Nous avons eu ce 18 décembre cette immense joie de pouvoir accueillir le Père Néné qui a été pasteur de notre paroisse Saint Paul du temps de Père Jean et qui a présidé ce 3ème dimanche de l’Avent. Son homélie que nous n’avons pas eu la possibilité de pouvoir vous la retranscrire, a démarré avec Joseph ce Père oublié… Et lui a permis de rebondir sur sa vie au Venezuela, et tous les problèmes politiques, économiques et sociaux avec tous ces gens oubliés, dans la misère et dans tant de souffrances, sans médicaments, sans nourriture, sans aucune sécurité… Père Marcel de son côté nous a envoyé l’homélie suivante diffusée ce même jour par les ondes, qui rejoint Néné dans son parcours évangélique qui est si bien entré dans ce personnage de Joseph

« ET JOSEPH DANS TOUT ÇA » HOMÉLIE DU 18 DECEMBRE À LYON

« […] Joseph, c’est l’histoire du père oublié. Or sans lui, tout aurait pu rater. Joseph, l’homme dérouté par la perspective d’une naissance imprévue, la venue au monde d’un enfant qu’il n’attend pas. Un homme qui s’est demandé quelle attitude prendre. « Un homme juste », dit l’évangile, c’est-à-dire qu’il s’efforçait de conformer sa vie à la volonté de Dieu. Et pour le juif pieux qu’il était, être fidèle à Dieu revient à suivre les impératifs de la Loi. Or la Loi est claire : une femme adultère, même si l’on est fiancé, doit être répudiée. C’est ce qu’il décide de faire. Mais il est plein de prévenance, puisqu’il projette une séparation discrète pour éviter de ternir la réputation de Marie. Juste, correct, discret, ce Joseph. Un homme bien sous tous les rapports !Mais, surprise, son plan va s’effondrer. Un ange lui apparaît en songe et lui demande de revenir sur sa décision. Arrêtons-nous un peu sur cette demande, totalement surprenante. Une demande, même, très inconvenante. Car il y a les choses qui se font et les choses qui ne se font pas. Et là, l’ange dépasse les bornes.Tout d’abord, il demande de ne pas renvoyer Marie. Mais c’est agir à contre-courant des règles de la sainte Torah. Ce qui est révélé à Joseph, c’est que la fidélité à Dieu ne consiste pas à suivre à tout prix des règles morales, des principes même les mieux établis, mais à suivre ce que Dieu attend de lui à ce moment-là : s’ouvrir à une obéissance inattendue.Ensuite que demande Dieu ? De donner un nom à l’enfant : « Tu lui donneras le nom de Jésus. » Vous avez bien entendu : Dieu demande à Joseph d’être le père de Jésus, parce que, en Israël autrefois, comme chez nous aujourd’hui, en tout cas symboliquement, donner un nom à son enfant, c’est le reconnaître publiquement comme son fils. Dieu a demandé à Joseph de faire une place à Jésus, de lui donner une famille, de s’engager à l’aimer. Il lui a demandé d’endosser cette vocation à la fois merveilleuse et éprouvante d’être père, d’être là, de permettre à son enfant de devenir un adulte.Et Joseph a accepté. Il a permis ainsi à Jésus de prendre sa place dans la communauté humaine, au sein de cette bourgade qu’est Nazareth. Et cela n’a pas été facile. L’évangile le raconte aussi. Mais comme tous les pères, ou du moins comme tous les pères le devraient, Joseph a beaucoup aimé et lutté, hésité et prié, espéré et souffert, pour que son fils devienne un homme. Il a pris sur lui ce risque d’être père, fort et fragile à la fois.Voilà l’étonnant chemin de Dieu. Pour faire naître le Christ sauveur, Dieu a eu besoin des gestes et de la fidélité de ce charpentier de Nazareth. Non, Joseph, n’a pas été un figurant. Il nous révèle le véritable visage de l’obéissance.Obéissance… Voilà le gros mot lâché ! Qu’est-ce que ce mot vous dit, obéissance ? Beaucoup de gens l’estiment déplaisant. Le mot éveille la crainte de perdre sa liberté pour se plier à des règles de béton. Mais regardez Joseph. Il nous révèle le véritable visage de l’obéissance. Le défi de l’obéissance, dans les évangiles, n’est pas de nous rétrécir dans une soumission déplaisante, mais de donner à Jésus un espace où se reflètent le pardon et la tendresse de Dieu.Noël qui approche est la fête de l’Enfant livré. Fête de l’Enfant qui ne peut naître et grandir que si des hommes et des femmes l’accueillent en partant à sa rencontre, lui offrent un toit, une famille, une communauté […] »

P. Patrick Rollin, recteur

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