15ième dimanche ordinaire

1re lect. : Is 55, 10-11
Ps : 64, 10abcd, 10e-11, 12-13, 14
2e lect. : Rm 8, 18-23
Évangile : Mt 13, 1-23 (ou bien : 1-9)

Matthieu 13, 1-23 :  Jésus nous fait découvrir le Royaume de Dieu par le langage des paraboles. La parabole du semeur met en évidence l’initiative de Dieu qui sème généreusement partout, même là où la graine ne produira rien : à l’homme de refuser ou d’accueillir la Parole semée. Il ne faut pas croire que Dieu la réserve à une élite d’initiés, au contraire il se plaint du manque de foi du peuple qui voit sans voir, qui entend sans entendre et refuse la conversion. Cependant, la Parole portera ses fruits malgré les oppositions : le rendement est excellent, malgré les défauts du terrain et les pertes à déplorer, malgré le rejet pur et simple de l’homme ou son enthousiasme éphémère.

Nous poursuivons la lecture continue de l’évangile selon St Matthieu. Nous arrivons à une étape où Jésus livre son enseignement à travers un langage particulier : les paraboles. Matthieu aligne sept paraboles l’une après l’autre. La parabole du semeur que nous écoutons ce dimanche, Jésus a pris la peine de la décoder pour nous, tout comme il prend la peine de dire pourquoi il parle en paraboles : amener à se convertir ceux qui veulent bien entendre. Le contexte, comme dimanche dernier, est que Jésus essuie un gros échec auprès des grands, mais il continue à semer la parole et il voit même beaucoup de réussite là où le raisonneur verrait un gaspillage, un travail inutile. Dieu est un semeur peu raisonnable ! Et pourtant…

Il ne faut donc pas se tromper sur la citation du prophète Isaïe. Jésus parle aux foules en paraboles. Le soir dans l’intimité, ses apôtres et disciples reçoivent un complément d’explications. On croirait que Dieu se choisit des privilégiés, des initiés qui ont accès à un enseignement ésotérique, tandis qu’il endurcit le cœur des autres… Dieu ne fait pas de différence entre ses enfants, seulement il y en a qui ont des oreilles pour écouter, des yeux pour voir, un cœur pour se convertir… et d’autres non. La vérité de Dieu ne se dévoile que dans l’intimité et la confiance ; la Parole de Dieu reste hermétique et inaudible pour celui qui veut la comprendre en dehors de la foi. Il s’agit de cœurs disposés à écouter ou au contraire de cœurs qui se ferment. Dimanche dernier, Jésus exultait de voir les humbles accueillir sa parole, celle-ci restant cachée pour les savants. Les sages peuvent devenir humbles, question de patience et de volonté.

Homélie de Vénuste :

11ème dimanche T-O : Corps et Sang du Christ – a

« Devenons ce que nous recevons. »

Vénuste

1re lect. : Dt 8, 2-3.14b-16a
Ps : 147, 12-13, 14-15, 19-20
2e lect. : 1 Co 10, 16-17
Séquence
Évangile :
Jn 6, 51-58

 

Jean 6, 51-58 : : « le discours sur le pain de vie ». Pour avoir la vie éternelle, la vraie, la condition sine qua non est de manger la « chair » du Christ et de boire son sang. Référence à l’agneau pascal et à la Cène. S’il faut manger pour vivre, il faut choisir la vraie nourriture pour avoir la vraie vie : non pas nos sandwiches humains ! Il n’y a que Dieu qui peut satisfaire notre faim : le Christ est la vraie nourriture et la vraie boisson. « Ceci est mon corps, prenez et mangez… »

C’est vers 1210 que Julienne, une religieuse augustine de Cornillon (Liège), eut une vision qui demandait d’instaurer une fête spéciale dédiée à la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. La fête fut introduite à Liège, en 1246, et placée au jeudi après la Sainte Trinité, 60 jours après Pâques. Un confident de la moniale, devenu le pape Urbain IV, étendit la fête à toute l’Eglise, en 1264 par la bulle « Transiturus », extension réalisée, en fait, à partir de 1317. Saint Thomas d’Aquin composa des textes pour cette fête, dont la belle séquence « Lauda Sion ». Il est toujours intéressant d’être informé sur l’origine de nos dévotions, ce qui les a favorisées, ce qu’elles voulaient souligner et – cela se vérifie toujours – ce qu’on a perdu en insistant sur l’un ou l’autre aspect de la spiritualité : ici la naissance et le développement de la dévotion à Jésus Eucharistie.


Tout le monde s’accorde à dire que la dévotion au Saint Sacrement, vient du fait que, à une certaine époque, l’Eglise a rendu difficile la réception de la communion ; alors on a compensé cette privation par la vue de l’hostie, l’élévation de l’hostie, les processions avec « ostensoir », la fréquence du salut du St Sacrement (avec le confinement, on a essayé de compenser par le virtuel). On voulait aussi défendre la présence réelle, une présence permanente parce qu’elle ne se limite pas à la liturgie eucharistique. Le culte de la présence eucharistique prit donc de l’importance, au détriment des aspects de sacrifice, de repas, d’assemblée. On est arrivé jusqu’à exposer le St Sacrement pendant la messe elle-même. Plus tard, la réaction anti-protestante affaiblitencore plus la liturgie de la Parole, tandis que le jansénisme étouffa la communion : il décourageait les gens à recevoir la communion, par respect pour le Christ réellement présent dans l’hostie consacrée qu’on n’ose pas prendre dans la main ni croquer sous la dent. Des idées justes, trop unilatéralement appuyées, avaient ainsi conduit à la mort de l’esprit liturgique… Alors la piété populaire,
privée de la communion, a développé l’adoration : voir l’hostie, rester en prière devant l’ostensoir ou le tabernacle (désormais surchargé d’ornements et même plus en évidence que le maître-autel), après ou en dehors de la messe. Voir… c’est maintenir une distance « là-bas » dans l’ostensoir ou le tabernacle ; contrairement à manger, car ce qu’on mange, on le fait sien physiquement, il y a union, il y a communion.

Homélie de Vénuste :

Méditation sur le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Tel est le nom officiel de la fête d’aujourd’hui. Autrefois elle était appelée Fête Dieu, ensuite Saint Sacrement, et depuis le Concile on a ajouté du corps et du Sang du Christ. Autres noms, autre évolution? La Fête Dieu était-elle vue comme pas assez axée sur le Christ Jésus ? Or je crois que tout événement du Christ dans sa vie humaine est aussi œuvre du Dieu Père, Fils et Esprit, le Dieu trinitaire étant présent à la fête…Jésus ayant parfaitement exprimé l’identité de Dieu, donc Fête Dieu me convient bien. Saint Sacrement : tout court? Certes c’est un sacrement mais le mot me paraît trop ‘notionnel’, trop abstrait : est-ce cela que le Concile a voulu souligner : sacrement (signe) du Corps et du Sang du Christ! Ce que de nos jours nous appelons l’Eucharistie! Ce qui signifie : rendre grâce pour le don de Dieu. Pour tous les dons reçus de Dieu : la vie, l’amour, Dieu Trinitaire, mes frères, la terre, la mission qu’il nous confie…aussi le don de la Vie de ressuscités que nous sommes grâce à la mort et la résurrection du Christ.

Méditation du  Père Jean :

Jeudi 21 mai : L’ASCENSION DU SEIGNEUR

« il ne s’évade pas de notre condition humaine : mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son Corps [que nous sommes] l’espérance de le rejoindre un jour » (préface de l'Ascension).

Vénuste

1re lect. : Ac 1, 1-11
Ps : 46, 2-3, 6-7, 8-9
2e lect. : Ep 1, 17-23
Évangile : Mt 28, 16-20


Vous trouverez ci-dessous le feuillet des lectures et des demande de pardon et prières universelles de la messe en format PDF que vous pouvez télécharger et ou imprimer

Matthieu 28, 16-20 : tout en disparaissant aux regards des disciples et aux nôtres, Jésus nous assure pourtant d’une présence nouvelle, autre et intense. A nous de continuer son œuvre : aller vers toutes les nations, en faire des disciples, les baptiser, leur apprendre à garder ses commandements.

Pâques – Ascension – Pentecôte : une même fête, un dimanche de 50 jours. La réforme liturgique de Vatican II a voulu re-unifier les 3 événements, comme au temps de l’Eglise primitive et dans la ligne des textes du N.T.. Au 4ème siècle, l’Ascension était célébrée l’après-midi de la fête de Pentecôte ! L’évangéliste St Jean, le plus liturgiste des quatre, situe la Pentecôte le soir même de Pâques : Jésus apparaît aux disciples et lors de cette première visite, il leur donne l’Esprit Saint. Matthieu rapporte une seule apparition aux apôtres en Galilée, pas à Jérusalem, au cours de laquelle il leur donne mission ; mais il ne parle ni d’Ascension, ni de Pentecôte. Marc parle lui aussi d’une seule apparition aux Onze, puis il ajoute que Jésus, « après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu ». Quant à Luc, il parle également d’une apparition aux Onze et il ajoute : « Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Or, comme il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel ». C’est ce qu’il dit dans son évangile, alors que dans le passage des Actes des Apôtres, lu aujourd’hui, il nous dit que Jésus est apparu aux disciples pendant 40 jours (on connaît la symbolique de ce chiffre) et c’est après, que « sous leurs yeux, il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs regards ».

Nous avons souvent des différences dans les récits évangéliques parce que chaque évangéliste a sa façon de remarquer les faits et de les rapporter. Rappelons-nous toujours que les évangiles ne sont pas des reportages, ce sont des témoignages qui nous transmettent la foi de l’Eglise naissante sans chercher à satisfaire la curiosité des historiens d’aujourd’hui. Il faut donc recueillir le message et pas tellement les détails. Quelques fois même le récit est symbolique. Ainsi Matthieu situe l’Ascension sur LA montagne, une montagne non précisée de Galilée (la Galilée des païens où Jésus a commencé sa prédication, où il a appelé les premiers disciples). L’Evangile a commencé, selon Matthieu, sur une montagne, la montagne des béatitudes, avec ledit « sermon sur la montagne », il est donc normal qu’il termine sur la montagne sur laquelle les disciples vont recevoir tout pouvoir (il est mieux de traduire « toute autorité ») pour continuer la mission de Jésus. N’y a-t-il pas peut-être aussi une nette allusion à la montagne du Sinaï avec Moïse là où toute l’histoire du peuple saint a commencé ?

Homélie de Vénuste :

Prière au matin de l’Ascension

du Cardinal Godfried Danneels

Seigneur Jésus, quand Tu es monté au ciel, les anges disaient aux Onze :

« Ne restez pas là à regarder vers le ciel ! »
Mais quarante jours auparavant, près du tombeau, ces mêmes anges n’avaient-ils pas dit aux femmes :
« Ne regardez pas vers le bas !
Il n’est pas ici. Il est ressuscité » ?
Les anges seraient-ils capricieux qu’ils changent aussi vite d’idée ?

Que faire Seigneur Jésus :
regarder en bas vers la terre,
ou en haut, vers le ciel ?
Vers les deux, Tu nous dit :
« Je suis au ciel, regardez donc en haut, vers Moi, et priez.
Mais je suis aussi sur terre dans tous les pauvres, les petits, les malades et les pécheurs.
Il vous reste tant à faire en bas,
pour eux et pour Moi, provisoirement du moins. »
Seigneur Jésus, fais-nous regarder vers le ciel, sans oublier la terre, et inversement.
Car tout ce que nous faisons sur terre,
à ceux qui sont tiens, c’est à Toi que nous le faisons.

« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 16-20)

A l’occasion de la fête de l’Ascension Mgr Kockerols, évêque auxiliaire pour Bruxelles, nous livre ses réflexions via une vidéo.

“Je te protège, tu me protèges”

L’Église catholique soutient #ActionNationaledeCouture

confectionner vos masques

Maintenant que nous nous avançons tout doucement vers la sortie du confinement imposé par la pandémie de coronavirus, le port de masques buccaux dans l’espace public devient essentiel.

Aujourd’hui, lundi 27 avril, débute l’#ActionNationaledeCouture qui doit mobiliser toute la Belgique pour fabriquer ses propres masques buccaux. Plusieurs initiatives citoyennes unissent leurs forces. L’initiative est coordonnée avec le SPF Santé publique. L’action vise la confection en une semaine et par le plus grand nombre de bénévoles, d’au moins 100.000 masques buccaux de sécurité selon les modèles proposés sur www.faitesvotremasquebuccal.be. Les masques seront ensuite distribués gratuitement.

Les églises et les salles paroissiales comme points de collecte

Les évêques belges soutiennent chaudement cette initiative bénévole. Ils proposent là où c’est possible et après accord des autorités locales, de mettre à disposition les églises ou les salles paroissiales comme points de collecte de ces masques buccaux.

Ceux qui souhaitent participer peuvent en informer l’organisation en remplissant le formulaire à l’adresse suivante: https://docs.google.com/forms/d/1EqoaDPue8JINakMLF_ZsbnirjnHM3wbX5TrAU0Rpj0s/viewform?edit_requested=true#responses. On y trouve l’encadrement nécessaire.

Les responsables pastoraux peuvent remettre les masques collectés au Gouvernement pour distribution ultérieure, ou s’occuper eux-mêmes de la distribution. Tout cela, bien sûr, toujours dans le respect des règles de sécurité dans le cadre de la protection contre le coronavirus.

Rendez-vous sur https://mailchi.mp/c886b89f0742/faitesvotremasquebuccalbe-lance-lactionnationaledecouture où vous trouverez toutes les autres informations pratiques.

Dans une interview à l’occasion de la crise du coronavirus, le pape François a souligné le 8 mars dernier que notre trésor réside dans les petites choses: Les petits gestes de tendresse, d’affection et de compassion risquent de se perdre dans l’anonymat de la vie quotidienne, alors qu’ils sont cruciaux et essentiels. Ces détails de la vie quotidienne donnent un sens à la vie. Ils tissent un lien et une communication entre nous. Cette action en est une très belle illustration. Concrétisons ensemble ce message: Je te protège, tu me protèges.

SIPI – Bruxelles, lundi 27 avril 2020

Guide très complet pour le modèle du
masque buccal à télécharger

Confinement

Poème sur le confinement

Pour ceux qui, sur un lit, sommeillent
Et pour tous ceux qui les veillent,
Que nos vœux leur parviennent,
Les apaisent et allègent leur peine !
Nous nous plaignons du confinement
Alors que notre vie en dépend ?
… Arrêtons l’inconscience,
Continuons la prudence !
Est-ce si dur d’obéir
Pour éviter le pire ?
Sourions aux rares passants,
C’est le seul médicament !
Tous ensemble, on Espère.
Regardant le ciel bleu,
Le soleil qui éclaire :
« Fin du cauchemar » est notre seul vœu !
Toutes religions enfin réunies en une même prière !
Crions : « Nous sommes vivants »,
C’est le plus important !


Fanny Aubergé-Léonard
Le 6 avril 2020

confinement à méditer
voisins confinés fenetre

Et Après ? … la crise du coronavirus

Pour que Pâques ne soit pas qu’un jour !

Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net.

A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie !

Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va-t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent.


Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?

Ceux qui habitent sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin.

Et nous appellerons cela la famille.

Après ?

Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour.

Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?

Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’État, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain.

Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?

Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps, c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter.

Et nous appellerons cela la patience.

Après ?

Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide
pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école.

Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?

Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce
qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit.

Et nous appellerons cela la justice.

Après ?

Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains.

Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?

Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie,

nous l’appellerons Dieu.

Après ?

Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique.

Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

S’unir au Corps du Christ sans pouvoir aller à la messe : la communion spirituelle

Un texte de l’abbé Eric Mattheeuws.

Les règles du confinement imposent bien des contraintes en ce temps d’épidémie. Entre autres, les croyants ne peuvent plus se rassembler pour célébrer leur culte ; les chrétiens sont empêchés d’aller à la messe. Comment vivre cet éloignement ?

Pour beaucoup, l’Eucharistie est un aliment dont ils ont de la peine à se passer. Elle est notre Pain de Vie, elle est le sacrement même de l’union au Christ. Alors que nous sommes nombreux à investir toutes sortes de moyens de communication virtuelle, se pose la question : peut-on « communier à distance » au Christ présent dans l’Eucharistie ?

Les circonstances que nous vivons peuvent nous mettre sur la voie. Car dans une mesure tout à fait inhabituelle, nous souffrons tous de la distanciation des corps qui nous est imposée. Surtout pour les grandes joies et les fortes peines, nous aimerions tellement embrasser, serrer dans nos bras ceux qui nous sont chers. Pour compenser ce manque, nous imaginons bien des stratagèmes pour malgré tout garder nos liens bien vivants, à distance. Et l’imagination est fertile ! Nous comprenons que, si la communication est « virtuelle », nos relations ne sont pas pour autant devenues imaginaires, pures pensées. Au contraire même, il peut arriver que les liens se trouvent renforcés, car notre désir de l’autre est attisé par l’éloignement. Irions-nous pour autant jusqu’à dire que tous ces échanges relativiseraient, voire remplaceraient la rencontre en chair et en os ? Qu’à l’avenir nous nous contenterions d’un téléphone et d’un ordinateur pour recevoir et donner de l’affection ? Jamais de la vie ! En fait la distanciation nous conduit à une double perception : d’une part elle n’empêche pas les liens d’être réellement entretenus, d’autre part elle nous fait éprouver plus fort, en creux, le caractère unique de la rencontre par les corps.

Qu’en est-il donc de l’Eucharistie ? Elle est un sacrement, c’est-à-dire un lieu (un geste, une parole, un signe) où, dans l’Eglise, s’exprime et se réalise éminemment et concrètement – corporellement – notre union avec Dieu. L’eau et l’huile sur notre corps, la main sur notre tête, le oui prononcé par notre bouche, le pain et le vin reçus comme aliments : la rencontre est toujours intime et incarnée. Les sacrements ne sont de loin pas la seule façon de vivre l’union à Dieu, mais ils revêtent un caractère unique et irremplaçable : nulle part ailleurs nous ne touchons davantage du doigt l’action de Dieu, sa présence et sa grâce. De là vient l’insistance sur leur importance dans la vie du chrétien. On peut bien le comprendre : Dieu nous aime et si nous l’aimons aussi, combien sont précieux les gestes qui nous permettent de le rencontrer « corporellement ». Que nous soyons empêchés de vivre ces gestes et ces rites, et nous craignons de voir notre lien au Seigneur s’affadir. Perdrions-nous le contact ? Serions-nous privés de sa présence ? Devrions-nous nous résigner dans certains cas à être privés de la grâce de l’Eucharistie, « sacrement des sacrements » (Catéchisme de l’Église catholique, 1210) ? Dans pareilles circonstances, l’Église nous trace une voie sûre et bien balisée : la « communion spirituelle ».

Je ne puis me rendre à la messe, pour des raisons indépendantes de ma volonté ? Je n’ai pas accès à l’Eucharistie mais je désire la recevoir ? Alors, comme en cas de confinement et d’éloignement de ceux que j’aime, une autre voie s’ouvre à moi pour m’unir réellement au Corps du Christ. Car, rappelle l’Église, « Dieu n’est pas lié lui-même par ses sacrements » (Catéchisme de l’Église catholique, 1257), et les circonstances ne peuvent l’empêcher de venir à moi, ni moi d’aller à Lui. Je communierai au Christ non pas virtuellement, mais spirituellement. Comme le formulait déjà le Concile de Trente, je mangerai « en désir le pain céleste », et je pourrai en ressentir à la fois « le fruit et l’utilité » (Décret sur la très sainte Eucharistie, Ch.8). Mon désir, ma pensée, ma prière pourront, puisqu’il le faut, suppléer l’acte que j’aurais posé en allant à la messe. Ainsi la communion est accomplie.

Y a-t-il un mode d’emploi, des consignes ? Oui et non. Puisqu’il s’agit d’une expérience purement intérieure, elle n’est pas liée par des modalités fixées d’avance et communes à tous. Mais nous restons des êtres situés dans l’espace et le temps, et le spirituel a besoin de lieux et de moments. L’idéal pour vivre l’Eucharistie à distance est de se joindre à une messe diffusée, en direct ou non, à la radio ou la télévision ou sur internet. Il faut aussi veiller à un contexte et une attitude qui favorisent la prière et expriment justement notre désir réel de rencontrer le Seigneur et de l’accueillir. Un lieu dédié à cela dans notre maison, une bougie allumée, la méditation de la Parole de Dieu, quelques intentions de prière, un Notre Père récité posément à voix basse… À chacun de voir, pourvu qu’on y mette quelques moyens. Ces actes concrets expriment et font une place à notre désir de communion à l’Eucharistie. Une prière spécifique peut être réservée pour ce moment ; vous verrez ci-dessous celle que propose le pape François ces jours-ci. De plus, les actes concrets et le recours à quelques signes et prières nous rendent davantage conscients que dans l’Eucharistie nous ne communions pas seulement au Christ mais aussi à son Corps qu’est la grande communauté de l’Église.

Il peut arriver que dans l’expérience de la communion spirituelle nos liens avec le Seigneur se trouvent renforcés, car notre désir de Lui est attisé par l’éloignement. Irions-nous pour autant jusqu’à dire que cette démarche relativiserait, voire remplacerait la rencontre corporelle du Seigneur dans l’Eucharistie célébrée au sein de la communauté rassemblée ? Jamais de la vie ! La communion spirituelle n’est réelle qu’à défaut d’être corporelle, et dans l’attente et le désir de la présence pleinement manifestée dans le sacrement.

Merci Seigneur de traverser tous les murs et toutes les distances pour venir à nous. Mais que finisse bientôt ce confinement pour vivre la joie des pleines retrouvailles !

Eric Mattheeuws

À tes pieds, ô mon Jésus, je me prosterne et je t’offre le repentir de mon cœur contrit qui s’abandonne dans son néant et en ta sainte présence. Je t’adore dans le sacrement de ton amour, je désire te recevoir dans la pauvre demeure que mon cœur te propose. Dans l’attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit. Viens à moi, ô mon Jésus, que je vienne à Toi. Que ton amour enflamme tout mon être pour la vie et pour la mort. Je crois en Toi, j’espère en Toi, je T’aime. Amen

Eric Mattheeuws

Vivre la semaine Sainte et Pâques en direct

Vivre Pâques autrement

Vu les temps particuliers que nous vivons, nous allons vous aider à vivre Pâques autrement.

En Belgique, toutes les célébrations liturgiques de la Semaine sainte ont
été annulées. Comment vivre les fêtes pascales dans cette situation de confinement, notamment en famille? Qu’est-ce qui est possible, qu’est-ce qui ne l’est pas? Mgr Jean-Luc Hudsyn, évêque référendaire pour la liturgie, répond à vos questions.

Lire l’article
Propos recueillis par Christophe HERINCKX

Vous y retrouverez également une série de démarches et de propositions inspirantes pour que Pâques soit pour vous un vrai temps de fête.

Télécharger le programme complet ici

Vous pouvez retrouver toutes les lectures, l’ homélie de Vénuste de ce dimanche de Pâques en cliquant sur le lien ici.

Forcément, les médias concentrent la plus grande partie de l’attention. Voici deux visuels qui résument  la semaine sainte sur les grands médias: RCF, KTO, RTBF / CathoBel. Ces célébrations se dérouleront avec nos évêques belges et/ou  avec le Pape François depuis Rome.

Le programme encore plus détaillé et complet se trouve sur le site de egliseinfo.be

En cliquant su la photo ci-dessous, vous retrouverez différentes prières à lire en  ce temps de pandémie

Prenez le temps de célébrer chez vous, seul ou en famille, avec ou sans les grands médias la semaine sainte

Pèlerinage matinal à Argenteuil (Annulé)

Vendredi 01 mai 2020

Depuis une vingtaine d’années, en paroisse à Saint-Paul, nous faisons un pèlerinage matinal, par le quartier de l’avenue des Chasseurs et ensuite par la forêt, pour atteindre après une bonne heure et quart de marche le Carmel d’Argenteuil.  La route se fait en silence, mais il s’agit d’un silence habité.  Cette année, nous l’organisons le vendredi 01 mai :

Un départ à 5 h 50 précises pour ceux qui marchent à leur aise, l’autre à 6 h 10 pour les marcheurs rapides.

 

 

Rendez-vous donc à l’église à 05 h 45 ou 06 h 05.

Parcourant des avenues encore endormies de notre paroisse, notre prière prend en charge toutes les intentions enfouies dans le cœur de ceux dont nous traversons le quartier.


Arrivés au Carmel, nous rejoignons la prière des Laudes des moniales et célébrons avec elles l’Eucharistie.
Au retour, bavardant les uns avec les autres, nous rejoignons la paroisse Saint-Paul où un petit déjeuner nous attend au foyer.


Pour la bonne organisation du déjeuner, nous vous demandons de vous inscrire début avril  par mail.

Merci.

Claire et Carlos

pele.waterloo@gmail.com

Tél : 02/345.24.25 (en soirée) ou 0494/91.00.26

Étant donné cet état plus que critique aujourd’hui, nous vous proposons de vous rendre régulièrement sur le site de la paroisse
afin de vérifier si l’activité est bien maintenue ?!?!?!?!?

MERCI A VOUS

La société effondrée par un petit machin

Coronavirus : « Un petit machin » bouleverse le monde par Moustapha Dahleb

L'HUMANITÉ ÉBRANLÉE ET LA SOCIÉTÉ EFFONDRÉE PAR UN PETIT MACHIN.

Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d'invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l'ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.

Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pu obtenir en Syrie, en Libye, au Yémen, …ce petit machin l’a obtenu (cessez-le-feu, trêve…).

Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le Hirak à pris fin).

Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances électorales. ..).

Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d’investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).

Ce que les gilets jaunes et les syndicats n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu ( baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée…).

Soudain, on observe dans le monde occidental le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu’ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n’est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d’une vie réussie.

Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.

Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l’argent n’a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.

Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

Quelques jours seulement ont suffi à l’univers pour établir l’égalité sociale qui était impossible à imaginer.

La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour cloner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.

Puisse cela servir à réaliser la limite de l’intelligence humaine face à la force du ciel.

Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.

Il a suffi de quelques jours pour que l’Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.

Il a suffi de quelques jours pour que l’humanité prenne conscience qu’elle n’est que souffle et poussière.

Qui sommes-nous? Que valons-nous? Que pouvons-nous face à ce coronavirus?

Rendons-nous à l’évidence en attendant la providence.

Interrogeons notre “humanité” dans cette “mondialité” à l’épreuve du coronavirus.

Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.

Aimons-nous vivants !

Mustapha Dahleb