Soirée indienne

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Namaskaram ! Bonjour !

Bloquez la date du vendredi 12 octobre prochain dans vos agendas.

Nous organisons en effet un souper indien au profit du projet du Père Anil.

Rappelez-vous : ce jeune prêtre indien était venu rencontrer notre paroisse lors du pique-nique et de la célébration du 6 mai dernier afin de nous remercier du soutien que St Paul lui apporte dans son projet d’éducation et de soutien à la population dalit (intouchables) de sa région (sud de l’Inde).

Nous vous invitons donc chaleureusement à venir partager le repas indien que nous organisons à la salle Notre Dame au Chenois,

Avenue des paveurs 50 à Waterloo (à côté de l’église St François)

le vendredi 12 octobre prochain dès 19h.

Grand parking à l’arrière de la salle.

Au programme :

apéro offert, suivi d’un menu 3 plats à 28€ : samosas et leur garniture, curry de légumes et de poulet (pas de souci pour les estomacs fragiles : notre curry sera parfumé mais non piquant), dessert accompagné de thé indien (optionnel). Les boissons consommées à table seront à la charge de chacun(e).

Pour toute réservation, et nous les espérons très nombreuses, veuillez contacter Pierrette VIS au 02 351 15 32 ou Roseline Lepelaars au 02 353 07 12 ou par mail vis.family@gmail

Paiements sur le compte : Françoise Michel-Fr Anil BE81 0837
2323 4124 Communication : “souper indien”.

Réservation faite suivant paiement reçu.
Par souci d’organisation, seules les réservations dont le paiement aura été reçu seront prises en compte. Nous vous remercions de votre compréhension.
Nous vous attendons nombreuses/eux pour une magnifique soirée chaleureuse et solidaire.

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Françoise, Roseline et Pierrette.

K’anchay Bolivie- Lettre nº 13 – juillet 2018

Voici quelques nouvelles de Robert Crespin qui gère l’internat de Qachari en Bolivie et que la paroisse Saint-Paul soutient depuis 3 ans.

Chers amis,

Quelques jours de vacances m’ont permis de prendre un peu de temps, celui du repos et de la réflexion. Le repos, bien salutaire pour le corps, et la réflexion, nécessaire elle aussi, mais pour l’esprit cette fois.

Dans ma lettre, ci-joint, je vous en partage quelques fragments, en espérant qu’ils vous permettront de mieux cibler notre action et la nécessité d’adapter celle-ci aux nombreux changements que connaît le monde d’aujourd’hui.

Je vous invite, d’autre part, à ne pas rester insensibles à l’appel des enfants de Colloma, lesquels ont un grand besoin de votre solidarité.

Une fois de plus, merci de votre « écoute »!

Robert

robertcrespin@gmail.com

Lettre nº13 – juillet / 2018

Ouvrir de nouvelles voies

Chers amis,

Les transformations des conditions de vie, économiques, politiques et écologiques, qui marquent la vie des groupes les plus pauvres, exigent que K’anchay révise et adapte régulièrement les priorités de son intervention dans une région comme celle du Nord Potosí.

Comment les communautés de Qachari, de Vila Vila , de San Marcos… peuvent-elles arriver à mener une vie digne et que peut entreprendre K’anchay pour y contribuer ? Quelles sont ses possibilités concrètes d’action? Par le biais de quelles méthodes d’intervention et de travail notre association peut-elle aider les familles bénéficiaires de son appui à « mieux vivre »? Ce sont autant de questions qu’il nous faut, progressivement, tenter de résoudre. Rien de moins simple, au demeurant!

Brève analyse du contexte actuel.

La Bolivie est un pays rempli de contrastes. Le croisement économique impressionnant de certaines régions contraste avec la pauvreté déprimante de nombreux groupes de population. Dans plusieurs cas, les deux réalités sont en directe interrelation, ce qui peut constituer une origine de conflits, puisque cela exige des sacrifices précisément de la part des plus pauvres.

La compétence pour les ressources naturelles – terre, eau et végétation – apparaît chaque fois plus aiguë. Car une partie de la Bolivie (40% environ) continue de souffrir de la faim ou de la malnutrition. Et le secteur minier laisse derrière lui des paysages désolés.

La migration est toujours une réalité et la violence, la délinquance et les homicides constituent, dangereusement, une des caractéristiques les plus impressionnantes d’une société qui n’offre aux jeunes que très peu de perspectives. Et c’est dans ce contexte, chaque fois plus difficile, qu’il appartient à K’anchay d’intervenir dans les années à venir, en devenant protagoniste des processus de changement.

Comment ?

Il nous faut, impérativement, définir un nouveau lien entre notre travail et la construction sociale et la situation d’émergence provoquée par la migration, les changements climatiques, les transformations dans notre société et dans notre monde chaque fois plus compétitif et mondialisé.

En cherchant une solution – à notre mesure – à la crise complexe « socio-environnementale » : prendre soin de la nature et combattre la pauvreté.

En affirmant notre option préférentielle pour les pauvres : prendre part aux décisions qui favorisent une justice sociale et renforcer la formation des enfants et des jeunes afin qu’ils puissent exercer une influence politique de manière autonome et améliorer les conditions de vie de leurs familles, de leurs communautés.

En consolidant K’anchay dans une coopération authentique, dans un engagement à moyen et long termes, basé sur des valeurs partagées, comme la solidarité entre nous et avec les communautés avec lesquelles nous collaborons, ou encore avec d’autres organisations qui partagent notre vision du développement.

Tout un programme !

Programme que nous avons mis en place, au fil des années, et qu’il nous faut ou renforcer, revitaliser, ou rectifier, corrigé, en fonction des nouvelles conjonctures.

–  Nos Communautés Educatives Agroécologiques –

A coup sûr, les internats de K’anchay et leur projet éducatif, ont apporté un changement qualitatif  au panorama, déprimant, des années 90. Des centaines de jeunes sont encadrés, au fil des années, et une grande majorité terminent aujourd’hui leurs humanités.

Il existe une soif d’apprendre qui aboutit, dans un bon pourcentage (entre 30 et 40%), à initier des études supérieures. Plusieurs d’entre eux, optent pour des professions qui ont trait à l’agronomie, la foresterie, la préservation de l’environnement ou des ressources naturelles, le développement rural et territorial, les sciences vétérinaires ou encore l’ingénierie civile ou l’ingénierie industrielle. Et, il faut le rappeler, leurs parents n’ont, dans aucun cas, terminé leur école primaire!

Le danger de ce programme, cependant, est que l’école, le collège, les études supérieures, la professionnalisation de ces jeunes sont autant de forces qui impulsent la migration vers les aires urbaines de Bolivie… Le mécanisme de retour vers les campagnes, de réciprocité envers la famille ou l’institution qui leur ont créé cette opportunité d’étudier, est – et restera – notre défi le plus important. L’idée de transformer, à court terme, nos Communautés Éducatives Agroécologiques (internats ruraux) en Centres Éducatifs et Productifs (instituts techniques) fait actuellement l’objet de réflexions approfondies et notre internat de Mizque deviendra sans doute, dès 2019, notre premier projet pilote dans cette perspective.

Volontariat / Leadership.-

Depuis plus de dix ans, K’anchay  se consacre à former des jeunes qui, leurs études secondaires une fois terminées, s’engagent professionnellement dans l’institution ou socialement dans leur région d’origine. Nos internats sont devenus, année après année, de véritables « viviers » ou « pépinières » de ressources locales, motivées et conscientes du rôle essentiel qu’elles ont à jouer dans le développement harmonieux de leurs communautés. Plus de dix anciens élèves, hommes et femmes, travaillent actuellement comme coordinateurs, éducateurs ou responsables des aires productives dans les internats de K’anchay.  Depuis 2005, année de la première promotion de l’internat de Vila Vila, ils sont plus de cent à s’être engagés dans cette voie : plusieurs,  aujourd’hui, occupent des postes importants dans les mairies locales (conseillers communaux, départements techniques, contrôle social,…), professeurs dans les écoles ou les collèges de leur propre région. Aujourd’hui, avec votre soutien, essentiellement, nous aidons 35 de ces jeunes (trente-cinq !) qui, après avoir  réalisé leur service de Volontariat, étudient à l’Université, à l’École Normale ou dans un Institut Technique Supérieur.

L’investissement réalisé est, sans nul doute, un moyen efficace d’intervenir – à moyen ou long terme – dans une logique de développement au bénéfice des communautés de la région.  L’éducation restera l’axe central de notre intervention comme institution de service social et notre stratégie prioritaire en vue de garantir la pérennité de notre projet. Comme on l’a déjà dit, il s’agit de former des jeunes, hommes et femmes, et de leur inculquer la notion du retour, de la réciprocité, de la responsabilité et de la fidélité à un engagement initial. Une manière, en soi, de les aider à esquisser leur horizon,  de les encourager dans leurs perspectives de vie et les guider dans une dynamique d’  « aller et retour » de la solidarité.  « Tu reçois aujourd’hui pour mieux aider demain » !

Gestion des ressources naturelles / Production organique / Sécurité alimentaire.-

L’expérience et les années de travail deK’anchay dans le Nord de Potosí ont démontré qu’il est nécessaire d’approfondir les connaissances des étudiants sur les potentialités des ressources naturelles de leur région afin d’en faire un usage rationnel et durable et de les incorporer dans la production agroécologique (organique).

Devant la réalité critique de notre environnement, où de nombreuses espèces du règne végétal disparaissent, où l’érosion galopante restreint les espaces cultivables, il est important de réaliser un travail de profonde conscientisation pour générer ensuite des actions concrètes qui répondent efficacement à cette problématique. 

L’inquiétude des étudiants, de leurs parents, des familles et des communautés – qui se constituent en principaux agents de changement et de développement intégral de la région – est clairement prise en compte afin d’assumer et de renforcer la proposition agroécologique de K’anchay.  Face  à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, qui caractérise notre zone d’intervention, il nous faut donc redoubler d’efforts afin d’obtenir une production plus importante d’aliments, de même  recourir à un usage rationnel des ressources naturelles et éliminer progressivement des modèles de consommation et de production non pérennes.

Ici encore, l’expérience nous a enseigné qu’étendre les effets engrangés dans nos internats vers les communautés multipliaient les résultats de la meilleure manière. Cette forme d’extension communautaire a permis, tout au long du processus initié dès le départ, que les enfants et les jeunes se responsabilisent d’une transformation visant à une autonomie alimentaire au niveau de la famille.

Nous sommes d’autre part convaincus qu’encourager la participation de la femme se révèle aujourd’hui fondamental, si l’on prétend atteindre un niveau de sécurité alimentaire raisonnable, surtout dans ces communautés confrontées à d’autres difficultés de tout ordre (analphabétisme, mortalité infantile, stabilité sociale, exode rural,…).  Il reste beaucoup à faire, aussi, dans le domaine de la conservation et de la récupération des sols, dans l’assistance technique qui améliore et encourage la production forestière et fruitière, dans la diversification des cultures, autant de facteurs qui justifient pleinement que K’anchay poursuive son action en « ouvrant de nouveaux chemins ».

On le voit, quand aucune autre instance n’intervient de manière durable dans ces communautés pratiquement livrées à elles-mêmes, où l’on assiste à une inéluctable tendance à poursuivre le flux migratoire du campo vers la ville, où l’urgente nécessité de chaque famille est d’assurer sa survie au quotidien, d’engendrer de meilleurs revenus qui puissent garantir une meilleure éducation de tous, K’anchay se trouve à l’aube d’une nouvelle étape, remplie de  nouveaux défis.

Avec votre aide, chers amis, nous nous proposons de les relever !

Robert Crespin,  juillet 2018

Carnets de route.

Le monde a besoin de gens passionnés, pas seulement de professionnels avertis ; le monde a besoin de gens heureux, qui prennent la décision de l’être et non qui se limitent à vivre une émotion, à percevoir un sentiment, à prolonger une relation passagère. Le bonheur se construit, se travaille; il est lent à conquérir. Ainsi en va-t-il de l’aide au développement.

Marcos, mai 2018

L’éducateur représente aujourd’hui la dernière – voire l’unique – opportunité de succès de l’élève dans son cursus scolaire. Les ébauches de réussites, pour chacun d’eux, relèvent de son entière responsabilité. Notre rôle, dans un internat, est celui d’un spécialiste ! Spécialiste du « réveil » et de la victoire sur l’engourdissement et la résignation.

Vila Vila, janvier 2018

L’internat de Colloma a besoin de vous !

La vie de l’internat de Colloma est en péril ;  il est le deuxième de nos six internats ! Il a vu le jour au début de l’année 2001. Il accueille aujourd’hui une cinquantaine d’enfants. Nous ne voudrions pas, comme nous avons dû nous résoudre à le faire à Acasio, en 2017, et à Quintapampa, au début de cette année, fermer les portes de Colloma. Car, plusieurs d’entre vous le savent, nos efforts pour remplacer Caritas Suisse, qui s’est retirée de notre zone d’intervention en 2016, se heurtent à de nombreux obstacles.

En 2018, nous pourrons encore compter, localement, sur le soutien de la municipalité de Sacaca et, de Belgique, sur l’aide d’un groupe de soutien qui assure le salaire de deux éducateurs et de la cuisinière. Mais les vivres qu’il nous faut acheter à Cochabamba, les outils et les semences pour le potager, les soins de santé, les frais de maintenance et d’administration de l’internat, ou d’accès pour assurer le suivi de l’équipe éducative et des enfants, sont autant de dépenses qu’il nous appartient de gérer…

Nous vous lançons un appel. Dans l’espoir que vous pourrez nous aider à maintenir Colloma, à financer pour le moins quelques bourses scolaires, ou le salaire du technicien agronome, ou d’intervenir dans tant de petites activités quotidiennes qui maintiennent larges les « sourires » de Colloma.

 

MERCI de nous aider à cultiver l’espérance !

Robert Crespin,  juillet 2018

robertcrespin@gmail.com

Ils ont encore plus de 400, enfants et jeunes, garçons et filles, répartis dans les six internats dont K’anchay a la charge, situés entre 3300 et 4000 mètres d’altitude. Là où l’air se raréfie et où la générosité de l’homme se mesure à la stricte nécessité du quotidien. Car chaque jour est une lutte pour survivre. C’est dans cet univers que j’évolue, depuis 1995… au rythme de votre SOLIDARITÉ !

Concert annuel “Three Voices, Four Hands”

Nous avons le plaisir de vous inviter au concert caritatif annuel du groupe “Three Voices, Four Hands” à St Paul. Muriel, ses amies chanteuses et pianistes, nous offriront un best-of du répertoire classique le dimanche 4 mars prochain à 16h. Le concert durera exactement une heure dix et sera suivi du désormais traditionnel goûter au cours duquel une personne responsable de l’association choisie sera ravie de répondre à vos questions.

Cette année, la recette du concert ira au projet du Père Anil en Inde. Ce Père indien catholique, issu d’une famille pauvre, a décidé d’apporter un soutien très concret aux Dalits (intouchables) au sein de villages du Sud de l’Inde. Après avoir acheté un terrain, le Père Anil espère construire un lieu d’accueil pour les jeunes enfants avant leur entrée au niveau primaire. Cette structure comprendrait une crèche et deux classes maternelles afin de permettre aux enfants de bénéficier d’un encadrement éducatif et nutritionnel. Les mamans, sachant leurs enfants en sécurité, auront alors la possibilité de trouver un travail et d’améliorer ainsi leurs conditions de vie. Françoise Michel, brainoise qui part aider le Père Anil durant trois mois chaque année, sera tout juste de retour de son séjour et viendra présenter le projet. Elle sera également heureuse de rencontrer, durant le goûter, les personnes qui le désirent.

A vos agendas ! Bloquez déjà la date du 4 mars.
Prix des places : adulte pré-vente jusqu’au 23 février inclus 16€
A partir du 24 février et à l’entrée 18€
Enfant -12 ans : 12€
Ticket goûter (optionnel sur place) 5€ pour une boisson et deux parts de gâteau
Réservations mail : concertsaintpaul@gmail.com ou par téléphone au : 02 351 15 32
Paiement des places sur le compte : IBAN BE22 9731 8767 6947 BIC ARSPBE22XXX
Attention : Pour des raisons d’organisation, tout paiement non reçu avant le 23 février devra se faire en liquide à l’entrée au prix de 18€.

Nous comptons sur vous et vous attendons nombreux pour une délicieuse après-midi musicale afin de soutenir ce beau projet.

L’Equipe “Concert”

Carême de partage 2018

Entraide et Fraternité : Le Sud-Kivu et le Burundi

La pratique de l’agro-écologie pour lutter contre la faim et un regroupement entre producteurs afin de travailler ensemble : c’est l’ambitieux projet des partenaires locaux d’Entraide et Fraternité au Burundi et au Sud-Kivu, rassemblant respectivement 190 et 52 organisations de petit(e)s paysan(ne)s organisé(e)s en coopératives. Leur but : redynamiser l’agriculture familiale et améliorer les conditions de vie en milieu rural à l’aide d’une formation de trois ans, à l’issue de laquelle le/la bénéficiaire s’engage à encadrer à son tour 5 voisins. Ainsi se propage la chaîne de solidarité et la mobilisation collective.

Peu à peu, le riz remplace le manioc (à pauvre valeur nutritionnelle), l’élevage de petit bétail est communautaire, le fumier des bêtes fertilise les champs, des moulins à céréales sont introduits afin de diminuer la pénibilité du travail, et les revenus générés par la commercialisation des produits permettent aux familles de mieux s’alimenter et aux enfants d’aller à l’école.

Les programmes soutenus travaillent en parallèle l’approche “ménage”, stratégie qui tend à assurer la complémentarité entre l’homme et la femme. Les changements de mentalités peu à peu se font sentir, surtout chez les jeunes, et les hommes commencent à accompagner les femmes aux champs, acceptent de partager les prises de décisions et prennent conscience qu’une valorisation de la femme dans la société est indispensable pour l’amélioration du bien-être de tous.

Comme chaque année deux collectes de Carême auront lieu afin de soutenir ces projets : les week-ends des 17-18 mars où la célébration sera suivie d’un “potage-solidaire” (voir article plus loin) et des 24-25 mars (week-end des Rameaux)

Pour des versements plus importants : compte BE68 0000 0000 3434

Tout don de 40€ et plus sur l’année bénéficie d’une attestation fiscale.

D’avance merci pour votre générosité.

Pierrette

Accueillir des réfugiés à la maison

UN PEU DE PLACE A L’ETRANGER : témoignage et appel

Depuis des mois, des années maintenant, pour la plupart d’entre nous, les migrants sont des nombres : noyés en Méditerranée, arrivés dans notre pays, expulsés ou régularisés. Parfois un visage à la télé, un cadavre sur une plage, vite oubliés.

Pour des centaines de Belges, désormais, ce ne sont plus des migrants mais des invités, des amis, des enfants, des pupilles, des protégés, des chouettes gars (1). Parce que des jeunes citoyens se sont indignés de voir des femmes et des enfants, des malades dormir dehors, ils ont commencé, en août 2017, à vouloir les héberger dans des familles. Puis, les « rafles » policières à l’aube, avec les sacs-à-dos confisqués, les arrestations, ont précipité les choses : il faut héberger tout le monde, on ne peut pas laisser ces gens se faire arrêter, maltraiter, alors qu’ils ont marché des milliers de kilomètres pour échapper à la peur et à la mort.

Depuis lors, Adriana, Clara, Mehdi, Yoon, Ophélie et les autres sont tous les soirs au Parc dès 20h. Entourés de cent à deux cents migrants, accueillant les chauffeurs et les hébergeurs. À minuit, parfois plus tôt, parfois plus tard, le message attendu par beaucoup apparaît sur facebook : « Tout le monde est logé », ou « Le parc est vide », accompagné d’un merci et d’un cœur. Parfois, le message est moins rassurant : « il reste 30 chouettes gars, plus personne n’appelle ni ne vient, on va dormir, on leur laisse des sacs de couchage ».

Ce sont nos grands adolescents qui nous ont poussés à franchir le pas « Pourquoi on n’hébergerait pas des réfugiés ? », « Vous prônez la solidarité et tout, et vous ne feriez rien quand l’occasion se présente ? ». C’est Monsieur Papa qui a été le plus difficile à convaincre : quand même, on ne sait pas à qui on a affaire, on n’a qu’une salle de bains, on travaille, on est fatigués… Comme dit un hébergeur : « la femme est plus maternante, elle ouvre plus facilement sa porte et son cœur, tandis que l’homme garde l’entrée de la caverne » :-). Désolée pour le cliché.

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Bref, un dimanche d’octobre, j’étais à Bruxelles avec ma fille de 17 ans en fin de journée et, vers 20h, nous allons au Parc Maximilien pour chercher notre premier invité. En approchant,
nous apercevons des combis de police et nous assistons à une course poursuite entre policiers et réfugiés qui s’enfuient en tout sens. Nous passons à côté d’un homme maintenu face contre terre par le genou d’un policier ; l’homme gémit. Ma fille pleure. Moi j’ai la gorge serrée. Une femme est emmenée, malgré les protestations des témoins. On est là, impuissants, honteux. Lorsque les policiers ont rempli leurs combis, ils se préparent à repartir. Nous rejoignons les bénévoles, au coin du parc ; quelques réfugiés sont là, des hébergeurs aussi, révoltés, scandalisés. Les bénévoles les consolent, les rassurent, leur disent qu’on va continuer. Les policiers ont choisi l’heure où les réfugiés se rassemblent pour être répartis chez les hébergeurs.

Nous emmenons un peu précipitamment S., notre premier invité. Il est très stressé, nous faisons un détour pour contourner de loin la police, rejoindre la gare du Nord et prendre le train. S. n’a pas le profil type des occupants du Parc, qui sont pour la plupart de passage et cherchent à rejoindre leur Eldorado : l’Angleterre. Lui, il est en Belgique depuis des années, vient du Surinam et attend le résultat de son énième recours pour raison humanitaire (il est cardiaque). Sans logement et sans papiers, il va au Samu social quand il ne peut pas se faire héberger dans une famille. Tant d’années à se cacher, à craindre la police, à ne pouvoir faire aucun projet ! Le lendemain, je prendrai le train avec lui vers Bruxelles avant de me rendre au bureau.

Les fois suivantes, nous avons chaque fois accueilli deux personnes à la fois : ainsi, sont entrés dans notre maison des vents d’Ethiopie, d’Erythrée, d’Egypte, du Soudan, du Maroc. Des jeunes hommes, parfois mineurs. Ainsi, S., quinze ans. Il est triste et silencieux , visiblement déprimé. Le lendemain matin, il veut absolument retourner au Parc, alors que c’est dimanche, qu’il pleut et qu’il fait froid. Son comparse, plus âgé que lui, photographe avant que la menace de la mort ne l’arrache à son pays et à son métier, finit par le convaincre de passer la journée au chaud. En fin de journée, S. semble aller mieux ; il vient lui-même demander à manger (ils avaient refusé le dîner et passé la journée dans la chambre, entre sommeil et smartphone), il écoute quand je lui dis qu’en tant que mineur il a des droits particuliers… Je finirai par arriver à le convaincre de s’adresser au service social et d’expliquer sa situation. Quelques jours plus tard, il m’annonce par message qu’il est logé et pourra rejoindre son frère en Angleterre dans deux mois, grâce au regroupement familial.

Il est tout à fait naturel d’avoir des réticences,

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des appréhensions par rapport à cette démarche d’accueil : sécurité, différence culturelle, barrière de la langue… Pour ce qui est de la sécurité, rien à craindre : ces personnes n’ont aucun intérêt à faire du grabuge : elles sont surtout reconnaissantes et cherchent à se faire les moins encombrantes possibles. La différence culturelle peut faire peur, mais c’est aussi une formidable occasion de s’enrichir, d’échanger, de découvrir aussi nos points communs : le foot peut réunir tout le monde autour de l’écran, les enfants font fondre la glace en 15 secondes, la musique est mondialisée et fait danser tout le monde.

Nous sommes parfois un peu frileux, dans notre société où tout est bien organisé, où on a chacun son chez-soi. Mais une fois qu’on a ouvert sa porte une fois, quoi de plus naturel ? Quoi de plus normal, a fortiori pour nous, chrétiens, d’accueillir l’étranger, de lui faire un peu de place à notre table, comme nous le chantons parfois… D’ailleurs, attention : ça devient vite une addiction ! 🙂

 

Une nuit, deux nuits, plus, une journée, un week-end… chacun(e) choisit ce qu’il veut/peut offrir. Sans obligation, sans culpabilité. Ces hommes (jeunes, pour la plupart), ces femmes (moins nombreuses), ces enfants (il y en a aussi) ont traversé le désert, la mer et l’Europe. Ils ne demandent qu’une douche, un endroit où dormir (un lit, un matelas, un divan) et… le code du wifi pour contacter leurs proches. Tous les hébergeurs vous le diront : cette aventure solidaire nous fait grandir en humanité, et ça fait un bien fou. Pour finir, un commentaire humoristique sur facebook : « Tout cet amour, ici, ça devient lassant ! » 🙂 Trouvé sur le site « Perles d’accueil » – « Une fois que tu y es, ça te semble juste normal et c’est ça qui fait le plus de bien : agir normalement face à une situation tragique. »

(1) Je cite tous les termes utilisés par les hébergeurs sur la page facebook.

En pratique :
 
Disons-le d’emblée : tout se passe sur Facebook. Si vous n’y êtes pas et que vous ne souhaitez pas y être, peut-être pouvez-vous faire appel à un(e) proche qui a un compte ? Rendez-vous sur le groupe HÉBERGEMENT PLATEFORME CITOYENNE et demandez à y adhérer. Une fois que vous êtes accepté(e), lisez, en haut de la page, la foire aux questions qui apportera des réponses à la plupart de vos questions. Chaque jour, en fin de matinée, un sondage est publié sur la page. Le mieux est de le remplir une fois que vous savez comment vos invités vont être véhiculés : par vous-même, si vous allez les chercher au parc à partir de 20h30, ou par quelqu’un à qui vous faites appel ou qui se propose sur la page.  Pour les transports, il y a des pages locales qui permettent de s’organiser entre chauffeurs et hébergeurs d’une même région (voir le menu en haut à gauche de la page, dans « fichiers »).Une fois le sondage rempli, vous remplissez aussi le formulaire en ligne accessible par un lien. Si vous n’avez pas rempli le sondage, vous pouvez quand même vous proposer le soir en écrivant un commentaire sur le « post » du sondage.  Mais le plus tôt est le mieux, pas besoin d’attendre qu’il soit 23h et qu’Adriana appelle au secours parce qu’il y a encore 30 « chouettes gars » qui attendent :-). Les invités arrivent en fin de soirée en général (sauf si vous allez les chercher vous-mêmes), ils ont reçu à souper, ils ont juste besoin d’un verre d’eau, d’une douche, d’un lit et… du code du WIFI pour contacter leurs proches.Si, en plus, vous pouvez leur proposer l’un ou l’autre vêtement chaud, chaussettes et sous-vêtements, des mouchoirs en papier, une brosse à dents et un dentifrice, un petit sac à dos pour ceux qui n’en ont pas, un en-cas à emporter… c’est le top mais ce n’est pas obligatoire. Des groupes s’organisent aussi pour fournir localement des « kits » aux hébergeurs qui en font la demande.Vous pouvez aussi simplement proposer d’être chauffeur pour déposer des invités chez leurs hébergeurs.
 
Avant de vous lancer, lisez quelques témoignages d’hébergeurs :
 
Perles d’accueil. 
 
Pour toute autre information, n’hésitez pas à m’appeler au 0485.148.630 ou à m’écrire à isabelle.franck@ntymail.com.
 
Essayez, vous ne le regretterez pas !:-)

 

Isabelle Frank

Trouvé sur le site « Perles d’accueil »

« Une fois que tu y es, ça te semble juste normal et c’est ça qui fait le plus de bien : agir normalement face à une situation tragique. »

BXL REFUGEES

 

SOLIDARITE : L’AVENT en prison

L’AVENT en prison

Le verset d’évangile où Jésus confie à ses amis que sa vie, nul ne la prend, mais c’est lui qui la donne, n’en finit pas de nous poser question à nous, aumônier-e-s de la prison de Nivelles.

donner
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Donner. Donner de soi. Donner son temps, son cœur, sa vie. Mettre son talent au service de ceux qui ne savent quoi faire. Donner de l’argent, sans en attendre de l’intérêt, mais simplement pour qu’il serve, qu’il donne des possibilités. Donner ainsi, sans rien attendre en retour – et si quelque chose vient, pouvoir s’en réjouir comme d’une chance inouïe!…

Le temps de l’Avent, pour un croyant chrétien, compte parmi les

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Le temps de l’Avent, pour un croyant chrétien, compte parmi les temps forts de l’année liturgique parce qu’il nous remet, entre autres, devant nos responsabilités. Les textes d’évangile qu’on(re-)lit avant Noël nous rappellent à qui mieux mieux qu’être humain, ce n’est pas se laver les mains du sort des autres, mais s’en montrer comptable au contraire. Je suis responsable de mes frères et de mes sœurs, j’ai à répondre d’eux – en matière de justice, d’accueil, de confiance, d’espérance… j’ai à les inclure, pas à les exclure. Je ne peux pas faire comme s’ils n’existaient pas, comme s’il était indifférent qu’ils vivent plus ou moins près de moi ou pas. Les modèles à suivre, à Noël, ce sont les bergers, les mages : des gens qui s’approchent, pas des gens qui s’éloignent.

Cette année encore, à quelques encablures de la fête de Noël, nous venons, nous, aumônier-e-s de la prison de Nivelles, frapper à votre porte pour vous demander un peu de temps, d’attention, de générosité afin de nous aider à rendre la fête de Noël des détenus un peu moins lugubre qu’elle ne leur paraît souvent (par contraste avec ce qui se vit « dehors », bien sûr, pas en soi !). Il n’est pas rare, loin de là, que des détenus, jeunes ou moins jeunes, nous disent : « Ce que j’ai fait est moche. Je mérite d’être puni. Mais pourquoi faut-il que la privation de liberté soit encore alourdie par la privation de liens, de communication, de dignité, de solidarité, d’espérance ? » Ensemble, avec vous, peut-être parviendrons-nous à faire mentir, ne fût-ce qu’un petit peu, cette funeste impression. Merci pour votre aide, pour votre confiance aussi, pour tout ce que vous pourrez dire et faire pour maintenir vive la dignité des humains, de tous les humains, sans exception. Et bonne fête de Noël !

bonne fete de noel
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Comment témoigner sa solidarité ?

  • Envoyer un message personnel aux détenus :

dessins, cartes de vœux, lettres…

  • Offrir : des timbres, des enveloppes, des crayons, des bics, des feuilles A4, des agendas 2018, des jeux de cartes, de dames, d’échecs, des biscuits, du thé, du café.

 

 

Ces messages et ces produits peuvent être déposés à la cure…
Il est toujours possible d’aider financièrement l’aumônerie en
versant vos dons à l’Aumônerie Catholique des Prisons BE38 5230
8086 4834 à 1400 Nivelles. Cet argent nous permet d’accorder une aide spécifique à certains détenus particulièrement isolés.

Vos dons sont attendus durant l’Avent jusqu’au WE des 16 et 17 décembre 2017, si possible.

Ce délai peut être prolongé jusqu’au début janvier.

MERCI.

L’équipe d’aumônerie de la prison de Nivelles :
Patricia, Annie-Eve, Marie-Paule, Jean-François Grégoire.

Contact : avenue de Burlet, 4 – 1400 Nivelles – 0470 49 37 34 ou 067/89 51 00

Allez voir vos proches!

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Regardez ce beau témoignage très touchant qui ne vous laissera pas indifférent.

N’oubliez pas d’aller voir vos proches!

Cette video veur nous faire comprendre combien il est important de visiter régulièrement nos proches, le temps passe vite, ne les délaissons pas. C’est à notre tour de les chérir afin qu’ils ne se sentent pas délaissés.

1/2 heure à leur consacrer… est-ce déjà de trop dans votre agenda de ministre?

Ne rêveriez-vous pas de passer un bon moment loin du stress dans un salon, un jardin ou autour d’un verre, en compagnie de l’un de vos proches pour l’écouter et échanger un moment de chaleur et de convivialité? Rendre visite à un parent, une personne âgée isolée, hospitalisée ou en maison de retraite adoucira très certainement son quotidien mais également le vôtre.

Rappelez-vous  quand votre meilleur(e) ami(e) vous appelle ou passe chez vous prendre de vos nouvelles, sa visite ou son coup de fil vous redonne du peps, de l’énergie et vous a tellement fait plaisir.

Il en va de même pour vos parents qui trouvent le temps long et qui sont toujours heureux d’avoir de vos nouvelles.

Inutile de vous rappeler que le lien social et affectif est perçu comme un véritable stimulateur de neurones et que les relations humaines sont un soin à part entière.

Ne remettez pas à demain le fait d’aller voir vos proches!

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Conférences : CARÊME DE PARTAGE 2017

Date à bloquer dans vos agendas :

  • Le jeudi 23 mars à 19h45 à la Salle de la Closière à Braine l’Alleud, la responsable d’un des projets guatémaltèques d’Entraide et Fraternité viendra nous parler de son travail auprès des communautés Mayas. Cette personne a traversé l’océan pour nous rencontrer. Saurons-nous à notre tour relever le défi de faire quelques petits kilomètres pour l’écouter ?maya
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