Synode 2018 : les jeunes peuvent ouvrir à l’Eglise de nouveaux lieux

Réflexion de Mgr Fabene

20 SEPTEMBRE 2017 : ANNE KURIANROME, SYNODES DES ÉVÊQUES

SS. Francesco – Visita Pastorale Milano-Incontro Ragazzi Cresimati San Siro
25-03-2017
@Servizio Fotografico – L’Osservatore Romano

« Les jeunes peuvent ouvrir à l’Eglise ces lieux où elle n’est pas encore arrivée », affirme Mgr Fabio Fabene, sous-secrétaire du Secrétariat général du synode des évêques, dans un entretien à l’agence catholique SIR publié le 19 septembre 2017.

A l’issue d’un séminaire international organisé à Rome, il fait le point sur la préparation de la XVe assemblée générale ordinaire d’octobre 2018 sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ».

« Nous sommes dans la période d’écoute des jeunes », explique-t-il : si les questionnaires du document préparatoire doivent arriver à Rome d’ici fin octobre, déjà plus de 100 000 réponses et 250 000 contacts ont été répertoriés sur le questionnaire en ligne, dont la date butoir est fin novembre. D’une lecture sommaire, souligne-t-il, « émerge le fait que les jeunes apprécient que l’Eglise se soit mise à leur écoute ».

« Les jeunes, ajoute-t-il, veulent être protagonistes dans la communauté ecclésiale et je crois que ce désir pourra conduire l’Eglise vers des lieux et des espaces qui seraient difficiles à rejoindre autrement. Les jeunes peuvent ouvrir à l’Eglise ces lieux où elle n’est pas encore arrivée, ou ces lieux où elle doit être plus présente. »

Mgr Fabene cite l’un des thèmes qui leur tient à cœur : « la famille. Beaucoup veulent raconter leur histoire au pape même ».

Wokandapix / Pixabay

Les jeunes ont suggéré « d’instituer une équipe de jeunes qui accompagne le travail du Secrétariat général du synode pour préparer des moments de confrontation et de dialogue durant les travaux synodaux entre évêques et jeunes, et d’impliquer de façon stable certains jeunes dans les organismes du Saint-Siège ».

Parmi les auditeurs présents au Synode, « il y aura aussi différents jeunes, mais nous sommes en train de penser à des espaces pour leur donner la parole », précise le sous-secrétaire.

Plus proche des pauvres

Les jeunes, poursuit Mgr Fabene, « demandent à l’Eglise la cohérence de leurs guides », ils veulent « écoute » et « responsabilité ».

Ils souhaitent « une Eglise toujours plus penchée sur les pauvres » : tout autant de requêtes qui « nous engagent encore plus à leur emboîter le pas et qui demandent à l’Eglise de s’améliorer et de marcher vers l’avenir », estime-t-il.

Le sous-secrétaire note cependant que « beaucoup de leurs demandes … sont déjà en action dans l’Eglise » : ainsi « l’Eglise exhorte à la cohérence, non seulement ses pasteurs mais aussi ses fidèles, elle appelle à l’écoute… les jeunes cherchent les pauvres et c’est ce que le pape François demande à tous quand il parle d’une Eglise des pauvres et pour les pauvres. »

skeeze / Pixabay

« Mais surtout, les jeunes demandent une Eglise qui soit maison, famille et communauté. » Et de conclure : « Les jeunes sont l’espérance de l’Eglise et l’Eglise est leur espérance et leur avenir. »

Source : ZENIT.ORG

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Vis, aime, rêve et crois

Audience générale:

« Vis, aime, rêve et crois »,
leçon de vie à un jeune.

Chers frères et sœurs, bonjour !

La catéchèse d’aujourd’hui a pour thème : « éduquer à l’espérance ». Et c’est pour cette raison que je l’adresserai directement, avec le « tu », m’imaginant que je parle comme un éducateur ou un père à un jeune ouvert pour apprendre.

Pense, là où Dieu t’a semé, espère ! Espère toujours !

Ne capitule pas devant la nuit : souviens-toi que le premier ennemi à soumettre n’est pas en dehors de toi : il est à l’intérieur. C’est pourquoi, ne laisse pas de place aux pensées amères, obscures. Ce monde est le premier miracle que Dieu ait fait, et Dieu a mis entre nos mains la grâce de nouveaux prodiges. Foi et espérance vont de pair. Crois à l’existence des vérités les plus élevées et les plus belles. Aie confiance en Dieu Créateur, dans l’Esprit Saint qui conduit toute chose vers le bien, dans l’étreinte du Christ qui attend tous les hommes à la fin de leur existence ; crois, il t’attend. Le monde avance grâce au regard de tous les hommes qui ont ouvert des brèches, qui ont construit des ponts, qui ont rêvé et cru ; même lorsqu’autour d’eux ils entendaient des paroles de dérision.

Ne pense jamais que la lutte qui conduit là-haut soit totalement inutile. À la fin de l’existence, ce n’est pas le naufrage qui nous attend : en nous palpite une semence d’absolu. Dieu ne déçoit pas : s’il a mis une espérance dans nos cœurs, il ne veut pas l’étouffer par des frustrations continuelles. Tout naît pour fleurir dans un printemps éternel. Dieu aussi nous a faits pour fleurir. Je me souviens de ce dialogue, lorsque le chêne a demandé à l’amandier : « Parle-moi de Dieu ». Alors l’amandier a fleuri.

Partout où tu es, construis ! Si tu es par terre, lève-toi ! Ne reste jamais tombé par terre, lève-toi, laisse-toi aider pour te mettre debout. Si tu es assis, mets-toi en chemin ! Si l’ennuie te paralyse, chasse-le par des œuvres bonnes ! Si tu te sens vide ou démoralisé, demande que l’Esprit-Saint puisse à nouveau remplir ton néant.

Fais la paix au milieu des hommes, et n’écoute pas la voix de celui qui répand la haine et les divisions. N’écoute pas ces voix ! Les êtres humains, tout en étant différents les uns des autres, ont été créés pour vivre ensemble. Dans les conflits, patiente : un jour tu découvriras que chacun est dépositaire d’un fragment de vérité.

Aime les personnes. Aime-les une par une. Respecte le chemin de chacun, qu’il soit linéaire ou tourmenté, parce que chacun a son histoire à raconter. Chacun de nous a aussi sa propre histoire à raconter. Tout enfant qui naît est la promesse d’une vie qui, une fois encore, se montre plus forte que la mort. Tout amour qui jaillit est une puissance de transformation qui aspire au bonheur.

Jésus nous a remis une lumière qui brille dans les ténèbres : défends-la, protège-la. Cette unique lumière est la plus grande richesse confiée à ta vie.

Et surtout, rêve ! N’aie pas peur de rêver. Rêve ! Rêve un monde qui ne se voit pas encore mais qui arrivera certainement. L’espérance nous pousse à croire à l’existence d’une création qui s’étend jusqu’à son accomplissement définitif, quand Dieu sera tout en tous. Les hommes capables d’imagination ont offert à l’homme des découvertes scientifiques et technologiques. Ils ont sillonné les océans, ils ont foulé des terres sur lesquelles personne n’avait jamais marché. Les hommes qui ont cultivé des espérances sont aussi ceux qui ont vaincu l’esclavage et apporté de meilleures conditions de vie sur cette terre. Pense à ces hommes.

Sois responsable de ce monde et de la vie de tous les hommes. Pense que chaque injustice contre un pauvre est une blessure ouverte et diminue ta propre dignité. La vie ne s’arrête pas avec ton existence et, dans ce monde, viendront d’autres générations qui succèderont à la nôtre et beaucoup d’autres encore. Et chaque jour, demande à Dieu le don du courage. Souviens-toi que Jésus a vaincu pour nous la peur. Il a vaincu la peur ! Notre ennemie la plus sournoise ne peut rien contre la foi. Et quand tu te trouveras effrayé par des difficultés de la vie, souviens-toi que tu ne vis pas pour toi-même. Dans le baptême, ta vie a déjà été immergée dans le mystère de la Trinité et tu appartiens à Jésus. Et si, un jour, tu étais pris par la peur, ou si tu pensais que le mal est trop grand pour être défié, pense simplement que Jésus vit en toi. Et c’est lui qui, à travers toi, veut par sa douceur soumettre tous les ennemis de l’homme : le péché, la haine, le crime, la violence : tous nos ennemis.

Aie toujours le courage de la vérité, mais souviens-toi : tu n’es supérieur à personne. Souviens-toi de cela : tu n’es supérieur à personne. Si tu étais même le dernier à croire en la vérité, ne te réfugie pas pour autant loin de la compagnie des hommes. Même si tu vivais dans le silence d’un ermitage, porte dans ton cœur les souffrances de toutes les créatures. Tu es chrétien ; et dans la prière, remets tout à Dieu.

Et cultive des idéaux. Vis pour quelque chose qui dépasse l’homme. Et si un jour ces idéaux devaient te demande de payer une note salée, ne cesse jamais de les porter dans ton cœur. La fidélité obtient tout.

Si tu te trompes, relève-toi : rien n’est plus humain que de commettre des erreurs. Et ces mêmes erreurs ne doivent pas devenir pour toi une prison. Ne sois pas enfermé dans tes erreurs. Le Fils de Dieu est venu non pas pour les bien-portants mais pour les malades : par conséquent il est venu aussi pour toi. Et si tu fais encore des erreurs à l’avenir, ne crains pas, relève-toi ! Sais-tu pourquoi ? Parce que Dieu est ton ami.

Si l’amertume te frappe, crois fermement en toutes les personnes qui agissent encore pour le bien : dans leur humilité, il y a la semence d’un monde nouveau. Fréquente les personnes qui ont gardé leur cœur comme celui d’un enfant. Apprends de la merveille, cultive l’étonnement.

Vis, aime, rêve et crois. Et, avec la grâce de Dieu, ne désespère jamais.

Pixabay

Pape François

Source : © Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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EVEIL à la foi

éveil à la foi

L’année d’éveil à la foi s’inscrit dans la catéchèse comme une année de première démarche vers Jésus pour les enfants de deuxième primaire.

L’année sera ponctuée de rencontres à l’église St Paul avant et pendant les offices du samedi ou du dimanche et pendant des « dimanche autrement ».

Fiche d’inscription éveil à la foi

MESSE DES FAMILLES : le 3ème samedi de chaque mois à 18H : les 21/10; 18/11; 16/12; 20/01; 17/03; 21/04; 19/05; 16/06

Si vous désirez imprimer le calendrier des réunions 2017 – 2018 : Cliquez ici

 

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L’aventure démarre !

Tu aimes rencontrer des jeunes de ton âge ?
Tu veux découvrir de nouveaux horizons ?
Tu veux pouvoir vivre ta vie de chrétien(ne) de manière enthousiasmante, variée et enrichissante ?

Bref, tu voudrais qu’il y ait un groupe de jeunes chrétiens dynamiques, et positifs près de chez toi ?
Tu en as de la chance !

Les jeunes chrétiens de Braine-l’Alleud et Waterloo t’invitent pour leur première rencontre de l’année ce dimanche 24 septembre à 15h pour ceux qui ont finis les JCR (16 ans et+) à la « Closière » (la salle juste à côté de l’église St-Étienne à Braine, c’est fléché).

A 18 heures les groupes JEM et JCR sont attendus à la messe des jeunes (animée par un groupe de musique de Waterloo) suivie par un petit verre à 19h pour fêter le lancement de l’année.

Toutes les infos sur acapbw.wordpress.com

François-Xavier

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Pastorale des jeunes du BW

Programme et projets 2017-2018

Les vacances se terminent et le programme de l’année 2017-2018 se prépare.

Vous trouverez ci-dessous tout le programme que la pastorale des jeunes vous a concoqueté pour cette année. A vous d’y piocher ce qui vous intéresse le plus pour vivre entre jeunes une expérience d’Eglise plus large.

14 Octobre 2017 : Journée Transmission à Grez-Doiceau (pour les 11-13 ans): une nouvelle formule qui soignera le passage des jeunes de la catéchèse vers les groupes 11-13, nouvelles équipes de la pastorale des jeunes.

10 Novembre 2017 : Concert du groupe Hopen à Waterloo (pour tous)

17 Décembre 2017 : Flamme de Bethléem : accueil de la flamme de la paix à Louvain-la-Neuve (pour tous)

27 Décembre 2017 au 2 Janvier 2018 : Taizé Bâle : rencontre européenne de Taizé dans la ville de Bâle, en Suisse (pour les 16-35 ans)

25 janvier 2018 : Soirée Spes (avec Grégory Turpin) lors de la clôture de la « semaine de prière pour l’unité des chrétiens » (pour tous)

28 Janvier au 4 Février 2018 : Spirit Altitude, semaine de ski durant les vacances étudiantes (pour les 18+)

8 Février 2018 : Rencontre des responsables de Pôles Jeunes (pour les animateurs)

24 Février 2018 : Journée D’FY : une journée spéciale pour les jeunes des groupes 11-15 (avec les jeunes de Bxl) (pour les 11-15 ans)

21 Avril 2018 : Christothèque : Venez danser au rythme de la louange dans une église, soirée mixée par le DJ Padre Robert Wrona (pour les 15+)

1er Mai 2018 : Paroisse Cup : tournoi de foot inter-paroisses (pour les 11+)

5 Juin 2018 : BBQ de fin d’année avec les animateurs, professeurs, amis de la pastorale des jeunes (pour les animateurs)

Toutes ces dates ne sont que la partie immergée de l’iceberg, nous porterons également plusieurs dossiers de fond tout au long de l’année. Vous en trouverez un aperçu dans ce power-point qui fut présenté lors du BBQ de fin d’année.

Le synode des jeunes

c’est parti !!!

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Message du pape François :

« J’ai la joie de vous annoncer qu’en octobre 2018 se célébrera le Synode des Évêques sur le thème « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Je vous ai voulu au centre de l’attention parce que je vous porte dans mon cœur. (…) L’Église désire se mettre à l’écoute de votre voix, de votre sensibilité, de votre foi ; voire de vos doutes et de vos critiques. Faites entendre votre cri, laissez-le résonner dans les communautés et faites-le arriver aux pasteurs. Saint Benoît recommandait aux abbés de consulter aussi les jeunes avant toute décision importante, parce que « souvent Dieu révèle à un plus jeune ce qui est meilleur » (Règle de Saint Benoît III, 3). »

pape-synodeAvis aux jeunes de 16 à 29 ans : le pape et l’Eglise veulent entendre ta voix ! Par un questionnaire mis en ligne, tu es invité, comme les jeunes du monde entier, à répondre à quelques questions qui permettront aux participants au Synode d’octobre 2018 de travailler sur des bases concrètes. Ne laisse pas passer ta chance !

L’objectif de cette enquête « qui s’adresse aux jeunes du monde entier » ayant entre 16 et 29 ans –est celui de te donner l’opportunité de faire entendre ta voix, de t’exprimer, de raconter qui tu es et ce que tu veux faire connaître de toi.

Les jeunes peuvent répondre jusqu’au 30 image synodenovembre 2017 -> À ton clavier !

Fais-le largement connaître autour de toi, car tous les jeunes de 16 à 29 ans sont invités à répondre, merci de ta participation !

A destination des animateurs :

Nos évêques souhaitent également connaître votre réalité du terrain avec les jeunes.

Ils vous invitent à vivre l’expérience synodale par groupe de 3 à 12 animateurs.

Et / Ou à travailler les questions de nos évêques avec votre groupe de jeune pour qu’ils expriment leur avis lors de ce grand synode qui aura lieu l’an prochain.

Retrouvez toutes les informations sur : synodedesjeunes.be

Tu es intéressé à participer à ce questionnaire?

Voici le lien source qui pourra te guider :

Retraite JCR

Chers jeunes JCR,

L’été s’écoule doucement et la rentrée pointe le bout de son nez.

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Nous espérons que vous avez passé ou passez de bonnes vacances ressourçantes et enthousiasmantes.

Il est temps de penser à l’organisation pratique de la retraite…

Détails pratiques :

Lieu de rendez vous : parking du monastère des bénédictines de Rixensart le samedi 2 septembre à 8h45.

Matériel à emporter:
– de quoi écrire
– sac de couchage + taie d’oreiller + matelas pneumatique
– chaussures de marche

N’ oubliez pas votre instrument de musique car nous aurons la préparation mmusique-marcheusicale et spirituelle de la messe de dimanche.

La messe de clôture aura lieu au monastère des bénédictines de Rixensart dimanche 3 à 12h.

Tous les parents de JCR et paroissiens sont conviés.

Nous vous souhaitons une belle fin d’été et nous réjouissons de vous revoir tous en grande forme le weekend du 2 septembre prochain.

 

Compostelle 2017 : Instantanés

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– Sixième et dernière année sur le territoire français, et le franchissement des Pyrénées pour dernière étape. Le 20 juillet, premier jour de marche, nous laçons nos fidèles bottines avec émotion.
– Peu de villages sur le chemin cette année. La campagne est silencieuse et nous semble avare de ravitaillement et points d’eau. A défaut de produits frais achetés sur des marchés animés, nous devenons experts en salades Saupiquet…
– Les résidents le long du chemin ne nous ont heureusement pas abandonnés. La traditionnelle et discrète attention aux pèlerins est encore et toujours présente : fauteuils et canapés usagés nous offrent leurs coussins dans l’ombre fraîche, et, suspendue à une branche, nous trouvons même une balançoire ! Ailleurs, pensées et phrases d’Evangile, ballottées par le vent, nous accueillent ; en bordure de route une tente solaire dans un jardin nous invite à reposer un instant nos pieds fatigués d’une longue journée. Nous y trouvons de quoi faire du café, du thé, il y a même des gâteaux. Nous répondons à cet accueil invisible par un mot de gratitude laissé sur la table en partant.
– Rencontres une fois encore riches et belles entre pèlerins : nous n’oublierons pas ces deux soeurs pèlerines venues de Normandie, respectivement numéros un et sept d’une fratrie de sept filles, cheminant toutes deux de concert afin de mieux se redécouvrir, ni ce jeune rêvant de devenir garde suisse au Vatican !
– Etonnement de découvrir que l’annonce de notre arrivée aux étapes nous précède ! Le long du chemin court en effet la (bonne ?) nouvelle que treize Belges sont en marche : pensez donc, douze paroissiens accompagnés de leur prêtre !
– Transformation magique de l’ambiance “scoute” de la journée en un bel échange du soir, confiant et profond, autour du livre choisi. Cette année : “Petit traité de la joie” de Marin Steffens.
– Traversée du Béarn désert, aux villages somnolents et aux belles bâtisses closes témoins d’une richesse révolue contrastant avec le dynamisme et l’animation du Pays Basque.
– Ambiance feutrée et recueillie de St Jean Pied de Port au petit matin. Des grappes de pèlerins silencieux sortent dès remparts par l’antique pont. Sept petits coups égrenés par le clocher nous accompagnent alors que nous passons devant l’église. En route pour l’ascension des Pyrénées ! L’azur pur du ciel au soleil levant nous accueille dès la première (et rude) montée. La magie du spectacle des nuages planant sur la vallée en contre-bas restera à jamais gravée dans nos mémoires.
– Huit jours de marche et 180 kilomètres : Roncevaux, enfin ! Au revoir la France. Le chemin continue où Dieu nous mènera… Ultréïa !
– Les treize “Belges” (Anne et Pierre, Isabelle et Bernard S., Isabelle et Xavier C., Jean-François, Patricia et Olivier, Pierrette et Peter, Valérie et Yves).

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Premier septembre 2017 : 60 ans déjà !

_00021Voici bientôt le premier septembre, le jour anniversaire de mon ordination sacerdotale : soixante ans déjà ! Souvent je dis que le jour de l’anniversaire est un jour comme un autre, mais qu’il donne l’occasion de dire notre reconnaissance : « tu représentes quelque chose pour moi, je suis heureux de te connaître ». Reconnaissance à Dieu Père Fils et Esprit bien sûr, mais aussi à tous ceux que j’ai connus et qui me sont proches, comme vous d’ailleurs : sans vous je ne serais pas celui que je veux être, car j’ai besoin de vous.

A cette occasion je voudrais vous entretenir de quelques regards qui, en parcourant ma vie de prêtre, ont pris une intensité et coloration différente par rapport au temps de ma jeunesse. Non pas pour parler du ‘bon vieux temps’ qui serait meilleur que maintenant, ni pour le ‘fustiger’ comme totalement dépassé, non loin de là : je respecte ce qu’étaient ces temps d’autrefois, les temps de la chrétienté comme on dit, tout en me réjouissant des acquis depuis mon enfance.

Je commence par la foi. La question que je me pose aujourd’hui : comment ma foi a-t-elle évolué ? Intensifiée ? Dans ma Flandre natale la foi m’apparaissait évidente, elle faisait partie de ma culture et de mon éducation : je ne me posais pas de questions, les questions étant posées dans le catéchisme, questions qu’on devait connaître par cœur (en flamand cela se disait : ‘ van buiten’, ce qui se traduit : ‘du dehors’ !) et les réponses données l’étaient tout autant, par cœur. Questions et réponses du catéchisme se posaient très peu (un euphémisme) en référence avec la Bible. Fort heureusement il y avait les histoires, racontées comme de vraies histoires et que je pouvais contempler sur des ‘posters’ déroulés au tableau : quelque paroissien disait il y a deux semaines : Jean aime les histoires, et c’est vrai. Certes il y avait beaucoup de sens chrétien s’exprimant dans la prière familiale chaque soir, dans les eucharisties qu’on appelait les messes mais sans songer un instant que messe veut dire : envoi en mission, non la messe étant la répétition non sanglante du sacrifice de Jésus à laquelle il fallait assister. A côté de cela il y avait bien sûr l’enseignement et l’éducation dans un collège à la discipline très stricte. Je n’oublie pas la formation dans le scoutisme qui a tellement marqué ma jeunesse : je me souviens de ma promesse, je récite encore la prière des scouts (en traduisant) : « Seigneur Jésus, toi qui as dit à tes apôtres : « Soyez toujours prêts » et m’as donné la grâce de choisir cette parole pour devise… » ; je pense à l’entraide solidaire en patrouille et à la BA (bonne action journalière)… Bref une foi évidente, se traduisant essentiellement dans le respect de « rites » dites obligatoires, dans le respect des « commandements » et certes dans une façon de vivre en chrétien. La Mission très appréciée alors était celle de l’aide aux missionnaires dans les pays lointains, allés convertir les indigènes.

Aujourd’hui comment est-ce que je parle, pense et tâche de vivre ma foi ? Je n’aime plus de dire que j’ai la foi, comme une doctrine que je possède, mais je tâche d’être croyant…même de devenir croyant, confiant en Quelqu’un que je puis appeler Dieu et surtout Père, ce Père tel que révélé en Jésus venu manifester dans le dynamisme de l’Esprit, que Lui le Père, le premier, a confiance en moi, en nous. Toutefois je ne puis plus penser que Dieu a confiance en moi, sans me dire qu’il a confiance en tout être humain, qu’il a même confiance dans l’Univers qu’il a créé. Une image forte de cela je la retrouve dans le récit de la Création : l’homme façonné par Dieu, qui lui confie le monde afin de le garder et le cultiver et surtout qui lui confie les autres, différents de lui, mais avec qui il trouve sa joie à pouvoir faire œuvre ensemble pour le bien-être de tous. Le Seigneur est avec moi, non pas à côté de moi mais en moi, demeurant en moi. Tout homme est dépositaire de l’Esprit de Dieu : je pense à l’image de Saint Paul : l’Esprit Saint vient rejoindre l’esprit de tout homme, quel qu’il soit, de quelque religion à laquelle il adhère. Mais nous chrétiens avons la chance non pas de « savoir » que Jésus l’homme de Nazareth est le Fils de Dieu montrant par ses faits et gestes jusque dans le don total de sa vie, qui Dieu veut être pour les hommes, mais d’y croire, sans preuves matérielles, dans l’expérience que le croyant peut expérimenter dans son vécu concret. La mission de tout homme est d’être image de Dieu, la mission de tout chrétien est de faire voir qui est Jésus vivant en lui. Ce qui est devenu important en moi, c’est de vivre ces quatre dimensions – la relation à Dieu, à l’environnement, aux autres et à soi-même dans une symbiose unanime. Nous sommes créés pour vivre sous l’impulsion de son Esprit cette solidarité au jour le jour, chacun avec les circonstances concrètes de sa vie. Vivre c’est aimer et la définition que je donne à l’amour : faire vivre l’autre et ainsi vivre soi-même. Voilà pour la foi.

J’en viens à la Parole de Dieu. J’entends des gens dire : ce que nous lisons dans la Bible ce sont des paroles d’hommes, ce que nous lisons dans les évangiles ce sont des écrits selon Matthieu, Marc, Luc, Jean ou même Paul. J’acquiesce à ce regard, tout en précisant que l’Esprit est à l’œuvre dans les écrits de ces hommes. J’entends aussi dire que les écrits de l’Ancien Testament racontent des violences qui seraient voulues par Dieu, je pense aux cavaliers égyptiens noyés dans la Mer Rouge : inaudible aujourd’hui, pourquoi lit-on cela dans la nuit de Pâques ? La Bible est pour moi un livre d’histoires, l’histoire sainte en sachant que le mot histoire n’a rien à voir avec le sens actuel de la « science historique » : cela s’est passé comme cela ! Non l’histoire a tout à voir avec l’étymologie du mot histoire : un tissu d’événements : c’est notre histoire, notre vie qu’on tisse à travers ces narrations. Non pas que tout soit inventé, mais tout a été, à un moment donné, perçu : le Dieu violent n’est-il pas encore dans la perception de beaucoup : qu’ai-je fait au bon Dieu pour que… ? Fausse image de Dieu. Dans le passé cela a été aussi perçu par ce qui nous est raconté, mais pour faire émerger la vraie image de Dieu, le Dieu de l’Alliance : j’aime bien le mot : un Dieu qui se lie aux hommes, veut avoir besoin des hommes, qui fait de nous ses alliés. Tout cela est encore plus clair dans les évangiles qui ne sont pas des biographies de Jésus, mais en puisant dans le souvenir de Jésus on y perçoit les réponses de Jésus ressuscité aux problèmes qui se posent dans les premières communautés chrétiennes, tout autant que les réponses que Jésus nous suggère aux questionnements que nous nous posons. Lire l’histoire sainte, lire les évangiles et les lettres des apôtres, c’est lire notre histoire. Une approche du Pape François m’interpelle quant à l’homélie : « la préoccupation, la première occupation du prêtre ou du diacre qui prêche doit être : non pas se dire que vais-je leur dire, mais avant tout s’entendre personnellement interpellé par le récit de l’Ecriture et ensuite traduire ce qu’il a perçu dans la prière sous l’inspiration de l’Esprit, pour la nourriture de la communauté ».

L’Eucharistie a été et est toujours essentielle dans ma vie, pour autant que l’on comprenne bien qu’il s’agit d’y communier. Communier c’est, selon l’étymologie, recevoir une mission ensemble. Communier d’abord à la Parole de Dieu que je suis appelé à vivre. Etre pratiquant selon Jésus : c’est écouter la Parole et la mettre en pratique. Ensuite communier au corps donné pour nous et au sang versé pour nous pour que nous, en communauté et individuellement, devenions le Corps du Christ. Communier enfin à la mission du Christ : nous entendre dire : « allons dans la paix et la joie du Christ ». Les autres sacrements, baptême, malades et mariage, toujours des rencontres avant d’être des rites à respecter, les rites sont les signes pour qu’ils soient porteurs de signification et ainsi vécus dans notre vie.

Et l’Eglise ? Autrefois dans ma jeunesse elle était perçue comme une institution dirigée par la hiérarchie qui a le dernier mot. Grâce au Concile elle est devenue pour notre temps la communauté des disciples de Jésus, l’Eglise Peuple de Dieu : son objectif est de faire communauté en ayant le souci ensemble du bien-être des humains à tous les niveaux. Universel d’abord, pensons aux migrants, car Dieu aime tous les hommes quels qu’ils soient ; niveau chrétien ensuite, tous marqués par la confiance mutuelle entre Jésus et les siens, niveau d’une communauté à taille humaine, telle que la famille, la paroisse et tant d’autres initiatives créées pour assurer le ‘bien-être’ avec l’accent sur l’être de tous, car tous ont la dignité humaine.

Un dernier mot sur le prêtre : je me souviens toujours que le jour où je suis entré au Séminaire le 25 septembre 1950, le Président, responsable du Séminaire a dit aux nouveaux venus dont j’étais : « Désormais vous êtes des « segregati » ce qui signifie : « hors du troupeau » Quelle image du prêtre ! Je préfère de loin l’image que le pape François donne du pasteur dans son exhortation apostolique : « Avec le troupeau, parfois en tête certes pour veiller au chemin conduisant aux pâturages, parfois au milieu du troupeau – je pense à la devise de notre archevêque le Cardinal De Kesel : « Chrétien avec vous » – aussi parfois à l’arrière du troupeau pour manifester le souci des retardataires. Non, le prêtre n’est pas l’homme du « sacré », mais avec les siens l’homme de Dieu comme le Fils de l’homme l’a été et l’est. Ainsi je tâche de porter mon regard sur Jésus, pour le voir à l’œuvre dans la foi des évangélistes afin qu’il soit aussi à l’œuvre dans ma vie. Jésus est celui qui appelle, nous sommes tous appelés, tous nous avons la vocation mais chacun selon son charisme qu’il a reçu du Seigneur. Ma prière pour les vocations : que le Seigneur donne accès au pastorat à de nombreux candidats qu’il appelle à son service.

Voilà j’en termine en rappelant que j’ai voulu dire en toute franchise les préoccupations qui sont les miennes. Avec toute la reconnaissance pour tant d’entre vous parce qu’ils m’ont révélé la bonté et le souci du don de soi que le Seigneur vous inspire.

Père Jean