Projet indien du Père Anil.

En raison de la crise sanitaire, nous sommes malheureusement dans l’obligation d’annuler notre dîner indien annuel en faveur du projet du Père Anil. (ce dîner était prévu le 9 octobre prochain).
Les nouvelles du projet sont, elles, heureusement bonnes. Le gros œuvre du bâtiment de l’école maternelle et de la crèche est maintenant terminé. Le dîner aurait dû cependant nous fournir les fonds pour la peinture intérieure ainsi que pour l’achat du matériel nécessaire à l’ouverture de la crèche et des deux classes maternelles.
Notre proposition est par conséquent la suivante : si vous aviez l’intention de venir nous soutenir en réservant des places à notre dîner indien, vous serait-il possible de remplacer ce geste par un don sur le compte de l’ASBL « Les Amis du Père Anil » dont les références sont les suivantes :

Nom du compte : Les Amis du Père Anil ASBL
IBAN BE26 0689 3244 1829
BIC GKCCBEBB
Communication : « don en lieu et place du dîner indien »

L’idéal serait d’offrir la somme équivalente à votre dîner, soit 28€, mais tout don quel qu’il soit est bien évidemment plus que bienvenu afin que cette petite structure très attendue par la communauté Dalit (intouchables) puisse ouvrir sans trop de retard. Tout don de plus de 40€ bénéficie désormais de la déductibilité fiscale.
D’avance un très grand merci pour votre générosité.
Les Amis du Père Anil
Françoise Michel, Roseline, Hans, Peter, Pierrette, et Jean-Jacques

Laudato Si’ : Saison de la création

Laudato Si’ : Saison de la création

Pour les chrétiens, la rentrée est l’occasion de prier pour la Création. Le 1er septembre, la Journée de prière pour la Création ouvre la Saison de la Création qui se poursuit jusqu’au 4 octobre, fête de la Saint François d’Assise, cet amoureux de la nature déclaré saint patron de l’écologie en 1979 par le pape Jean-Paul II.

Initiée par le Patriarche Dimitri Ier en 1989, la Journée mondiale de prière pour la Création s’est peu à peu élargie à l’ensemble des Églises chrétiennes. En 2015, à l’occasion de la publication de l’Encyclique « Laudato Si’ », le pape François a invité tous les catholiques du monde à se joindre à cette journée de prière. En 2020, la Saison de la Création s’inscrit d’ailleurs pour les catholiques dans le cadre plus large de l’Année Laudato Si‘, ouverte par le pape François le 24 mai 2020.

Du 1er septembre au 4 octobre, les communautés chrétiennes sont donc invitées à célébrer la Saison de la création, temps œcuménique durant lequel l’ensemble des chrétiens du monde se mobilisent pour la sauvegarde de la Création. Cette année, elle a pour thème « Un jubilé pour la Terre ».

Source : Eglise catholique en France

Pour cette deuxième semaine de Laudato Si’, Thierry Claessens, responsable du Temporel pour Bruxelles nous parle d’écologie au quotidien.

Retrouvez chaque mercredi une nouvelle capsule sur leur chaîne YouTube.

23e Dimanche du Temps Ordinaire

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, aux milieux d’eux. La présence réelle de Jésus est là quand nous prions, quand nous servons nos frères. L’amour du Christ et du prochain est la clé de tous les commandements.

1re lect. : Ez 33, 7-9
Ps : 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a .9
2e lect. : Rm 13, 8-10
Évangile : Mt 18, 15-20

Ezéchiel 33, 7-9 : le prophète est un guetteur. Sa mission est d’avertir, guider, mettre en garde, dénoncer, faire la vérité. Persuader sans contraindre : celui qui écoute le prophète est libre de tenir compte de son avertissement ou pas.
Romains 13, 8-10 : le commandement de l’amour est le condensé de toute la loi. St Paul utilise l’image de la dette pour exprimer la gratuité, le don sans limites de l’amour. Avec les commandements, tu peux être quitte. Avec l’amour, jamais. Toujours tu seras en dette de l’amour mutuel.
Matthieu 18, 15-20 : quelle attitude adopter devant les égarements d’un frère ? Pas le silence coupable et complice. Tout faire pour « gagner » (=sauver) le frère qui risque de se perdre : avant d’informer la communauté, le reprendre seul à seul (discrétion), puis avec quelques amis, enfin en communauté (patience, douceur). Même s’il refuse la main tendue, il reste à le confier à son Père dans la prière commune : ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. « Efficacité » de la prière commune : se mettre d’abord d’accord entre nous pour demander quelque chose à Dieu.

L’évangéliste Matthieu a organisé les discours de Jésus et les paraboles par groupe de cinq. La section que nous commençons à lire ce dimanche nous donne l’enseignement de Jésus-Christ sur les attitudes, les comportements et les réflexes qu’il faut avoir à l’intérieur de nos communautés chrétiennes, dans la recherche d’une vie communautaire pleinement fraternelle : ne le réduisons donc pas à quelques règles de savoir-vivre (« faire la morale ») ou de diplomatie dans nos relations sociales. Il est important de souligner aussi que la section en question commence par la parabole de la brebis perdue qui révèle que Dieu fera tout pour ramener la brebis à la vie ; la finale dit que la brebis retrouvée procure à Dieu plus de joie que les 99 qui ne se sont pas égarées. « Votre Père veut qu’aucun ne se perde. » Voilà la clé de l’enseignement de Jésus sur la relation fraternelle : tout faire pour que personne ne se perde. Nous avons à avoir les mêmes sentiments et les mêmes comportements que notre Père des cieux.

Dans l’extrait de ce dimanche, il s’agit de ce que nous appelons « la correction fraternelle ». Si un frère vient à pécher par un acte ponctuel ou si il est carrément dans une situation de péché ou de fausseté qui perdure (étymologiquement le mot traduit par « pécher » signifie rater la cible, manquer le but ou s’écarter du but), quelle attitude adopter face à ce frère ? Nous avons tendance à garder nos distances et notre silence : il ne faut pas nous mêler de ce qui ne nous regarde pas, ce ne sont pas nos oignons ! C’est un peu le réflexe de Caïn quand Dieu lui demande où est Abel, son frère, il rétorque qu’il n’est pas le gardien
de son frère. Et face à un conflit, nous jouons les spectateurs (la curiosité l’emporte quand même, on cherche à voir et à savoir), et nous prétendons tenir à garder la neutralité. Silence coupable quand ce n’est pas un silence complice. Eh bien ! le Christ nous dit que ce comportement n’est pas chrétien (la société civile parlerait de « non-assistance à personne en danger »). Le silence glace les gens et les relations, tandis que la parole dégèle toutes les situations. Et si les mots font souvent des problèmes, il n’y a que la parole pour renouer, redresser, assainir, réconcilier, pour autant qu’on prête une oreille bienveillante. Parole et écoute (dialogue) créent l’harmonie entre les personnes.

Homélie de Vénuste :

En Eglise la correction fraternelle

Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre– lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l’Eglise ; s’il refuse encore d’écouter l’Eglise, considère-le comme un païen et un publicain. Vraiment, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.


Oui, vraiment , je vous le dis : si deux d’entre vous sur la terre s’entendent pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu de vous »


Pour rappel : l’évangile selon saint Matthieu est charpenté autour de cinq discours (sur la montagne, la mission des disciples, les paraboles du Royaume, l’Eglise, la fin des temps). Le ‘discours sur l’Eglise’ contient des paroles au sujet de la communauté des disciples. Mon propos est de passer brièvement en revue ce discours qui nous concerne tous en tant que membres de la communauté chrétienne, voir comment Jésus en Matthieu insiste sur différents aspects du ‘vivre ensemble en Eglise’ .


Difficile de dire où il commence : il y a comme un prologue, une anticipation quand Jésus nourrit la foule avec cinq pains et deux poissons que les disciples distribuent à la foule, récit suivi de Jésus allant seul pour prier son Père, alors que les disciples sans Jésus peinent à avancer, le vent est contraire .En fin de nuit Jésus marche sur les eaux, telle une apparition. Pierre s’écrie : ‘Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux’. Jésus : ‘viens’. Pierre s’élance, commence à douter , s’enfonce dans l’eau : ‘Seigneur, sauve-moi’. Et Jésus tend la main, le sauve, et à deux, Jésus et l’homme de peu de foi qu’est Pierre et que nous sommes. Nous rejoignons la barque avec Jésus, victorieux des flots comme victorieux de la mort et du péché. Nous débarquons sur l’autre rive pour y guérir tous les malades. L’image de l’Eglise !

Méditation du Père Jean :

Prière universelle

1. Prions pour notre Église, dont Tu connais les infidélités et les scandales, les faiblesses et les démesures : donne-lui ton Esprit qui renouvelle toutes choses afin qu’elle prouve au monde qu’elle est toujours le lieu de la réconciliation, de l’harmonie
sociale, de l’unité et de la paix.

Prions le Seigneur.

2. Prions pour toutes les autorités tant ecclésiastiques que civiles, militaires, scolaires et académiques qui ont le rôle et la mission d’être des veilleurs, des guetteurs pour mettre en garde, redresser, corriger, encourager, remettre dans le droit chemin… les sujets dont elles ont la charge : garde-les vigilantes dans l’amour fraternel et le service.

Prions le Seigneur.

3. Pour les jeunes qui reprennent le chemin de l’école et qui ont la chance d’avoir accès au savoir quand tant d’autres, dans le monde, en sont encore exclus…
Qu’ils trouvent, sur leur route, des adultes éclairés qui les aident à grandir dans un environnement propre à leur épanouissement moral et intellectuel et dans le respect des autres…

Prions le Seigneur.

4. Pour les services diocésains… Les équipes d’animation pastorale, les catéchistes, celles et ceux qui accueillent les endeuillés, les pauvres, et tous ceux qui font vivre l’Eglise… Que tous soient, par leurs actions, des messagers de Ta Parole et des annonciateurs de ton Royaume parmi nous…

Prions le Seigneur.

16ième dimanche ordinaire

Ivraie ou bon grain, qui es-tu ?

Vénuste

Le Tout-Miséricordieux. De la première lecture à l’évangile, et en passant par le psaume, il est question d’un Dieu dont l’amour et la puissance se manifestent à leur mieux par une patience et une miséricorde infinies envers tous.

1re lect. : Sg 12, 13.16-19
Ps : 85, 5-6, 9ab-10, 15-16ab
2e lect. : Rm 8, 26-27
Évangile : Mt 13, 24-43 (ou brève : 24-30)

 

Matthieu 13, 24-43 : trois autres paraboles qui parlent du Royaume. Une force interne irrésistible, quoique invisible et insignifiante pour les humains, travaille lentement mais sûrement à l’avènement du Royaume, elle triomphera du mal qui lutte pour la contrecarrer. Il faut la patience de Dieu pour un résultat si éclatant, nous avons à lui faire confiance : même l’ivraie peut devenir du bon blé. Car Dieu veut la conversion du pécheur, il lui accorde le temps qu’il faut. Nous n’avons donc pas à chercher à « purifier » le monde de ceux que nous avons classé « méchants » : le jugement n’appartient qu’à Dieu seul, car nous pouvons prendre le blé pour l’ivraie et inversement, autant les laisser croître ensemble.

Dimanche dernier, nous avons médité la parabole du semeur qui parlait de la qualité du terrain où la semence de la Parole de Jésus est semée et exhortait à nous débarrasser des ronces, des épines et de la pierre. Aujourd’hui nous avons trois autres paraboles dont deux inspirées du monde agricole encore une fois, et dont une est expliquée par Jésus lui-même au cours d’un approfondissement « à la maison », à l’adresse de ceux qui cherchent à comprendre davantage (comme quoi il y a une première annonce aux foules – kérygme – à la volée, mais ensuite une catéchèse pour ceux qui veulent entrer plus en profondeur).

Dans la première des trois paraboles, il s’agit d’un homme qui a semé du bon grain dans son champ de blé. Mais il a un ennemi décidé à compromettre la moisson, qui se cache pour accomplir ses méfaits et, de nuit, semer de l’ivraie (le terme grec pour traduire l’ivraie, a donné en français le mot zizanie). Les serviteurs du maître qui connaissent bien l’ivraie et qui ont sarclé en temps opportun (la pratique agricole veut qu’on soit souvent dans le champ à la chasse de mauvaises herbes), vont la remarquer au moment où la tige produit l’épi. Ils proposent à leur maître d’arracher l’ivraie tout de suite (c’est ainsi qu’on fait habituellement), mais celui-ci a sa méthode et ses convictions : les laisser pousser ensemble, de peur qu’en enlevant l’ivraie, on n’arrache aussi le blé (ils se ressemblent fort) ; après tout, la moisson se fera et à ce moment on pourra les séparer. La parabole du semeur montrait Dieu déjà déraisonnable selon la soi-disant sagesse humaine ! Mais en voulant écarter un pécheur, ne risque-t-on pas d’arracher un fils de Dieu ? Il arrive que pour être sûr d’avoir atteint tous les coupables, des innocents soient sacrifiés en même temps.

Dans la Bible, la moisson signifie le jugement dernier. Mais ici la pointe de la parabole est sur la phrase : laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson. Parce que nos méthodes, à nous les humains, sont expéditives, radicales et impitoyables, nos jugements sans appel : nous avons vite fait de coller des étiquettes aux « mauvais », nous nous donnons la noble mission de les éliminer puisque Dieu ne s’en charge pas (le djihadiste se croit en mission de tuer aveuglément et abondamment pour « venger » Dieu). Malheureusement nous voulons toujours enlever la paille dans l’œil du prochain avant d’avoir enlevé la poutre qui est dans le nôtre ! Et c’est ainsi que nous sommes aveuglés, nous manquons de discernement et nous arrachons le blé en croyant enlever l’ivraie. Nous voulons purifier le temple, le monde et l’Eglise. Nous voulons une communauté de « purs » (le mot « pharisien » signifie le pur ; de même « cathare »). Jean Baptiste avait prédit un Messie de cette trempe (« la hache est déjà à la cognée de l’arbre », disait-il), et quand il verra que Jésus fait bon accueil aux pécheurs (au lieu de les exclure impitoyablement comme faisaient les chefs religieux), il enverra des messagers lui demander si c’est bien lui le Messie attendu. Les Zélotes se croyaient autorisés d’utiliser les grands moyens, même la violence… comme plus tard l’inquisition, les croisades, les excommunications, la chasse aux sorcières, ou tout terrorisme (fanatisme) qui manipule la religion. Vous avez certainement déjà reçu, à partir des lieux d’apparitions, des messages pleins de menaces incroyables pour ceux qui ne croient pas aux apparitions et à leurs « révélations ».

Homélie de Vénuste :

Méditation du Père Jean :

  Dieu de patience et de miséricorde,
                        tu as semé en nous quelque chose que l’œil ne peut voir.
                Nous te rendons grâce d’être ainsi à l’œuvre dans notre existence.
                Fais grandir en nos cœurs la foi en la puissance cachée de ta Parole,
                        au travail invisible de ton Esprit.
                Que la semence du Royaume soit plus forte en nous que toute herbe mauvaise.
                Exauce-nous par Jésus-Christ
                        en qui tu nous aimes pour les siècles des siècles. Amen !

15ième dimanche ordinaire

1re lect. : Is 55, 10-11
Ps : 64, 10abcd, 10e-11, 12-13, 14
2e lect. : Rm 8, 18-23
Évangile : Mt 13, 1-23 (ou bien : 1-9)

Matthieu 13, 1-23 :  Jésus nous fait découvrir le Royaume de Dieu par le langage des paraboles. La parabole du semeur met en évidence l’initiative de Dieu qui sème généreusement partout, même là où la graine ne produira rien : à l’homme de refuser ou d’accueillir la Parole semée. Il ne faut pas croire que Dieu la réserve à une élite d’initiés, au contraire il se plaint du manque de foi du peuple qui voit sans voir, qui entend sans entendre et refuse la conversion. Cependant, la Parole portera ses fruits malgré les oppositions : le rendement est excellent, malgré les défauts du terrain et les pertes à déplorer, malgré le rejet pur et simple de l’homme ou son enthousiasme éphémère.

Nous poursuivons la lecture continue de l’évangile selon St Matthieu. Nous arrivons à une étape où Jésus livre son enseignement à travers un langage particulier : les paraboles. Matthieu aligne sept paraboles l’une après l’autre. La parabole du semeur que nous écoutons ce dimanche, Jésus a pris la peine de la décoder pour nous, tout comme il prend la peine de dire pourquoi il parle en paraboles : amener à se convertir ceux qui veulent bien entendre. Le contexte, comme dimanche dernier, est que Jésus essuie un gros échec auprès des grands, mais il continue à semer la parole et il voit même beaucoup de réussite là où le raisonneur verrait un gaspillage, un travail inutile. Dieu est un semeur peu raisonnable ! Et pourtant…

Il ne faut donc pas se tromper sur la citation du prophète Isaïe. Jésus parle aux foules en paraboles. Le soir dans l’intimité, ses apôtres et disciples reçoivent un complément d’explications. On croirait que Dieu se choisit des privilégiés, des initiés qui ont accès à un enseignement ésotérique, tandis qu’il endurcit le cœur des autres… Dieu ne fait pas de différence entre ses enfants, seulement il y en a qui ont des oreilles pour écouter, des yeux pour voir, un cœur pour se convertir… et d’autres non. La vérité de Dieu ne se dévoile que dans l’intimité et la confiance ; la Parole de Dieu reste hermétique et inaudible pour celui qui veut la comprendre en dehors de la foi. Il s’agit de cœurs disposés à écouter ou au contraire de cœurs qui se ferment. Dimanche dernier, Jésus exultait de voir les humbles accueillir sa parole, celle-ci restant cachée pour les savants. Les sages peuvent devenir humbles, question de patience et de volonté.

Homélie de Vénuste :

11ème dimanche T-O : Corps et Sang du Christ – a

« Devenons ce que nous recevons. »

Vénuste

1re lect. : Dt 8, 2-3.14b-16a
Ps : 147, 12-13, 14-15, 19-20
2e lect. : 1 Co 10, 16-17
Séquence
Évangile :
Jn 6, 51-58

 

Jean 6, 51-58 : : « le discours sur le pain de vie ». Pour avoir la vie éternelle, la vraie, la condition sine qua non est de manger la « chair » du Christ et de boire son sang. Référence à l’agneau pascal et à la Cène. S’il faut manger pour vivre, il faut choisir la vraie nourriture pour avoir la vraie vie : non pas nos sandwiches humains ! Il n’y a que Dieu qui peut satisfaire notre faim : le Christ est la vraie nourriture et la vraie boisson. « Ceci est mon corps, prenez et mangez… »

C’est vers 1210 que Julienne, une religieuse augustine de Cornillon (Liège), eut une vision qui demandait d’instaurer une fête spéciale dédiée à la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. La fête fut introduite à Liège, en 1246, et placée au jeudi après la Sainte Trinité, 60 jours après Pâques. Un confident de la moniale, devenu le pape Urbain IV, étendit la fête à toute l’Eglise, en 1264 par la bulle « Transiturus », extension réalisée, en fait, à partir de 1317. Saint Thomas d’Aquin composa des textes pour cette fête, dont la belle séquence « Lauda Sion ». Il est toujours intéressant d’être informé sur l’origine de nos dévotions, ce qui les a favorisées, ce qu’elles voulaient souligner et – cela se vérifie toujours – ce qu’on a perdu en insistant sur l’un ou l’autre aspect de la spiritualité : ici la naissance et le développement de la dévotion à Jésus Eucharistie.


Tout le monde s’accorde à dire que la dévotion au Saint Sacrement, vient du fait que, à une certaine époque, l’Eglise a rendu difficile la réception de la communion ; alors on a compensé cette privation par la vue de l’hostie, l’élévation de l’hostie, les processions avec « ostensoir », la fréquence du salut du St Sacrement (avec le confinement, on a essayé de compenser par le virtuel). On voulait aussi défendre la présence réelle, une présence permanente parce qu’elle ne se limite pas à la liturgie eucharistique. Le culte de la présence eucharistique prit donc de l’importance, au détriment des aspects de sacrifice, de repas, d’assemblée. On est arrivé jusqu’à exposer le St Sacrement pendant la messe elle-même. Plus tard, la réaction anti-protestante affaiblitencore plus la liturgie de la Parole, tandis que le jansénisme étouffa la communion : il décourageait les gens à recevoir la communion, par respect pour le Christ réellement présent dans l’hostie consacrée qu’on n’ose pas prendre dans la main ni croquer sous la dent. Des idées justes, trop unilatéralement appuyées, avaient ainsi conduit à la mort de l’esprit liturgique… Alors la piété populaire,
privée de la communion, a développé l’adoration : voir l’hostie, rester en prière devant l’ostensoir ou le tabernacle (désormais surchargé d’ornements et même plus en évidence que le maître-autel), après ou en dehors de la messe. Voir… c’est maintenir une distance « là-bas » dans l’ostensoir ou le tabernacle ; contrairement à manger, car ce qu’on mange, on le fait sien physiquement, il y a union, il y a communion.

Homélie de Vénuste :

Méditation sur le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Tel est le nom officiel de la fête d’aujourd’hui. Autrefois elle était appelée Fête Dieu, ensuite Saint Sacrement, et depuis le Concile on a ajouté du corps et du Sang du Christ. Autres noms, autre évolution? La Fête Dieu était-elle vue comme pas assez axée sur le Christ Jésus ? Or je crois que tout événement du Christ dans sa vie humaine est aussi œuvre du Dieu Père, Fils et Esprit, le Dieu trinitaire étant présent à la fête…Jésus ayant parfaitement exprimé l’identité de Dieu, donc Fête Dieu me convient bien. Saint Sacrement : tout court? Certes c’est un sacrement mais le mot me paraît trop ‘notionnel’, trop abstrait : est-ce cela que le Concile a voulu souligner : sacrement (signe) du Corps et du Sang du Christ! Ce que de nos jours nous appelons l’Eucharistie! Ce qui signifie : rendre grâce pour le don de Dieu. Pour tous les dons reçus de Dieu : la vie, l’amour, Dieu Trinitaire, mes frères, la terre, la mission qu’il nous confie…aussi le don de la Vie de ressuscités que nous sommes grâce à la mort et la résurrection du Christ.

Méditation du  Père Jean :

Jeudi 21 mai : L’ASCENSION DU SEIGNEUR

« il ne s’évade pas de notre condition humaine : mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son Corps [que nous sommes] l’espérance de le rejoindre un jour » (préface de l'Ascension).

Vénuste

1re lect. : Ac 1, 1-11
Ps : 46, 2-3, 6-7, 8-9
2e lect. : Ep 1, 17-23
Évangile : Mt 28, 16-20


Vous trouverez ci-dessous le feuillet des lectures et des demande de pardon et prières universelles de la messe en format PDF que vous pouvez télécharger et ou imprimer

Matthieu 28, 16-20 : tout en disparaissant aux regards des disciples et aux nôtres, Jésus nous assure pourtant d’une présence nouvelle, autre et intense. A nous de continuer son œuvre : aller vers toutes les nations, en faire des disciples, les baptiser, leur apprendre à garder ses commandements.

Pâques – Ascension – Pentecôte : une même fête, un dimanche de 50 jours. La réforme liturgique de Vatican II a voulu re-unifier les 3 événements, comme au temps de l’Eglise primitive et dans la ligne des textes du N.T.. Au 4ème siècle, l’Ascension était célébrée l’après-midi de la fête de Pentecôte ! L’évangéliste St Jean, le plus liturgiste des quatre, situe la Pentecôte le soir même de Pâques : Jésus apparaît aux disciples et lors de cette première visite, il leur donne l’Esprit Saint. Matthieu rapporte une seule apparition aux apôtres en Galilée, pas à Jérusalem, au cours de laquelle il leur donne mission ; mais il ne parle ni d’Ascension, ni de Pentecôte. Marc parle lui aussi d’une seule apparition aux Onze, puis il ajoute que Jésus, « après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu ». Quant à Luc, il parle également d’une apparition aux Onze et il ajoute : « Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Or, comme il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel ». C’est ce qu’il dit dans son évangile, alors que dans le passage des Actes des Apôtres, lu aujourd’hui, il nous dit que Jésus est apparu aux disciples pendant 40 jours (on connaît la symbolique de ce chiffre) et c’est après, que « sous leurs yeux, il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs regards ».

Nous avons souvent des différences dans les récits évangéliques parce que chaque évangéliste a sa façon de remarquer les faits et de les rapporter. Rappelons-nous toujours que les évangiles ne sont pas des reportages, ce sont des témoignages qui nous transmettent la foi de l’Eglise naissante sans chercher à satisfaire la curiosité des historiens d’aujourd’hui. Il faut donc recueillir le message et pas tellement les détails. Quelques fois même le récit est symbolique. Ainsi Matthieu situe l’Ascension sur LA montagne, une montagne non précisée de Galilée (la Galilée des païens où Jésus a commencé sa prédication, où il a appelé les premiers disciples). L’Evangile a commencé, selon Matthieu, sur une montagne, la montagne des béatitudes, avec ledit « sermon sur la montagne », il est donc normal qu’il termine sur la montagne sur laquelle les disciples vont recevoir tout pouvoir (il est mieux de traduire « toute autorité ») pour continuer la mission de Jésus. N’y a-t-il pas peut-être aussi une nette allusion à la montagne du Sinaï avec Moïse là où toute l’histoire du peuple saint a commencé ?

Homélie de Vénuste :

Prière au matin de l’Ascension

du Cardinal Godfried Danneels

Seigneur Jésus, quand Tu es monté au ciel, les anges disaient aux Onze :

« Ne restez pas là à regarder vers le ciel ! »
Mais quarante jours auparavant, près du tombeau, ces mêmes anges n’avaient-ils pas dit aux femmes :
« Ne regardez pas vers le bas !
Il n’est pas ici. Il est ressuscité » ?
Les anges seraient-ils capricieux qu’ils changent aussi vite d’idée ?

Que faire Seigneur Jésus :
regarder en bas vers la terre,
ou en haut, vers le ciel ?
Vers les deux, Tu nous dit :
« Je suis au ciel, regardez donc en haut, vers Moi, et priez.
Mais je suis aussi sur terre dans tous les pauvres, les petits, les malades et les pécheurs.
Il vous reste tant à faire en bas,
pour eux et pour Moi, provisoirement du moins. »
Seigneur Jésus, fais-nous regarder vers le ciel, sans oublier la terre, et inversement.
Car tout ce que nous faisons sur terre,
à ceux qui sont tiens, c’est à Toi que nous le faisons.

« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 16-20)

A l’occasion de la fête de l’Ascension Mgr Kockerols, évêque auxiliaire pour Bruxelles, nous livre ses réflexions via une vidéo.

“Je te protège, tu me protèges”

L’Église catholique soutient #ActionNationaledeCouture

confectionner vos masques

Maintenant que nous nous avançons tout doucement vers la sortie du confinement imposé par la pandémie de coronavirus, le port de masques buccaux dans l’espace public devient essentiel.

Aujourd’hui, lundi 27 avril, débute l’#ActionNationaledeCouture qui doit mobiliser toute la Belgique pour fabriquer ses propres masques buccaux. Plusieurs initiatives citoyennes unissent leurs forces. L’initiative est coordonnée avec le SPF Santé publique. L’action vise la confection en une semaine et par le plus grand nombre de bénévoles, d’au moins 100.000 masques buccaux de sécurité selon les modèles proposés sur www.faitesvotremasquebuccal.be. Les masques seront ensuite distribués gratuitement.

Les églises et les salles paroissiales comme points de collecte

Les évêques belges soutiennent chaudement cette initiative bénévole. Ils proposent là où c’est possible et après accord des autorités locales, de mettre à disposition les églises ou les salles paroissiales comme points de collecte de ces masques buccaux.

Ceux qui souhaitent participer peuvent en informer l’organisation en remplissant le formulaire à l’adresse suivante: https://docs.google.com/forms/d/1EqoaDPue8JINakMLF_ZsbnirjnHM3wbX5TrAU0Rpj0s/viewform?edit_requested=true#responses. On y trouve l’encadrement nécessaire.

Les responsables pastoraux peuvent remettre les masques collectés au Gouvernement pour distribution ultérieure, ou s’occuper eux-mêmes de la distribution. Tout cela, bien sûr, toujours dans le respect des règles de sécurité dans le cadre de la protection contre le coronavirus.

Rendez-vous sur https://mailchi.mp/c886b89f0742/faitesvotremasquebuccalbe-lance-lactionnationaledecouture où vous trouverez toutes les autres informations pratiques.

Dans une interview à l’occasion de la crise du coronavirus, le pape François a souligné le 8 mars dernier que notre trésor réside dans les petites choses: Les petits gestes de tendresse, d’affection et de compassion risquent de se perdre dans l’anonymat de la vie quotidienne, alors qu’ils sont cruciaux et essentiels. Ces détails de la vie quotidienne donnent un sens à la vie. Ils tissent un lien et une communication entre nous. Cette action en est une très belle illustration. Concrétisons ensemble ce message: Je te protège, tu me protèges.

SIPI – Bruxelles, lundi 27 avril 2020

Guide très complet pour le modèle du
masque buccal à télécharger

Confinement

Poème sur le confinement

Pour ceux qui, sur un lit, sommeillent
Et pour tous ceux qui les veillent,
Que nos vœux leur parviennent,
Les apaisent et allègent leur peine !
Nous nous plaignons du confinement
Alors que notre vie en dépend ?
… Arrêtons l’inconscience,
Continuons la prudence !
Est-ce si dur d’obéir
Pour éviter le pire ?
Sourions aux rares passants,
C’est le seul médicament !
Tous ensemble, on Espère.
Regardant le ciel bleu,
Le soleil qui éclaire :
« Fin du cauchemar » est notre seul vœu !
Toutes religions enfin réunies en une même prière !
Crions : « Nous sommes vivants »,
C’est le plus important !


Fanny Aubergé-Léonard
Le 6 avril 2020

confinement à méditer
voisins confinés fenetre

Et Après ? … la crise du coronavirus

Pour que Pâques ne soit pas qu’un jour !

Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net.

A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie !

Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va-t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent.


Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?

Ceux qui habitent sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin.

Et nous appellerons cela la famille.

Après ?

Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour.

Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?

Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’État, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain.

Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?

Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps, c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter.

Et nous appellerons cela la patience.

Après ?

Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide
pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école.

Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?

Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce
qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit.

Et nous appellerons cela la justice.

Après ?

Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains.

Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?

Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie,

nous l’appellerons Dieu.

Après ?

Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique.

Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux