Touche pas à KTO TV

Proximus TV a décidé de ne plus proposer KTO TV, la chaîne de télévision catholique francophone de référence, de son réseau de télédistribution. Proximus TV a même annoncé la date à laquelle sera coupée la diffusion de cette chaîne thématique: ce sera le 30 avril.

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Cette décision a été prise sans aucune concertation préalable et place KTO devant un fait accompli qui ne lui laisse quasi aucune marge de manœuvre alors même que KTO Belgique vient juste de se renforcer pour appuyer son développement en Belgique. La chaîne est sans but lucratif. Elle est financée uniquement par les dons de ses dizaines de milliers de téléspectateurs.

Proximus distribue le nombre impressionnant de 169 chaînes, dont KTO (canal 299), qui est l’unique chaîne catholique dans l’offre de programme. En supprimant KTO, Proximus contribue à restreindre un débat citoyen. Cette politique est indubitablement contraire aux valeurs de son actionnaire principal, l’Etat Belge.

L’heure est donc à la mobilisation pour défendre le pluralisme en matière télévisuelle. Si vous aussi, vous êtes indigné par cette coupure, prenez part au mouvement et signez la pétition en cliquant sur ce lien Touche pas à KTO TV.

Mgr Hudsyn, évêque auxiliaire pour le vicariat du Brabant wallon, Mgr De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, mais également de nombreuses personnalités comme l’écrivain Eric-Emmanuel Schmitt, l’astronaute Dirk Frimout, Racha ou bien encore Salah Echallaoui (Président du Rassemblement des musulmans de Belgique), le Rabbin Albert Guigui, la députée Catherine Fonck, les anciens ministres Philippe Maystadt et Marc Eyskens, ont déjà signé cette pétition. Rejoignez-les!

18 mars 2016 par Natacha Cocq www.cathobel.be

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“Madagascar “

Carême de Partage 2016

Madagascar

Soirée Madagascar au Sacré-Coeur de l’Ermite.

16.03

Vous êtes toutes et tous cordialement invités à la soirée “Madagascar” organisée pour toutes les paroisses de notre secteur par Entraide et Fraternité à l’église du Sacré-Coeur de l’Ermite (chemin de l’Ermite 160 à Braine l’Alleud, sur la Chaussée l’Alsemberg)

Le mercredi 16 mars prochain à 20h00.

Thème : “Lautato Si et le combat des paysans malgaches face au changement climatique.”

Deux témoins prendront la parole : L’abbé Denis Kialuta, curé à Lillois et professeur de philosophie et le père Justin Ranaivomanana, homme de terrain pour la Caritas diocésaine d’Antsirabe à Madagascar.

C’est pour nous Waterlootois juste à un saut de puce. La soirée vaut largement ce petit effort.

Nous espérons sincèrement vous voir nombreux.

Pierrette

Soirée Madagascar

Carême de Partage 2016

Soirée Madagascar au Sacré-Coeur de l’Ermite.

16.03

Vous êtes toutes et tous cordialement invités à la soirée “Madagascar” organisée pour toutes les paroisses de notre secteur par Entraide et Fraternité à l’église du Sacré-Coeur de l’Ermite (chemin de l’Ermite 160 à Braine l’Alleud, sur la Chaussée l’Alsemberg)

le mercredi 16 mars prochain à 20h00.

Thème : “Lautato Si et le combat des paysans malgaches face au changement climatique.”

Deux témoins prendront la parole : L’abbé Denis Kialuta, curé à Lillois et professeur de philosophie et le père Justin Ranaivomanana, homme de terrain pour la Caritas diocésaine d’Antsirabe à Madagascar.

C’est pour nous Waterlootois juste à un saut de puce. La soirée vaut largement ce petit effort.

Si vous désirez imprimer l’affiche pour la partager ou la placer à votre fenêtre vous pouvez la télécharger le PDF en cliquant sur le lien ici : Affiche madagascar 16.03.16 – Braine

Nous espérons sincèrement vous voir nombreux.

Pierrette

Réaction du Pape François

Le Pape exprime son émotion après les attentats de Bruxelles

Pape FrançoisLe Saint-Père a adressé ses condoléances à la Belgique, au travers du Secrétaire d’Etat, le Cardinal Pietro Parolin, suite au double attentat qui a touché Bruxelles ce matin. Il a envoyé un message à Mgr Jozef De Kesel, Archevêque de Malines-Bruxelles.

Voici le message:

« Apprenant les attentats survenus à Bruxelles, touchant de nombreuses personnes, Sa Sainteté le Pape François confie à la miséricorde de Dieu les personnes qui ont perdu la vie et s’associe par la prière à la peine de leurs proches. Il exprime sa profonde sympathie aux blessés et à leurs familles, ainsi qu’à toutes les personnes qui contribuent aux secours, demandant au Seigneur de leur apporter réconfort et consolation dans l’épreuve. Le Saint-Père condamne à nouveau la violence aveugle qui engendre tant de souffrances, et implorant de Dieu le don de la paix, il invoque sur les familles éprouvées et sur les Belges le bienfait des bénédictions divines. »
Source : 2016-03-22 Radio Vatican

Dimanche autrement

Nous nous réjouissons de vous accueillir à notre 2ème « dimanche autrement  » :

ce dimanche 13 mars

« Jésus appelle chacun à la vérité de son cœur »

Vérité-de-son-coeur

  • 9h : Accueil des participants
  • 9h45 :
  • Ateliers pour les plus jeunes
  • Exposé par Marie Thérèse Hautier pour les adultes et échanges
  • 11h : messe
  • 12h : apéritif

Les fiorettis de notre Pape

fiorettis

Message de carême

Après son message de carême, dont l’objectif premier est : « Réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté ». Et dénonçant « un modèle erroné de développement » où, à propos des migrants, les « sociétés les plus riches, leur ferment les portes, refusant même de les voir ».
Pour sortir d’une cécité collective, le pape indique deux voies chrétiennes, classiques et inséparables : l’écoute de Dieu, et les « œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde », que le jubilé invite chacun à accomplir. Il rappelle que « notre foi se traduit par des actes concrets et quotidiens ».

Son voyage au Mexique.

Parmi les multiples activités qui ont rempli l’agenda de notre pape François, (dont la brève escale a Cuba, pour rencontrer “Kirill“ le premier Patriarche de Moscou), nous n’allons pouvoir développer que ses interventions au Mexique.
Elles visaient un double objectif : la pauvreté et la violence.

Dès son arrivée vendredi à Mexico, l’ancien archevêque de Buenos Aires, attentif aux problèmes urbains, sera plongé dans une autre mégapole. Avec près de 20 millions d’habitants, la capitale concentre, à elle seule, tant de fléaux, auxquels ce voyage veut contribuer à répondre.
Notamment à Morelia, région particulièrement violente. Narcotrafic, violence des gangs, inégalités et corruption généralisée et endémique.
Rencontres avec les jeunes de la ville, avec le monde du travail, ainsi qu’au centre pénitentiaire dans le nord.
François a fait preuve de courage, et d’une grande détermination, dans cet environnement à haut risque.
Il souhaiterait voir les catholiques mexicains, autrement dit la vaste majorité (84 %) de ce pays de 123 millions d’habitants, « être les premiers dans toutes les initiatives » pour aider leur pays à sortir des maux qui le minent.

L’attitude de l’Eglise Mexicaine

L’Eglise du Mexique en a bien besoin : selon le P. Oscar Enriquez, qui dirige le Centre des droits humains Paso del Norte « L’Église est restée en marge et n’a pas assumé le rôle de meneuse qui lui revenait, face à cette situation et face aux crimes institutionnels commis par l’armée et les policiers. »

Le pape n’a pas hésité à admonester les 176 évêques du Mexique, dans une allocution qui apparaît tout entière imprégnée de la « théologie du peuple », cette déclinaison de la théologie de la libération dont Jorge Bergoglio est adepte.

Le point d’orgue de sa visite au Mexique, le 17 février, sera la messe à Ciudad Juarez, ville la plus violente du Mexique, tout au Nord du pays, à seulement 80 mètres de la frontière des États-Unis. Le matin, il aura visité une prison de 3.000 détenus (baptisée “centre de réadaptation sociale“), ainsi que des centres de travailleurs.
La ville texane d’El Paso est toute proche, et ses habitants pourront suivre la messe par écrans depuis un stade de la ville et communier. Par cette messe transfrontalière, le pape rejoindra les Mexicains établis aux Etats-Unis (estimés à 30 millions, dont 11 millions de sans papiers, qui font débat actuellement).

La question migratoire

Mais en célébrant devant un grillage, Jorge Bergoglio met le pied inévitablement dans le débat politique américain dominé par la question migratoire. Donald Trump, n’affirme-t-il pas vouloir faire ériger un mur le long de la frontière avec le Mexique ? (qui fait 3 200 km de long).

Alors que le pape s’était présenté en « fils de migrants » à son arrivée aux États-Unis en septembre dernier. Inutile de dire qu’il suscite un grand expoir parmi cette population Mexicaine émigrée.

G.K.

Une belle histoire

Mgr Léonard a rencontré sa « victime », Joël Devillet

MSLeonard

Une belle histoire, par les temps qui courent, ça fait du bien. Nous avons appris, jeudi, que, le dimanche 14 février, Joël Devillet, enfant de chœur d’Aubange abusé par un prêtre entre 1987 et 1991, avait reçu la visite, à son domicile, à Saint-Gilles, de Mgr Léonard, en partance pour la France, et que celui-ci lui avait présenté ses excuses, qu’il a acceptées.

Joël Devillet reprochait à l’Eglise d’avoir tenté d’étouffer l’affaire et de lui avoir conseillé de ne pas porter plainte. Il estimait que Mgr Léonard, alors évêque de Namur, n’avait pas traité avec toute la sollicitude requise son dossier et avait porté l’affaire en justice.

Débouté par le tribunal civil de Namur, en novembre 2013, Joël Devillet, 43 ans, avait obtenu, en appel, l’an passé, la condamnation de Mgr Léonard, la cour estimant que l’évêque avait « maintenu M. Devillet dans un sentiment d’injustice et d’abandon, entre 1996 et 2001, et participé à l’effondrement de sa structure psychique, à sa dévalorisation et aux troubles psychologiques ayant donné lieu à une incapacité de travail de 50 % ».

La cour avait condamné Mgr Léonard à indemniser la victime à raison de 10 000 euros. Depuis, comme il nous l’a lui-même raconté jeudi, Joël Devillet, 43 ans aujourd’hui, gardait au cœur une cicatrice. S’il avait remporté son combat judiciaire, il continuait à porter le poids de ce qu’il estimait être l’indifférence de l’Eglise et plus particulièrement du prélat.

« Dimanche passé, j’étais à la maison et il devait être 18h30 quand le téléphone a sonné. J’ai décroché et j’ai entendu une voix qui me disait : « Je suis Mgr Léonard, je suis dans le quartier. Maintenant que les procès sont terminés, acceptes-tu que je vienne chez toi ? »

Ce n’était pas une blague

M. Devillet avoue avoir hésité quelques secondes, se demandant s’il était victime d’un mauvais plaisant. « J’étais un peu paniqué, j’ai cru à une blague mais j’ai reconnu sa voix et j’ai dit oui. »

Mgr Léonard aurait encore demandé à son interlocuteur s’il y avait de la place pour se garer et vingt minutes plus tard il sonnait à la porte de Joël Devillet.

« Je l’ai fait asseoir dans un fauteuil et lui ai demandé s’il voulait boire quelque chose, mais il a décliné l’invitation. Il avait peut-être peur que je l’empoisonne (rires). « 

La suite ? Plus d’une heure et demie d’une conversation à « cœur ouvert » où chacune des deux parties « a pu vider son sac ». « J’ai dit tout ce qui me restait en travers de la gorge et Monseigneur Léonard s’est expliqué sur tous les points que je soulevais. Toutes ses réponses ne m’ont pas convaincu mais je peux dire qu’il m’a écouté. Et surtout, il s’est excusé, à deux reprises, pour les souffrances que j’avais endurées. »

Soulager sa conscience

Certains ont pu croire que Mgr Léonard a tenté de manipuler Joël Devillet mais ce n’est pas du tout l’avis de ce dernier. « Il m’a dit qu’il voulait soulager sa conscience avant son départ en France et je l’ai cru. Il aurait pu m’adresser un courriel ou une lettre. Il a préféré un entretien face à face, seul à seul. Et je dois dire que cette rencontre m’a grandement apaisé. »

En 2015, Joël Devillet et l’évêque s’étaient croisés sur le plateau de « 69 minutes sans chichis » (RTBF) mais, la procédure étant toujours en cours, ils n’avaient échangé que quelques mots. Mgr Léonard avait proposé à M. Devillet de lui écrire un mail, « mais je ne l’ai pas fait ».

Une rencontre, entre hommes, valait, en effet, mille fois mieux.

Article proposé par Vénuste suite à une lecture dans : La Libre.be :
« J.-C.M. Publié le vendredi 26 février 2016 à 09h43 – Mis à jour le vendredi 26 février 2016 à 09h45 »

Conférence de Benoît Bourgine

B. Bourgine Ce jeudi 10 mars 2016 à 20h15, Benoît BOURGINE,

professeur de théologie dogmatique à l’UCL, est venu donner une conférence à Saint-Paul sur la Miséricorde, ses articulations avec la Justice et la Colère divine.

Cet exposé n’a pas l’ambition d’être exhaustif mais celle d’être introductif aux mystères de la miséricorde divine. Truffé de références à l’écriture il peut permettre à chacun de commencer son itinéraire spirituel auquel nous invite cette année de la miséricorde.

Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’assister à la conférence : voici le texte de la conférence envoyé par Benoît Bourgine:

Le Dieu de miséricorde, figures et contrefaçons.

Waterloo, le 10 mars 2016, Benoît Bourgine (Université catholique de Louvain).

« Je remercie vivement le Doyen, l’Abbé Vénuste Linguyeneza de son invitation.

J’ai été invité à vous parler de la miséricorde et j’ai intitulé l’exposé : « Le Dieu de miséricorde, figures et contrefaçons ».

Quand la Bible parle de la miséricorde, elle parle de ce que le Dieu d’Israël et de Jésus-Christ a de plus propre, du trait de caractère qui le décrit le mieux, ce qui le distingue de tous les autres dieux, mais la miséricorde est aussi sujette à de mauvaises interprétations, il est facile de se tromper à son sujet. Pourquoi cela ? Parce que la miséricorde survient à l’improviste, elle est surprenante, elle déjoue les prévisions, elle dérange, elle bouscule, on peut même la trouver dans certaines circonstances tout à fait scandaleuse. »

Pour lire la suite de la conférence : cliquez ici

Messe Chrismale à Nivelles

En ces jours de la Semaine Sainte, et comme chaque année, dans tous les diocèses du monde, l’ensemble des prêtres de chaque diocèse se retrouvent autour de leur évêque, avec les consacrés et le Peuple de Dieu.

Collégiale Nivelles

Ce mercredi 23 mars 2016 à la Collégiale de Nivelles à 18h30.

A l’occasion de cette messe chrismale qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine, les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.

Le Peuple de Dieu va s’engager lui aussi à prier pour ses prêtres, pour son évêque, afin que chacun soit un bon pasteur qui conduit au Christ, l’unique Source du Salut, et à la vie éternelle ».

La Messe Chrismale reçoit cette appellation parce que c’est au cours de cette célébration que le Saint Chrême est consacré. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

Avec le Saint Chrême qui est l’objet d’une consécration spéciale, deux autres huiles sont bénites : l’Huile des Catéchumènes qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les enfants déjà grands; et l’Huile des Malades qui sert dans la célébration du Sacrement des malades.

En ces jours si importants pour notre Eglise, prions pour les diacres, les prêtres et les évêques. Prions pour les consacrés. Prions pour les vocations sacerdotales et religieuses. Prions les uns pour les autres.

Dans notre Vicariat, cette célébration est ouverte à tous et aura lieu ce mercredi 23 mars 2016 à la Collégiale de Nivelles à 18h30 et sera présidée par notre nouvel archevêque Mgr Jozef De Kesel, les prêtres et diacres du Brabant Wallon.

La symbolique de l’Onction :

Le mot grec chrisma signifie onction. Chrisma a donné : Christ, et aussi : Chrétien. L’onction s’appuie sur le symbolisme de l’huile. Celui qui est oint comme le roi puis le prêtre en Israël, est pénétré par la puissance divine.

Cette huile est aussi parfumée. Le parfum indique la présence de quelqu’un qu’on ne voit ni n’entend :  » Nous sommes la bonne odeur du Christ  » écrit St Paul (2 Cor 2,15). L’huile est par elle-même chargée de divers symboles
: nourriture, éclairage, remède, fortifiant, parfum… Le geste de l’onction est très ancien. Dans l’Ancien Testament on le voit pratiqué aussi bien de manière profane (joie, honneur, hospitalité) que comme rite de consécration à Dieu.
C’était le cas pour l’autel, pour les rois, pour les prêtres et spécialement le Grand prêtre.

La liturgie chrétienne est restée fidèle au rite consécratoire de l’onction tout en accueillant et déployant la signification que cette onction contenait déjà dans l’Ancien Testament et que le Christ Jésus révèle en plénitude dans le Nouveau Testament : « l’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction ».

cette parole de l’Écriture, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. (Lc. IV, 16-20. Evangile de la Messe Chrismale).
Ainsi sur les « frères que cette onction va imprégner », vont être répandus largement les dons du Saint-Esprit. (Cf. prière de consécration du Saint Chrême). L’onction avec le Saint Chrême est le signe principal du sacrement de la confirmation. Elle est aussi un signe secondaire dans d’autres sacrements : baptême, ordinations. Il faut se souvenir aussi que l’onction est aussi un geste de consécration à Dieu ou de bénédiction : églises, autels…

Source : Diocèse du Puy-en-Velay

Molenbeek et la radicalisation musulmane

MOLENBEEK ET LA RADICALISATION MUSULMANE

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Le 9 février dernier, j’ai été invitée à un colloque sur la radicalisation musulmane au coeur de Molenbeek. Je vous propose ci-dessous les notes que j’ai prises et qui, je pense, pourraient intéresser tous ceux qui, comme moi, cherchent à rencontrer les acteurs de terrain afin de tenter de comprendre le problème et de réfléchir à des solutions sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante.

Notes prises lors de la présentation du Professeur Johan Lehman (KUL) le 9 février 2016 à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale à Molenbeek.

Facteurs reconnus contribuant à la délinquance juvénile :

  • Composition multi-éthnique
  • Densité de la population
  • Nombre de familles monoparentales
  • Statut économique faible

Situation à Molenbeek :

  • Explosion démographique
  • Composition multi-éthnique
  • 1/3 de familles monoparentales
  • Densité de population : 20 000 au Km2
  • 50% des familles vivent dans 55m2
  • 50% de moins de 29 ans
  • Seuls 25% de jeunes travaillent
  • 40% de familles sans travail
  • Prix des loyers en hausse : 500€ en moyenne pour logement insalubre alors que population à faibles revenus

Il va de soi que tout ceci entraine une grande frustration chez des jeunes adolescents/jeunes adultes. Or l’adolescence est déjà en général une période rebelle de la vie. Le terrain est donc mûr pour la radicalisation de ces jeunes. Ajouter à cela que ces jeunes musulmans ont l’impression de ne pas compter pour la société vu la discrimination à l’emploi. Leur présence au sein de notre société ne parait à leurs yeux n’avoir aucun sens. Ils se sentent rejetés. Entourés par une société matérialiste qui n’offre plus d’espace spirituel. Leurs oreilles sont prêtes pour le discours salafiste, et leur radicalisation.

En effet les recruteurs djihadistes leur promettent :

  • l’héroïsme qui remplace leur impression de mort sociale
  • une réussite pour le petit délinquant qui ne s’en sort pas
  • une issue pour les filles de familles qui galèrent et qui recherchent une situation stable. Quoi de plus stable en effet que de vivre sous la double protection d’un mari “caïd” et d’une loi divine.
  • une issue pour ceux en rupture avec leur mère : ils ont ainsi la possibilité de mourir en héros pour sauver leur mère et lui assurer une place au paradis. (discours extrêmiste)

La recette qui marche : on allie le message messianique à la contestation.

Facteur additionnel : la “Y generation” (jeunes branchés à leurs écouteurs, internet, jeux ordi etc…). Pour des jeunes dont le monde réel ne leur offre rien, le monde virtuel peut prendre le statut de monde réel. La socialisation se fait souvent en premier lieu par des moyens virtuels. On y trouve malheureusement une culture de violence ainsi que des théories de complots dans les jeux et films qui se substituent à la réalité pour devenir leur réalité.

Contexte problématique : relations loin d’être idéales, voire carrément défaillantes entre :

  • La sûreté et la police
  • Les services de sécurité européens
  • Le Parquet et les extrémismes
  • Les acteurs politiques et Molenbeek : on se débarrasse souvent des problèmes bruxellois en rejetant la faute sur Molenbeek = stigmatisation.

Il est malgré tout indéniable que :

  • des liens internationaux de criminalité passent par Molenbeek dans l’axe Molenbeek – Roubaix – Paris
  • qu’il existe une ligne de la drogue passant par Molenbeek dans l’axe NL – Belgique (Molenbeek) – France (Marseille)

A savoir :

Pour leur recrutement les Djihadistes ont divisé l’Europe en zones linguistiques. Molenbeek fait partie de la France avec des facilités de terrain et de caches plus aisées qu’en France. Les français viennent recruter à Molenbeek. Pendant des décennies, la Belgique a choisi d’ignorer le problème de Molenbeek qui date cependant du début des années 2000 avec l’assassinat du Commandant Massoud par entre autres Abd Al Satter Dahmane qui était passé par la France, l’Angleterre, les Pays-Bas ET Molenbeek.

Des solutions ?

  • Exploiter les ressources et le potentiel du quartier, ce que la commune ne parvient pas encore à faire. Que ce soit les policiers ou les enseignants, tous arrivent de l’extérieur, sans connaissance du terrain de l’intérieur.
  • Essayer de convaincre les molenbeekois qui réussissent de rester dans le quartier et de participer à changer son image, à redonner confiance aux jeunes qui en sont issus.
  • Réussir à convaincre les ministres qu’il faut faire confiance aux acteurs locaux et trouver des solutions locales.
  • Adapter l’enseignement à Molenbeek. La majorité des parents d’élèvent ne savent pas suivre leurs enfants. On doit donc mettre en place un enseignement adapté aux réalités du quartier. Cela impliquerait de donner une “wild card” aux écoles et associations locales, qui, elles, connaissent le terrain, leur faire confiance et non imposer un modèle standard. Ce qui fonctionne à Uccle n’est pas forcément adapté à Molenbeek !

Ajoutons également quelques informations glanées durant la journée : le fait que la Bourgmestre, par exemple, n’habite pas le quartier. Risque donc que la population ne se sente absolument pas représentée ni comprise et ait l’impression qu’on lui parachute des édiles sans qu’elle ait son mot à dire. La Bourgmestre a bien évidemment été élue, mais par qui ? une minorité, vu que seuls les immigrés européens ont le droit de vote.

Autre remarque : en me rendant de la gare centrale au coeur de Molenbeek à pied, j’ai ressenti une grande chaleur humaine entre les habitants, au milieu de tous les petits commerces. On se salue, on discute. Bcp de jeunes mamans. D’ailleurs, le centre où se déroulait notre journée servait également de garderie pour les vacances de carnaval, et lorsque je suis entrée, l’endroit bruissait d’activités et d’enfants. En déambulant dans les couloirs, tous les enfants que je croisais me saluaient d’un « bonjour Madame » et tous arboraient un grand sourire, chose qui arrive rarement à l’école de Waterloo où je suis bénévole, sauf si les enfants me connaissent…

Une des intervenantes, institutrice dans le quartier, nous a également expliqué que les enfants arrivent déjà en primaire avec le sentiment d’un avenir très incertain, l’impression que tout est joué d’avance. Dès lors pourquoi se fatiguer ? Leur entourage est souvent au chômage, et ils sont quasi certains que lorsqu’ils se présenteront sur le marché du travail, il y aura discrimination sur leur tête/couleur de peau et/ou leur nom (sur ce volet là, la balle est dans notre camp). Il y a par conséquent tout un travail à faire sur la confiance en soi et c’est pour cette raison que les enseignants aimeraient pouvoir mettre en place des méthodes spécifiques au quartier.

P.V.