ? Malgré tout le bruit, il dort serein, confiant dans le Père – c’est la seule fois où, dans l’Evangile, nous voyons Jésus dormir –. Puis, quand il est réveillé, après avoir calmé le vent et les eaux, il s’adresse aux disciples sur un ton de reproche : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (v. 40).

Cherchons à comprendre.

En quoi consiste le manque de foi de la part des disciples, qui s’oppose à la confiance de Jésus ? Ils n’avaient pas cessé de croire en lui. En effet, ils l’invoquent. Mais voyons comment ils l’invoquent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » (v. 38). Cela ne te fait rien : ils pensent que Jésus se désintéresse d’eux, qu’il ne se soucie pas d’eux. Entre nous, dans nos familles, l’une des choses qui fait le plus mal, c’est quand nous nous entendons dire : “Tu ne te soucies pas de moi ?”. C’est une phrase qui blesse et déclenche des tempêtes dans le cœur. Cela aura aussi touché Jésus, car lui, plus que personne, tient à nous. En effet, une fois invoqué, il sauve ses disciples découragés.

La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. Elle nous démontre comment nous avons laissé endormi et abandonné ce qui alimente, soutient et donne force à notre vie ainsi qu’à notre communauté. La tempête révèle toutes les intentions d’“emballer” et d’oublier ce qui a nourri l’âme de nos peuples, toutes ces tentatives d’anesthésier avec des habitudes apparemment “salvatrices”, incapables de faire appel à nos racines et d’évoquer la mémoire de nos anciens, en nous privant ainsi de l’immunité nécessaire pour affronter l’adversité. À la faveur de la tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos “ego” toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette appartenance commune (bénie), à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères. « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ».

Seigneur, ce soir, ta Parole nous touche et nous concerne tous. Dans notre monde, que tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons : “Réveille-toi Seigneur !”.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, tu nous adresses un appel, un appel à la foi qui ne consiste pas tant à croire que tu existes, mais à aller vers toi et à se fier à toi. Durant ce Carême, ton appel urgent résonne : “Convertissez-vous”, « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Tu nous invites à saisir ce temps d’épreuve comme un temps de choix. Ce n’est pas le temps de ton jugement, mais celui de notre jugement : le temps de choisir ce qui importe et ce qui passe, de séparer ce qui est nécessaire de ce qui ne l’est pas. C’est le temps de réorienter la route de la vie vers toi, Seigneur, et vers les autres. Et nous pouvons voir de nombreux compagnons de voyage exemplaires qui, dans cette peur, ont réagi en donnant leur vie. C’est la force agissante de l’Esprit déversée et transformée en courageux et généreux dévouements. C’est la vie de l’Esprit capable de racheter, de valoriser et de montrer comment nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires, souvent oubliées, qui ne font pas la une des journaux et des revues ni n’apparaissent dans les grands défilés du dernier show mais qui, sans aucun doute, sont en train d’écrire aujourd’hui les évènements décisifs de notre histoire : médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant et tant d’autres qui ont compris que personne ne se sauve tout seul. Face à la souffrance, où se mesure le vrai développement de nos peuples, nous découvrons et nous expérimentons la prière sacerdotale de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21).

Que de personnes font preuve chaque jour de patience et insuffle l’espérance, en veillant à ne pas créer la panique mais la coresponsabilité ! Que de pères, de mères, de grands-pères et de grands -mères, que d’enseignants montrent à nos enfants, par des gestes simples et quotidiens, comment affronter et traverser une crise en réadaptant les habitudes, en levant les regards et en stimulant la prière ! Que de personnes prient, offrent et intercèdent pour le bien de tous. La prière et le service discret : ce sont nos armes gagnantes !

« Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut. Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs, des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais. Le Seigneur nous interpelle et, au milieu de notre tempête, il nous invite à réveiller puis à activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et sens en ces heures où tout semble faire naufrage. Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix, nous avons été sauvés. Nous avons un gouvernail : par sa croix, nous avons été rachetés. Nous avons une espérance : par sa croix, nous avons été rénovés et embrassés afin que rien ni personne ne nous sépare de son amour rédempteur. Dans l’isolement où nous souffrons du manque d’affections et de rencontres, en faisant l’expérience du manque de beaucoup de choses, écoutons une fois encore l’annonce qui nous sauve : il est ressuscité et vit à nos côtés.

Le Seigneur nous exhorte de sa croix à retrouver la vie qui nous attend, à regarder vers ceux qui nous sollicitent, à renforcer, reconnaître et stimuler la grâce qui nous habite. N’éteignons pas la flamme qui faiblit (cf. Is 42, 3) qui ne s’altère jamais, et laissons-la rallumer l’espérance.

Embrasser la croix, c’est trouver le courage d’embrasser toutes les contrariétés du temps présent, en abandonnant un moment notre soif de toute puissance et de possession, pour faire place à la créativité que seul l’Esprit est capable de susciter. C’est trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité. Par sa croix, nous avons été sauvés pour accueillir l’espérance et permettre que ce soit elle qui renforce et soutienne toutes les mesures et toutes les pistes possibles qui puissent aider à nous préserver et à sauvegarder. Étreindre le Seigneur pour embrasser l’espérance, voilà la force de la foi, qui libère de la peur et donne de l’espérance.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Chers frères et sœurs, de ce lieu, qui raconte la foi, solide comme le roc, de Pierre, je voudrais ce soir vous confier tous au Seigneur, par l’intercession de la Vierge, salut de son peuple, étoile de la mer dans la tempête. Que, de cette colonnade qui embrasse Rome et le monde, descende sur vous, comme une étreinte consolante, la bénédiction de Dieu. Seigneur, bénis le monde, donne la santé aux corps et le réconfort aux cœurs. Tu nous demandes de ne pas avoir peur. Mais notre foi est faible et nous sommes craintifs. Mais toi, Seigneur, ne nous laisse pas à la merci de la tempête. Redis encore : « N’ayez pas peur » (Mt 28, 5). Et nous, avec Pierre, “nous nous déchargeons sur toi de tous nos soucis, car tu prends soin de nous” (cf. 1P 5, 7).

Pape François

Temps de prière et bénédiction exceptionnelle du Pape François

Le Pape a annoncé qu’il présiderait un temps de prière ce vendredi 27 mars à 18h sur le parvis de la basilique Saint-Pierre. La Place Saint-Pierre sera vide, mais François invite tout le monde à s’y associer grâce aux médias, car cette célébration sera retransmise à la radio, à la télévision et sur internet.

«Nous écouterons la Parole de Dieu, nous élèverons notre supplication, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai à la fin la bénédiction Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière.»

Cette initiative est tout à fait exceptionnelle, la bénédiction Urbi et Orbi n’étant normalement prononcée qu’à Noël, à Pâques et lors de l’élection d’un nouveau Souverain pontife.

«À la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse. Restons unis. Faisons sentir notre proximité pour les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité pour les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires… Notre proximité pour les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles, mais pour notre bien. Notre proximité aux policiers, aux soldats qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route, pour que s’accomplissent les choses que le gouvernement demande de faire pour le bien de nous tous. Proximité à tous», a lancé le Pape, sortant de son texte.