SOLIDARITE : L’AVENT en prison

L’AVENT en prison

Le verset d’évangile où Jésus confie à ses amis que sa vie, nul ne la prend, mais c’est lui qui la donne, n’en finit pas de nous poser question à nous, aumônier-e-s de la prison de Nivelles.

donner
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Donner. Donner de soi. Donner son temps, son cœur, sa vie. Mettre son talent au service de ceux qui ne savent quoi faire. Donner de l’argent, sans en attendre de l’intérêt, mais simplement pour qu’il serve, qu’il donne des possibilités. Donner ainsi, sans rien attendre en retour – et si quelque chose vient, pouvoir s’en réjouir comme d’une chance inouïe!…

Le temps de l’Avent, pour un croyant chrétien, compte parmi les

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Le temps de l’Avent, pour un croyant chrétien, compte parmi les temps forts de l’année liturgique parce qu’il nous remet, entre autres, devant nos responsabilités. Les textes d’évangile qu’on(re-)lit avant Noël nous rappellent à qui mieux mieux qu’être humain, ce n’est pas se laver les mains du sort des autres, mais s’en montrer comptable au contraire. Je suis responsable de mes frères et de mes sœurs, j’ai à répondre d’eux – en matière de justice, d’accueil, de confiance, d’espérance… j’ai à les inclure, pas à les exclure. Je ne peux pas faire comme s’ils n’existaient pas, comme s’il était indifférent qu’ils vivent plus ou moins près de moi ou pas. Les modèles à suivre, à Noël, ce sont les bergers, les mages : des gens qui s’approchent, pas des gens qui s’éloignent.

Cette année encore, à quelques encablures de la fête de Noël, nous venons, nous, aumônier-e-s de la prison de Nivelles, frapper à votre porte pour vous demander un peu de temps, d’attention, de générosité afin de nous aider à rendre la fête de Noël des détenus un peu moins lugubre qu’elle ne leur paraît souvent (par contraste avec ce qui se vit « dehors », bien sûr, pas en soi !). Il n’est pas rare, loin de là, que des détenus, jeunes ou moins jeunes, nous disent : « Ce que j’ai fait est moche. Je mérite d’être puni. Mais pourquoi faut-il que la privation de liberté soit encore alourdie par la privation de liens, de communication, de dignité, de solidarité, d’espérance ? » Ensemble, avec vous, peut-être parviendrons-nous à faire mentir, ne fût-ce qu’un petit peu, cette funeste impression. Merci pour votre aide, pour votre confiance aussi, pour tout ce que vous pourrez dire et faire pour maintenir vive la dignité des humains, de tous les humains, sans exception. Et bonne fête de Noël !

bonne fete de noel
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Comment témoigner sa solidarité ?

  • Envoyer un message personnel aux détenus :

dessins, cartes de vœux, lettres…

  • Offrir : des timbres, des enveloppes, des crayons, des bics, des feuilles A4, des agendas 2018, des jeux de cartes, de dames, d’échecs, des biscuits, du thé, du café.

 

 

Ces messages et ces produits peuvent être déposés à la cure…
Il est toujours possible d’aider financièrement l’aumônerie en
versant vos dons à l’Aumônerie Catholique des Prisons BE38 5230
8086 4834 à 1400 Nivelles. Cet argent nous permet d’accorder une aide spécifique à certains détenus particulièrement isolés.

Vos dons sont attendus durant l’Avent jusqu’au WE des 16 et 17 décembre 2017, si possible.

Ce délai peut être prolongé jusqu’au début janvier.

MERCI.

L’équipe d’aumônerie de la prison de Nivelles :
Patricia, Annie-Eve, Marie-Paule, Jean-François Grégoire.

Contact : avenue de Burlet, 4 – 1400 Nivelles – 0470 49 37 34 ou 067/89 51 00

Réorientation

jean-francois-gregoireVoici qu’à une encablure de l’âge de la retraite, Monseigneur De Kesel me propose de réorienter un peu mon emploi du temps en me nommant membre du bureau interdiocésain de l’aumônerie catholique pour les prisons. Un titre un peu long qui signifie en fait, qu’outre le temps passé à la prison de Nivelles, j’aurai à prendre contact avec les équipes d’aumônerie des prisons francophones qui le souhaitent pour envisager avec elles des questions qui les préoccupent, mais aussi à m’engager un peu plus du côté de la formation donnée aux aumôniers et à favoriser les initiatives pastorales qui surgissent dans telle ou telle prison… Que sais-je encore ?…

Suite à une réunion au cours de laquelle on a regardé un peu précisément mon emploi du temps, Monseigneur Hudsyn et moi-même avons décidé d’un commun accord de mettre fin à mes engagements paroissiaux. Cela signifie que dès le mois de septembre, après la retraite des équipes JCR à Notre Dame de la Justice, je ne participerai plus aux activités de la chère et bonne paroisse Saint-Paul.

Je ne remercierai jamais assez toutes celles et tous ceux avec qui j’ai eu la chance de collaborer ici dans toutes sortes de domaines susceptibles d’intéresser la vie d’une communauté chrétienne – et aussi, celles et ceux qui, discrètement, par leur présence régulière aux eucharisties ou à telle activité proposée par la paroisse, ont contribué à faire de notre communauté, un lieu de vie, d’échange, d’amitié, de confiance.

Je voudrais aussi profiter de ce petit message pour demander pardon à celles et ceux que, d’une manière ou d’une autre, j’aurais heurtés en tenant des propos qui les blessaient ou en usant d’un ton qui ne convenait pas. Certes, on n’a jamais fini de s’améliorer, mais bon : je comprends que parfois on souhaiterait que ça aille plus vite…

L’avenir est ouvert. Une communauté chrétienne, c’est de la vie – et la vie, c’est le changement, l’avancée, des possibilités, des découvertes, du dialogue. Tout de bon pour chacun-e d’entre vous. Et merci encore (merci déjà ?) pour ce que vous faites pour l’aumônerie de prison. Sur ce plan entre autres, je ne connais guère de paroisse plus généreuse que Saint-Paul. Amitiés vives,

Jean-François