1 Samuel 3, 3…19 : comment discerner les appels de Dieu dans notre vie et y répondre de façon appropriée ? Souvent nous avons besoin de « médiations ». Samuel s’est senti appelé par Dieu dès son plus jeune âge, grâce au prêtre Eli ; sa réponse est une des plus belles paroles que nous puissions adresser à Dieu : « parle, Seigneur, ton serviteur écoute ».
1 Corinthiens 6, 13…20 : les mœurs sexuelles étaient particulièrement relâchées à Corinthe. Paul donne donc ici une leçon de morale ; ce qui est très intéressant, c’est de voir les arguments qu’il emploie : il ne se place pas sur le terrain du permis et du défendu : plus profondément, il nous dit : soyez cohérents avec votre baptême ; il y a des comportements indignes d’un chrétien. Paul emploie le mot “corps”, il n’oppose pas le corps et l’âme, comme nous le faisons parfois ; pour lui, le corps c’est notre être tout entier dans sa vie affective, sociale, relationnelle.
Jean 1, 35-42 : « Que cherchez-vous ? ». Jésus nous invite à nous poser la question. Soyons donc lucides et vrais avec nous-mêmes pour reconnaître ce qui nous fait vivre et ce qui suscite ou justifie nos initiatives. « Venez et voyez » : sommes-nous prêts à partager la vie avec Jésus, à le suivre, à demeurer avec lui ? Avons-nous conscience d’avoir « trouvé » le Messie ? Pour parvenir à lui, les intermédiaires sont nécessaires : sommes-nous prêts à être ces « témoins » ?

Homélie de Vénuste.

Nous retrouvons le temps dit « ordinaire » (certains préfèrent l’appeler « le temps de l’Eglise » : le dimanche ne peut être « ordinaire ») qui sera interrompu par le carême et le temps pascal. Comme nous sommes dans l’année B, nous lisons principalement l’évangile de Marc en lecture semi-continue car de temps en temps nous lisons des extraits de l’évangile selon St Jean, comme ce 2° dimanche du T.O.-B. Voici le récit de l’appel (vocation) des tout premiers disciples de Jésus (bien que, ici, ce soient les disciples qui choisissent de le suivre). L’évangéliste Jean raconte différemment des synoptiques ; et pourtant il doit être, avec André, le deuxième disciple de Jean Baptiste dont parle le récit puisqu’il se souvient de l’heure : « C’était vers quatre heures du soir ». Les deux premiers disciples de Jésus étaient donc des disciples de Jean Baptiste. Lorsque celui-ci « posa son regard sur Jésus qui allait et venait », il dit : « Voici l’Agneau de Dieu ». Quand les deux disciples entendent le Baptiste désigner cet « inconnu » du titre qu’il a dû répéter souvent en parlant du Messie qu’il avait la mission d’annoncer, ils suivent la recommandation que le Baptiste leur avait certainement donnée : ne plus le suivre mais plutôt celui qu’il a appelé « l’Agneau de Dieu ». Celui-ci se retourne, constate qu’ils le suivent et leur pose la question : « Que cherchez-vous ? ». Les voilà qui l’appellent tout de suite « Rabbi » et qui ne demandent qu’à rester attachés à lui, car c’est ce que signifie « demeurer » dans la question : « Rabbi, où demeures-tu ? » Ce n’est pas une adresse qu’ils demandaient, ils voulaient « demeurer » (un des mots-clés de St Jean) avec Jésus, partager sa vie et son intimité, être et rester dans sa proximité. Ils se sont compris tout de suite avec Jésus, ils ont sympathisé tout de suite, ils se sont tout de suite « attachés » : « Il leur dit : « venez, et vous verrez ». Ils l’accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ». Fort contents d’avoir été comblés dans leur espérance spirituelle, ils comprennent qu’ils ne peuvent pas garder ce bonheur pour eux tout seuls ; il faut qu’ils en parlent autour d’eux, qu’ils « partagent » cette joie. Voilà André qui va trouver « d’abord » son frère Simon : ce « d’abord » est important car ils ont probablement parlé à beaucoup d’autres qui attendaient le Messie, l’espérance d’Israël. Pour leur dire avec un enthousiasme contagieux : « Nous avons trouvé le Messie ». André devait être dans un tel état de joie qu’il a convaincu sans problème son frère Simon à le suivre pour l’amener à Jésus. Jésus « posa son regard » sur Simon, il lui donne un autre nom, ce qui, dans la Bible, est une façon de confier une mission à quelqu’un : Simon s’appellera désormais Képha, c-à-d Pierre, car il sera la pierre sur laquelle Jésus construit son Eglise contre laquelle les forces du Mal ne prévaudront jamais. Jésus appelle ses premiers disciples par ce « venez et voyez » qui les séduit tout de suite. D’ordinaire on commence par voir avant de s’emballer : avant de suivre, il faut « attendre voir ». Jésus inverse les étapes. Il faut d’abord venir sans se retourner et sans traîner les pieds. Il n’offre pas de stage d’abord, pas de noviciat au sens où on peut arrêter le projet. C’est tout entier qu’il faut venir. Mais il faut bouger, il faut quitter son nid, ses certitudes et ses habitudes pour aller voir le Messie où il demeure. Nous l’avons déjà constaté avec les Rois Mages. Nous sommes des chercheurs qui avons déjà trouvé : c’est ce que dit André quand il va amener son frère Pierre à Jésus (remarquable cheminement qu’il a fait : au premier contact avec Jésus, il l’appelait rabbi, finalement il annonce à son frère qu’il a trouvé le Messie). St Augustin aimait dire qu’il cherchait Dieu parce qu’il l’avait trouvé et qu’il l’avait trouvé pour le chercher encore. Et c’est Dieu qui se laisse trouver : il va et vient, attendant notre venue, il est toujours le premier au lieu de rendez-vous. « Que cherchez-vous » devient « qui cherchez-vous ». Les commentateurs aiment attirer l’attention sur ce « regard », « voir ». C’est d’abord Jean Baptiste qui pose son regard sur Jésus. Puis ce sont les disciples : Jésus les voit le suivre et les invite à venir voir où il demeure ; ils virent où Jésus demeurait et restèrent auprès de lui. C’est surtout Jésus qui pose son regard sur Simon pour en faire tout de suite la Pierre qui sera le fondement de l’édifice Eglise. Ce regard ! Il ne s’agit pas d’hypnose, soulignons-le. Il s’agit de voir au-delà des apparences de l’écorce humaine, de saisir l’identité du vis-à-vis pour tout de suite créer une relation profonde et indéfectible ; ce regard qui séduit, qui est séduit mais ne trompe pas, ce regard qui change la vie, qui retourne la personne pour une transformation radicale ; tout en respectant la personne et sa liberté, tout en l’élevant à une grande dignité et noblesse, ce regard qui construit, qui remet debout, qui donne force et confiance. Car on sent Jésus qui ne s’impose pas ni ne fait pas les yeux doux, qui invite plutôt qu’il ne commande : « venez et voyez » ; qui ne donne pas des réponses toutes faites, mais invite à un cheminement pour venir voir par soi-même de ses propres yeux. Il ouvre un avenir, pas seulement pour les premiers disciples, mais pour tous ceux qui, de tous les siècles postérieurs, croiront en lui. [Quand je dis « je vois », je veux dire que je comprends, que je connais.] Est-ce que nous sentons de temps en temps ce regard que Jésus pose sur nous, ce regard d’une Personne (pas une idée) qui vit, qui nous aime, qui cherche à faire de nous des partenaires ? Ce regard qui nous appelle à le suivre, à faire un bout de chemin avec lui. Venez et voyez : est-ce que nous ne sommes pas de ceux qui veulent uniquement que ce soit le Seigneur à venir chez eux (pour une guérison ou autre
grâce), mais que, en aucune façon, ils ne bougeraient de chez eux pour le suivre ? C’est trop facile qu’il vienne, lui, qu’il se plie à nos petites volontés, que ce soit lui qui se dérange, qu’il ne dérange en rien la vie que nous nous sommes organisée, qu’il cautionne même nos petites habitudes. Non ! c’est à nous à « venir », à nous lever pour le suivre, sur ses « voies » à lui ; c’est à nous à « venir voir » comment il vit et nous conformer à sa manière de vivre ; c’est à nous à demeurer auprès de lui plutôt que de revenir à notre manière de vivre et à lui demander de la bénir sans rien changer !
Remarquons le rôle des intermédiaires : la religion n’est pas une affaire « privée » entre moi et mon Dieu, car les sœurs et les frères sont concernés par ma relation avec mon Dieu. C’est par Jean Baptiste que les deux remiers disciples nouent la relation avec Jésus ; Simon-Pierre ne vient à Jésus que par l’intermédiaire de son frère André ; dans la première lecture, Samuel ne discerne sa vocation que grâce au prêtre Eli. Nous avons besoin d’une interaction pour que notre foi soit vraie et forte ; et les termédiaires, nous en avons besoin toute la vie. Alors, si vraiment nous sommes chercheurs de Dieu (« Que cherchez-vous ?), nous arrive-t-il de demander conseil, sentons-nous le besoin d’être guidés et accompagnés par un aîné dans la foi, un « témoin » qui a déjà « demeuré » avec le Seigneur, qui a « vu » ? Nous nous trompons lourdement si nous pensons nous passer de cette « médiation ». Sommes-nous disposés à rencontrer d’autres croyants, à parler de Dieu avec eux, à échanger sur la foi avec eux, à prier, à partager un extrait d’évangile, à vivre une expérience spirituelle avec eux ? Sommes-nous, en retour, des intermédiaires (relais) efficaces pour ceux qui cherchent ou cheminent avec nous ? Dans nos jeunes Eglises d’Afrique, on demande aux catéchumènes qui viennent de se convertir à la foi chrétienne, d’amener (au moins) un autre converti de sa famille ou de son entourage !
Et nous, ne devrions-nous pas avoir honte de n’avoir pas amené au Seigneur au moins un membre de notre famille, de notre milieu de vie ? Car on devrait être tellement heureux d’avoir « trouvé » le Seigneur (comme André qui va chercher son frère Simon), que notre cœur brûle de partager cette heureuse expérience avec d’autres et de les guider dans leur recherche : « nous avons trouvé le Messie ». Soyons des accompagnateurs pour nos petits Samuel et pour les Simon adultes.
La liturgie est le lieu de la rencontre avec le Christ. Dans leur brochure « Devenir adulte dans la foi », les évêques de Belgique ont insisté sur la nécessité de vivre la « rencontre » avec le Christ ; ils ont relevé la situation anormale de chrétiens qui sont de fervents pratiquants mais qui n’ont pas réellement rencontré le Christ, dans le sens où il y a incohérence entre leur pratique chrétienne et la vie au quotidien, parce qu’ils ne se sont pas vraiment convertis, et donc qu’ils ne sont pas si attachés que ça au Seigneur. On peut connaître la doctrine sur le bout des ongles, on peut faire ses prières fréquemment, mais on n’est au Christ que si on l’a rencontré, quand la religion devient Quelqu’un : Jésus. « Voici l’Agneau de Dieu, nous dit le prêtre avant la communion : sommes-nous prêts à demeurer avec Lui ?
N’oublions pas que chaque année, du 18 au 25 janvier, c’est la semaine de prière pour l’unité des chrétiens : avec le Christ, la nuit de son agonie, prions pour qu’ils soient un, afin que le monde croie… Le covid-19 ne nous permettra pas une rencontre « en présentiel », mais il y a notre prière personnelle.

Commentaire de Père Jean.

2ième dimanche ordinaire    Saint Jean  1. 35 -42     L’appel des premiers disciples, l’appel de tout chrétien

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire Maître-, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et voyez ». Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la sixième heure, (environ quatre heures de l’après-midi).André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie », ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : «Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képhas » ce qui veut dire : Pierre.  

Le thème de l’appel des premiers disciples développé dans l’évangile de ce jour pourra être  l’occasion d’une réflexion sur l’appel  que nous avons perçu de la part du Seigneur, tout chrétien étant appelé à révéler le ‘Dieu-pour-nous’ à l’image de Jésus. L’appel des premiers disciples, surtout dans Saint Jean dit bien différents ‘modes d’appel’. Jean n’a pas écrit pour les seuls premiers disciples, mais avant tout pour tout disciple, dont nous sommes. A nous de reconnaître l’appel ou les appels que nous avons entendu de Jésus. Tout récemment on me demandait  comment et quand j’ai perçu l’appel du Seigneur (vocation sacerdotale).  J’ai répondu  que je ne pouvais pas me souvenir seulement d’un moment dans ma vie, l’appel je le ressens de façon plurielle au cours de ma vie avec des tonalités diverses. Peut-être vous aussi ? Ecoutons Jean nous parler de ces appels.

En ce temps-là : en fait Jean a écrit : ‘le lendemain’. Que s’est-il passé la veille ? Jean Baptiste regarde Jésus venir vers lui et dit : «Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». S’il est vrai que Jean B proposant son baptême dans l’eau, y avait vu un signe en vue du pardon des péchés, il témoigne maintenant avoir vu l’Esprit tel une colombe descendre du ciel et demeurer sur Jésus. Et moi j’ai vu et j’atteste qu’il est lui le Fils de Dieu, l’Agneau qui enlève le péché du monde.Le lendemain donc entouré de deux de ses disciples   il fixe son regard (en grec : regarde au-dedans) sur Jésus. Jésus va-et-vient (en grec peripatounti, comme les péripatéticiens d’Aristote, lui qui pratiquait la philosophie en marchant avec ses élèves), comme pour dire que lui Jésus a hâte de communiquer sa vision de la vie. Jean B. devant ses disciples à lui, dit :« Voici (vois ici) l’Agneau de Dieu. Pourquoi l’Agneau ? Comme l’Agneau pascal qui est le signe de la libération d l’esclavage en Egypte, ou comme l’Agneau du prophète Isaïe qui sera conduit à l’abattoir. Les deux disciples sont médusés par le regard de leur maître sur Jésus et son ‘le voici’, ils le perçoivent comme une invitation à voir de plus près celui que Jean regarde. A remarquer le geste désintéressé du Baptiste qui a l’intention d’orienter deux de ses disciples à rejoindre Jésus. Ceux-là entendirent ce que le Baptiste disait. Déjà un modèle d’appel : Les disciples ont besoin du témoignage d’un témoin tiers pour se mettre à suivre Jésus. Au fond qui pour nous a été le ou les témoins désintéressés nous invitant à suivre Jésus ? Eux suivent sans mot dire, mais c’est Jésus qui percevant leur présence  se retourne , il prendra l’initiative : « Que cherchez-vous ? ». Même phrase que nous devons réentendre en pensant à notre appel : au fond qui cherchons-nous ? La réponse sous forme de question : « Où  demeures-tu ? » Demeurer, un mot qu’on retrouve souvent chez l’évangéliste Saint Jean, demeurer dans le sens ‘habiter et être habité’, avec l’insistance sur la durée, la fidélité. Réponse de Jésus : « Venez , et voyez ». Double démarche : se mettre en route d’une part, et ensuite ouvrir les yeux pour voir. Voir est surtout chez Jean en lien direct avec croire, qui est ‘entrer dans le regard que Dieu porte sur l’événement’. Eux ont bien écouté Jésus : ils se mettent en route et ils voient où il demeurait. Jean ajoute : ils demeurèrent (pas restèrent) ce jour-là auprès de Jésus. Moment de rencontre important, vu qu’ils ont encore en mémoire du jour et de l’heure décisives avec celui qui leur révélera où il demeurait.* ***Retenons de ce premier appel. Appel réalisé par l’entremise d’un précurseur qui par son regard témoigne de sa foi (pour nous qui ?).  Lui généreusement les conduit à Jésus sans vouloir les retenir pour lui. Là Jésus prend l’initiative, se retourne vers eux et dit : ’que cherchez-vous ?’ La bonne réponse est une question :’Où demeures-tu ?’ ‘Venez et voyez’. Ils viennent et voient où il demeure, et demeurèrent ce jour-là auprès de lui

Deuxième appel : ici il y a le ‘précurseur’ André qui va chercher son propre frère Simon. Profession de foi d’André très nette : « Nous avons trouvé le Messie » Remarquez le nous nous implique ! comme Jean ! Pierre est sans réaction si ce n’est qu’il se laisse amener à Jésus. Maintenant Jésus lui pose un regard pénétrant, comme dans le premier appel Jean a posé un regard pénétrant sur Jésus, assorti par une déclaration de confiance sur l’identité de Simon : « Tu es Simon, fils de Jean. Tu seras appelé Kephas-Pierre ». L’autorité pour pouvoir donner le nom à quelqu’un est comme le privilège du géniteur pour son fils, lui donnant la ‘ vie en société’ à la mairie. Cela dit bien l’autorité de Jésus sur Pierre afin que la vie de Jésus soit transmise à la société des hommes, bâtie sur la pierre angulaire, signe de solidité. **** Retenons de ce deuxième appel. L’appel se fait par le frère qui d’emblée énonce sa foi :’Nous avons trouvé le Messie’, comme Pierre dira plus tard : ‘Tu es le Christ’ Comme Pierre laissons-nous  amener volontiers à Jésus. Lui nous dira notre identité et parlera de la mission qu’il attend de nous : aller vers les autres.

Troisième appel : toujours en saint Jean qui continue son regard sur l’appel. Le lendemain Jésus veut partir en Galilée. Jésus y trouve Philippe de Bethsaïda , même village que Simon  André, et lui dit abruptement : « Suis-moi ». Et Philippe comprend qu’il doit trouver Nathanaël de Cana…****Retenons de ce troisième appel: parfois Jésus prend l’initiative et vient nous trouver : ‘suis-moi’. Suivre Jésus c’est trouver d’autres.

Quatrième appel : Philippe, face à Nathanaël de Cana, énonce sa foi en lien avec l’Ecriture : « Celui  de qui il est écrit dans la Loi et dans les prophètes, nous l’avons trouvé. C’est Jésus le fils de Joseph de Nazareth (remarquez ‘nous’, foi toujours collective) » « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe reprend le mot de Jésus aux premiers disciples: «Viens et vois ». Jésus voyant Nathanaël  venir à lui, dit à son propos: « Voici un vrai Israëlite en qui il n’y a pas d’artifice ! » « D’où me connais-tu ? » « Avant même que Philippe ne t’appelât, alors que tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Etre sous le figuier était une expression pour ‘lire les Ecritures : il faut les mâcher’ comme on mâche la figue pour en tirer toute sa saveur (vous voyez que la profession de foi de Philippe faisait déjà allusion à l’Ecriture) Nathanaël un expert en Ecritures dit d’emblée : « Tu es le Fils de Dieu, le roi d’Israël » (titres réservés au Messie) Quelle profession de foi ! ****Retenons de ce quatrième appel : Jésus veut avoir de nouveau besoin d’un précurseur , ici Philippe, pour  dire avec enthousiasme la trouvaille faite avec les allusions à l’Ecriture  si chère à notre expert : Jésus de Nazareth  le Messie ! Nathanaël en pensée :’ pas possible le Messie à Nazareth ?’ quoi de bon de là ?’ Il n’ a pas compris que Dieu vient aux hommes comme un pauvre. Insistance sur : viens et vois !. Intervention directe de Jésus commençant par l’éloge de Nathanaël. Nouvelle question de celui-ci : ‘d’où me connais-tu ?’ Allusion de ce que Jésus reconnaît en lui un expert en Ecritures et reconnaissance par Nathanaël : « tu es le Christ ».

Questions : Quel est mon appel ou quels sont mes/ nos appels à la lecture de Jean ?

Jésus le Vivant m’appelle me disant :’suis moi’. En me pénétrant de son histoire dans les évangiles, lui  toujours prêt pour aller vers les pauvres, les petits. Je retrouve son Corps en voyant les besoins du  monde. 

Les ¨Précurseurs qui me mènent à Jésus’: parents, famille, amis, enseignants, bénévoles de toutes sortes qui par leur façon de vivre en chrétiens m’interpellent et m’invitent ainsi à suivre Jésus.

Les ‘Précurseurs’ sensibles à la pauvreté, violences, inégalités s’engagent en payant de leurs personnes. 

Catégories : Homélie