A lire

« La maladie peut faire grandir » (2015), par Christian Vinel

CH. VINEL

Un « petit livre » mais très grand par sa profondeur.
D’abord vicaire à la paroisse Saint-Joseph de Waterloo, il y devint vicaire dominical en 1989 et en même temps animateur d’équipe du premier cycle du séminaire diocésain à Bruxelles – jusqu’en 1998. De 1993 à 2002, il fut responsable de la pastorale des vocations pour le Brabant wallon. En 1997, il déménagea à la paroisse Notre-Dame de Basse-Wavre, dont il fut d’abord nommé administrateur et ensuite curé, en 2004, et recteur de la basilique. Depuis 2012, il était membre de l’équipe du service du catéchuménat du Brabant wallon.Christian Vinel, La maladie peut faire grandir. Témoignage et réflexions, Namur, Fidélité, 2015, 141 p.

Résumé

Ce livre relate l’itinéraire d’un prêtre de la cinquantaine marqué par le cancer : le temps du diagnostic, des interventions chirurgicales, de la chimiothérapie et de la fin de vie. Écrit de manière posthume par des amies et amis, cet ouvrage de méditation sur le sens de la maladie et de la mort qui vient montre combien une personne fragilisée peut devenir signe pour d’autres, humainement et dans la foi. Grâce à de très belles photographies ouvrant à la méditation, ces témoignages et réflexions nous font entrer dans le monde d’un malade croyant mais nous invite surtout à l’importance d’être à ses côtés.

Dominique Jacquemin

Ce recueil s’adresse non seulement à des gens qui l’ont
connu, mais aussi à des personnes qui doivent faire face
à la maladie. Qu’à travers ce livre, elles puissent découvrir un chemin d’espérance et de confiance, ainsi que les fruits
qu’une maladie peut contribuer à apporter.

Voici ce que reprend la 4ème page de couverture de ce livre :
« Que me reste-t-il à vivre ? Quelques mois sans doute, sauf
miracle, ce que je n’écarte pas car Dieu reste le Maître de la vie
et de la mort.
Je souhaite ne pas subir d’acharnement thérapeutique ni souffrir.
Je voudrais prendre le temps de revoir ceux que j’aime. Comme
je suis vite fatigué, je me limite à une rencontre par jour, afin de
profiter de leur présence aimante, comme de celle omniprésente
de Dieu.
Je tiens donc à rester ouvert à son Amour dans toutes les petites
choses de la vie. Autrement dit, il est bon de vivre de la joie que
Dieu suscite par sa présence tout au fond de notre cœur. C’est
une « joie imprenable » ! »

Un témoignage bouleversant

Michel-Delpech_0_730_600Voici un témoignage bouleversant

De Michel Delpech (chanteur) quelques temps avant sa mort :

Le chanteur, Michel Delpech, qui se battait contre un cancer de la gorge qui le privait de sa voix; est décédé samedi 2 janvier 2016, à l’âge de 69 ans.

Dans l’épreuve, il confiait* ce qui le consolait : l’amitié, les « petites choses de la vie », la foi chrétienne dont il témoignait à coeur ouvert.

 

«J’ai cru guérir de ce cancer de la langue qui m’a touché en février 2013. Je me suis trompé. Il est revenu. Il y a une guerre au fond de ma gorge. Je me bats, je travaille à guérir. Pour un chanteur, perdre sa voix, c’est la pire épreuve. Depuis l’âge de 18 ans, la chanson est toute ma vie. Deux cents chansons en cinquante ans de carrière, dont trente “tubes”.

Curieusement, alors que je vis pour ma voix et par ma voix, je n’ai pas interpellé Dieu, je ne me suis jamais dit que ce qui m’arrivait était injuste. Peut-être parce que je commence à vivre non plus par ma voix, mais par la foi ? Pour parodier le titre d’une mes chansons – “Le Loir et Cher” –, je dis aujourd’hui : “La foi m’est chère”.

Mon premier cancer avait mis ma vie spirituelle en veilleuse. Je ne pouvais plus lire, ni me nourrir intellectuellement, moi qui suis féru de théologie. Cette rechute me révèle que la vie spirituelle ne se loge pas dans l’intellect, mais qu’elle est la VIE même – la vie de Dieu qui irradie tout l’être, et pas seulement la tête.

Je suis profondément croyant. J’ai vécu un jour un “choc religieux” à Jérusalem, où j’ai rencontré le Christ. Je visitai le Saint-Sépulcre avec ma femme, et là, pressé pourtant par de nombreux pèlerins, soudain, devant le Tombeau, je m’agenouille et me voilà chrétien. Un peu comme Frossard, Claudel, Clavel – d’un coup. En l’espace d’un instant, Jésus est entré dans ma vie, dans mon cœur. C’était très doux. J’ai immédiatement eu la sensation que j’étais sauvé. Tout ce qui m’était arrivé auparavant devenait caduc. La seule chose que je ne remette jamais en doute, c’est l’existence de Dieu.

Je suis d’un naturel plutôt ténébreux, un hypersensible qui s’en fait pour un rien. Je crois savoir où est la sagesse à force de lectures et de rencontres, mais je ne l’ai pas encore trouvée. Or, dans cette chambre d’hôpital, depuis des mois, curieusement, je n’ai jamais été aussi apaisé. Ce “re-cancer” ne m’a pas brisé : je crois qu’il me grandit.

Dans l’épreuve, quelles sont mes consolations ? D’une part, l’amitié. Je n’avais pas réalisé que j’avais autant d’amis. Dans le tourbillon de la vie “du dehors”, la vie quotidienne, nous ne trouvons jamais le temps de nous arrêter pour voir ceux qui nous sont chers, et les années passent, les liens se distendent… Trop bête ! C’est quand ça ne va pas que l’essentiel ressurgit. Et l’amitié fait partie de l’essentiel.

J’ai été soutenu physiquement et psychologiquement par la bienveillance qui m’entoure. L’amour de ma femme, de mes enfants, la tendresse et la compétence du personnel médical et infirmier. On guérit plus vite quand on aime et qu’on est aimé, j’essaierai de ne pas l’oublier.

Curieusement, moi qui suis un gourmand invétéré, je n’ai plus de consolation culinaire. Je n’ai même plus le désir d’une bonne entrecôte avec un verre de Saint-Émilion ! On me nourrit avec des sondes et des pipettes. Pourtant, l’autre jour, le goût m’est un peu revenu en absorbant une cuillerée de glace au café. Elle m’a irrésistiblement évoqué La Première
Gorgée de bière de Philippe Delerm ! Depuis, je suis plus ouvert aux toutes petites choses de la vie, ces surprises discrètes qui émaillent l’existence et peuvent nous passer sous le nez sans même qu’on les remarque.

«Je goûte aussi des consolations plus spirituelles. Ainsi, celle de la patience. Le cancer est l’une de ces épreuves qui vous enseignent cette vertu. Vous pouvez fulminer, vous morfondre, crier, pleurer, cela ne changera rien. N’allez pas croire que je suis un saint homme ! Au quotidien, face aux mini-tracas, je peux être sanguin, colérique, râleur. J’ai tous les défauts de la terre pour les petits soucis. Mais là, c’est autre chose : il y a un “vrai” combat à mener. Aije reçu une grâce de Dieu pour cela ? Je le crois. Je sais qu’Il est à mes côtés. Patience quand j’articule mal, que je suis inaudible. Patience quand la douleur se réveille et me contraint au silence.

Patience face aux régressions inévitables, aux déceptions inhérentes, parce que les traitements semblent inefficaces. Patience quand je me fatigue très vite. Patience devant la mélancolie qui m’est familière…

J’étais jeune, j’avais du succès, la vie me souriait, lorsqu’une profonde dépression m’a mis à terre. J’ai plongé très bas. La maladie m’a tenu éloigné de la scène pendant dix ans. J’ai fait une rechute dépressive après mon premier cancer. J’ai survécu au jour le jour, les petites victoires se sont accumulées ; finalement, je me suis retrouvé à quai, quand patatras, le cancer est revenu.

Durant cette plongée dans les ténèbres de la dépression, j’ai connu le chaos. J’ai cherché à en sortir par le “haut”, en tâtant du bouddhisme, de l’hindouisme, en essayant la méditation transcendantale… Mais je me suis rendu compte, progressivement, que tout cela n’était pas un chemin fécond pour moi. J’étais en train de me perdre. J’ai commencé simultanément à m’intéresser à cette part de mon identité que je refusais jusqu’alors de regarder : la religion chrétienne. Et j’ai osé… le christianisme ! Je ne sais si j’aurais eu cette hardiesse sans la dépression, je ne sais pas si je serais allé aussi loin dans cette voie. Une chose est sûre : depuis, Dieu reste l’objet incessant de ma quête.

Je me suis formé tout seul. J’ai beaucoup lu. Des livres qui ne sont pas tous “modernes” : Isaac le Syrien et Thomas Merton, saint Jean de la Croix et les Pères du désert, saint Augustin et l’Introduction à la vie dévote de François de Sales ; Urs von Balthasar et Thérèse d’Avila dont je retiens cette phrase : “Seigneur, si Tu n’existes pas, ça n’a pas d’importance. Tout ce
que j’ai fait, je l’ai fait pour Toi”.

Je suis un homme de peu de foi. Telle est ma tragédie. Ma foi n’est pas un long fleuve tranquille : elle est dans la torture, dans la complexité. J’en suis parfois épuisé. Pourtant, je plains ceux qui n’ont pas la chance de connaître ce tumulte-là. Il fait vivre jusque dans l’Audelà ! Je ne pense pas que le Ciel se soit mêlé de mon cancer, mais je lui demande de m’aider à avoir la force de le surmonter, de me plier à la discipline indispensable, de faire ce qu’il m’est exigé de faire. Je n’ai jamais prié pour guérir, j’ai plus souvent pensé : “Que ta volonté soit faite”.

Autre consolation que permet le repos qu’impose la maladie, c’est une relecture apaisée de l’existence, même si je n’aime pas trop regarder en arrière. J’en ai fait des bêtises ! La fiesta, les filles, quelques drogues, étaient intimement liées à l’univers de la chanson, surtout dans les années 1960 et 1970. J’ai été un oiseau de nuit. Mais je crois en la miséricorde et au pardon – qui sont les plus grandes consolations qui soient.

«Mais il n’y a pas que le pardon de Dieu qui console, il y a aussi… le foot. Je passe du coq à l’âne. J’ai une passion pour le foot. Quand j’ai fini de regarder KTO, que j’apprécie beaucoup, voir un bon match à la télé me fait oublier mes tracas. Après le foot – revenons au spirituel, quand même ! – il y a l’oraison. C’est une forme de prière méditative, une prière du cœur, plus proche de la contemplation que de l’imploration. Sainte Thérèse d’Avila, pour qui j’ai une tendresse particulière, en donne une jolie définition : “L’oraison est un échange d’amitié
où l’on s’entretient souvent seul à seul avec Dieu dont on se sent aimé”. Si je ne prie pas, si je ne me livre pas à l’oraison, en quoi consistent ces plages de silence qui me font tellement de bien, au corps et au cœur ?

Un philosophe me console aussi, c’est Gustave Thibon. Je suis fasciné par la vérité et la force spirituelle du verbe de ce génie autodidacte qui a révélé Simone Weil. Je l’ai convié à une émission de télévision à laquelle j’étais invité. Il est venu et a subjugué l’auditoire. Nous sommes devenus amis. Je suis allé le voir plusieurs fois chez lui, en Ardèche. Je fais mienne cette phrase de lui : “Je croyais en Dieu, et maintenant je ne crois plus qu’en Dieu”. Et cette autre : “Dieu ne te délivrera pas de toi-même ; Il te délivrera de la lassitude et du dégoût de toi-même”.

La maladie vous dépossède. Elle vous dénude. Elle vous contraint à vous interroger sur les vraies valeurs. Nous voulons une plus grande maison, une plus puissante voiture, plus d’argent, mais en serons-nous plus heureux? Je constate souvent chez ceux qui possèdent moins un sourire plus radieux que chez ceux qui ont tout.

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive » dit Jésus (Mt16,24). Alors je porte ma croix et je découvre que c’est le secret de la joie. Je réalise aussi que Dieu est là afin de m’aider à la porter. Pour la première fois de ma vie, je n’envisage pas une solution à une épreuve que j’affronte. Je sais aujourd’hui que je risque fort de ne plus pouvoir chanter. Ma confiance la plus totale, c’est en Dieu que je la place : « Que ta volonté soit faite Seigneur! Sans Toi, je suis perdu! ».

Luc Adrian

Voici un lien pour compléter ce beau témoignage.

 

* Pour les raisons de santé évoquées ci-dessus, ces propos ont été « cueillis » et articulés par Luc Adrian à partir, notamment, des deux derniers livres de Michel Delpech – Vivre ! (Plon 2015) et J’ai osé Dieu (Presses de la Renaissance 2014) – avec la validation et la « bénédiction » de leur auteur.

Concert

« Histoires et légendes »

Le groupe 3 voices 4 hands qui nous avait chanté « CARMEN » l’année dernière revient à Saint-Paul avec un nouveau concert intitulé :

le 21 février prochain à 16h.

 

Three Voices, Four Hands

Le choix des œuvres que vous y entendrez vous enchantera, et vous emportera dans un monde de magie et de rêverie!

Cette année, les bénéfices du concert seront versés à l’association «
LES CHEMINS DE TRAVERSE
 » qui soutient la réinsertion des prisonniers.

La recette de ce concert sera versée à l’association des « Chemins de Traver-Se » Cette association, crée à l’initiative de l’aumônerie catholique de la prison de Nivelles a pour objectif la réinsertion d’anciens détenus. Des excursions, promenades et randonnées en montagne sont organisées, durant lesquelles, d’anciens détenus en réinsertion sont responsables de personnes handicapées avec lesquelles ils cheminent à l’aide de Joëllettes (chaises à bras tout-terrain) qui permettent aux personnes handicapées de randonner sur des sentiers de forêts et de montagne.
L’association possède également des hébergements transitoires pour les personnes libérées.

Venez nombreux pour faire de cet événement une grande action de solidarité de toute la communauté vivante et dynamique de Saint-Paul !

Ciné-Club

des paroisses de St. Paul et de St. François

La panne d’ordinateur n’étant plus qu’un mauvais souvenir, nous vous convions à une nouvelle séance du ciné-club le dimanche 26 février prochain à 17h00, mais ATTENTION : à la Salle Notre Dame de la paroisse St François d’Assise au Chenois, la projection du film étant à leur demande.

Nous projetterons le film :

“Le Festin de Babette”,

mentionné par le Pape François en personne dans son exhortation “Amoris Laetitia”.

“Si vous ne connaissez pas ce film, c’est un petit bijou de cinéma!

Des mots mêmes du Pape : “Les joies les plus intenses de la vie jaillissent quand on peut donner du bonheur aux autres (…) Il faut rappeler la joyeuse scène du film Le festin de Babette, où la généreuse cuisinière reçoit une étreinte reconnaissante et un éloge : “avec toi, comme les anges se régaleront”. Elle est douce et réconfortante la joie de contribuer à faire plaisir aux autres, de les voir prendre plaisir. Cette satisfaction, effet de l’amour fraternel, n’est pas celle de la vanité de celui qui se regarde lui-même, mais celle de celui qui aime, se complait dans le bien de l’être aimé.” Et Babette, elle, donne absolument tout, par amour.

Sachez que c’est également un des films préférés de Jean-François et pour Peter et Pierrette un film culte!

Bienvenue donc à tou(te)s les curieux(ses).

PS : Le film est sous-titré en français.

Peter VIS

Message des évêques de Belgique

Message des évêques de Belgique pour le Carême : « Miséricordieux comme le Père »

Les évêques de Belgique souhaitent à tous les fidèles catholiques de notre pays un Carême aussi fervent que joyeux. Ce temps de grâce nous est offert pour nous préparer à la fête principale de la vie chrétienne : Pâques ! Par une vie de prière plus intense qui nous tourne vers le Seigneur, par un partage plus attentif aux autres, par un jeûne qui nous décentre de nous-mêmes, nous témoignons, en Eglise, de notre désir de conversion au Christ.

Ce temps de Carême prend cette année une coloration toute particulière, avec la célébration de l’Année jubilaire de la Miséricorde. L’invitation du pape François s’inscrit dans sa volonté et sa persévérance de ramener l’Eglise au cœur du message chrétien : la joie de l’Evangile. Qu’il en soit remercié !

Les évêques de Belgique sont heureux de pouvoir relayer cet appel du pape. Ils encouragent chacun à la découverte de l’amour miséricordieux du Père, tout spécialement dans les églises jubilaires. Réparties dans nos diocèses, ces lieux se veulent accueillants aux pèlerins qui osent se mettre en route et qui, riches du pardon de Dieu, deviennent à leur tour témoins de sa miséricorde. Bon Carême !

Les évêques de Belgique
SIPI – Bruxelles, lundi 8 février 2016

 

La meilleure façon de se convertir, c’est de prêcher

En écoutant certaines émissions sur le récent synode sur la famille, plusieurs déclarations m’ont frappé. Et plus particulièrement ce qu’a dit l’actuel maître de l’ordre des Prêcheurs (Dominicains), Bruno CADORÉ. Je le cite textuellement : « La meilleure préparation à la vie chrétienne, c’est d’être responsable de transmettre la foi… La meilleure façon de se convertir, c’est de prêcher ; il ne faut pas d’abord se préparer pour prêcher, il faut prêcher pour se convertir… Très souvent dans l’Eglise, on dit qu’il faut se préparer pour faire bien les choses, non il faut plonger dans la transmission de la Parole de Dieu, elle va nous convertir. »
En fait ce que dit le dominicain, ça tombe sous le sens. Il fallait juste y penser et trouver les mots pour le dire ! C’est en forgeant qu’on devient forgeron, n’est-ce pas ! On ne sait pas faire un meuble, en regardant uniquement les photos : il faut en fabriquer un et même plusieurs pour (se) prouver qu’on en est capable. On ne maîtrisera un théorème que quand on l’aura démontré plusieurs fois. Et pourquoi n’en serait-il pas de même dans le domaine de la foi ?

On aura beau écouter les textes liturgiques sans rater une messe, il arrive toujours qu’on dise : ce texte je ne le connais pas, alors qu’il est lu tous les trois ans, selon le cycle établi par la réforme liturgique de Vatican II. Autre chose si l’un ou l’autre texte est revenu dans une discussion. Beaucoup de pratiquants réguliers se trouvent toujours démunis pour argumenter face aux discours des témoins de Jéhovah ! Des échanges lors de groupes bibliques ou de groupes de réflexion, permettront d’enregistrer des textes bibliques pour bien les reproduire en temps utile. Faites le test de faire le plan d’une messe dans les moindres détails : on sera étonné alors qu’on est là à toutes les célébrations !

Je ne veux culpabiliser personne, mais je sais que je retiens beaucoup mieux ce que j’ai essayé d’expliquer. Et c’est très vrai ce que dit le Père Cadoré : il faut plonger. Car la meilleure préparation à la vie chrétienne, c’est d’être responsable de transmettre la foi, c’est de prêcher.

Et si tout le monde devenait catéchiste ! Et même si on ne devient pas catéchiste « à temps plein », si les jeunes parents s’investissaient aux occasions qu’offre la paroisse, comme les messes des familles, comme le dimanche autrement, comme les groupes de réflexion et autres groupes bibliques. Je parle des jeunes parents, mais cela vaut également pour ceux qui ont envie d’approfondir leur foi. Je parle des jeunes parents parce qu’ils cheminent avec leur enfant en catéchèse : si l’enfant ne leur pose jamais de « colle » sur des sujets de religion, c’est peut-être qu’ils évitent de parler religion avec leur enfant, de peur que le petit ne remarque qu’on ne sait pas répondre ; par contre quand le dialogue sur la religion est fréquent et profond (ainsi que la prière), la relation parent-enfant s’en trouve fort riche et harmonieuse. Les rencontres de catéchèse peuvent être performantes, la transmission de la foi à l’enfant reste quand même la responsabilité des parents.

Chers paroissiens (pas uniquement les parents), acceptez-vous la responsabilité de transmettre la foi ? Pour votre meilleure vie chrétienne ! Offrez-vous des occasions de « vérifier » votre foi, en expliquant l’un ou l’autre « mystère » de notre foi, histoire de voir si votre raisonnement tient la route, si vous gardez le cap de la foi des Apôtres, mais aussi en vous rendant utiles à la communauté paroissiale.

Venuste

L’année sainte de la miséricorde

fiorettis

Le pape François a ouvert le mardi 8 décembre la porte sainte de la basilique Saint-Pierre, inaugurant l’année sainte de la miséricorde, en présence de Benoît XVI.

Âgé de 88 ans, Joseph Ratzinger fut témoin du concile Vatican II, dont ce 8 décembre, fête de l’Immaculée conception, marque le 50e anniversaire de la clôture. Une date choisie à dessein pour l’ouverture du présent jubilé que le pape François imprime ainsi de l’esprit conciliaire.

Le témoignage que demande le pape François à l’Église en ce jubilé n’est autre que celui de « la miséricorde du bon samaritain. Aller à la rencontre de tout homme là où il vit: dans sa ville, dans sa maison, sur son lieu de travail… partout où il y a une personne », a dit pape dans son homélie. Il a ajouté : « Nous devons faire passer la miséricorde avant le jugement »

Le nom de Dieu est Miséricorde.

C’est le titre du nouveau livre du pape Le nom de DieuFrançois, conversation entre le Souverain Pontife et le journaliste Andrea Tornielli, sur le thème de l’année jubilaire, la miséricorde.

Le livre est sorti simultanément, le mardi 12 janvier, dans 86 pays. Il est édité par les éditions Robert Laffont et les Presses de la Renaissance.

«L’Église condamne le péché parce qu’elle doit dire la vérité: ceci est un péché. Mais en même temps, elle embrasse le pécheur qui se reconnaît tel, elle est proche de lui, elle lui parle dans l’infinie miséricorde de Dieu. »

« L’Église n’est pas là pour condamner, mais pour permettre la rencontre avec cet amour viscéral qui est la miséricorde de Dieu. Pour que cela se produise, je le répète souvent, il est nécessaire de sortir. Sortir des églises et des paroisses, sortir et aller chercher les gens là où ils vivent, où ils souffrent, où ils espèrent.»

«L’hôpital de campagne, l’image avec laquelle je me plais à représenter cette «Église en sortie», a pour caractéristique de naître là où l’on se bat: ce n’est pas la structure solide, pourvue de tout, où l’on va soigner les maladies bénignes ou gravissimes. C’est une structure mobile, de sauvetage, d’intervention rapide, pour éviter que les combattants ne succombent.»

« Chaque page de ce livre vibre du désir du pape François de toucher les âmes qui cherchent un sens à leur vie, un chemin de paix et de réconciliation, un remède à leurs blessures physiques et morales.»

La lettre Encyclique de François, “LAUDATO SI“

laudato si

C’est un message qui s’adresse au monde entier, à tout homme et toute femme, soucieux de préserver notre “Maison commune“.

C’est un message d’une importance capitale, qui recouvre, comme aucun autre tous les aspects de la protection de “Notre Maison Commune“, y compris les aspects sociaux. Les plus pauvres doivent y avoir leur place. A nous de la leur donner.

Ecrit dans des mots simples, à la portée de tous, il étonne par son caractère transcendant toute religion. Quand nos chefs d’état, au travers du COP21, et d’autres, imaginent des mesures “non contraignantes“, on sait que le véritable effort écologique viendra de la base, de chacun de nous. C’est à cela que François nous invite.

Sa lettre est à lire par tous, toutes affaires cessantes. Et particulièrement par chacun de nous, paroissiens de St Paul. Elle existe déjà dans une édition brochée à 4,50 € très lisible, en grands caractères et sur un beau papier.

OSER LA BIENVEILLANCE

par LYTTA BASSET

Le groupe de partage initié à St Paul, il y a trente ans, par Cécile et Lucien, a pris ce titre comme thème de lecture. Il s’inscrit particulièrement bien dans l’ANNEE SAINTE voulue par le Pape François sur le thème de la Compassion.

Christiane, Dominique, Françoise, Guy, Marica et Emile vous en proposent le survol.

LYTTA BASSETDans un premier temps LYTTA BASSET théologienne protestante décrit la généalogie de la notion du « Péché Originel » qui remonte à St AUGUSTIN. Elle montre que ce pessimisme radical, opposé aux premiers Pères de l’Eglise est totalement étranger à l’EVANGILE.

JESUS est la bienveillance incarnée. « Venez à moi, vous les fatigués, les surmenés, Je vous donnerai le repos. La BIENVEILLANCE c’est veiller au bien de l’autre. Elle est indispensable à la vie de chacun.

JESUS nous montre que pour le PÈRE, la BIENVEILLANCE est toujours EN EXCES par rapport à nos comportements; ELLE n’attend jamais nos « mea-culpa ». ELLE dépasse la Loi et les règlements face au sort de notre semblable; ELLE nous fait découvrir nos responsabilités vis-à-vis d’autrui.

Cette RESPONSABILITE n’est pas écrasante, elle est à notre mesure, elle relève toujours de notre possibilité de poser un acte libre. La RESPONSABILITE c’est « quelqu’un », tandis que la FATALITE ce n’est « personne ». Je suis libre si je « renoue la relation ». Je dois comprendre qu’il y a un « TOUT- AUTRE » qui est l’Initiateur et de la Vie, et du dialogue. Déjà dans la genèse Dieu a appelé Caïn à sa responsabilité face à Abel et non face à la Loi. Les RESPONSABILITES ne se PRENNENT pas, c’est à un appel que l’on répond, que l’on RECOIT.

La BIENVEILLANCE est une réponse. En faisant parler Dieu le premier, la Genèse situe tout langage humain comme une réponse, pas celle d’un autre, pas une réponse toute faite mais la mienne. Nous sommes invités à aimer notre prochain et non notre « lointain». Dieu accueille, sans faire de comptes, chaque être humain avec son malheur et sa malfaisance. Il ne désire qu’une chose qu’il Lui réponde. En « mé-disant » de ce SOUFFLE BIENVEILLANT DU TOUT AUTRE » en disant que son Pardon n’existe pas, c’est pour l’éternité que l’homme se prive de la libération.

La BIENVEILLANCE n’est pas un concept à comprendre, elle est à vivre, elle est « Bonne Nouvelle à VOIR ». Il appartient à chaque homme de faire VOIR la Bonne Nouvelle dont il est dépositaire vis-à-vis des autres hommes.

Lorsque, après avoir percé le toit de la maison le paralytique est déposé devant les scribes et les pharisiens qui entourent Jésus, Luc rapporte ces paroles : « Pour que vous VOYEZ QUE LE FILS DE L’HUMAIN » à pouvoir sur terre de « relâcher les fautes » Il dit : « prends ton lit et rentre chez toi, tes fautes sont relâchées ». Et tous étaient bouleversés (en extase). Ils diront qu’ils ont VU que LE TOUT AUTRE est pure BIENVEILLANCE.

LYTTA BASSET aborde aussi, entre autre, le problème de la liberté ou du conditionnement de nos choix.

Le désir de liberté est considéré aujourd’hui comme une réaction biologique d’un humain dès sa naissance. Un bébé a bien des façons de dire NON.

La Bible n’a aucun mot pour LIBERTE. Elle ne connait que LIBERATION. C’est un processus et non un concept. Les exemples de ce processus nous montrent des sauts de puces « le grain de sénevé, le sel de la terre, les miettes tombées de la table, le verre d’eau que vous donnerez à ce petit…».

Notre LIBERTE existe à « chaque fois que… ».

Dieu respecte notre liberté. Il est avec nous mais pas sans nous, ni contre nous.

envoyé par E. V.

Noël en prison

Mille mercis, chers amis, pour la formidable solidarité que vous avez manifestée, cette année encore, à l’égard de l’aumônerie de prison et, par elle, en faveur des détenus que nous rencontrons plus ou moins régulièrement pour bavarder, réfléchir, célébrer, prier, retrouver le moral, l’espoir ou l’espérance, etc.

Vous n’imaginez peut-être pas à quel point ce que vous avez offert : timbres, cartes de vœux, cahiers, stylos à bille, crayons, enveloppes, jeux de cartes, friandises, thé, etc. peuvent éclairer des visages ternis par la routine carcérale, l’attente anxieuse de décisions favorables, l’excessive promiscuité et/ou un sentiment de solitude à la limite des forces…

Vous n’imaginez peut-être pas non plus combien votre geste peut donner confiance et allant aux aumôniers dans une mission ou un service qui est parfois difficile à rendre, entre autres parce qu’il n’est pas toujours bien compris, singulièrement quand on vous affirme qu’il y a tant de gens « bien » qui mériteraient tellement plus d’attention, tant de vraies bonnes causes qui valent la peine qu’on les défende… Comment croire, envers et contre tout, que « tout homme est un frère » ? Quelle chance d’y être aidés !

Tout tout grand merci, du fond du cœur !

Pour l’aumônerie de la prison de Nivelles, Patricia et Jean-François.

En avant ! (…) c’est maintenant le temps de la miséricorde

Une année s’achève. Que d’évènements vécus, heureux ou Miséricordemalheureux, en société, en Eglise, individuellement ou collectivement. On s’en souviendra, et certainement on en tirera des leçons pour l’avenir. Dans notre paroisse l’année qui s’achève aura été marquée entre autres, sur le plan pastoral, par un triple lancement. Le lancement de la nouvelle catéchèse, des messes des familles et du dimanche autrement. De nouvelles opportunités pour faire et vivre autrement l’Eglise.
Alors que l’année civile s’achève, celle liturgique de l’Eglise avait déjà précédée de quelques semaines. L’année liturgique débutée avec le temps fort de l’Avent, nous fait vivre en ces jours ce temps de Noël. La naissance de Jésus de Nazareth, s’il faut en dire quelque chose selon la foi chrétienne, est l’évènement historique majeur qui scelle la discontinuité et la spécificité du christianisme d’avec les autres confessions non chrétiennes et qui contient en germe tout le mystère chrétien.

Jésus n’est pas seulement un grand prophète de Dieu, mais le Fils même de Dieu (non créé mais engendré de toute éternité) qui nait dans la chair. Quand le Dieu transcendant et invisible se fait homme, tout l’humain se trouve rehaussé dans son ultime dignité comme demeure et reflet du divin. L’histoire de l’humanité atteint sa plénitude. Désormais l’homme dépasse l’homme et n’est plus ni le centre, ni le modèle de lui-même. Avons-nous conscience que fêter Noël véritablement, c’est donc aller au-delà du folklore décoratif des sapins illuminés et guirlandés pour croire à cette vérité et s’ouvrir à cette convocation divine?

En tout cas, liturgique ou civile, une nouvelle année s’offre à nous. Le pape François la veut particulièrement spéciale. Il l’a proclamée « année sainte extraordinaire », jubilé avec comme thème « Dieu riche en Miséricorde » (Ephésiens 2,4) ; « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36). « C’est un programme de vie aussi exigeant que riche de joie et de paix » écrit-il (M.V., Misericordiaevultus, bulle papale d’indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, §). Ce jubilé est un moment favorable pour changer de vie, le temps de se laisser toucher au cœur. Face au mal commis, et même aux crimes graves, voici le moment d’écouter pleurer les innocents dépouillés de leurs biens, de leur dignité, de leur affection, de leur vie même ». Ouvert en la fête de l’Immaculée conception, le 8 décembre dernier, il va se clôturer le 20 Novembre 2016, solennité du Christ-Roi de l’univers. De tradition de l’Eglise, l’année sainte extraordinaire n’est proclamée qu’à l’occasion des évènements historiques remarquables.

Le Pape justifie ce jubilé extraordinaire par le pressant besoin que ressent l’Eglise de vivre la miséricorde. Il s’inscrit dans la dynamique de saint Jean Paul II qui avait noté en son temps l’oubli du thème de la miséricorde dans la culture actuelle : « La mentalité contemporaine semble s’opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde. Le mot et l’idée de miséricorde semblent mettre mal à l’aise l’homme qui, grâce à un développement scientifique et technique inconnu jusqu’ici, est devenu maître de la terre qu’il a soumise et dominée (cf. Gn 1, 28) » MV § 11.
Pour le Pape François, l’expérience du pardon est devenue plus rare dans notre culture. « Ressentir de la miséricorde, ce mot change tout. C’est le mieux que nous pouvons ressentir : cela change le monde. Un peu de miséricorde fait en sorte que le monde soit moins froid et plus juste. Nous avons besoin de comprendre bien cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui est tellement patient ». (Angélus du 17 mars 2013). Il reviendra peu après sur ce thème qui lui est particulièrement cher dans son encyclique qu’on considère comme l’écrit programme de son pontificat : « L’Eglise vit un désir inépuisable d’offrir la miséricorde, fruit de l’expérimentation de l’infinie miséricorde du Père et de sa force de diffusion. » (EG 24). Et il ne cesse d’insister : « Il y a tellement besoin, aujourd’hui, de miséricorde et il est important que les fidèles laïcs la vivent et l’apportent dans les différents milieux de la société ». (Angélus du 11 janvier 2015).

Voilà pourquoi il estime que « Le temps est venu pour l’Eglise de retrouver la joyeuse annonce du pardon. Il est temps de revenir à l’essentiel pour se charger des faiblesses et des difficultés de nos frères. Le pardon est une force qui ressuscite en vie nouvelle et donne le courage pour regarder l’avenir avec espérance ». « En avant ! Nous sommes en train de vivre le temps de la miséricorde : c’est maintenant le temps de la miséricorde » (Angélus du 11 janvier 2015).
Cette année Sainte a un objectif. Elle se veut une opportunité pour approfondir notre foi et vivre, d’un engagement renouvelé, le témoignage chrétien. L’Eglise y est conviée à vivre et à témoigner elle-même de la miséricorde. « Son langage et ses gestes doivent transmettre la miséricorde pour pénétrer le cœur des personnes et les inciter à retrouver le chemin du retour au Père » (Mv § 12). Nos paroisses, nos communautés, nos associations et tous nos mouvements devront se transformer en « oasis de miséricorde » au milieu de la mer de l’indifférence. Tout est mis en œuvre pour que les fidèles tirent avantage de ce grand évènement ecclésial. Le calendrier de cette année prévoit des célébrations diverses et des jubilés pour les différentes catégories des fidèles.

« Le pèlerinage est un signe particulier de l’Année Sainte, écrit le Pape. Chacun devra, selon ses forces, faire un pèlerinage. Ce sera le signe que la miséricorde est un but à atteindre, qui demande engagement et sacrifice. Que le pèlerinage stimule notre conversion ». (Mv § 14)
Puissions-nous donc vivre intensément cette année sainte en gardant en mémoire le souhait du Saint-Père : Que l’Eglise soit encore davantage appelée à soigner les blessures crées par les situations de précarité et de souffrance de ceux qui vivent dans les périphéries du monde moderne, « à les soulager avec l’huile de la consolation, à les panser avec la miséricorde et à les soigner par la solidarité et l’attention. Ne tombons pas dans l’indifférence qui humilie, dans l’habitude qui anesthésie l’âme et empêche de découvrir la nouveauté, dans le cynisme destructeur. Ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et sœurs privés de dignité, et sentons-nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide. Que nos mains serrent leurs mains et les attirent vers nous afin qu’ils sentent la chaleur de notre présence, de l’amitié et de la fraternité. Que leur cri devienne le nôtre et qu’ensemble, nous puissions briser la barrière d’indifférence qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme » (Mv § 15).

Concluons avec le Pape : « Combien, je désire que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu ! Qu’à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous » (Mv § 5). « Que puisse parvenir à tous la parole de pardon et que l’invitation à faire l’expérience de la miséricorde ne laisse personne indifférent ! » § 19).

jubilé-de-la-miséricorde

Joyeux Noël à tous, heureuse année 2016 et fructueux jubilé de miséricorde.

Wilfried IPAKA KEBADIO