Homélie de Vénuste.

Sagesse 6,12-16 : la sagesse personnifiée, c’est, dans la Bible, Dieu lui-même, et pour nous chrétiens, le Christ en qui la Sagesse de Dieu a pris visage d’homme. Il a le souci d’instruire son peuple, il se laisse aisément chercher, trouver, contempler. Il vient au-devant de ceux qui le cherchent.

1 Thessaloniciens 4,13-14 : la résurrection est le cœur de notre foi. Ce qui nous distingue des autres religions, c’est notre foi en Christ qui a vaincu la mort et nous donne part à sa victoire. L’Eglise attend le retour du Christ ; pour les premiers chrétiens, c’était tellement imminent que Paul lui-même se voit dans le cortège de ceux qui seront encore vivants quand Christ viendra. La résurrection n’est pas une réédition d’une vie interrompue par la mort : Dieu emmènera avec son Fils « ceux qui se sont endormis »… « Nous serons emportés sur les nuées du ciel à la rencontre du Seigneur ».

Matthieu 25, 1-13 : le retour du Christ est avant tout une invitation à une fête de noce, elle n’est une catastrophe que pour ceux qui n’auront pas leur lampe avec de l’huile en réserve ; ceux-ci se retrouveront dépourvus de tout, personne ne pourra leur venir en aide parce que personne ne peut veiller à la place de l’autre ! l’amour ne se prête pas ! Veillez donc…

Nous sommes en train de terminer l’année liturgique. Comme celle-ci fait défiler toute l’histoire du salut, elle se clôture par « les derniers temps » : le retour du Christ est imminent (on ne connaît ni le jour ni l’heure), tenons-nous prêts, veillons dans la foi, la charité, l’espérance, la prière.

L’évangéliste Matthieu termine le récit de la prédication du Christ en groupant trois paraboles qui parlent de la fin des temps et que nous méditons les trois derniers dimanches de l’année A. Nous avons aujourd’hui la parabole dite « des vierges sages et des vierges folles ». La nouvelle traduction pour la liturgie parle de vierges prévoyantes et insouciantes. Folles ? Il ne s’agit pas ici de gens bons pour l’asile ni de « têtes de linotte ». Il s’agit bien de personnes qui agissent délibérément selon leurs principes, leur philosophie de vie, selon leurs idées religieuses. Autrement on pourrait croire que ce n’est pas de leur faute s’ils agissent comme ils le font. Dans la Bible, le fou c’est l’impie, celui qui refuse Dieu, qui mène une vie sans Dieu, contrairement au sage qui a fait le bon choix de s’en remettre à Dieu, de se fonder sur Dieu. La parabole des dix vierges rappelle ce qu’on appelle « la catéchèse des deux voies » qui montre qu’il n’y a que deux alternatives dans la vie : ou bien on choisit Dieu et on a la vie, ou bien on tourne le dos à Dieu et on va à la catastrophe. Comme quand Jésus compare l’homme qui bâtit sa maison sur le sable, contrairement à celui qui pose de solides fondations sur le roc, parce qu’il est prévoyant car, dans la vie, il y a des intempéries, des cyclones et des tsunamis.

Le Christ nous raconte la parabole d’une fête de noce. Lui-même est le jeune marié. Il ne nous présente pas la mariée, parce que c’est tout le monde et chacun. On dirait que l’heureuse élue sera choisie parmi ceux et celles du cortège nuptial qui ont de l’huile avec leurs lampes. Dans le cérémonial du mariage chez les Juifs, la famille et les amis sont en place, prêts à former le cortège qui accueille et accompagne le fiancé chez la mariée. En l’absence d’éclairage public, le rôle des filles d’honneur est justement d’éclairer le parcours. Les mariés n’étant jamais des exemples de ponctualité, on attend jusqu’à tomber de sommeil. Tout le monde s’endort, et personne n’est blâmé pour avoir succombé au sommeil. Au milieu de la nuit le cri retentit : « Voici l’époux ! sortez à sa rencontre ! » C’est l’heure des prévoyants, qui ont l’attitude responsable, qui sont prêts, car pour ceux qui pensent s’apprêter à la toute dernière minute, c’est trop tard et personne ne peut leur venir en aide. D’ordinaire dans les paraboles, le Seigneur parle de compréhension, il fait même « ramasser » des gens aux carrefours pour que sa maison soit remplie de convives et que le plus de monde possible profite de sa fête. Ici, il devient un portier sévère (quoique lui-même en retard !… un malin plaisir de nous surprendre ou nous faire attendre ?), quand il aura fermé sa porte, à ceux qui l’imploreront « Seigneur, ouvre-nous », il répondra sèchement « Je ne vous connais pas » !

La pointe du récit est cette huile qui va  être le « révélateur » (d’autres pensent que c’est plutôt le fait d’être présent ou pas au moment où l’époux arrive et qu’on ferme la porte, mais comment être présent, accueillir l’époux sans sa lampe allumée ?). Il y aura une minute fatidique où les imprudents vont se révéler tels et le regretter, pendant que les sages vont être félicités et s’en féliciter. Quelle est cette huile qu’on ne peut pas partager, qu’on ne peut pas emprunter ? Elle n’est sûrement pas le privilège de quelques fortunés, puisque tout le monde peut s’en procurer, mais à temps, à l’avance et l’avoir près de soi tout le temps. Chaque homme a quelque chose en quoi il « croit » qui le maintient debout en marche : un grand idéal, de grandes convictions, on parle carrément d’une « foi », même quand ce n’est pas une foi en la divinité. Et cette foi doit être alimentée par une « pratique », par une vigilance de tous les instants. Et dans ce domaine, toute imprévoyance est coupable, tout comme c’est tellement personnel que personne d’autre ne peut nous donner de sa foi ni de sa vigilance. Je pense aux grands sportifs, personne ne peut s’entraîner à leur place. Une maman qui attend un bébé, personne ne peut être à sa place. Un étudiant qui veut réussir dans la vie, ne peut compter sur le camarade qui le fait copier aux examens. L’amoureux qui se plaît dans la compagnie de la femme de sa vie, ne peut pas déléguer ni se faire remplacer. Nul ne peut alimenter la flamme de l’amour d’un autre. Vous comprenez alors que la vierge sage ne peut rien pour la vierge folle : ce n’est pas de l’égoïsme si elle dit qu’elle n’en a pas pour elle-même et pour les autres, c’est qu’il y a ce qui ne se prête pas, ne se partage pas. On ne prête pas son corps, on ne prête pas l’amour, on ne prête pas son passé, on ne prête pas sa vie…

La vie chrétienne est elle aussi une flamme d’amour à alimenter personnellement et quotidiennement. Quand l’Epoux arrive, chaque fois que le Christ vient, il doit la trouver allumée ; toute imprévoyance sera sanctionnée, parce qu’elle prouve que l’arrivée du Seigneur était le dernier de nos soucis. Nous n’avons pas à lui reprocher d’être sévère, car le tort est de notre côté, du seul fait de ne pas être prêt pour entrer à la fête. Comment vivre la fête sans s’y préparer ? Ce ne sera pas sa faute, si on tombe en panne sèche, si on n’a pas fait le plein à temps et suffisamment, si on ne se soucie pas de recharger ses batteries à temps, si on n’a pas pris au sérieux l’enjeu et l’importance de son invitation.

Comment et avec quoi faire le plein ? Faut-il disposer de ressources financières pour cela ? Faut-il fournir des efforts héroïques ? Non bien sûr, car dans ce cas, ce ne serait réservé qu’à des élites. Or la vie chrétienne, c’est ce qui a été caché aux sages et aux savants pour être révélé en plénitude aux humbles et aux petits. Mère Teresa de Calcutta commente : « Ne vous imaginez pas que l’Amour, pour être vrai, doit être extraordinaire. Ce dont on a besoin, c’est de continuer à aimer. Comment une lampe brille-t-elle, si ce n’est par l’apport continuel de petites gouttes d’huile ? Qu’il n’y ait plus de gouttes d’huile, il n’y aura plus de lumière, et l’Epoux dira : « Je ne te connais pas ». Mes amis, que sont ces gouttes d’huile dans nos lampes ? Elles sont les petites choses de la vie de tous les jours : la joie, la générosité, les petites paroles de bonté, l’humilité et la patience, simplement aussi une pensée pour les autres, notre manière de faire silence, d’écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d’agir. Voilà les véritables gouttes d’Amour qui font brûler toute une vie d’une vive flamme. Ne cherchez donc pas Jésus au loin ; il n’est pas que là-bas, il est en vous. Entretenez bien la lampe et vous le verrez. »

A chaque baptisé de prendre au sérieux la monition du prêtre quand, au baptême, celui-ci donne le cierge baptismal en disant : « C’est à vous, parents, parrain et marraine, que cette lumière est confiée. Veillez à l’entretenir : que N., illuminé par le Christ, avance dans la vie en enfant de lumière et demeure fidèle à la foi de son baptême. Ainsi, quand le Seigneur viendra, N. pourra aller à sa rencontre dans son Royaume, avec tous les saints du ciel ». La référence à la parabole du jour est très explicite.

La rencontre avec Dieu, ce n’est pas l’affaire de la minute fatidique où le cri retentit que l’époux est là. C’est l’histoire de toute une vie, comme quand on construit une maison bien solide depuis ses fondations contre l’assaut inévitable du vent et des forces de la nature. L’homme avisé prend ses précautions. Il faut y penser à temps, car dans l’extrême urgence, personne d’autre ne pourra être de quelque utilité. On aura beau taper fort à la porte d’entrée, il ne suffira pas de dire « Seigneur, Seigneur », car de l’intérieur viendra la terrible réponse : je ne vous connais pas, allez-vous-en ! Ce n’est pas au fameux dernier jour que le chrétien se souviendra qu’il devait entretenir sa vie chrétienne, comme une lampe qui devait rester allumée avec de la réserve pour l’alimenter jour et nuit.

L’huile pour nos lampes de la vie, ce sont donc les bonnes œuvres. J’ajouterai la prière. L’Eglise a toujours recommandé la prière comme le moyen le plus sûr de veiller. Le Christ le disait dans le jardin de Gethsémani à ses amis Pierre et les deux fils de Zébédée. Soyons fidèles à une prière quotidienne, une prière joyeuse, une prière contre l’assoupissement de la routine. Grâce à la prière, nous savons veiller à ce qui est essentiel, au vrai bonheur, à la vraie vie, au grand amour, plutôt que d’avoir la tête ailleurs. Elle  nous permet de sortir à la rencontre de Jésus (l’Epoux), sortir de notre quotidien trop programmé, trop surchargé ou alors sans relief, un quotidien où on s’assoupit sous le poids des habitudes. Elle stimule et permet de tenir dans les difficultés, les doutes, les crises. Elle protège notre flamme contre les courants d’air de l’erreur, de l’incroyance, de l’esprit du monde et de ses tentations.

Restons vigilants, sans stress ni angoisse cependant. Alimentons notre lampe par l’apport de l’huile que sont aussi la lecture des Saintes Ecritures et toute bonne lecture qui nourrit la foi, la participation à des formations ou des sessions… Veillons dans la prière et par les bonnes œuvres qui expriment l’amour que nous avons pour Dieu et pour le prochain. Que continue à briller notre lumière des vertus : foi, espérance, charité, fidélité, persévérance… Heureux les invités aux noces de l’Agneau.

Commentaire de Père Jean.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Alors il en sera du royaume des Cieux comme de 10 jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insensées et cinq étaient avisées. En prenant leurs lampes, les filles insensées n’avaient pas emporté de l’huile , les filles avisées, elles  avaient pris, avec leurs lampes, de l’huile dans des fioles. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, un cri retentit : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. » Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. Les insensées dirent aux avisées : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. Les avisées répondirent : « Certes pas, il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous. Allez plutôt chez les marchands et achetez pour vous. Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui, dans la salle de noce, et l’on ferma la porte   Finalement, arrivent à leur tour les autres jeunes filles qui disent : « Seigneur, seigneur, ouvre-nous ! » Mais il répondit : « En vérité, je  vous le déclare, je ne vous connais pas. » Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » 

En ce temps-là : En Matthieu chapitre 24 (nous ne l’avons pas lu cette année) Jésus a parlé de tribulations et de l’avènement du Fils de l’homme à la fin des temps. Aux disciples Il a recommandé l’attitude à avoir en ce temps entre son départ (mort et résurrection)et son retour, ce temps sera le temps de l’Eglise assistée par l’envoi de l’Esprit Saint : «Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur va venir. Tenez-vous prêts. Quel est donc le serviteur   fidèle et avisé, que le maître a établi pour donner à ceux de sa maison la nourriture en temps voulu. Heureux ce serviteur que son maître en arrivant trouvera en train de faire ce travail ; il l’établira sur tous ses biens. Mais si le mauvais serviteur se dit en son cœur : « Mon maître tarde », et qu’il se mette à battre ses compagnons, à manger et boire, le maître de ce serviteur arrivera au jour qu’il n’attend pas : il le chassera.

 Là-dessus Jésus racontera au chapitre 25 trois paraboles sur ce thème : Ce seront les dernières paroles de Jésus, son testament, avant d’entrer dans le temps de la Passion. Il y a la parabole des 10 vierges : ‘son retour pour célébrer ses noces risque d’avoir du retard,  ce sera le temps de veiller en son absence, le tempsentre son départ et son retour pour ses noces ‘ ; ce sera la parabole des talents qui circonscrit  le travail à réaliser par les disciples en ce temps de l’Eglise , enfin la parabole du jugement dernier où il nous sera donné de voir comment nous nous  sommes préparés au jugement, en nourrissant les gens  de la maison  en ce temps de veille.

La parabole des dix vierges. Jésus met en scène un homme qui s’absente pour préparer ses noces et ensuite revenir, tandis que les demoiselles d’honneur sont prêtes à l’accueillir pour commencer les noces. Si nulle part il est question de l’épouse : quand on voit en cet époux Jésus lui-même qui vient épouser son peuple lors de ses Pâques , on peut dire que les dix vierges représentent l’Eglise, communauté des disciples dans leur variété. D’emblée il y a quelque chose d’invraisemblable : l’époux tarde à arriver pour ses noces !. Pourquoi ? Pour donner le temps nécessaire à la conversion de toute l’humanité exprimée par la façon de veiller. Parmi les dix vierges il y en a cinq qui sont avisées : tout en s’apprêtant pour accueillir dans la joie l’époux elles ont tenu compte d’un certain retard en ayant un provision d’huile pour leur lampe. Il y en a cinq insensées qui n’ayant pas écouté l’avertissement de  l’époux ont écarté l’éventualité d’un retard. Que représente cette réserve d’huile ? L’huile nécessaire à la lampe qu’elle puisse briller dans la nuit en signe d’accueil pour l’époux. Pour nous chrétiens  l’onction de l’huile est signe de la venue de l’Esprit en ce temps de l’Eglise).  Voilà  la mise en scène. Que signifie cette parabole ? Les filles avisées sont récompensées pour leur sens de l’accueil, les étourdis punies pour leur imprévoyance ? Souvent on limite la portée de la parabole à cet aspect moral des choses, encore que curieusement les avisées ont une attitude peu évangélique, refusant de partager leur huile : pourquoi ? Nous y reviendrons.

La parabole de Jésus n’a-t-elle pas en vue à la communauté des premiers disciples chrétiens décontenancée par sa mort et son départ (pourquoi est-il parti ?) ainsi que son retour toujours différé ? Il y aura deux catégories de disciples. Jésus avait annoncé que la date de son retour personne ne la connaissait ! Les insensées venaient pour faire la noce et avaient oublié qu’il fallait toujours être prêtes pour l’accueil du roi, d’où elles n’avaient songé à la réserve d’huile. Elles  croyaient dans l’immédiateté de ce retour. Les avisées,  prévoyantes sans nécessairement penser à la possibilité du retard de la venue du Christ à la fin des temps, ont acheté  des bidons  d’huile pour disposer de l’huile nécessaire pour le temps de l’attente au cas où il y aurait du retard.  Dans la réalité des choses, dans les premier temps après mort et résurrection de Jésus beaucoup de chrétiens étaient sûrs de l’imminence du retour de Jésus en gloire : plus besoin de travailler en ce cas.(D’où le reproche de Paul aux Thessaloniciens que certains restent oisifs et ne se marient plus : à quoi bon, si demain Jésus revient !)  Ce sont les filles insensées. D’autres chrétiens tout en souhaitant l’imminence de la venue en arrivaient à estimer qu’ils devront patienter encore longtemps avant que l’époux ne revienne à la fin des temps. Que faire dans ce temps de l’absence de Jésus ? La parabole s’insérant dans un discours (ch 24) parlant de la veillée, elle nous fait découvrir la finalité du temps pour le chrétien. Il faut pouvoir disposer d’une réserve d’huile pour parer à toute déconvenue.  Le temps chrétien est entre le départ et le retour de Jésus : c’est le temps où être veillant est de donner aux gens de la maison de quoi manger et boire. Ce temps-là est le temps de l’Eglise que nous sommes et à la fois le temps de l’Esprit Saint. Inspiré par l’Esprit à nous de veiller à ce que tout homme de notre monde soit nourri, grâce à l’huile qui de notre lampe allumée éclairera l’onction de  l’Esprit Saint donné à tous les hommes. Notre temps le temps de l’Esprit !

 Encore un mot des vierges avisées. Dans l’attente de la venue du Seigneur la fatigue aidant,  toutes les vierges vont sommeiller et dormir. Les avisées ne veulent pas nier le retard de l’époux se souvenant de l’avertissement de Jésus que l’époux viendra à un jour et une heure que vous ne connaissez pas. Elles sont donc attentives à ce qu’il faut être présent dans le temps qui est le nôtre pour veiller que tout homme ‘ait de quoi manger et boire. Partager de leur huile avec les insensées n’est pas possible. L’huile est le don de l’Esprit qui vient rejoindre ‘mon’ esprit pour qu’ensemble , lui et moi nous continuions à faire l’oeuvre d’apporter vie et lumière au monde. Le vécu ne se  partage pas.

Les demoiselles insensées sont tellement imprégnés de la venue immédiate de l’époux n’ont même pas songé à prendre de l’huile avec elles. Elles aussi vont sommeiller et dormir mais au cri « Levez-vous, l’époux est là » elles constatent qu’elles manquent d’huile. Elles demanderont aux avisées de partager de leur huile. Mais l’huile de l’Esprit représente une relation spécifique pour chacun, elle n’est donc pas à partager  « Allez en acheter chez les marchands »  Trop tard, car tandis qu’elles sont parties acheter l’huile l’époux  arrive accueilli par les avisées, la porte est fermée et les insensées sont éconduites : dehors…

P.S. J’aime bien me référer à l’image que Mère Teresa a transmise à ses consoeurs. Il est question d’être flamme qui éclaire. Le cierge qu’on allume est de cire muni d’une mèche trempée dans la cire. Allumer ce cierge doit se faire par un apport extérieur celui de la flamme d’une allumette que quelqu’un apporte en contact avec la mèche du cierge. Cela est  l’action de l’Esprit, nous ne sommes pas créateurs de flamme. A nous d’accueillir cette flamme : la mêche prend feu, œuvre de l’Esprit et de nous en accueillant cette flamme. Celle-ci  liquifie la cire du sommet du cierge. Je puis retirer l’allumette car la cire liquide goutte après goutte rejoint la mèche pour être à son tour celle qui nourrit la flamme.  Je pense à la lampe du sanctuaire qui éclaire la porte du tabernacle ; il suffit d’une allumette pour allumer la mèche et pendant huit jours la flamme elle-même éclairera le tabernacle.

Résumons cette parabole pour qu’elle soit de mon vécu, de notre vécu.

Au départ il y a la foi en Jésus mort et ressuscité source de vie pour tous les hommes, qui reviendra lors de l’accomplissement du temps pour célébrer les noces de Dieu avec son peuple.

Entretemps il y a le temps de l’Eglise avec la mission pour chacun de ses membres de veiller à donner à manger et à boire à ceux de la maison : c’est le temps de l’agir avec l’aide de l’Esprit qui nous fait discerner comment nourrir les hommes

Jésus viendra à l’accomplissement du temps: le récit du Jugement dernier sera explicite sur cette venue tout en signalant que jésus vient à nous maintenant en celui qui a faim, a soif, est étranger, est nu, est malade ou en prison  

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