Concert

« Histoires et légendes »

Le groupe 3 voices 4 hands qui nous avait chanté « CARMEN » l’année dernière revient à Saint-Paul avec un nouveau concert intitulé :

le 21 février prochain à 16h.

 

Three Voices, Four Hands

Le choix des œuvres que vous y entendrez vous enchantera, et vous emportera dans un monde de magie et de rêverie!

Cette année, les bénéfices du concert seront versés à l’association «
LES CHEMINS DE TRAVERSE
 » qui soutient la réinsertion des prisonniers.

La recette de ce concert sera versée à l’association des « Chemins de Traver-Se » Cette association, crée à l’initiative de l’aumônerie catholique de la prison de Nivelles a pour objectif la réinsertion d’anciens détenus. Des excursions, promenades et randonnées en montagne sont organisées, durant lesquelles, d’anciens détenus en réinsertion sont responsables de personnes handicapées avec lesquelles ils cheminent à l’aide de Joëllettes (chaises à bras tout-terrain) qui permettent aux personnes handicapées de randonner sur des sentiers de forêts et de montagne.
L’association possède également des hébergements transitoires pour les personnes libérées.

Venez nombreux pour faire de cet événement une grande action de solidarité de toute la communauté vivante et dynamique de Saint-Paul !

Ciné-Club

des paroisses de St. Paul et de St. François

La panne d’ordinateur n’étant plus qu’un mauvais souvenir, nous vous convions à une nouvelle séance du ciné-club le dimanche 26 février prochain à 17h00, mais ATTENTION : à la Salle Notre Dame de la paroisse St François d’Assise au Chenois, la projection du film étant à leur demande.

Nous projetterons le film :

“Le Festin de Babette”,

mentionné par le Pape François en personne dans son exhortation “Amoris Laetitia”.

“Si vous ne connaissez pas ce film, c’est un petit bijou de cinéma!

Des mots mêmes du Pape : “Les joies les plus intenses de la vie jaillissent quand on peut donner du bonheur aux autres (…) Il faut rappeler la joyeuse scène du film Le festin de Babette, où la généreuse cuisinière reçoit une étreinte reconnaissante et un éloge : “avec toi, comme les anges se régaleront”. Elle est douce et réconfortante la joie de contribuer à faire plaisir aux autres, de les voir prendre plaisir. Cette satisfaction, effet de l’amour fraternel, n’est pas celle de la vanité de celui qui se regarde lui-même, mais celle de celui qui aime, se complait dans le bien de l’être aimé.” Et Babette, elle, donne absolument tout, par amour.

Sachez que c’est également un des films préférés de Jean-François et pour Peter et Pierrette un film culte!

Bienvenue donc à tou(te)s les curieux(ses).

PS : Le film est sous-titré en français.

Peter VIS

Message des évêques de Belgique

Message des évêques de Belgique pour le Carême : « Miséricordieux comme le Père »

Les évêques de Belgique souhaitent à tous les fidèles catholiques de notre pays un Carême aussi fervent que joyeux. Ce temps de grâce nous est offert pour nous préparer à la fête principale de la vie chrétienne : Pâques ! Par une vie de prière plus intense qui nous tourne vers le Seigneur, par un partage plus attentif aux autres, par un jeûne qui nous décentre de nous-mêmes, nous témoignons, en Eglise, de notre désir de conversion au Christ.

Ce temps de Carême prend cette année une coloration toute particulière, avec la célébration de l’Année jubilaire de la Miséricorde. L’invitation du pape François s’inscrit dans sa volonté et sa persévérance de ramener l’Eglise au cœur du message chrétien : la joie de l’Evangile. Qu’il en soit remercié !

Les évêques de Belgique sont heureux de pouvoir relayer cet appel du pape. Ils encouragent chacun à la découverte de l’amour miséricordieux du Père, tout spécialement dans les églises jubilaires. Réparties dans nos diocèses, ces lieux se veulent accueillants aux pèlerins qui osent se mettre en route et qui, riches du pardon de Dieu, deviennent à leur tour témoins de sa miséricorde. Bon Carême !

Les évêques de Belgique
SIPI – Bruxelles, lundi 8 février 2016

 

La meilleure façon de se convertir, c’est de prêcher

En écoutant certaines émissions sur le récent synode sur la famille, plusieurs déclarations m’ont frappé. Et plus particulièrement ce qu’a dit l’actuel maître de l’ordre des Prêcheurs (Dominicains), Bruno CADORÉ. Je le cite textuellement : « La meilleure préparation à la vie chrétienne, c’est d’être responsable de transmettre la foi… La meilleure façon de se convertir, c’est de prêcher ; il ne faut pas d’abord se préparer pour prêcher, il faut prêcher pour se convertir… Très souvent dans l’Eglise, on dit qu’il faut se préparer pour faire bien les choses, non il faut plonger dans la transmission de la Parole de Dieu, elle va nous convertir. »
En fait ce que dit le dominicain, ça tombe sous le sens. Il fallait juste y penser et trouver les mots pour le dire ! C’est en forgeant qu’on devient forgeron, n’est-ce pas ! On ne sait pas faire un meuble, en regardant uniquement les photos : il faut en fabriquer un et même plusieurs pour (se) prouver qu’on en est capable. On ne maîtrisera un théorème que quand on l’aura démontré plusieurs fois. Et pourquoi n’en serait-il pas de même dans le domaine de la foi ?

On aura beau écouter les textes liturgiques sans rater une messe, il arrive toujours qu’on dise : ce texte je ne le connais pas, alors qu’il est lu tous les trois ans, selon le cycle établi par la réforme liturgique de Vatican II. Autre chose si l’un ou l’autre texte est revenu dans une discussion. Beaucoup de pratiquants réguliers se trouvent toujours démunis pour argumenter face aux discours des témoins de Jéhovah ! Des échanges lors de groupes bibliques ou de groupes de réflexion, permettront d’enregistrer des textes bibliques pour bien les reproduire en temps utile. Faites le test de faire le plan d’une messe dans les moindres détails : on sera étonné alors qu’on est là à toutes les célébrations !

Je ne veux culpabiliser personne, mais je sais que je retiens beaucoup mieux ce que j’ai essayé d’expliquer. Et c’est très vrai ce que dit le Père Cadoré : il faut plonger. Car la meilleure préparation à la vie chrétienne, c’est d’être responsable de transmettre la foi, c’est de prêcher.

Et si tout le monde devenait catéchiste ! Et même si on ne devient pas catéchiste « à temps plein », si les jeunes parents s’investissaient aux occasions qu’offre la paroisse, comme les messes des familles, comme le dimanche autrement, comme les groupes de réflexion et autres groupes bibliques. Je parle des jeunes parents, mais cela vaut également pour ceux qui ont envie d’approfondir leur foi. Je parle des jeunes parents parce qu’ils cheminent avec leur enfant en catéchèse : si l’enfant ne leur pose jamais de « colle » sur des sujets de religion, c’est peut-être qu’ils évitent de parler religion avec leur enfant, de peur que le petit ne remarque qu’on ne sait pas répondre ; par contre quand le dialogue sur la religion est fréquent et profond (ainsi que la prière), la relation parent-enfant s’en trouve fort riche et harmonieuse. Les rencontres de catéchèse peuvent être performantes, la transmission de la foi à l’enfant reste quand même la responsabilité des parents.

Chers paroissiens (pas uniquement les parents), acceptez-vous la responsabilité de transmettre la foi ? Pour votre meilleure vie chrétienne ! Offrez-vous des occasions de « vérifier » votre foi, en expliquant l’un ou l’autre « mystère » de notre foi, histoire de voir si votre raisonnement tient la route, si vous gardez le cap de la foi des Apôtres, mais aussi en vous rendant utiles à la communauté paroissiale.

Venuste

L’année sainte de la miséricorde

fiorettis

Le pape François a ouvert le mardi 8 décembre la porte sainte de la basilique Saint-Pierre, inaugurant l’année sainte de la miséricorde, en présence de Benoît XVI.

Âgé de 88 ans, Joseph Ratzinger fut témoin du concile Vatican II, dont ce 8 décembre, fête de l’Immaculée conception, marque le 50e anniversaire de la clôture. Une date choisie à dessein pour l’ouverture du présent jubilé que le pape François imprime ainsi de l’esprit conciliaire.

Le témoignage que demande le pape François à l’Église en ce jubilé n’est autre que celui de « la miséricorde du bon samaritain. Aller à la rencontre de tout homme là où il vit: dans sa ville, dans sa maison, sur son lieu de travail… partout où il y a une personne », a dit pape dans son homélie. Il a ajouté : « Nous devons faire passer la miséricorde avant le jugement »

Le nom de Dieu est Miséricorde.

C’est le titre du nouveau livre du pape Le nom de DieuFrançois, conversation entre le Souverain Pontife et le journaliste Andrea Tornielli, sur le thème de l’année jubilaire, la miséricorde.

Le livre est sorti simultanément, le mardi 12 janvier, dans 86 pays. Il est édité par les éditions Robert Laffont et les Presses de la Renaissance.

«L’Église condamne le péché parce qu’elle doit dire la vérité: ceci est un péché. Mais en même temps, elle embrasse le pécheur qui se reconnaît tel, elle est proche de lui, elle lui parle dans l’infinie miséricorde de Dieu. »

« L’Église n’est pas là pour condamner, mais pour permettre la rencontre avec cet amour viscéral qui est la miséricorde de Dieu. Pour que cela se produise, je le répète souvent, il est nécessaire de sortir. Sortir des églises et des paroisses, sortir et aller chercher les gens là où ils vivent, où ils souffrent, où ils espèrent.»

«L’hôpital de campagne, l’image avec laquelle je me plais à représenter cette «Église en sortie», a pour caractéristique de naître là où l’on se bat: ce n’est pas la structure solide, pourvue de tout, où l’on va soigner les maladies bénignes ou gravissimes. C’est une structure mobile, de sauvetage, d’intervention rapide, pour éviter que les combattants ne succombent.»

« Chaque page de ce livre vibre du désir du pape François de toucher les âmes qui cherchent un sens à leur vie, un chemin de paix et de réconciliation, un remède à leurs blessures physiques et morales.»

La lettre Encyclique de François, “LAUDATO SI“

laudato si

C’est un message qui s’adresse au monde entier, à tout homme et toute femme, soucieux de préserver notre “Maison commune“.

C’est un message d’une importance capitale, qui recouvre, comme aucun autre tous les aspects de la protection de “Notre Maison Commune“, y compris les aspects sociaux. Les plus pauvres doivent y avoir leur place. A nous de la leur donner.

Ecrit dans des mots simples, à la portée de tous, il étonne par son caractère transcendant toute religion. Quand nos chefs d’état, au travers du COP21, et d’autres, imaginent des mesures “non contraignantes“, on sait que le véritable effort écologique viendra de la base, de chacun de nous. C’est à cela que François nous invite.

Sa lettre est à lire par tous, toutes affaires cessantes. Et particulièrement par chacun de nous, paroissiens de St Paul. Elle existe déjà dans une édition brochée à 4,50 € très lisible, en grands caractères et sur un beau papier.

OSER LA BIENVEILLANCE

par LYTTA BASSET

Le groupe de partage initié à St Paul, il y a trente ans, par Cécile et Lucien, a pris ce titre comme thème de lecture. Il s’inscrit particulièrement bien dans l’ANNEE SAINTE voulue par le Pape François sur le thème de la Compassion.

Christiane, Dominique, Françoise, Guy, Marica et Emile vous en proposent le survol.

LYTTA BASSETDans un premier temps LYTTA BASSET théologienne protestante décrit la généalogie de la notion du « Péché Originel » qui remonte à St AUGUSTIN. Elle montre que ce pessimisme radical, opposé aux premiers Pères de l’Eglise est totalement étranger à l’EVANGILE.

JESUS est la bienveillance incarnée. « Venez à moi, vous les fatigués, les surmenés, Je vous donnerai le repos. La BIENVEILLANCE c’est veiller au bien de l’autre. Elle est indispensable à la vie de chacun.

JESUS nous montre que pour le PÈRE, la BIENVEILLANCE est toujours EN EXCES par rapport à nos comportements; ELLE n’attend jamais nos « mea-culpa ». ELLE dépasse la Loi et les règlements face au sort de notre semblable; ELLE nous fait découvrir nos responsabilités vis-à-vis d’autrui.

Cette RESPONSABILITE n’est pas écrasante, elle est à notre mesure, elle relève toujours de notre possibilité de poser un acte libre. La RESPONSABILITE c’est « quelqu’un », tandis que la FATALITE ce n’est « personne ». Je suis libre si je « renoue la relation ». Je dois comprendre qu’il y a un « TOUT- AUTRE » qui est l’Initiateur et de la Vie, et du dialogue. Déjà dans la genèse Dieu a appelé Caïn à sa responsabilité face à Abel et non face à la Loi. Les RESPONSABILITES ne se PRENNENT pas, c’est à un appel que l’on répond, que l’on RECOIT.

La BIENVEILLANCE est une réponse. En faisant parler Dieu le premier, la Genèse situe tout langage humain comme une réponse, pas celle d’un autre, pas une réponse toute faite mais la mienne. Nous sommes invités à aimer notre prochain et non notre « lointain». Dieu accueille, sans faire de comptes, chaque être humain avec son malheur et sa malfaisance. Il ne désire qu’une chose qu’il Lui réponde. En « mé-disant » de ce SOUFFLE BIENVEILLANT DU TOUT AUTRE » en disant que son Pardon n’existe pas, c’est pour l’éternité que l’homme se prive de la libération.

La BIENVEILLANCE n’est pas un concept à comprendre, elle est à vivre, elle est « Bonne Nouvelle à VOIR ». Il appartient à chaque homme de faire VOIR la Bonne Nouvelle dont il est dépositaire vis-à-vis des autres hommes.

Lorsque, après avoir percé le toit de la maison le paralytique est déposé devant les scribes et les pharisiens qui entourent Jésus, Luc rapporte ces paroles : « Pour que vous VOYEZ QUE LE FILS DE L’HUMAIN » à pouvoir sur terre de « relâcher les fautes » Il dit : « prends ton lit et rentre chez toi, tes fautes sont relâchées ». Et tous étaient bouleversés (en extase). Ils diront qu’ils ont VU que LE TOUT AUTRE est pure BIENVEILLANCE.

LYTTA BASSET aborde aussi, entre autre, le problème de la liberté ou du conditionnement de nos choix.

Le désir de liberté est considéré aujourd’hui comme une réaction biologique d’un humain dès sa naissance. Un bébé a bien des façons de dire NON.

La Bible n’a aucun mot pour LIBERTE. Elle ne connait que LIBERATION. C’est un processus et non un concept. Les exemples de ce processus nous montrent des sauts de puces « le grain de sénevé, le sel de la terre, les miettes tombées de la table, le verre d’eau que vous donnerez à ce petit…».

Notre LIBERTE existe à « chaque fois que… ».

Dieu respecte notre liberté. Il est avec nous mais pas sans nous, ni contre nous.

envoyé par E. V.

Noël en prison

Mille mercis, chers amis, pour la formidable solidarité que vous avez manifestée, cette année encore, à l’égard de l’aumônerie de prison et, par elle, en faveur des détenus que nous rencontrons plus ou moins régulièrement pour bavarder, réfléchir, célébrer, prier, retrouver le moral, l’espoir ou l’espérance, etc.

Vous n’imaginez peut-être pas à quel point ce que vous avez offert : timbres, cartes de vœux, cahiers, stylos à bille, crayons, enveloppes, jeux de cartes, friandises, thé, etc. peuvent éclairer des visages ternis par la routine carcérale, l’attente anxieuse de décisions favorables, l’excessive promiscuité et/ou un sentiment de solitude à la limite des forces…

Vous n’imaginez peut-être pas non plus combien votre geste peut donner confiance et allant aux aumôniers dans une mission ou un service qui est parfois difficile à rendre, entre autres parce qu’il n’est pas toujours bien compris, singulièrement quand on vous affirme qu’il y a tant de gens « bien » qui mériteraient tellement plus d’attention, tant de vraies bonnes causes qui valent la peine qu’on les défende… Comment croire, envers et contre tout, que « tout homme est un frère » ? Quelle chance d’y être aidés !

Tout tout grand merci, du fond du cœur !

Pour l’aumônerie de la prison de Nivelles, Patricia et Jean-François.

En avant ! (…) c’est maintenant le temps de la miséricorde

Une année s’achève. Que d’évènements vécus, heureux ou Miséricordemalheureux, en société, en Eglise, individuellement ou collectivement. On s’en souviendra, et certainement on en tirera des leçons pour l’avenir. Dans notre paroisse l’année qui s’achève aura été marquée entre autres, sur le plan pastoral, par un triple lancement. Le lancement de la nouvelle catéchèse, des messes des familles et du dimanche autrement. De nouvelles opportunités pour faire et vivre autrement l’Eglise.
Alors que l’année civile s’achève, celle liturgique de l’Eglise avait déjà précédée de quelques semaines. L’année liturgique débutée avec le temps fort de l’Avent, nous fait vivre en ces jours ce temps de Noël. La naissance de Jésus de Nazareth, s’il faut en dire quelque chose selon la foi chrétienne, est l’évènement historique majeur qui scelle la discontinuité et la spécificité du christianisme d’avec les autres confessions non chrétiennes et qui contient en germe tout le mystère chrétien.

Jésus n’est pas seulement un grand prophète de Dieu, mais le Fils même de Dieu (non créé mais engendré de toute éternité) qui nait dans la chair. Quand le Dieu transcendant et invisible se fait homme, tout l’humain se trouve rehaussé dans son ultime dignité comme demeure et reflet du divin. L’histoire de l’humanité atteint sa plénitude. Désormais l’homme dépasse l’homme et n’est plus ni le centre, ni le modèle de lui-même. Avons-nous conscience que fêter Noël véritablement, c’est donc aller au-delà du folklore décoratif des sapins illuminés et guirlandés pour croire à cette vérité et s’ouvrir à cette convocation divine?

En tout cas, liturgique ou civile, une nouvelle année s’offre à nous. Le pape François la veut particulièrement spéciale. Il l’a proclamée « année sainte extraordinaire », jubilé avec comme thème « Dieu riche en Miséricorde » (Ephésiens 2,4) ; « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36). « C’est un programme de vie aussi exigeant que riche de joie et de paix » écrit-il (M.V., Misericordiaevultus, bulle papale d’indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, §). Ce jubilé est un moment favorable pour changer de vie, le temps de se laisser toucher au cœur. Face au mal commis, et même aux crimes graves, voici le moment d’écouter pleurer les innocents dépouillés de leurs biens, de leur dignité, de leur affection, de leur vie même ». Ouvert en la fête de l’Immaculée conception, le 8 décembre dernier, il va se clôturer le 20 Novembre 2016, solennité du Christ-Roi de l’univers. De tradition de l’Eglise, l’année sainte extraordinaire n’est proclamée qu’à l’occasion des évènements historiques remarquables.

Le Pape justifie ce jubilé extraordinaire par le pressant besoin que ressent l’Eglise de vivre la miséricorde. Il s’inscrit dans la dynamique de saint Jean Paul II qui avait noté en son temps l’oubli du thème de la miséricorde dans la culture actuelle : « La mentalité contemporaine semble s’opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde. Le mot et l’idée de miséricorde semblent mettre mal à l’aise l’homme qui, grâce à un développement scientifique et technique inconnu jusqu’ici, est devenu maître de la terre qu’il a soumise et dominée (cf. Gn 1, 28) » MV § 11.
Pour le Pape François, l’expérience du pardon est devenue plus rare dans notre culture. « Ressentir de la miséricorde, ce mot change tout. C’est le mieux que nous pouvons ressentir : cela change le monde. Un peu de miséricorde fait en sorte que le monde soit moins froid et plus juste. Nous avons besoin de comprendre bien cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui est tellement patient ». (Angélus du 17 mars 2013). Il reviendra peu après sur ce thème qui lui est particulièrement cher dans son encyclique qu’on considère comme l’écrit programme de son pontificat : « L’Eglise vit un désir inépuisable d’offrir la miséricorde, fruit de l’expérimentation de l’infinie miséricorde du Père et de sa force de diffusion. » (EG 24). Et il ne cesse d’insister : « Il y a tellement besoin, aujourd’hui, de miséricorde et il est important que les fidèles laïcs la vivent et l’apportent dans les différents milieux de la société ». (Angélus du 11 janvier 2015).

Voilà pourquoi il estime que « Le temps est venu pour l’Eglise de retrouver la joyeuse annonce du pardon. Il est temps de revenir à l’essentiel pour se charger des faiblesses et des difficultés de nos frères. Le pardon est une force qui ressuscite en vie nouvelle et donne le courage pour regarder l’avenir avec espérance ». « En avant ! Nous sommes en train de vivre le temps de la miséricorde : c’est maintenant le temps de la miséricorde » (Angélus du 11 janvier 2015).
Cette année Sainte a un objectif. Elle se veut une opportunité pour approfondir notre foi et vivre, d’un engagement renouvelé, le témoignage chrétien. L’Eglise y est conviée à vivre et à témoigner elle-même de la miséricorde. « Son langage et ses gestes doivent transmettre la miséricorde pour pénétrer le cœur des personnes et les inciter à retrouver le chemin du retour au Père » (Mv § 12). Nos paroisses, nos communautés, nos associations et tous nos mouvements devront se transformer en « oasis de miséricorde » au milieu de la mer de l’indifférence. Tout est mis en œuvre pour que les fidèles tirent avantage de ce grand évènement ecclésial. Le calendrier de cette année prévoit des célébrations diverses et des jubilés pour les différentes catégories des fidèles.

« Le pèlerinage est un signe particulier de l’Année Sainte, écrit le Pape. Chacun devra, selon ses forces, faire un pèlerinage. Ce sera le signe que la miséricorde est un but à atteindre, qui demande engagement et sacrifice. Que le pèlerinage stimule notre conversion ». (Mv § 14)
Puissions-nous donc vivre intensément cette année sainte en gardant en mémoire le souhait du Saint-Père : Que l’Eglise soit encore davantage appelée à soigner les blessures crées par les situations de précarité et de souffrance de ceux qui vivent dans les périphéries du monde moderne, « à les soulager avec l’huile de la consolation, à les panser avec la miséricorde et à les soigner par la solidarité et l’attention. Ne tombons pas dans l’indifférence qui humilie, dans l’habitude qui anesthésie l’âme et empêche de découvrir la nouveauté, dans le cynisme destructeur. Ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et sœurs privés de dignité, et sentons-nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide. Que nos mains serrent leurs mains et les attirent vers nous afin qu’ils sentent la chaleur de notre présence, de l’amitié et de la fraternité. Que leur cri devienne le nôtre et qu’ensemble, nous puissions briser la barrière d’indifférence qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme » (Mv § 15).

Concluons avec le Pape : « Combien, je désire que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu ! Qu’à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous » (Mv § 5). « Que puisse parvenir à tous la parole de pardon et que l’invitation à faire l’expérience de la miséricorde ne laisse personne indifférent ! » § 19).

jubilé-de-la-miséricorde

Joyeux Noël à tous, heureuse année 2016 et fructueux jubilé de miséricorde.

Wilfried IPAKA KEBADIO

De la jubilation

« Il y a dans les bois Des arbres fous d’oiseaux. »
Arbre à oiseaux

Paul Eluard

Étudiant, il m’arrivait pendant les vacances de voyager en « bateau-stop ». « Quelle est votre destination? Acceptez-vous des passagers? » Deux questions qui m’ont mené, d’escale en escale, tout au long du Saint-Laurent, de Mon­tréal à la mer.

J’ai passé des nuits entières, étendu dans les cordages, sans perdre des yeux le balancement des feux de hauts-mâts parmi les étoiles de la Voie lactée. Je n’ai pas manqué une seconde du déroulement de l’aube, depuis les premières lueurs grises jusqu’à l’embrasement du ciel en filaments écarlates.

Des dauphins souvent nous accompagnaient, nous prenant de vitesse, pour revenir en volte-face. Leurs ventres retour­nés reflétaient la lumière dorée du Soleil sur la mer bleue, blanchie par l’écume des vagues.

Un jour, enthousiasmé par la beauté du spectacle, j’alerte un des marins avec lequel j’avais, la veille, longuement con­versé. Il descend dans le bateau, en ressort avec trois hom­mes portant des fusils de chasse… Malgré mes protestations, l’eau devient rouge. Adieu les dauphins… J’ai revu ce marin plus tard dans la journée. Je lui ai rap­pelé notre conversation de la veille. Il m’avait parlé de son enfance malheureuse, de son père ivrogne et de la tristesse de sa situation actuelle. Il avait ajouté : « De partout, il ne m’arrive que des emmerdes. » Avait-il conscience d’avoir détruit une source de plaisir? Manifestement, ces mots n’évoquaient en lui aucune réso­nance. Son vrai malheur était peut-être là. Comment retenir la pulsion de tuer quand la jubilation est absente?

« J’ai eu très tôt, enfant, écrit Annie Leclerc dans Épou­sailles, l’idée — mais c’était aussi l’étreinte d’un désir — qu’il fallait connaître et affirmer de là où c’était le plus fort, le plus puissant, que notre faculté d’accès au vrai désirable n’était ni l’entendement, ni la raison, ni l’intelligence mais la seule jubilation.»

Elle fait ainsi écho au mot de Goethe : « Les théories sont grises, mais les feuilles sont toujours vertes.»

« Plus on comprend l’univers, plus il nous apparaît vide de sens », écrit dans Les Trois Premières Minutes le physi­cien Stephen Weinberg. Je le mets au défi de répéter ces mots en écoutant — comme je le fais en ce moment — Les Noces de Figaro de Mozart.

« La musique, souvent, me prend comme une mer. » Quand, avec Beethoven ou Wagner, je m’embarque pour une croisière, ces vers de Baudelaire quelquefois me reviennent en mémoire. Guidé par ces timoniers géniaux, charrié, bous­culé par les lames profondes, je sens monter en moi un irré­sistible sentiment d’exaltation et de reconnaissance pour la vie et pour l’univers qui l’a engendrée.

Les sons, les couleurs, les mots sont les alphabets des artis­tes. De leurs combinaisons naissent des émotions nouvelles qui nous révèlent en nous-mêmes des océans inconnus, des cavernes d’Ali Baba inexplorées.

Il est difficile d’imaginer qu’il y a trois siècles à peine les œuvres de Bach, de Haydn, de Schubert, les tableaux de Turner, de Monet et de Van Gogh n’existaient pas. Il faudrait célébrer leur apparition comme autant de révélations des mer­veilleuses potentialités de la matière primordiale.

Grâce au labeur des artistes, la réalité acquiert de nouvel­les dimensions, l’univers gagne en splendeur et en richesse. Des voies nouvelles s’ouvrent pour transformer les moments de notre existence en instants d’exultation.

Sur un poster, Baudelaire me regarde. Dans ses yeux dou­loureux, je lis un message ; celui du Spleen de Paris :

« Si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer! » Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! »

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu : à votre guise. Mais enivrez-vous !

Envoyé par G. K.

Quelques heures en prison…à l’occasion de la messe de Noël

Nous sommes 3 paroissiens débarquant à la prison ce lundi 21 décembre : J. W. qui y vient très régulièrement pour animer la messe avec sa guitare et I. C. et moi-même qui sommes les choristes pour cette messe de Noël.

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C’était la toute première fois que je rentrais dans une prison et j’ai été fort impressionnée… Cela nous a pris 3/4 h avant de pouvoir réellement rentrer dans la prison : remises de cartes d’identité, vérification d’autorisations, prise de photo, passage de toutes ces portes grillagées et verrouillées, du scanning… Ensuite traversée de ces immenses couloirs avec les cellules des prisonniers de tous côtés pour finalement arriver dans ce lieu très accueillant qu’est l’aumônerie.

 

La pièce avait été décorée pour Noël par quelques prisonniers avec l’aide de Jean François et Patricia. Ceux-ci sont arrivés par bloc de couloirs dans leurs uniformes de différentes couleurs suivant qu’ils travaillent ou pas. Assez impressionnant ce moment-là aussi et étonnant : la plupart ont des têtes bien sympathiques, comme vous et moi…Qu’a-t-il donc pu leur arriver pour qu’ils se retrouvent ici?

L’un et l’autre avaient préparé de très beaux mots et poèmes, beaucoup participaient activement à cette belle célébration, mais certains étaient apparemment là aussi pour souffler un peu et être ailleurs que dans leurs cellules je suppose.

Pixabay

Il y a eu après la messe un petit drink qui fut l’occasion de dire quelques mots à l’un ou l’autre et là on est tout à fait sidérés de leurs parcours de vie évidemment.. et étonnés aussi comme un mot malvenu de l’un peut rapidement en entraîner un autre violent de l’autre et provoquer l’escalade…

 

Bref, j’ai été très impressionnée par ce moment partagé avec tous ces gars qui pour la plupart en ont encore pour des années derrière les barreaux…

mais j’y retournerai bien volontiers l’année prochaine.

Mais j’ai surtout été impressionnée par ce coin de chaleur humaine grâce à Jean François et Patricia qui avaient préparé une bien belle célébration pleine de signes d’espoir et de paix au milieu de ce lieu si froid qu’est la prison. Merci à eux!

I.S.